Pluriel

  • Dans cet ouvrage, véritable synthèse de sa réflexion sur la technique, Jacques Ellul s'attache à démystifier le discours sur les changements technologiques qui fleurissent dans notre société. Ecrit bien avant l'explosion de l'informatique et des télécommunications dans les années 1980, ce livre en anticipe l'arrivée, les utopies et les déconvenues. Il démonte avec minutie et conviction les arguments qui font de la technologie une fatalité et plaide en faveur d'une technique au service de l'homme.
    Avec ce texte polémique sur l'homme en proie au divertissement et sur la société qui l'asservit à une multiplicité de gadgets, Jacques Ellul apporte une contribution essentielle au grand débat sur la trivialisation de la culture dans nos démocraties modernes.

  • Edgar Morin évoque les figures qui ont éclairé et nourri sa vie et sa pensée : Héraclite, Montaigne, Pascal, Spinoza, Rousseau, Hegel, Marx, Freud, Jung Heidegger, Piaget... Mais aussi Jésus, le Bouddha, Dostoïevski, Proust, Illich, Beethoven...

  • Loehomme que les sciences humaines et sociales prennent pour objet est le plus souvent étudié dans un seul contexte ou à partir doeune seule dimension. Or, dans des sociétés où les hommes vivent souvent successivement des expériences sociales hétérogènes, chacun est inévitablement porteur doeune pluralité de façons de voir, de sentir et doeagir. Retrouvant ainsi les liens qui unissent la sociologie à la psychologie, loeauteur soeinterroge sur la manière dont la pluralité des mondes et des expériences soeincorpore au sein de chaque individu et observe son action sur une diversité de scènes.

  • Présentation d'exemples d'économie solidaire : services solidaires employant en Europe des milliers de salariés et bénévoles, plus de 2.000 corporations de développement communautaire qui oeuvrent aux Etats-Unis à la revitalisation des quartiers, action de plus 4.000 groupes populaires et communautaires au Québec, économie populaire qui fait vivre la moitié de la population de Santiago du Chili...
    L'économie de marché, malgré ses résultats en termes de niveau de vie, ne résoud pas les problèmes essentiels posés par l'ampleur des inégalités sociales et des dégâts environnementaux. Comment s'y attaquer sans verser dans l'utopisme ? Les contributions rassemblées dans ce livre proposent une réponse. Synthèses de recherches menées sur plusieurs continents, elles mettent en évidence la multiplicité des pratiques dans lesquelles l'économie est un moyen au service de finalités solidaires.
    En Europe comme en Amérique, au Sud comme au Nord, ces formes de développement local entrent en résonance avec les réseaux internationaux du commerce équitable. Les enjeux d'une recomposition des rapports entre économie et social concernent tant l'action publique que la justice et l'égalité entre les sexes.
    L'économie solidaire existe. La reconnaître pleinement et lui fournir les moyens de son développement est aujourd'hui un choix politique qui engage l'avenir de la société.

  • La société est assiégée sur deux fronts : d'un coté, un monde globalisé, que ne structurent plus les anciennes règles, de l'autre, une politique de gestion de la vie de plus en plus " liquide " et mal définie.
    L'espace compris entre ces deux fronts, gouverné jusque récemment encore par les principes régissant l'état-nation souverain et identifié par les sociologues comme la " société ", est chaque jour plus difficile à concevoir comme une entité autonome. d'où le défi posé à une sociologie fondée sur une conception de la société en grande partie dépassée. mais la transformation radicale de son objet n'invalide pas l'utilité de la sociologie : permettre à l'humanité davantage de maîtrise de son destin.
    Ce livre explore ainsi les nouveaux dilemmes de nos sociétés (vitesse/lenteur, privé/public, autorité/idolâtrie, événement/politique), pour montrer comment, dans ce monde globalisé, l'action est à la fois possible et exigée.


  • quels sont les effets de l'augmentation de la demande d'enseignement sur la mobilité sociale entre générations, sur les inégalités économiques ? y a-t-il des différences entre les nations industrielles du point de vue de l'égalité des chances ? telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ici raymond boudon.
    son ouvrage est un classique de la sociologie qui suscita un vif débat au moment de sa publication, car il

    exprimait un certain scepticisme envers les capacités de l'institution scolaire de réduire les inégalités. de fait, vingt ans après, ces analyses se sont révélées justes, mais malgré l'avertissement salutaire de boudon, l'illusion persistante d'une démocratisation par l'école continue de régir les politiques publiques.


  • Anthony giddens s'interroge ici sur la fantastique transformation qui a fait de la sexualité - domaine strictement privé et caché sur lequel s'exerçait le contrôle disciplinaire et répressif de la société - une affaire publique : le sexe s'expose, s'exhibe, et l'intimité a envahi le champ social.
    Par ailleurs le choix du genre (femme, homme, homosexuel, queer) laisse chacun libre de se déterminer comme il l'entend. en fait, la relation amoureuse et sexuelle est, à son tour, devenue " démocratique ". chacun recherche dans la rencontre de l'autre la réalisation d'un projet de vie et d'une invention de soi. la sexualité devient affaire de poursuite de son identité dans la relation. dans le même temps, nos identités sont devenues successives, plurielles et flexibles.

  • Cet ouvrage réunit en un seul volume les deux livres d'André Rauch, Crise de l'identité masculine (1789-1914) et L'Identité masculine à l'ombre des femmes. Parcourant plus de deux siècles, il montre l'affirmation, puis l'effacement progressif d'une figure du masculin et de la virilité. En effet, avec la Révolution française et l'égalité des individus, une nouvelle identité masculine se construit, loin des rôles sociaux classiques. Les épreuves de l'armée de conscription et les contraintes de la vie professionnelle tissent une sociabilité d'homme. Pourtant, à peine ébauchée, cette nouvelle image de l'égalité virile cède devant la dynamique sociale de la mixité l'art de séduire évolue, les femmes viennent vite contester aux hommes le monopole qu'ils exercent dans l'espace public. Les pères revendiquent une nouvelle place dans l'espace familial. La saignée de la Grande Guerre, qui consacre l'émancipation des femmes et la promotion de nombre d'entre elles comme chef de famille, oblige à repenser les rôles masculins. Dans le couple, la relation hiérarchique est remplacée par un compagnonnage plus égalitaire avec l'autre sexe. Le prestige du " premier sexe " s'estompe sous les conquêtes du " deuxième sexe ", puis se confrontent à de nouvelles revendications, telles que l'homosexualité ou l'homoparentalité. Qu'est-ce qu'être un homme quand cela ne répond plus à une évidence sociale ?

  • Dans le monde précaire de la flexibilité, la question du respect prend une importance nouvelle. Chacun cherche à obtenir le respect qui lui est dû, et investit cette quête encore davantage que celle de l'égalité. Des conflits sociaux classiques, qui mettent en scène des fiertés professionnelles (infirmières, ou même cheminots) aux affrontements des banlieues et aux revendications des adolescents contemporains, l'exigence du respect est en passe de devenir la principale revendication adressée à l'autre. Mais il ne saurait y avoir de respect que mutuel. Or comment dans un monde d'inégalités croissantes faire en sorte que le respect de soi force aussi les respect des autres ? Tel est aujourd'hui l'enjeu de la question sociale. Pour Richard Sennett, il faut renoncer à la politique de la compassion et de son double, la « mentalité d'assisté », afin de forger de véritables liens, qui ne soient ni d'assistance ni de dépendance, mais de réciprocité.

  • 1900 : triomphe du Bourgeois. Mais son épouse ? Cette femme qui parade, élégante, au Bois, suscite bien des craintes et des interrogations : est-elle honnête ? Qu'est-ce au juste qu'une honnête femme ? Que peut-elle faire pour n'être point oisive ? Comment entretiendra-t-elle le nid familial et accomplira-t-elle les mille devoirs qui la rendront digne de ses titres d'Epouse, de Mère, de Femme au foyer ? Quelle fonction sociale pour elle, en dehors de la garde de la famille ? Et quelle éducation peut-elle recevoir sans trahir, demain, sa vraie vocation ? Ces questions engendrent toutes sortes de discours qui, dans leur diversité et leurs contradictions, codifient le rôle dévolu aux femmes de la bourgeoisie. Ce livre analyse le modèle ainsi formé et montre comment, en suivant l'évolution des moeurs, il perdure, de la digne Epouse et Mère chapeautée et corsetée du début du siècle à la jeune Femme-qui-travaille d'aujourd'hui.

  • L'individualisme contemporain, souvent décrié, est aussi souvent considéré comme le responsable de la crise de la transmission et de celle des repères, et accusé de remettre en cause le lien social. On cherche alors des remèdes visant à contrer cet individualisme, et à le soumettre à des autorités supérieures.
    Dans cet ouvrage, François de Singly fait au contraire le pari que l'individualisme peut permettre de construire un lien social plus souple, plus respectueux des personnes, parce qu'il organise leur liaison volontaire, et une nouvelle capacité de vivre ensemble.

  • Être sujet de son existence, dessiner le cours de sa vie, implique un travail complexe, éprouvant et risqué. En nous ouvrant les portes de la fabrique à s'inventer, ce livre nous donne à voir ce processus de construction où alternent passion créative et désarroi, implosions individuelles et explosions collectives. Jean-Claude Kaufmann examine cette nécessité pour l'individu moderne d'avoir une histoire propre, et éclaire ce faisant une notion omniprésente - et cependant extrêmement vague - dans notre société : l'identité. Pour le meilleur et pour le pire, nous sommes désormais entrés dans l'âge des identités.

  • L'alternance régulière entre turbulence et tranquillité sociale est un phénomène observé depuis la révolution industrielle mais rarement analysé. Albert Hirschman propose ici une explication stimulante et originale des intermittences de l'engagement social et politique dans les sociétés développées. Selon lui, les individus passent sans cesse, dans un mouvement cyclique, de phases d'engagement public à des replis vers la sphère privée, chacun de ces mouvements provoquant une satisfaction relative mais aussi une forme spécifique de déception le poussant vers le moment suivant. Cette hypothèse a montré sa fécondité, et permet de mieux comprendre des phénomènes aussi divers que l'intensité et le caractère éphémère des mobilisations politiques et sociales, l'abstention électorale. Ce livre, devenu un classique de la sociologie politique, est une contribution fondamentale à l'anthropologie de l'individu démocratique.


  • ce livre est issu d'un rapport commandé par l'institut montaigne, en 2004, qui a fait événement.
    pour la première fois, un chef d'une très grande entreprise française, lui-même issu l'immigration maghrébine, y défendait une politique d'affirmative action à la française. en soulignant la manière ambiguë dont la france se rapporte à sa propre diversité, les auteurs regarde d'un oeil neuf les effets dévastateurs de la ségrégation et de la discrimination ethnique sur le modèle républicain. par une série de propositions concrètes, cet ouvrage en appelle à un redressement radical de nos politiques publiques.
    par-delà les mesures actuelles - type zone franche ou zep-, les auteurs montrent que l'égalité réelle ne pourra être atteinte à moins d'une action publique volontariste pour la diversité, dans les domaines de l'emploi, du logement des services publics et de la représentation politique.

  • On rit plus que jamais et les comiques sont parmi les plus grandes stars du spectacle aujourd'hui.
    Consacré à quelques-uns des comiques les plus populaires de la france d'aujourd'hui, ce livre s'interroge sur les ressorts de ce succès : de quoi rions-nous ? du sexe, des identités ethniques, des appartenances communautaires.
    Les analyses consacrées à jamel debbouze, gad elmaleh et fellag montrent qu'ils inventent un comique de la migration territoriale et jonglent avec les identités. la relecture de feydeau, grand orfèvre en matière de désir et de sexe, permet de comprendre comment les spectacles de bigard font rire en visant bas.
    D'où cette seconde interrogation : comment rions-nous ? alors que la télévision formate un rire fois médiocre, des artistes du rire arpentent avec bonheur la scène hors des studios. le rire demeure cet exercice corporel et langagier qui renvoie à une manière d'être ensemble et de faire corps.

  • Aujourd'hui l'enfant est l'objet de toutes les sollicitudes. Sa venue au monde, ses premières années, sa garde, son éducation, sa sexualité, sa sécurité, son passage vers l'adolescence : tout donne l'occasion d'exprimer des affects qui frisent la démesure. Tandis que l'angoisse parentale pousse toujours à plus de précocité dans les diagnostics et dans les apprentissages : « tout se joue dans l'enfance ! » L'auteur analyse avec clarté et précision des événements aussi divers que l'invention de la « naissance sans violence », la multiplication des procréations médicalement assistées, la « découverte » de la maltraitance, la reconnaissance des « droits de l'enfant », la crise de l'autorité et de la transmission, les soupçons de pédophilie qui pèsent sur tout éducateur, pour mieux cerner cette nouvelle représentation de l'enfance. Elle met ainsi en évidence les cheminements complexes du désir d'enfant et les investissements affectifs et imaginaires dont l'enfant est l'objet, de sa conception à son développement scolaire ultérieur.
    Au carrefour de la psychanalyse et de la sociologie, une étude rigoureuse et limpide d'un thème de prédilection de nos contemporains.

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