Pluriel

  • Le livre, outre le texte même du Contrat social, dans une édition désormais classique, propose de nombreux ajouts : des notes qui resituent le livre dans la lecture qu'en ont faite les contemporains, en premier lieu Voltaire ; et trois essais de Bertrand de Jouvenel qui tous insistent sur le caractère paradoxal de la pensée de Rousseau. Celle-ci fonde la modernité mais est empreinte de nostalgie passéiste. L'essai sur la politique de Rousseau, qui ouvre le volume, propose une série de clés de compréhension de l'oeuvre, mais aussi une interprétation d'ensemble de la pensée politique de Rousseau, le situant au fondement de la démocratie comme des totalitarismes modernes.

  • « Ce livre est, pour l'essentiel, une critique de la modernité - sans en exclure les sciences modernes, les arts modernes, ni même la politique moderne. Il contient ainsi les indications sur un type opposé, aussi peu moderne que possible, un type aristocratique, qui «dit oui». Dans ce sens ce livre est une école du gentilhomme, en prenant ce mot dans un sens plus intellectuel et plus radical qu'on ne l'a jamais fait. [.] Tout ce dont notre époque est fière, on le ressent ici comme opposé à ce type, et presque comme de mauvaises manières, par exemple la fameuse «objectivité», la «sympathie pour tous ceux qui souffrent», le «sens historique», avec sa soumission au goût des autres. On ne trouvera pas dans ce livre une seule parole indulgente. »
    Friedrich Nietzsche, 1888.

    Dans son introduction, Daniel Halévy éclaire la genèse de ce texte et évoque sa première réception, entre malveillance et indifférence. Quelques rares esprits pourtant, dont Hippolyte Taine, perçurent qu'ils étaient en présence d'une oeuvre philosophique majeure.

    Traduit par A. Meyer et R. Guast

  • Sous la forme d'entretiens avec deux universitaires qui l'interrogent sur son parcours, René Girard livre ici les principales étapes de son autobiographie intellectuelle. Il évoque l'accueil de son oeuvre en France et dans le monde, réplique à certaines critiques, et propose de nouveaux développements de sa pensée, à propos de l'Inde védique ou contre la thématique commune du retour du religieux. Ces entretiens complètent l'ouvrage publié en janvier et constituent une introduction remarquable à la pensée de René Girard.

  • Dialogue entre ce grand humaniste qu'est George Steiner et Cécile Ladjali, enseignante confrontée à la réalité des banlieues, ce livre a gardé la vivacité d'un échange oral. Sans passer sous silence les difficultés de la posture enseignante, l'éclatement des références culturelles, les ruptures entre les générations, les auteurs s'interrogent sur notre capacité de transmettre en analysant les exigences complexes de l'enseignement aujourd'hui.
    Ni discours passéiste, ni parti-pris moderniste, ce livre est simplement un plaidoyer pour la passion de la littérature, animé de cette seule conviction : cette passion force le respect. Première publication, Albin Michel, 2003. Repris chez Pluriel en 2007.

  • Ecrit au ive siècle av. J.-C., à l'époque des « Royaumes Combattants », dans une Chine en pleine effervescence commerciale et culturelle, L'Art de la guerre n'est pas seulement un traité de stratégie. C'est également, comme le montre Jean Lévi dans ses commentaires, une leçon de sagesse, un art de vivre et une philosophie de l'existence.
    Cette nouvelle traduction de L'Art de la guerre a bénéficié de l'étude de nombreux textes découverts lors de fouilles archéologiques récentes. Elle restitue toute la force
    littéraire et la concision du grand texte classique.

  • Premier volume d'une trilogie intitulé Sphères et destinée à analyser les conditions dans lesquelles l'homme peut rendre le monde habitable, Bulles examine, depuis la relation utérine jusqu'à l'extase mystique, les formes que prend une intériorité aimantée par l'extérieur. Ce faisant, il parcourt, de Platon à Lacan, nombre de figures de l'histoire de la philosophie, relues avec une très grande liberté. Au souci de l'Un, sphère close sur elle-même de la pensée classique, il oppose la fragmentation que nous devons à la modernité, sans que celle-ci ait renoncé à la quête d'une nouvelle unité.

  • Dis-moi quelle philosophie tu choisis et je te dirai qui tu es. Telle est l'intuition qui gouverne ce recueil. Les âmes assujetties choisissent un système naturaliste, tandis que les hommes à l'esprit fier ont recours à un système de liberté. Passant en revue, de Platon à Foucault, la plupart des grands philosophes, Peter Sloterdijk introduit à leurs pensées en présentant les hommes qu'ils étaient. Il construit ainsi une histoire personnelle de la philosophie où l'on (re)découvre ces grands personnages du passé et l'intuition centrale qui organise leur pensée.

    Professeur à l'université de Karlsruhe, Peter Sloterdijk est considéré comme l'une des grandes figures de la philosophie contemporaine. Une grande partie de ses ouvrages est publiée dans la collection « Pluriel », notamment Le Palais de cristal, Bulles (Sphères I), Globes (Sphères II), Écumes (Sphères III) et Colère et Temps.

  • À l'ère de la mondialisation et du nouvel individualisme, l'homme moderne est confronté à des situations inédites dans son histoire : la crise économique, l'explosion démographique, la possibilité de rendre la Terre inhabitable par toutes sortes de pollutions... À ce bouleversement de nos modes de vie correspondent de nouvelles responsabilités, en particulier envers les générations futures. Nourri d'entretiens menés par Frédéric Lenoir au début des années 1990, ce livre prophétique plaide pour une éthique qui concerne chacun d'entre nous et la manière dont nous voulons vivre ensemble. Philosophe, sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir est directeur du Monde des religions. Il a notamment publié chez Fayard Socrate, Jésus, Bouddha (2009), La Guérison du monde (2012) et Du bonheur. Un voyage philosophique (2013) et, dans la collection « Pluriel », Les métamorphoses de Dieu.

  • « J'ai commencé à écrire ce texte il y a désormais bien longtemps, en 1982 ou 1983. La situation dans laquelle je me trouvais était réellement désespérée ; j'étais dans une prison de haute sécurité depuis déjà trois ans pour des raisons politiques et j'ignorais comment en sortir. Je cherchais dans l'analyse de la souffrance une clé pour résister. » C'est dans le Livre de Job, qu'il a lu et commenté à sa façon, que Toni Negri va finalement trouver une telle force. On ne l'attendait pas forcément là. L'expérience de son exil politique en France et celle de son incarcération en Italie lui ont fait découvrir la modernité du livre biblique. Texte de l'échec et de la solitude qui renvoie Toni Negri à l'échec du mouvement de contestation violente qui a secoué l'Italie dans les années 1970. Job devient le héros paradoxal de tous ceux qui entrent en résistance, qui s'opposent et interpellent les puissants pour changer le monde.

    Traduit par Judith Revel, Job, la force de l'esclave est à la fois un livre de philosophe, un livre personnel qui croise les chemins de l'autobiographie et un livre spirituel d'un penseur matérialiste.

  • Quelle vie ! Et quelle histoire... Celle de Denis Diderot, sans doute le plus grand esprit du XVIIIe siècle. Il est d´abord resté dans l´histoire pour avoir mené à bien, luttant pendant vingt ans contre toutes les censures, l´extraordinaire aventure de l´Encyclopédie, premier recueil mondial de l´état de sciences et des idées, mais il est aussi un philosophe et un écrivain génial qui s´est essayé à tous les genres, le roman, le théâtre d´avant-garde, les premières critiques d´art... Esprit universel, mû par un insatiable curiosité, Diderot couvre tous les champs du savoirs, des mathématiques à la poésie, de la science politique à la biologie, où ses intuitions annoncent celles de Darwin. Eternel rebelle, refusant de courtiser les princes et rêvant de les conseiller, ami de Rousseau, D´Alembert, Condillac, Helvetius - et de la plupart des grands esprits de son temps qui lui doivent souvent beaucoup de leurs idées -, il est aussi un formidable amoureux. En témoigne sa correspondance avec Sophie Volland, un sommet de littérature amoureuse. Diderot incarne le bonheur de penser, dont il a fait une activité à plein temps, aussi vitale pour lui que manger ou boire pour d´autres. Avec le souffle qui ont fait de ses biographies de Gândhî et de Karl Marx des succès, Jacques Attali livre une fascinante vie de Diderot, une vie qui nous donne à réfléchir à ce que l´homme peut être de meilleur, à un moment où le XVIIIe siècle paraît se répéter, pour le meilleur ou pour le pire.

  • Les Principes de politique sont l'oeuvre maîtresse de Benjamin Constant et du libéralisme politique. Rédigé en 1806, ce livre n'avait curieusement jamais été publié en France sous sa forme complète. De son vivant, l'auteur s'était contenté d'en extraire divers articles, brochures et conférences, mais qui ne permettaient pas de saisir son architecture d'ensemble. Il a fallu attendre 1980 pour que paraisse à Genève la première édition critique de cet ouvrage que l'on trouve ici enfin rendu accessible au grand public. Constant se propose de repenser les fondements de la vie en société à la lumière de cet événement majeur et récent qu'est la Révolution française. Il y définit les conditions de base d'une démocratie libérale - la souveraineté du peuple et la liberté individuelle - explore les modalités de leur articulation et, chemin faisant, découvre en quoi consiste la liberté des Anciens face à celle des Modernes.
    L'un des chefs-d'oeuvre de la philosophie politique européenne sort aujourd'hui de l'obscurité pour occuper la place qui lui est due.

  • Parcourant les principaux concepts de la philosophie de Deleuze, la multiplicité, l'anti-dialectique, la répétition, le dehors ou encore le pli, l'auteur croit discerner un malentendu fondamental à l'oeuvre dans la réception de Deleuze. En effet, celui-ci n'est pas à ses yeux un philosophe de la mobilité et du multiple, mais au contraire un penseur de l'Un et de l'Etre. C'est cette thèse paradoxale qui se trouve soutenue dans cet essai suivi d'un choix de textes de Deleuze.


  • paul hazard propose ici une synthèse magistrale de l'histoire de la pensée au xviiie siècle.
    ce livre se compose de trois parties : " le procès du christianisme " montre comment une pensée libre, émancipée de la religion, a pu progressivement s'affirmer. " la cité des hommes " expose les nouveaux principes d'organisation politique et d'éducation qui voient alors le jour. " désagrégation " présente les questionnements des philosophes sur la vie, la justice ou la vérité, qui rompent avec les dogmes précédents et exposent des hypothèses hardies.
    un ouvrage de référence.

  • Dans cet essai consacré à Rousseau, Cassirer met en lumière le paradoxe central de la pensée du philosophe genevois : « Comment le mal et le péché peuvent-ils être imputés à la nature humaine, si celle-ci, dans sa constitution primitive est libre de tout mal, de tout péché, s'il n'y a pas eu de corruption radicale ? » Une analyse rigoureuse des textes, nourrie par une grande érudition, lui permet de développer cette interrogation en montrant comment, chez Rousseau, la nature sociale de l'homme est ce qui rend compte tant du mal que d'une possibilité de salut qui se situe dans l'horizon du politique. Rousseau est ainsi bien le grand précurseur de notre modernité, qui fait de l'ordre politique et moral un ordre autonome. La préface de Jean Starobinski souligne l'étonnante modernité de cette lecture, qui fait de Rousseau le plus moderne des penseurs des Lumières.

  • Ecumes est le troisième volume de la trilogie sphères, celui où l'auteur développe la dimension sociétale et politique de sa réflexion comment faire société avec ces bulles que sont les individus ? l'écume est cette société de bulles.
    " la métaphore de l'écume présente l'avantage de mettre en image le voisinage d'unités fragiles dans un espace comprimé. elle renvoie aussi à la fermeture nécessaire de toute cellule d'écume sur elle-même, bien que celle-ci ne puisse exister qu'en tant qu'utilisatrice d'installations de séparation communes (parois, portes, couloirs, rues, clôtures, installations frontalières, zones de transit, médias).
    " cette perspective se déploie en utilisant des métaphores nouvelles pour penser le monde social (la capsule, les îles, la serre) et relier des phénomènes disparates, mais constitutifs de notre modernité, comme l'avènement de la société de consommation, la permanence des anciens discours révolutionnaires, la baisse de la fécondité, l'urbanisation, et ainsi proposer une vision renouvelée de ce qui nous met en mouvement : abondance, frustration, caprice.

  • Pour la première fois, l'un des plus grands philosophes de notre temps, réputé pour sa discrétion, avare de confidences et de textes autobiographiques, entreprend ici, avec deux intimes, de nous raconter son itinéraire personnel et intellectuel. La Critique et la conviction n'est pas seulement une introduction à la vie et à l'oeuvre de Paul Ricoeur, qui balaie tous les champs d'intérêt du philosophe, de la métaphysique à la psychanalyse, de l'herméneutique à l'éthique, de l'histoire de la philosophie à la religion. C'est aussi une longue et passionnante réflexion, s'élaborant en direct, sur quelques questions peu ou jamais traitées dans ses livres - l'esthétique par exemple. C'est également une bouleversante méditation sur l'existence et sur la mort. Leçon de philosophie, La Critique et la conviction témoigne d'une éblouissante capacité à mettre en rapport les savoirs et les cultures.

  • Ce livre propose une réflexion sur la signification politique de l'éducation dans les sociétés démocratiques, articulée sur plusieurs thèmes : le statut de l'enfant, la nature de l'égalité, la place de la culture, la fonction du civisme. Sans dogmatisme, l'ouvrage propose d'abord de clarifier ces questions et les dilemmes auxquelles elles donnent lieu : faut-il centrer l'enseignement sur l'élève ou sur les savoirs, comment développer le respect des cultures singulières dans le souci de forger une culture commune, le civisme peut-il s'enseigner, l'école peut-elle être à la fois égalitaire et exercer une fonction de classement, etc. ? C'est sans doute parce que l'école concentre ainsi les plus vifs paradoxes de la démocratie contemporaine qu'elle est à ce point un sujet sensible.

  • Aurore

    Nietzsche

    Aurore est l'un des livres majeurs de Nietzsche. Écrit en 1880-1881, publié en 1881, il rassemble les contributions de Nietzsche particulièrement consacrées à la morale. C'est là qu'il pourfend la morale chrétienne et plus généralement les morales altruistes comme étant mensongères, cherchant à masquer une volonté de domination et d'humiliation des tempéraments les plus forts. Mais en même temps, il se livre à un plaidoyer pour une morale de l'affirmation. Nietzsche en dira : « On ne trouve pas dans tout ce livre un seul mot négatif, pas une attaque, pas une méchanceté : bien au contraire, il est ensoleillé, lisse, heureux.

  • Conçu en pleine débâcle de la Seconde Guerre mondiale, ce livre offre une analyse détaillée du Pouvoir, ce Minotaure, sous tous ses aspects : sa métaphysique, son origine, sa nature, sa croissance. Bertrand de Jouvenel y exprime sa colère contre l'absurdité de la guerre et des pouvoirs qui l'ont engendrée et essaie de mettre à jour les constantes de tout pouvoir politique. Cette longue réflexion sur les rapports Guerre-Pouvoir-État aborde les grands problèmes de la philosophie politique : formes des pouvoirs, droit, liberté, sécurité, ordre, etc. ; un ouvrage classique de la pensée politique moderne.

  • Dans cet ouvrage, René Girard redéploie sa théorie de la violence mimétique, pour montrer qu'elle est seule à même de nous permettre de comprendre la spirale dans laquelle nos sociétés sont entraînées : la violence n'est ni politique ni moins biologique et en ignorant les ressorts de l'imitation, on s'interdit de comprendre les dangers qui nous menacent. Cette réflexion le conduit à s'élever contre le relativisme dans les sciences humaines et sociales qui mine les pensées contemporaines. A cette occasion, il réaffirme la contribution essentielle que propose l'anthropologie du Nouveau Testament et précise ainsi les points qui l'attachent comme ceux qui l'opposent à Claude Lévi-Strauss.
    René Girard reprend également les grandes lignes de sa pensée sous la forme d'un dialogue particulièrement accessible, faisant de ce livre une véritable introduction à l'une des contributions majeures à la philosophie et à l'anthropologie contemporaines.

  • Dialogue entre ce grand humaniste qu'est George Steiner et Cécile Ladjali, enseignante confrontée à la réalité des banlieues, ce livre a gardé la vivacité d'un échange oral. Sans passer sous silence les difficultés de la posture enseignante, l'éclatement des références culturelles, les ruptures entre les générations, les auteurs s'interrogent sur notre capacité de transmettre et analysent les exigences complexes de l'enseignement aujourd'hui. Ni discours passéiste, ni parti-pris moderniste, ce livre est plus simplement un plaidoyer pour la passion de la littérature, animé de cette seule conviction : cette passion force le respect.

  • Les sages de l'Antiquité racontent dans leurs textes de nombreuses anecdotes, évoquent des situations
    réelles ou imaginaires, développent des argumentations raffinées sur le bien vivre et le bien
    mourir. Comment leurs contemporains les comprenaient-ils, les lisaient-ils ? En scrutant ces textes pour tenter d'en retrouver les pensées cachées, les messages codés que les auteurs adressaient à leurs lecteurs, Lucien Jerphagnon
    nous permet de mieux saisir la mentalité de l'Antiquité, quand religion, philosophie et politique étaient liées d'une manière qui nous surprend et nous déroute. Des guérisons miraculeuses au mythe de Narcisse, des fantasmes de Caligula aux rêves de Néron, des imbéciles selon Platon à la sottise selon saint Augustin, ces lectures érudites nous invitent à redécouvrir avec une nouvelle fraîcheur des sages antiques qui ne dédaignaient pas de manier l'humour.

  • Les Français ont l'esprit cartésien, dit-on.
    Descartes représenterait-il la France ? Comment ce philosophe, mort hors de France en 1650, a-t-il fini par incarner une nation tout entière ? Comment se peut-il ; se demande François Azouvi, que tant de fois catholiques et athées, droite et gauche, nationalistes et républicains se soient déchirés au sujet de cette figure, à la fois emblématique et controversée ? Qu'y avait-il dans la philosophie de Descartes qui put alimenter trois siècles et demi de disputes et fabriquer ce mythe d'une France cartésienne ? Au fil des chapitres, c'est toute l'histoire intellectuelle et politique de la France, de 1650 à nos jours, qui est revisitée pour comprendre le destin énigmatique et singulier d'un philosophe prêtant son nom à un pays pour en façonner l'identité.

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