Odile Jacob

  • Fonctions naturelles de l'espèce humaine, la langue et le langage ont cette particularité, à la différence des battements du coeur, de pouvoir subir l'action volontaire de l'individu. Mais que trouve-t-on au commencement : la langue, le langage ou la pensée ?

    Des mathématiques aux sciences de l'homme et de la nature, ce livre propose une lecture interdisciplinaire des problématiques intrinsèques à la langue et au langage. Comment concevoir la traduction des textes philosophiques ou religieux qui est censée assurer la continuité de la pensée d'une langue à l'autre ? Que nous apprennent les mathématiques, qui semblent libérées des contraintes linguistiques ? Peut-il y avoir une pensée en dehors du langage, voire un langage sans pensée, comme le suggère aujourd'hui la traduction automatique ? Qu'en est-il du monde animal et que révèlent les pathologies du langage ?

  • Civilisations : questionner l'identité et la diversité ; colloque de rentrée du Collège de France Nouv.

    Peut-on s'accorder sur une définition de la civilisation et utiliser le terme sans arrière-pensée ? Depuis son émergence dans le vocabulaire de l'Europe occidentale, cette notion a servi d'étendard tant aux idées progressistes des Lumières qu'à des formes d'impérialisme ou à l'expression d'un racisme plus ou moins larvé. Les problématiques qui entourent l'emploi de ce mot, au singulier comme au pluriel, incitent à la prudence en ses usages.

    « Civilisation(s) » : concept normatif ou descriptif ? Au service de la diversité humaine ou négation de cette dernière ? Réalité culturelle ou biologique ? Dans cet ouvrage, juristes, historiens, philosophes, sociologues, archéologues, paléontologues, généticiens, médecins et anthropologues entendent tout à la fois apporter des éclairages nouveaux aux questions les plus traditionnelles et contribuer à la réflexion sur quelques grands enjeux contemporains, qu'il s'agisse des politiques migratoires, de la mondialisation, du droit international, de la génétique des populations ou encore de la santé.

  • Ecrite sous la direction de Patrick Boucheron, cette oeuvre aborde la question migratoire en Europe avec un oeil inédit. Il replace la crise des migrants dans le long terme, et montre à travers une approche multidisciplinaire comment les migrations ont façonné la mondialisation. Enfin, il nous pose la question du droit des migrants et soulève le problème d'une Europe incapable d'être terre d'accueil.

  • Parole et musique façonnent notre vie sociale et notre relation au monde. Mais d'où provient l'aptitude singulière de notre espèce à donner du sens à l'expression de signaux acoustiques ? Pourquoi et comment ces systèmes de communication sont-ils apparus au cours de l'évolution ? Existe-t-il des parentés entre les sonorités émises et traitées par l'un et l'autre système ? Peut-on parler de langage musical ? Ou bien doit-on affirmer avec Wagner que la musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots ? Ces interrogations trouvent aujourd'hui des éléments de réponse dans les avancées réalisées depuis vingt ans par les neurosciences cognitives de la musique et du langage. De nouveaux concepts, outils et voies de recherche naissent de la rencontre entre neurobiologistes, spécialistes de l'évolution, philosophes, historiens, psychologues, anthropologues, psychoacousticiens, informaticiens, linguistes, musicologues. Ce colloque, qui les a rassemblés au Collège de France les 16 et 17 octobre 2008, montre combien cette réflexion est stimulante et féconde.

  • Ce livre réunit les contributions au colloque organisé au Collège de France en novembre 2008 à l'occasion du centenaire de Claude Lévi-Strauss (1908-2009).
    Au cours de cette longue vie, ponctuée par une trentaine de livres et plus de quatre cents articles, Claude Lévi-Strauss a refondé l'anthropologie en France. Nous commençons à peine aujourd'hui à mettre en valeur ses réflexions sur la nature de la vie sociale, sur le destin des peuples, sur le procès de connaissance ou sur l'émotion esthétique, dont quelques philosophes se sont emparés afin d'en examiner les conséquences dans l'ordre d'un remaniement des concepts dont nous nous servons pour comprendre le monde et sa chatoyante diversité.
    Ce centième anniversaire de Claude Lévi-Strauss offrait l'occasion de revenir sur le parcours intellectuel d'un auteur devenu un classique et dont les contributions, pour attachées qu'elles soient à une austérité scientifique sans concession, ont néanmoins su séduire un vaste public.

  • Oeuvre dédiée au mouvement même de la mémoire, À la recherche du temps perdu laisse une large place aussi bien à la mémoire de l'histoire qu'à celle de la littérature même. « Toute la littérature vit dans À la recherche du temps perdu. La littérature donne vie à la littérature comme «résurrection de la vie intégrale» à la manière de l'histoire de Michelet », écrit Antoine Compagnon.

  • ?Comment fédérer des milliers de cités provenant d'horizons juridiques et culturels différents en un ensemble cohérent et efficace, sans que tout sombre dans le chaos ou la tyrannie ? C'est le problème qu'a dû affronter la cité de Rome, une fois conquise une grande partie du monde occidental. Par leur créativité incessante, les juristes romains ont petit à petit conçu un droit civil qui intégrait des éléments étrangers, tout en les qualifiant de romains. Créant une homogénéité à partir de l'hétérogénéité, ce travail séculaire a abouti, en 212 de notre ère, à la Constitution Antonine par laquelle l'empereur Caracalla a accordé la citoyenneté romaine à tous les hommes libres du monde romain. Déconstruisant bon nombre d'opinions modernes concernant Rome, la République et l'Empire, ce livre retrace cette aventure intellectuelle et politique extraordinaire, qui n'est pas sans rappeler certaines questions contemporaines issues de la mondialisation. Professeur à l'Université de Chicago, Clifford Ando est historien du droit et de la religion romaine. Il a récemment publié The Matter of the Gods : Religion and the Roman Empire (2009) et Imperial Roma : The Critical Century (2012). Le présent ouvrage est issu de conférences qu'il a données au Collège de France, en mars 2010.

  • La fameuse déclaration « L'État, c'est moi » de Louis XIV ? Un mythe ou, au mieux, une « sottise d'adolescent ». C'est avec une fantaisie et un humour déconcertants, quelques incursions dans notre vie politique contemporaine et le souci constant de « donner place aux faits plutôt qu'aux mythes » que James B. Collins s'intéresse à l'histoire de la société et de l'État français à l'époque moderne. Proposant de rejeter la notion « nébuleuse » d'absolutisme, il considère une évolution qui va d'une monarchie républicaine vers un État monarchique. Dans ce livre, l'auteur s'appuie sur des documents originaux, en privilégiant la province plutôt que Paris. Et, vue de là, la société française d'Ancien Régime n'est pas davantage immobile que le pouvoir royal n'est « absolu ».

  • La presse de la Révolution a été la grande innovation qui a distingué 1789 de toutes les grandes crises antérieures et a montré la voie à la politique contemporaine. Sans les journaux, la prise de la Bastille serait peut-être restée une simple émeute!En ce moment unique, la vénérable presse à bras de Gutenberg a en effet rencontré la jeune époque des idéologies de masse. Alors, des individus comme Brissot, Desmoulins, Marat ou Hébert ont pu créer des publications qui non seulement reflétaient leur personnalité, mais ont exercé une véritable influence sur le monde. C'est cette rencontre d'un journalisme individualisé avec la politique de masse qui a fait l'histoire de la décennie révolutionnaire un chapitre sans pareil dans l'histoire des médias.Malgré la célébrité de quelques unes de ses figures, la presse de la Révolution a été longtemps traitée comme un phénomène annexe de l'histoire politique ou culturelle. Pour la première fois, le livre de Jeremy Popkin l'envisage dans sa globalité et offre une synthèse vivante et précieuse sur un moment singulier de son histoire, dramatique et éphémère, mais fondateur pour notre modernité politique.

  • Par un de nos plus grands érudits peut-être en matière d'Antiquité grecque, voici une étonnante enquête pour retrouver les traces bien réelles de la figure de Narcisse.

    On connaît le mythe, on sent sa présence dans l'art et la littérature à toutes les époques. Mais comment s'est-il construit ? Quel rôle jouait-il ? À quelle époque remonte-t-il ?

  • Médecin et microbiologiste belge, Peter Piot a participé à la découverte du virus Ebola au Zaïre, en 1976, et a conduit en Afrique des recherches sur l'infection à VIH et sur la santé des femmes. Il a été, de 1995 à 2008, le premier directeur exécutif du programme commun des Nations unies sur le sida (ONUSIDA). Il a été professeur associé au Collège de France et dirige aujourd'hui l'Institute of Global Health d Imperial College, à Londres.

    Ce livre est à la fois un témoignage, une synthèse et un plaidoyer.
    C'est le témoignage d'un acteur de premier plan dans la lutte contre le sida à l'échelle mondiale. Pendant quatorze ans à la tête de l'ONUSIDA, Peter Piot a fédéré des énergies et combattu des résistances et des préjugés. Il a oeuvré notamment, avec un certain succès, pour la reconnaissance du droit au traitement pour les habitants des pays pauvres. (Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, plus de quatre millions de malades du sida sont aujourd'hui sous traitement.) C'est un ouvrage de synthèse qui, dans un langage non technique, aborde tous les aspects de l'épidémie du sida (médical, économique, social, politique et culturel), à l'échelle mondiale et sur la longue durée (les trente années d'épidémie et les projections sur les prochaines décennies). Il montre notamment quels effets la lutte contre le sida a eus sur les politiques de santé nationale et mondiale, et comment, plus généralement, il a changé la manière d aborder les grandes épidémies.
    C'est un plaidoyer pour une approche globale qui s'appuie à la fois sur la recherche scientifique de pointe et sur les droits de l'homme. Pour Peter Piot : « C'est la convergence de l'engagement politique et de la science qui permet d'obtenir les meilleurs résultats. »

  • " Lire un texte vieilli, c'est ce que fait tout lecteur dès lors qu'il lit autre chose que le journal du jour ou un roman de l'année. Dans tous les cas, la distance ainsi créée suffit à elle seule à en faire, quel qu'il soit, de la littérature. Cette distance est la première cause qui fait de la littérature une expérience du temps et un arrachement à soi-même. Pour mieux se retrouver. Plus le texte est ancien, plus le lecteur s'étonne et se réjouit d'être touché par lui, d'être en harmonie avec lui, de se reconnaître en lui. Il n'existe pas au monde de civilisation dont la littérature ne s'enracine dans des poèmes, des légendes, des récits, des mythes supposés issus du passé le plus reculé. Partout, la littérature se fonde sur des classiques et un canon qui ne retient par définition que des textes déjà vieux. Autrement dit, ce qui la définit, c'est la distance créée par le vieillissement du texte. Distance subie, car le texte ancien est difficile, mais aussi goûtée". M. Zink.

  • Deux cents ans après la naissance de Darwin, ses idées irriguent plus que jamais les sciences du vivant et nourrissent les réflexions et les débats sur la place de l'être humain dans la nature. Elles ne sont pas toujours, pour autant, bien comprises ni admises : aujourd'hui comme hier, renvoyer l'homme à son animalité reste inacceptable pour bon nombre de gens. Le colloque du bicentenaire organisé en 2009 par le Collège de France a voulu répondre à deux séries de questions : 1/ faire le point sur l'histoire de l'évolutionnisme et sur nos conceptions actuelles : la théorie de l'évolution, à la différence des dogmes, est elle-même évolutive et fait l'objet de discussions scientifiques souvent passionnées ; 2/ explorer l'être humain selon deux perspectives, celles de l'hominisation et de l'humanisation, afin d'articuler l'évolution biologique à ses dimensions culturelles et sociales. Conformément à l'esprit du Collège de France, les auteurs viennent de nombreuses disciplines : biologie, bien sûr, mais aussi philosophie, droit, sociologie, anthropologie, littérature. Grâce à ces regards multiples, ce livre offre un précieux outil de réflexion sur l'évolution passée et future de notre espèce.

  • Linguiste, philologue, orientaliste, historien, philosophe, publiciste, écrivain, Renan (1823-1892) fut, selon le mot d'Anatole France,« l'un des plus vastes génies de son temps ». La probité intellectuelle était pour lui une vertu première. Ses livres et ses conférences 'L'Avenir de la science, Vie de Jésus, Qu'est-ce qu'une nation ?, etc. ' ont fait de lui une figure centrale de la vie scientifique et intellectuelle française de la seconde moitié du XIXe siècle. Toutes les tensions de son époque s'y reflètent : science et religion, peuple et élite, vérité et démocratie, diversité des cultures et universalité de la raison. Ce sont encore les nôtres. À l'occasion du cent cinquantième anniversaire de sa leçon inaugurale, en octobre 2012, le Collège de France a voulu lui rendre hommage. Replaçant sa pensée et ses travaux dans leur contexte scientifique, culturel et politique, mettant en lumière leur originalité et leurs apports à la connaissance et au débat intellectuel, dégageant les erreurs et les acquis, les impasses et les voies novatrices, les idées dépassées et celles qui valent qu'on y revienne, cet ouvrage propose ainsi un état des lieux en profondeur de l'héritage de Renan.
    Son immense succès repose sur ses qualités d'écrivain et sur sa capacité à répondre aux interrogations de son temps. À ce siècle de l'histoire qu'était le XIXe siècle, il a donné une réponse historique à la question de la nature de la religion, en refusant tout surnaturel. Il est intervenu plusieurs fois dans les grands dossiers de son époque.

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