Littérature générale

  • Le tresor des humbles

    Maurice Maeterlinck

    • Le mono
    • 1 Septembre 2021

    C'est nous qui ne comprenons pas, parce que nous sommes toujours dans les bas-fonds de notre intelligence. Il suffit de monter jusqu'aux premières neiges de la montagne, et toutes les inégalités s'aplanissent sous la main purificatrice de l'horizon qui s'ouvre. Quelle différence y a-t-il alors entre une parole de Marc-Aurèle et la phrase de l'enfant qui constate qu'il fait froid? Soyons humbles et sachons distinguer l'accident de l'essence. Il ne faut pas que « des bâtons flottants » nous fassent oublier les prodiges de l'abîme. Les pensées les plus belles et les idées les plus basses n'altèrent pas plus l'aspect éternel de notre âme que les Himalayas ou les gouffres ne modifient, au milieu des étoiles du ciel, l'aspect de notre terre. Un regard, un baiser, et la certitude d'une présence invisible et puissante : tout est dit ; et je sais que je suis aux côtés d'une égale...Mais l'égale est vraiment admirable et étrange ; et, dès qu'elle aime, la dernière des filles possède quelque chose que nous n'avons jamais, parce que, dans sa pensée, l'amour est toujours éternel. Est-ce pour cette raison qu'elles ont toutes, avec les puissances primitives, des rapports qui nous sont interdits? Les meilleurs d'entre nous se trouvent presque toujours à de grandes distances de leurs trésors de la seconde enceinte ; et, lorsqu'un moment solennel de la vie exige un des joyaux de ce trésor, ils ne se souviennent plus des sentiers qui y mènent, et ils offrent en vain des bijoux faux de leur intelligence à la circonstance impérieuse et qui ne se trompe pas. Mais la femme n'oublie point le chemin de son centre, et, que je la surprenne dans l'opulence ou la misère, dans l'ignorance ou dans la science, dans la honte ou la gloire ; si je lui dis un mot qui sorte réellement des gouffres vierges de mon âme, elle saura retrouver les sentiers mystérieux qu'elle n'a jamais perdus de vue, et, sans hésitations, elle me rapportera simplement, du fond des inépuisables réserves de l'amour, une parole, un regard ou un geste qui sera aussi pur que le mien. On dirait que son âme est toujours à portée de sa main ; elle est prête, jour et nuit, à répondre aux plus hautes exigences d'une autre âme ; et la rançon de la plus pauvre ne se distingue pas de la rançon des reines...Maurice Maeterlinck a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1911.

  • Seul à travers l'Atlantique

    Alain Gerbault

    • Le mono
    • 1 Décembre 2020

    Alain Gerbault n'était pas le premier à avoir affronté l'Atlantique, mais son exploit eut un retentissement considérable. Navigateur et joueur de tennis français, il fut engagé volontaire dans l'aviation durant la première guerre mondiale. Ce livre Seul à travers l'Atlantique, est un témoignage du navigateur sur sa traversée de l'Atlantique en solitaire.

  • L'intelligence des fleurs

    Maurice Maeterlinck

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Je veux simplement rappeler ici quelques faits connus de tous les botanistes. Je n'ai fait aucune découverte, et mon modeste apport se réduit à quelques observations élémentaires. Je n'ai pas, cela va sans dire, l'intention de passer en revue toutes les preuves d'intelligence que nous donnent les plantes. Ces preuves sont innombrables, continuelles, surtout parmi les fleurs, où se concentre l'effort de la vie végétale vers la lumière et vers l'esprit. S'il se rencontre des plantes et des fleurs maladroites ou malchanceuses, il n'en est point qui soient entièrement dénuées de sagesse et d'ingéniosité. Toutes s'évertuent à l'accomplissement de leur oeuvre ; toutes ont la magnifique ambition d'envahir et de conquérir la surface du globe en y multipliant à l'infini la forme d'existence qu'elles représentent. Pour atteindre ce but, elles ont, à raison de la loi qui les enchaîne au sol, à vaincre des difficultés bien plus grandes que celles qui s'opposent à la multiplication des animaux. Aussi, la plupart ont-elles recours à des ruses, à des combinaisons, à une machinerie, à des pièges, qui, sous le rapport de la mécanique, de la balistique, de l'aviation, de l'observation des insectes, par exemple, précédèrent souvent les inventions et les connaissances de l'homme. Maurice M. B. Maeterlinck, écrivain de nationalité Belge, a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1911.

  • Ce livre regroupe les travaux de deux grands auteurs (Victor Hugo; Henri Taine) sur la vie et l'histoire de Shakespeare. William Shakespeare est l'un des génies inoubliables de la littérature occidentale. Il laissa son nom dans la culture comme une empreinte indélébile que rien ne pourra effacer. Son talent et ses oeuvres continuent d'influencer les artistes de nos jours, tant dans le domaine de la tragédie que de la comédie...

  • Watar

    Jean-Claude Roullier

    • Le mono
    • 24 Août 2017
  • Alexandre Dumas fils

    René Doumic

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Dumas était trop intelligent, il avait trop le sens de son art, il exerçait sur son oeuvre une critique trop avisée pour ne pas s'en rendre compte. Par ses brochures et par son théâtre, Alexandre Dumas avait-il été pour son pays le conseiller inspiré dont il avait ambitionné le rôle ? En dénonçant la « prostitution universelle, » et la « révolution de la Femme, » je ne suis pas sûr qu'il attachât à ces expressions saisissantes un sens très précis : il flairait un danger pressant et vague dont il avait la notion impérieuse et confuse : il s'agissait non pas de le définir et de l'analyser, mais de le conjurer... Ce livre traite de la vie et l'oeuvre d'Alexandre Dumas fils, un auteur dramatique et moraliste.

  • Contes populaires de la Lorraine

    Emmanuel Cosquin & Al.

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Cette collection de contes populaires témoigne de la richesse littéraire laissée par la tradition orale française. C'est entre 1866 et 1867 que ces contes ont été recueillis en Lorraine. Nous devons la plus grande partie de notre collection au zèle intelligent et à la mémoire prodigieuse d'une jeune fille du pays qui s'est chargée de rechercher les contes des veillées et nous les a ensuite transmis avec une rigoureuse fidélité.

  • Chateaubriand

    Collection

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Ce livre traite de la vie et de l'oeuvre de l'écrivain français Chateaubriand. François-René de Chateaubriand fut le grand initiateur du 19è siècle ayant vu le développement du romantisme français, rôle glorieux que l'on méconnaît trop souvent et qu'il sied de replacer dans toute son évidence, et dans tout son éclat. Il ne convient pas de laisser dans un injuste oubli celui qu'ont salué comme un père les esprits les meilleurs et les plus divers, aussi bien Villemain que Victor Hugo, Ampère autant que Théophile Gautier, celui qui fut le fondateur de l'école moderne, le précurseur de tous les maîtres idéalistes, le génie nourricier des génies contemporains.

  • Comment Émile Littré est venu à bout de cette oeuvre immense qu'est le dictionnaire de la langue française, qui, pour le dire en passant, est une page magistrale d'histoire de la langue? « Rien ne m'avait préparé particulièrement à une entreprise de ce genre... J'avais dépassé quarante ans ; la médecine grecque m'occupait entièrement, sauf quelques excursions littéraires qu'accueillaient des journaux quotidiens et des revues...C'est ainsi que je continuai mon Hippocrate, tout en entreprenant mon dictionnaire.... La conception du dictionnaire fut due, en de telles circonstances, à une occasion fortuite, n'eut d'abord qu'un petit commencement et un caractère fragmentaire, et ne parvint que par des élaborations successives à se former en un plan général et en un ensemble où toutes les parties concouraient. »

  • Cours de linguistique générale

    Ferdinand de Saussure

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    La matière de la linguistique est constituée d'abord par toutes les manifestations du langage humain, qu'il s'agisse des peuples sauvages ou des nations civilisées, des époques archaïques, classiques ou de décadence, en tenant compte, dans chaque période, non seulement du langage correct et du « beau langage », mais de toutes les formes d'expression. Ce n'est pas tout : le langage échappant le plus souvent à l'observation, le linguiste devra tenir compte des textes écrits, puisque seuls ils lui font connaître les idiomes passés ou distants. La tâche de la linguistique sera : a) de faire la description et l'histoire de toutes les langues qu'elle pourra atteindre, ce qui revient à faire l'histoire des familles de langues et à reconstituer dans la mesure du possible les langues mères de chaque famille ; b) de chercher les forces qui sont en jeu d'une manière permanente et universelle dans toutes les langues, et de dégager les lois générales auxquelles on peut ramener tous les phénomènes particuliers de l'histoire ; c) de se délimiter et de se définir elle-même. La linguistique a des rapports très étroits avec d'autres sciences qui tantôt lui empruntent des données, tantôt lui en fournissent...

  • Diego Velasquez

    Émile Michel

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Ce livre traite de la vie et de l'oeuvre du grand peintre espagnol Diego Velasquez. Diego Rodriguez de Silva, plus connu sous le nom de Velazquez qu'il tenait de sa mère, naquit à Séville où il fut baptisé le 6 juin 1599, dans la paroisse de San Pedro. Il descendait d'une ancienne famille portugaise, un peu appauvrie au service de la couronne, mais qui possédait encore quelque aisance, puisqu'elle vivait de ses revenus. L'enfant avait reçu une bonne éducation et il réussissait dans toutes ses études. Cependant comme il manifesta de bonne heure son goût pour la peinture, son père n'avait mis aucun obstacle à sa vocation...

  • La genèse de l´idée de temps

    Jean-Marie Guyau

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Une des conséquences les mieux établies par la psychologie moderne, c'est que tout est présent en nous, y compris le passé même... Mais si tout est présent dans la conscience, si l'image du passé est une sorte d'illusion, si le futur, à son tour, est une simple projection de notre activité présente, comment arrivons-nous à former et à organiser l'idée du temps, avec la distinction de ses parties, et quelle est l'évolution de cette idée dans la conscience humaine ? L'idée du temps, selon nous, se ramène à un effet de perspective. Nous montrerons, en premier lieu, que cette perspective n'a pas toujours existé et n'est pas nécessaire a priori pour l'exercice de la pensée dans sa période de confusion et d'indistinction originaire. Puis, nous essayerons d'expliquer comment s'est formée cette perspective et de suivre le travail de la nature à ses divers degrés : ainsi on suit sur un tableau le travail du peintre ; on voit comment, sur une toile plane, il a pu rendre sensible la profonde obscurité d'un bois, ou, au contraire, faire pénétrer et s'épanouir joyeusement dans une pièce un rayon de lumière. La perspective en peinture est une affaire d'art ou d'artifice ; la mémoire aussi est un art : nous montrerons, dans la conception du temps, le plan naturel et inévitable que cet art suit toujours. Pour cela, nous essaierons de faire successivement la part : 1) de l'imagination passive et purement reproductrice, qui fournit le cadre immobile du temps, sa forme; 2) de l'activité motrice et de la volonté, qui, selon nous, fournit le fond vivant et mouvant de la notion du temps. Les deux éléments réunis constituent l'expérience du temps.

  • Ce livre traite de l'histoire de la vie et de la philosophie de Stendhal. Né à Grenoble, le 23 janvier 1783, Henri Beyle, plus connu sous le nom de Stendhal, se distingua dès sa jeunesse avec cette vivacité d'intelligence qui a valu tant d'hommes distingués au pays qui l'a vu naître...« L'originalité philosophique d'une période, il faut la chercher presqu'aussi souvent chez un moraliste, un poète, un romancier, que chez les philosophes vrais, les hommes de culture philosophique et dont la philosophie fut le métier ou l'objet d'une méditation constante. Notre dix-septième siècle a eu Descartes, Malebranche. Au dix-neuvième siècle, quelques esprits indépendants et originaux ont également construit, sans le savoir, une véritable philosophie. Ainsi Stendhal... »

  • Le 2 mai 1519 Léonard de Vinci mourait à Amboise. Cette mort, loin de sa patrie, l'Italie, dans une solitude profonde, adoucie cependant par l'intelligente affection du roi François Ier, rappelle encore les liens éternels qui unissent la France et l'Italie. De cette union nécessaire, écrite dans la longue histoire des deux pays, Léonard de Vinci n'est-il pas le haut représentant et l'éloquent symbole ? N'a-t-il pas trouvé chez nous, en France, l'asile qu'il avait vainement cherché dans son pays ? Ne nous a-t-il pas légué quelques-uns de ses plus beaux et plus mystérieux chefs-d'oeuvre ? N'a-t-il pas rencontré en France ses plus fervents admirateurs ? Enfin, par son double culte pour la science et pour l'art, n'est-il pas un précurseur admirable de ce qu'il y a de plus élevé dans l'âme moderne ? La Joconde, cette mystérieuse et redoutable fiancée du Vinci, est ainsi décrite par Théodore de Banville : 'O troublant et sombre enchantement de ce front démesuré, de ces yeux étroits et profonds sans sourcils et sans cils, de ces lèvres un peu tordues dans un indicible et cruel sourire ! O contour prestigieux du visage, chairs mates, fauves, noyées d'une ombre transparente et bleue, poitrine où dort le secret inouï, chaste voile, robe plissée en petits plis par mille fées, grandes mains où la Volupté sommeille, bleu et dangereux paradis-labyrinthe, caché derrière elle, et où ses regards nous attirent ! Oh ! qui de nous ne sera un peu damné pour l'énigmatique et froide et brûlante Mona Lisa !'

  • La vie et l´oeuvre de Charles Dickens

    Arthur Dudley

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    De tous les romanciers anglais contemporains, Charles Dickens est le plus fécond et le plus populaire. Il naquit le 7 février 1812. Son père, employé aux bureaux de la marine, résidait alors à Portsmouth. La trace des premières impressions de son enfance était restée très vive chez l'illustre écrivain. De même que Walter Scott se rappelait les étranges remèdes appliqués, lorsqu'il avait trois ans, à sa jambe malade, et comment on l'emmaillotait, par exemple, dans une peau de mouton toute chaude, de même Charles Dickens parlait volontiers du petit jardin où il avait fait ses premiers pas, sous les yeux de sa bonne qui le surveillait à travers un soupirail de cuisine, de ses goûters en compagnie d'une petite soeur aînée, du jour où il avait vu, pour la première fois, des soldats faire l'exercice, spectacle qui paraissait l'avoir singulièrement frappé. Il racontait aussi comment, en 1814, il était venu à Londres avec ses parents par la neige. De Londres, M. Dickens avait été envoyé à l'arsenal de Chatham. « C'est là, disait plus tard Charles, que quelqu'un - (je me suis souvent demandé qui elle était et quel chemin elle avait pris après sa mort), - me chantait doucement l'hymne du soir, et je pleurais sur l'oreiller, soit de remords d'avoir donné un coup de pied à celui-ci, soit de chagrin d'avoir été taquiné par celui-là durant le jour. »

  • Nature, civilisation, et solitude

    Ralph W. Emerson

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    C'est à travers l'étude intensive de l'attitude des humains dans diverses manifestations de la vie en société que Ralph Waldo Emerson a établi la philosophie vers laquelle l'individu doit tendre pour vivre en harmonie avec la nature. Figure principale du mouvement transcendantaliste, il considère la nature comme le lieu privilégié où l'individu entre en communication avec les lois de l'univers. La nature étend ses bras pour étreindre l'homme, pourvu que nos pensées soient d'une grandeur égale à la sienne. L'homme vertueux qui est en unisson avec les moeurs de la nature, se fait la figure centrale du monde visible. « Incarnés pour un moment dans la nature dont les flots de vie nous entourent et nous traversent, conviés par toutes les facultés qu'elle nous octroie à agir de concert avec elle, pourquoi nous grouper autour des ossements calcinés du passé et affubler la génération vivante d'un déguisement décroché à une garde- robe fripée?... Toute science a un but, à savoir, de trouver une théorie de la nature. Nous avons des théories sur des races et des fonctions animales, mais à peine une vague idée de la création. Nous sommes maintenant si loin de la route de la vérité, que les enseignants religieux se disputent et se haïssent, et les hommes spéculatifs sont considérés comme des esprits douteux et frivoles. »

  • Louis pasteur - sa vie et son oeuvre

    Collection

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    C'est l'une des gloires françaises, et parmi toutes, la plus pure et la plus féconde. Le nom de Louis Pasteur a rayonné dans le monde, écrivait Louis Lumet. Pour les savants comme pour les profanes, c'est l'homme qui a voulu guérir les maux de ses semblables, c'est la rigueur et l'absolue de l'observation, le génie de l'invention, qui ouvre les horizons nouveaux aux recherches de la science. Ce livre traite de la vie et de l'oeuvre scientifique de Louis Pasteur, ainsi que son legs philosophique.

  • Maurice maeterlinck: sa vie et sa litterature

    Collection

    • Le mono
    • 1 Septembre 2021

    Ce livre traite de la vie et de la littérature de Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature en 1911. Né à Gand, en Belgique, le 29 août 1862 ; c'est en 1886 que Maurice Maeterlinck s'est rendu pour la première fois à Paris. Accompagné de Grégoire Le Roy, ils prirent contact avec le monde littéraire. Il fit ses débuts comme auteur, dans La Pléiade, avec un conte en prose : Le Massacre des Innocents, et quelques-uns des poèmes dont il devait former, en 1889, son premier ouvrage et son unique recueil de vers : Serres Chaudes. Au bout de sept mois, Maurice Maeterlinck quitta Paris pour retourner vivre en Flandre, passant l'hiver à Gand, et l'été dans sa campagne d'Oostacker, au milieu de ses rosiers et de ses ruches pleines d'abeilles. Présenté en 1887 aux rédacteurs de La Jeune Belgique par Georges Rodenbach, il publia dans cette revue quelques autres poèmes qu'on retrouve également dans Serres Chaudes, puis, à la fin de 1889, il fit paraître La Princesse Maleine, drame en cinq actes, où l'on voulut voir, à tort, une imitation de Shakespeare. C'est de la publication de La Princesse Maleine que date la grande réputation de Maurice Maeterlinck. Un écrivain se trouva, en effet, assez curieux pour lire cette oeuvre, assez épris des novateurs et assez clairvoyant pour l'apprécier, et assez courageux, si l'on songe à toute la routine d'esprit contre laquelle il allait, pour faire part de son enthousiasme au public. Ce fut Octave Mirbeau ; et l'article qu'il écrivit à ce sujet dans le Figaro rendit célèbre du jour au lendemain le nouvel écrivain....

  • La Morale de l'ironie

    Frederic Paulhan

    • Le mono
    • 1 Septembre 2021

    L'ironie est une forme du mensonge. C'est un mensonge avec lequel on ne cherche pas toujours à tromper, encore que l'on y arrive souvent. Elle suppose, comme tout mensonge, une contradiction entre l'expression et une partie au moins de la pensée. En général son auteur connaît cette contradiction, même il s'y complaît, il en apprécie la saveur et la portée, et il s'en sert pour quelque fin esthétique ou pratique. Il y a bien des espèces d'ironie. Qu'elles ne soient pas toutes recommandables, cela va de soi. Il y a une ironie épaisse, lourde et basse, il y a une ironie ailée et subtile. Il y a une ironie méchante et une ironie dédaigneuse ou bienveillante. Il y a une ironie naïve et une ironie désabusée, il y a l'ironie du misanthrope et celle du philanthrope, celle de l'assassin qui raille sa victime et celle qui peut-être inspira Jean Huss sur son bûcher. Et, si inégales qu'elles soient, ces différentes ironies trouvent sans doute une raison d'être, sinon une justification dans la nature de l'être qui les emploie et dans les circonstances de sa vie. Chacun se défend comme il peut.L'attitude ironique morale dérive naturellement de la vue des mensonges et des contradictions du monde, des sociétés, des individus. Elle est notre réaction synthétique. Elle suppose que nous pouvons apprécier le contraste des réalités et des apparences, de la nature des choses et des conventions sous lesquelles nous les voilons aux autres et à nous-mêmes. Elle permet à notre esprit d'adapter son action à la situation présente et de préparer l'action future, différente et même opposée que nous devons déjà prévoir et qu'il ne faut pas rendre impossible. Elle permet à nos sentiments et à nos idées de s'organiser sans raideur et de conserver leur plasticité. Elle est la réponse naturelle de l'homme, réponse contradictoire et unifiée à la fois, aux contradictions du monde, de la vie et de l'esprit, elle le laisse à la fois s'adapter à la réalité la plus large et tâcher d'adapter la réalité à lui, dans la mesure où cela est possible.

  • Parmi ces rares et sûrs compagnons de notre vie intérieure, personne, même des plus délicats et des plus exigeants, ne saurait refuser d'admettre Marc-Aurèle. Il a écrit ses réflexions, dans un moment où, malade et en expédition sur les bords sauvages du Danube, il sent déjà que sa fin est proche ; il veut revoir en un souvenir résumé le passé de son existence, et juger une dernière fois la valeur des choses humaines, qu'il va quitter. Mais l'Empereur ne nous a pas exclus de son monologue ; et puisqu'il a pris la peine de le mettre par écrit, dans une langue qui n'était pas la sienne, c'est qu'il voulait que d'autres aussi en profitassent. Sachons donc en profiter ; et apprenons du souverain du monde, aussi bien que du pauvre esclave de Phrygie, quels sont nos vrais biens, si différents des biens qui enflamment les convoitises du vulgaire. Ces témoignages concordants, venus des deux extrémités, le rang suprême et la servitude, sont l'évidence même ; et si ces principes avaient besoin encore pour nous d'une confirmation, trouvons-la dans le concours de deux des plus belles et des plus fermes âmes que Dieu ait jamais formées, plaçant l'une sur le trône de l'univers, et l'autre dans les chaînes d'un maître impitoyable, fortifiées toutes deux par une même foi contre les séductions de la toute-puissance et contre celles de la misère. Sans doute, il est parmi nous, ainsi que dans tous les temps, bien peu de coeurs dociles à cet enseignement, aussi viril que vrai, aussi pratique qu'aimable pour qui sait le comprendre. Mais si tous ne peuvent pas le suivre, tous au moins doivent l'écouter ; et nul n'a le droit de se croire, ni assez éclairé, ni assez fort, pour le négliger, quelle que soit d'ailleurs la lumière qui le guide et le fondement sur lequel il appuie sa faiblesse.

  • La vie et l oeuvre de pierre loti

    Collection

    • Le mono
    • 1 Septembre 2021

    C'est à Rochefort que naquit le 14 janvier 1850 Pierre Loti. Il appartenait à une vieille famille protestante, qui, au moment de la révocation de l'édit de Nantes, avait en partie émigré en Hollande et s'était en partie installée dans l'île d'Oléron, d'où elle était revenue sur le continent. Dernier né de trois enfants, Loti avait un frère qui, devenu médecin de marine, mourut en rentrant de Cochinchine, et une soeur qui joua un grand rôle dans le développement de ses facultés artistiques et littéraires et dans la formation de son esprit. Loti est le grand peintre des choses qui meurent, des éphémères bonheurs, des réalités entrevues. La brièveté des rêves, le néant du coeur, les arrachements de la passion, la rupture des tendresses, voilà les douleurs dont se compose son oeuvre. Personne avant lui n'avait si cruellement montré le manque de durée dans l'amour, l'empêchement de nouer un lien sérieux dans une affection périssable...

  • Zangwill

    Charles Péguy

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Le cahier que l'on va lire nous a été apporté tel quel par le traducteur, mademoiselle Mathilde Salomon, directrice du Collège Sévigné, 10, rue de Condé, Paris sixième. Le nom du traducteur et sa qualité recommandaient amplement le cahier ; le nom de l'auteur n'est point connu encore du public français ; il m'était totalement inconnu. Quand nous ne connaissons pas le nom d'un auteur, nous commençons par nous méfier ; et par nous affoler ; nous nous inquiétons ; nous courons aux renseignements ; nous nous trouvons ignorants ; nous sommes inquiets ; nous demandons à droite et à gauche ; nous perdons notre temps ; nous courons aux dictionnaires, aux manuels, ou à ces hommes qui sont eux-mêmes des dictionnaires et des manuels, ambulants ; et nous ne retrouvons la paix de l'âme qu'après que nous avons établi de l'auteur, dans le plus grand détail, une bonne biographie cataloguée analytique sommaire.C'est là une idée moderne ; c'est là une méthode toute contemporaine, toute récente ; elle ne peut nous paraître ancienne, et acquise, et déjà traditionnelle, à nous normaliens et universitaires du temps présent, que parce que nous avons contracté la mauvaise habitude, scolaire, de ne pas considérer un assez vaste espace de temps quand nous réfléchissons sur l'histoire de l'humanité...

  • Luce Apulée, philosophe platonicien, a vécu sous les Antonins, une dynastie d'empereurs romains. Il était de Madaure, ville d'Afrique et colonie romaine, sur les confins de la Numidie et de la Gétulie. Sa famille était considérable, et il paraît par plusieurs endroits de ses ouvrages, qu'il parle volontiers de la grandeur de sa maison. Son père, nommé Thésé, avait exercé à Madaure la charge de Duumvir, qui était la première dignité d'une colonie, et Salvia sa mère, originaire de Thessalie, était de la famille du célèbre Plutarque. Il fut parfaitement bien élevé. On lui fit faire ses premières études à Carthage, ensuite alla à Athènes, où les beaux arts et les sciences fleurissaient encore... Il quitta Athènes pour aller à Rome, où il apprit la langue latine, par le seul usage et sans le secours d'aucun maître. Il y étudia la jurisprudence, et y plaida plusieurs causes avec un très-grand succès. Mais une insatiable curiosité de tout savoir l'engagea à parcourir le monde, et à se faire même initier dans plusieurs mystères de religion pour les connaître à fond. Il retourna à Rome, ayant presque consumé tout son bien dans ses études et dans ses voyages ; en sorte que, se voulant faire recevoir prêtre d'Osiris, il se trouva fort embarrassé, et fut obligé de vendre, pour ainsi dire, jusqu'à ses habits pour fournir aux frais de son initiation. Il s'attacha ensuite au barreau, où son éloquence lui acquit une fort grande réputation, et lui donna le moyen de vivre commodément. Au bout de quelque temps il retourna en Afrique ; l'envie de revoir sa famille, et de ramasser le peu qui lui restait de son patrimoine, lui fit sans doute faire ce voyage. Il y tomba malade dans la ville maritime d'Oea (le nom antique de la ville de Tripoli en Libye )...

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