Langue française

  • La période présente est de celles où tout ce qui semble normalement constituer une raison de vivre s'évanouit, où l'on doit, sous peine de sombrer dans le désarroi ou l'inconscience, tout remettre en question... Il faut poser le problème fondamental, à savoir en quoi consiste le lien qui semble jusqu'ici unir l'oppression sociale et le progrès dans les rapports de l'homme avec la nature. Si l'on considère en gros l'ensemble du développement humain jusqu'à nos jours, si surtout l'on oppose les peuplades primitives, organisées presque sans inégalité, à notre civilisation actuelle, il semble que l'homme ne puisse parvenir à alléger le joug des nécessités naturelles sans alourdir d'autant celui de l'oppression sociale, comme par le jeu d'un mystérieux équilibre...Qu'est-ce au juste qui périra et qu'est-ce qui subsistera de la civilisation actuelle ? Dans quelles conditions, en quel sens l'histoire se déroulera-t-elle par la suite ? Ce que nous savons d'avance, c'est que la vie sera d'autant moins inhumaine que la capacité individuelle de penser et d'agir sera plus grande. La civilisation actuelle, dont nos descendants recueilleront sans doute tout au moins des fragments en héritage, contient de quoi écraser l'homme ; mais elle contient aussi, du moins en germe, de quoi le libérer. Il y a dans notre science des éclairs admirables, des parties limpides et lumineuses, des démarches parfaitement méthodiques de l'esprit. Dans notre technique aussi il y a des germes de libération du travail.

  • La vie des abeilles

    Maurice Maeterlinck

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    La bibliographie de l'abeille est des plus étendues. Dès l'origine, ce petit être étrange, vivant en société, sous des lois compliquées, et exécutant dans l'ombre des ouvrages prodigieux, attira la curiosité de l'homme. Son histoire ne commence qu'au XVIIe siècle avec les découvertes du grand savant hollandais Swammerdam. Il convient cependant d'ajouter ce détail peu connu; c'est qu'avant Swammerdam un naturaliste flamand, Clutius, avait affirmé certaines vérités importantes, entre autres que la reine est la mère unique de tout son peuple et qu'elle possède les attributs des deux sexes; mais il ne les avait pas prouvées. Swammerdam inventa les véritables méthodes d'observation scientifique, créa le microscope, imagina les injections conservatrices, disséqua le premier les abeilles, précisa définitivement, par la découverte des ovaires et de l'oviducte, le sexe de la reine qu'on avait crue roi jusqu'alors, et du coup, éclaira d'un rayon inattendu toute la politique de la ruche en la fondant sur la maternité. Il traça enfin des coupes et dessina des planches si parfaites qu'elles servent encore aujourd'hui à illustrer plus d'un traité d'apiculture. Maurice Maeterlinck, écrivain francophone de nationalité Belge, fut Prix Nobel de Littérature en 1911.

  • Le tresor des humbles

    Maurice Maeterlinck

    • Le mono
    • 1 Septembre 2021

    C'est nous qui ne comprenons pas, parce que nous sommes toujours dans les bas-fonds de notre intelligence. Il suffit de monter jusqu'aux premières neiges de la montagne, et toutes les inégalités s'aplanissent sous la main purificatrice de l'horizon qui s'ouvre. Quelle différence y a-t-il alors entre une parole de Marc-Aurèle et la phrase de l'enfant qui constate qu'il fait froid? Soyons humbles et sachons distinguer l'accident de l'essence. Il ne faut pas que « des bâtons flottants » nous fassent oublier les prodiges de l'abîme. Les pensées les plus belles et les idées les plus basses n'altèrent pas plus l'aspect éternel de notre âme que les Himalayas ou les gouffres ne modifient, au milieu des étoiles du ciel, l'aspect de notre terre. Un regard, un baiser, et la certitude d'une présence invisible et puissante : tout est dit ; et je sais que je suis aux côtés d'une égale...Mais l'égale est vraiment admirable et étrange ; et, dès qu'elle aime, la dernière des filles possède quelque chose que nous n'avons jamais, parce que, dans sa pensée, l'amour est toujours éternel. Est-ce pour cette raison qu'elles ont toutes, avec les puissances primitives, des rapports qui nous sont interdits? Les meilleurs d'entre nous se trouvent presque toujours à de grandes distances de leurs trésors de la seconde enceinte ; et, lorsqu'un moment solennel de la vie exige un des joyaux de ce trésor, ils ne se souviennent plus des sentiers qui y mènent, et ils offrent en vain des bijoux faux de leur intelligence à la circonstance impérieuse et qui ne se trompe pas. Mais la femme n'oublie point le chemin de son centre, et, que je la surprenne dans l'opulence ou la misère, dans l'ignorance ou dans la science, dans la honte ou la gloire ; si je lui dis un mot qui sorte réellement des gouffres vierges de mon âme, elle saura retrouver les sentiers mystérieux qu'elle n'a jamais perdus de vue, et, sans hésitations, elle me rapportera simplement, du fond des inépuisables réserves de l'amour, une parole, un regard ou un geste qui sera aussi pur que le mien. On dirait que son âme est toujours à portée de sa main ; elle est prête, jour et nuit, à répondre aux plus hautes exigences d'une autre âme ; et la rançon de la plus pauvre ne se distingue pas de la rançon des reines...Maurice Maeterlinck a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1911.

  • Seul à travers l'Atlantique

    Alain Gerbault

    • Le mono
    • 1 Décembre 2020

    Alain Gerbault n'était pas le premier à avoir affronté l'Atlantique, mais son exploit eut un retentissement considérable. Navigateur et joueur de tennis français, il fut engagé volontaire dans l'aviation durant la première guerre mondiale. Ce livre Seul à travers l'Atlantique, est un témoignage du navigateur sur sa traversée de l'Atlantique en solitaire.

  • Breve histoire des communes en france

    Collection

    • Le mono
    • 1 Septembre 2018

    Rien de plus divers, rien de plus discordant, de plus hétérogène, que les populations, les états, les intérêts, les institutions dont se composait la société, en France, pendant les quatre premiers siècles de la monarchie. Il y avait d'abord des peuples conquérants et des peuples conquis : il y avait des Saliens, des Ripuaires, des Bourguignons, des Allemands, des Visigoths et des Gaulois ou des Romains ; il y avait ensuite des hommes libres, des colons et des serfs ; il y avait en outre plusieurs degrés dans la liberté et dans la servitude... L'origine des communes est fort ancienne. La commune désignait une espèce de société que les habitants ou bourgeois d'un même lieu contractaient entre eux, et au moyen de laquelle ils formaient tous ensemble un corps ; avaient le droit de s'assembler et délibérer de leurs affaires communes, de se choisir des officiers pour les gouverner, de percevoir les revenus communs, d'avoir un sceau et un coffre commun.

  • Origine et migrations des polynesiens

    & Al De Quatrefages

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Il y eut à diverses époques, disait Élisée Reclus, des migrations de masse causées par des guerres, des invasions ou des ras-de-marées ; et les habitants des terres envahies ou conquises, devaient partir dans un sens ou dans un autre, suivant les poussées, les appels, les attractions. La connaissance des eaux et des vents ayant rendu les peuples des terres océaniques plus habiles à se mouvoir sur la mer, il leur suffisait de connaître la direction des îles désirées, et ils partaient vers de nouvelles terres. S'ils ne les voyaient pas déjà se profiler à l'horizon, le vol des oiseaux, le mouvement de la houle et mille autres indications fugitives que devine l'oeil des marins les guidaient à travers les flots. Ainsi pourrait-on expliquer le peuplement des îles lointaines et des nouveaux continents découverts par les Européens... Le grand courant équatorial qui, dans la zone torride, entraîne les eaux et les épaves dans la direction de l'est à l'ouest, et le contre-courant, beaucoup plus faible, qui, dans le voisinage de la ligne équatoriale, reflue en sens inverse, d'occident en orient, durent aider souvent à une dispersion involontaire des Polynésiens. Ce livre traite de l'origine et des migrations des Polynésiens.

  • L eveil de l afrique noire

    Emmanuel Mounier

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    « Il est vrai que nous avons beaucoup de littérature coloniale, beaucoup de polémique anticolonialiste, mais que peu d'enquêteurs encore ont essayé de se pencher sur la situation de l'Afrique noire en regardant à la fois au-delà de la perspective coloniale et des disputes de politique immédiate. Supposez un père qui aurait manqué l'éducation de ses enfants, mais à qui une sorte de dernière chance donnerait un fils tard venu, et la possibilité de ne pas recommencer sur lui les erreurs qu'avec les autres il ne peut Plus rattraper. Telle est pour nous l'Afrique noire. Le comprendrons-nous à temps ? À ceux qui se posent ce problème, j'ai simplement voulu donner le tableau rapide d'un peuple en train de s'éveiller, et de poser le premier pas dans l'histoire universelle. »Sous la forme de notes de voyage ou de synthèse par pays, Emmanuel Mounier décrit et analyse ce qu'il a vu avec discernement.

  • Les contes de ce livre ont été recueillis dans les territoires d'Afrique de l'ouest, du Sénégal au Niger, entre 1904 et 1912. Mes recherches devaient porter surtout sur l'archéologie et l'anthropologie de ces régions et se complétaient naturellement par l'étude du folklore. Mes informateurs appartenaient à deux catégories bien distinctes : tantôt c'étaient des indigènes de races et de professions diverses, qui consentaient à me raconter avec détails une histoire dont s'étaient régalés mes hommes quelques instants auparavant : tantôt au contraire, ils appartenaient au groupe si peu connu et si diversement apprécié des griots...

  • Chypre est la plus éloignée vers l'Orient de toutes les îles de la Méditerranée. Elle en est, après la Sicile et la Sardaigne, la troisième par la grandeur. On en évalue la superficie à 900,000 hectares. L'île est située dans cette espèce de poche profonde ou de vaste golfe que dessinent la côte méridionale de l'Asie-Mineure et la côte de Syrie ; le cap Saint-André, dernière pointe d'une haute langue de terre par laquelle l'île se termine au nord-est, regarde le sommet de l'angle aigu que tracent et que creusent, à leur rencontre, les deux rivages. L'île avait sa façade, si l'on peut s'exprimer ainsi, tournée du côté de la Syrie ; c'est par là qu'elle prenait jour sur le continent voisin. Ses relations devaient donc être plus aisées et plus intimes avec la Syrie qu'avec l'Asie-Mineure ; elle était prédestinée à recevoir des cités syriennes ses premiers habitants, les premières semences de la civilisation.

  • Saint-Barthélemy est un îlot rocailleux d'une superficie d'environ 2.114 hectares, situé dans la mer des Caraïbes, à environ 20 kilomètres de Saint-Martin et 200 kilomètres de la Guadeloupe. L'île découverte par Christophe Colomb en 1493, est ainsi nommée en l'honneur de son frère Bartolomeo. En 1648, une troupe de 50 à 60 Français, conduits par le sire de Gentès, envoyé par Louvilliers de Poincy, capitaine général des îles pour le roi et la compagnie, prit possession de Saint-Barthélemy. L'Ordre de Malte décida d'y fonder un premier établissement qui était en bonne voie de prospérité, lorsque, en 1656, une irruption de Caraïbes (peuples indigènes des Antilles), venus de la Dominique et de Saint-Vincent, détruisit ce commencement de colonisation. Après de nouveaux essais qui ne furent guère plus heureux, les colons découragés se réfugièrent à Saint-Martin. C'est en 1664 que l'île devint la propriété de la seconde compagnie française. En 1674, elle fut réunie au gouvernement de la Guadeloupe.Ce livre traite de l'histoire de l'île de Saint-Barthélemy et de son annexion à la France.

  • Lorsque, partant de la plaine de l'Hindoustan, et se dirigeant vers le nord, on a franchi, par quelques-uns des cols ou passages qui permettent de la traverser, la formidable barrière connue sous le nom de Himâlaya, où se dressent les plus hautes cimes qui soient à la surface de notre globe, on entre dans un pays très élevé, au milieu de chaînes de montagnes par lesquelles il faut encore passer avant d'atteindre un vaste plateau à peu près inexploré. Cette région est le Tibet, dont le nom se trouve aussi écrit Thibet et parfois Tubet. Le véritable nom est Bod, et, si nous voulions être exacts, nous dirions : pays de Bod. L'appellation en usage vient, à ce que l'on croit, des Turks, des Persans, des Mongols, qui disent Tibet, Tebet, Tobbet, Tubet ; le terme chinois correspondant est Thou-po. On a essayé de rattacher ce nom de Tibet aux mots tibétains Thoub-phod qui signifient « très fort. » Il est plus probable que c'est une altération de Tho-bod (« le haut pays, » par opposition au bas pays des vallées). Quoique les deux étymologies justifient l'emploi de l'h et même de l'u dans le nom du Tibet, nous pensons que le mieux est d'écrire de la façon la plus simple, en s'écartant le moins possible de l'usage reçu, le nom qui nous a été transmis. Nous écrivons donc Tibet par un i et sans h. Ce livre traite de l'histoire du Tibet, de son territoire, son peuple et sa religion.

  • Pragmatisme et sociologie

    Emile Durkheim

    • Le mono
    • 1 Septembre 2021

    Quels sont les rapports entre le pragmatisme et la sociologie ? C'est ce que traite Emile Durkheim dans cette étude.

  • L'intelligence des fleurs

    Maurice Maeterlinck

    • Le mono
    • 1 Décembre 2021

    Je veux simplement rappeler ici quelques faits connus de tous les botanistes. Je n'ai fait aucune découverte, et mon modeste apport se réduit à quelques observations élémentaires. Je n'ai pas, cela va sans dire, l'intention de passer en revue toutes les preuves d'intelligence que nous donnent les plantes. Ces preuves sont innombrables, continuelles, surtout parmi les fleurs, où se concentre l'effort de la vie végétale vers la lumière et vers l'esprit. S'il se rencontre des plantes et des fleurs maladroites ou malchanceuses, il n'en est point qui soient entièrement dénuées de sagesse et d'ingéniosité. Toutes s'évertuent à l'accomplissement de leur oeuvre ; toutes ont la magnifique ambition d'envahir et de conquérir la surface du globe en y multipliant à l'infini la forme d'existence qu'elles représentent. Pour atteindre ce but, elles ont, à raison de la loi qui les enchaîne au sol, à vaincre des difficultés bien plus grandes que celles qui s'opposent à la multiplication des animaux. Aussi, la plupart ont-elles recours à des ruses, à des combinaisons, à une machinerie, à des pièges, qui, sous le rapport de la mécanique, de la balistique, de l'aviation, de l'observation des insectes, par exemple, précédèrent souvent les inventions et les connaissances de l'homme. Maurice M. B. Maeterlinck, écrivain de nationalité Belge, a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 1911.

  • Ce nom Guadeloupe venant de l'espagnol, ne le trouvez-vous pas plus agréablement à l'oreille que Karukéra, dénomination amérindienne par laquelle les aborigènes désignaient leur île ? Colomb, qui fit quatre voyages aux Indes occidentales, la découvrit au cours du deuxième, le 4 novembre 1493. Pourquoi lui donna-t-il ce nom ? Qu'était la Guadeloupe à une époque encore plus lointaine ? Comment s'est fait son développement ? Ce livre présente l'histoire générale de la Guadeloupe jusqu'à sa colonisation et son développement.

  • Ce livre présente l'histoire générale de l'île de la Réunion, de sa découverte à sa colonisation et son développement. L'île de la Réunion connut des débuts bien modestes. En 1638, un des premiers pionniers, Alonse Goubert, débarque du Saint-Alexis et grave sur un tronc d'arbre les armes de France. L'île est vide d'habitants et ce n'était pas avec les 97 hommes d'équipage de sa « flûte » que Goubert pouvait fonder une colonie. Un peu plus tard, Pronis y déporte quelques rebelles de Fort Dauphin. En 1662, Louis Payen y aborde avec sept noirs et trois négresses venus de Madagascar (ancêtres des Noirs Marrons de la montagne). Au point de vue économique, l'histoire de la Réunion se divise en trois périodes : 1) au 18è siècle, la principale production est le café ; 2) depuis 1815 jusqu'à la diffusion du sucre de betterave, à la fin du 19è siècle, le sucre de canne est la grande richesse de l'île ; 3) dans les premières années du 20è siècle et surtout depuis la guerre, les efforts des planteurs locaux pour réussir des cultures nouvelles (vanille, essences à parfums) obtiennent un brillant succès grâce au progrès de ces cultures, et à la production considérable de sucre...

  • Découvrez à travers ce livre, l'histoire de Madagascar. Surnommée la Grande Ile pour sa superficie, elle est aussi grande pour sa position géographique jugée importante pour les navigateurs. "Entre toutes les terres lointaines, Madagascar compte parmi les pays dont on s'est occupé en France avec une sorte de prédilection. La grande île africaine a davantage attiré les regards par suite de circonstances exceptionnelles. La présence de populations d'origines très diverses, rapprochées ou mêlées sur un même point du globe, se trouvant reconnue, un nouvel élément a été fourni pour exciter l'intérêt qui s'attache à l'histoire de l'humanité. Madagascar a été le centre d'une création spéciale ; la grande île n'est sans doute que le débris d'un continent, vaste peut-être comme l'Australie, qui à une époque ancienne du monde dominait sur l'Océan indien..."

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