Labor Et Fides

  • Dans une relecture de la parabole du fils prodigue, Marion Muller-Colard explore, plus que son retour, le départ du fils cadet. Non seulement son départ, mais encore la nécessité de cette rupture qui le met au monde plus radicalement qu'une naissance.
    De la confrontation entre le texte biblique et une analyse subversive de l'âge qualifié d'ingrat jaillissent des voies inédites de souveraineté. Un éloge de toutes nos adolescences, car il n'y a pas d'âge pour « ratifier sa naissance ».
    « Cette existence qui a commencé par une vie reçue, qui se finira par une vie reprise, doit bien, un jour ou l'autre, être conquise. Ils fomentent une façon d'être autre chose qu'un débit. Ils fomentent un début. ».

  • Aux origines de la Bible Nouv.

    La Bible réunit des écrits très différents, datant de plusieurs millénaires, et pourtant elle se présente sous la forme d'un seul et même livre. Comment cette oeuvre extraordinaire a-t-elle vu le jour?

    Pas à pas, deux grands chercheurs en sciences bibliques, Konrad Schmid et Jens Schröter, décryptent comment des récits anciens, des chants, des proverbes de sagesse et des lois, mais aussi des lettres adressées aux premières communautés chrétiennes et des récits sur Jésus ont, dans un long processus, donné naissance aux Saintes Écritures des juifs et des chrétiens, qui sont lues aujourd'hui dans le monde entier.

    Un livre qui fait le point sur les dernières recherches et propose une formidable vue d'ensemble afin de mieux comprendre comment la formation de la Bible a eu lieu.

  • Où se situe ce Royaume de Dieu dont Jésus a tant parlé? Est-il réservé à la fin des temps, ou au contraire peut-il être saisi, ici et maintenant? C'est en méditant sur la vie, sur l'amour, sur son travail d'aumônier, sur les textes bibliques que Marie-Laure Choplin explore et révèle, d'une plume pleine de force et de grâce, ces instants où le Royaume prend place en chacun de nous.

    Dans ces jours de Royaume, tout peut arriver, la violence, l'ennui, la nausée, la panique, l'inutile. J'écris ces mots mais ce n'est pas juste : dans les jours de royaume, il n'y a pas d'étiquette sur les choses. Dans ces jours de Royaume, je vais droit au travers de la vie jonchée de tout. Ce qui gît sans force. Ce qui traîne ivre mort. Les noyés qui dérivent. Les épaves abandonnées qui lacèrent la peau. Les étrangetés inidentifiables pleines de soubresauts. Ce qui s'est pris des gifles à mourir. Ce qui s'est pris du dédain à mourir. Mes jours de Royaume ramassent aussi les visages transparents que les regards traversent, heure après heure, comme des riens. Ils ramassent aussi les bonheurs travestis, incongrus, inattendus, inconvenants, qui ne vont nulle part et avec rien. Mes jours de Royaume ne choisissent pas et ignorent tout du jugement. Ils récoltent tout ce qui est là.

  • Dans ce texte mêlant le récit personnel, la méditation et une relecture spirituelle du livre de Job, Marion Muller-Colard donne à entendre la foi comme une audace. De son expérience de pasteur en milieu hospitalier, elle retient la plainte existentielle de patients soudain privés des repères d'un Dieu avec lequel ils croyaient pourtant avoir passé un contrat. Relisant sa propre expérience de la menace au chevet d'un de ses fils gravement malade, elle part en quête d'une foi qui ne soit plus l'assurance illusoire d'être mis à l'abri du sort et des aléas. En cheminant avec Job, dont elle est spécialiste, l'auteur interroge la possibilité de se délester de la culpabilité et de la pensée magique pour se risquer à une confiance sans filet : celle en l'Autre Dieu. Au-delà de la plainte et de la menace, Marion Muller-Colard fait miroiter la grâce dans ce texte très incarné, composé pour tout lecteur en recherche d'une pensée théologique originale, accessible et exigeante.

  • Le poème respire. Il bouge. Tout en se nourrissant de la vie de son auteur, il a son existence propre. C'est un petit être sauvage - mais où naît-il? Qu'est-ce qui le fait grandir? Pourquoi traverse-t-il une crise violente? Comment le rencontrer, se laisser féconder par lui? Va-t-il mourir un jour?

    En racontant la vie du poème, Pierre Vinclair offre à lire, comme par la bande, celle d'un écrivain occupé depuis plus de vingt ans par la composition poétique, à Paris, puis au Japon, en Chine, à Singapour, en Angleterre et aujourd'hui à Genève. À mi-chemin d'une autobiographie (pudique, amusée, mais résolument engagée) et d'une «lettre à un jeune poète», Vie du poème propose une extraordinaire visite de son atelier.

  • Le déclin de la chrétienté en Occident Nouv.

    Dans cet ouvrage élevé au rang de « classique » par l'English Historical Review, McLeod revisite la crise religieuse des années 1960 dans une perspective européenne et nord-américaine. Son usage des sources orales rend son travail très original et la perspective comparatiste qu'il adopte est assez rare pour être soulignée.

    Le texte a pour particularité de situer les questions religieuses dans un contexte véritablement international, contribuant ainsi à une histoire internationale de la spiritualité et de la sécularisation, autour de la notion de «déclin» du christianisme (revisitée), de la montée de la société de consommation dans les années 1960, de l'année 1968, et des questions de sexe et de genre. L'ouvrage explore ainsi les interrogations de la décennie des « sixties » pour nous aider à mieux saisir les questions religieuses et spirituelles qui agitent nos sociétés contemporaines.

  • Dans ce petit dictionnaire alerte et précis, Denis Müller tente de cerner les contours du christianisme et de la théologie en prenant également en compte leur dimension éthique. Le pari se veut de définir avec concision et indépendance plus de 150 mots de base dont la combinaison permet de saisir quelque chose de l'essence du christianisme.

    Écrit par un seul auteur, un tel ouvrage porte inévitablement la marque d'une subjectivité singulière, mais il débouche aussi sur une forte recherche de cohérence et de consistance. Toutes les définitions proposées ne puisent pas à une même conception classique de la théologie; certaines se veulent même délibérément provocantes et dissidentes, afin de stimuler de nouvelles créativités, aussi éloignées de la répétition de la tradition que des modes en cours.

    Le lecteur est ainsi invité à reconstruire lui-même, à partir des thèmes esquissés, la possibilité d'une identité et d'une conviction fortes.

  • «Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Église qui est venue.» C'est avec cette formule de sa plume qu'Alfred Loisy, grand historien français des religions, résumait dans un opuscule qui fit date le devenir du christianisme après Pâques. Bien loin de dénoncer la déviation de l'Église face au projet de l'homme de Nazareth, Loisy cherchait par cette enquête à en saisir la continuité et la nécessaire institutionnalisation.

    À sa suite, nombreux sont les historiens et biblistes à s'être engagés dans cette quête des origines chrétiennes. À l'heure où les Églises en Occident se cherchent un second souffle et repensent leur raison d'être, elle s'impose même comme une urgence.

    C'est à revisiter cette fascinante entreprise d'innovation ecclésiale qui a accompagné le premier siècle d'existence du christianisme que s'attelle ce livre: comment les croyants en Jésus ont-ils actualisé l'héritage de leur maître après sa mort? Pourquoi se sont-ils regroupés en communautés? Où et à quelle fréquence se réunissaient-ils? Ont-ils inventé des rites et des pratiques de foi? Et à quand remonte l'institution des ministères, celui de l'évêque et des diacres en particulier? Autant de questions et d'autres encore qui guident cette remontée aux sources de l'Église.

  • Après l'intérêt suscité par Une bible des femmes, voici une suite d'échos masculins. Avec B majuscule cette fois-ci? Oui, car la bible des hommes est déjà écrite: c'est la Bible! Tous les rédacteurs bibliques (jusqu'à nouvelle preuve) furent des hommes. Faut-il encore leur donner la parole alors qu'ils l'ont tant monopolisée?
    Oui, car les hommes aussi ont besoin de se découvrir pluriels et faillibles, libérés du rôle de «l'homme» figé pour l'éternité. Pour développer le dialogue contemporain au sujet des textes bibliques, c'est en tandem mixtes et oecuméniques que les auteurs ont exploré les diversités des masculinités dans la Bible, débordant bien des stéréotypes du genre masculin. Ces dialogues lèvent le voile sur les fragilités des douze apôtres pourtant modèles de l'Église chrétienne, l'apôtre Paul mère des croyants, Job pourtant père, mari et croyant idéal détruit, Samson perdu par sa virilité, David plus hésitant que royal, bien des paternités délicates, des maris chargés non de dominer mais d'aimer, des dirigeants dont la bonne moralité ne suffit pas...
    Le regard de ces spécialistes en sciences bibliques et en théologie montre que le masculin fut une quête délicate, et qu'il ne peut être un bastion à défendre.

  • La démarche comparative que l'anthropologue Marcel Mauss (1872 - 1950) élabore en grande partie avec son jumeau de travail, l'historien Henri Hubert, entre la fin du xixe siècle et le début du XXe siècle, relève de logiques multiples. Comme méthode, elle est une stricte et minutieuse approche philologique des sources. Comme état d'esprit, elle relève d'une manière d'apprivoiser l'inconnu. Comme perspective critique, elle constitue un formidable outil scientifique d'objectivisation de la recherche, en particulier en histoire des religions.

    Cet ouvrage se propose de montrer quels ont été les principaux effets de ce comparatisme ni systématique, encore moins achevé, mais que l'on peut reconstituer en suivant la manière dont Marcel Mauss aborda certains phénomènes religieux, comme le sacrifice, la magie ou la prière.

    Ceci n'est pas seulement un nouveau livre sur Mauss et sur sa manière d'observer les phénomènes sociaux. C'est un livre sur les effets d'un comparatisme radical et subversif qui ne laisse jamais en paix celui qui décide de le mettre en oeuvre pour explorer et comprendre la diversité humaine.

  • Dans ce texte éminemment intime et poétique, Marion Muller-Colard nous narre, avec une plume tour à tour espiègle et poignante, sa retraite de huit jours dans un centre jésuite, au pied de la Chartreuse. C'est alors l'expérience du jeûne, du silence, un retour sur soi, et surtout : la confrontation avec Dieu. Ce Dieu que l'auteure concevait enfant comme « un gros oeil noir », voilà qu'elle le découvre maître d'art martial, enseignant la souplesse, le relâchement, et l'humilité. Au bout de huit jours de combat spirituel et physique, Marion Muller-Colard redécouvre le coeur de sa foi, empreint de relâchement, et de gratitude.

    Le texte est accompagné d'aquarelles de Francine Carrillo.

  • Ce livre n'est pas une biographie scientifique de Marcel Detienne (1935-2019) - enfin, il l'est sans l'être vraiment. Ce n'est pas non plus l'éloge du fils brillant et tumultueux de Jean-Pierre Vernant ou d'un des hellénistes, philologues et anthropologues de la Grèce ancienne les plus reconnus dans le monde.

    Il faudrait ajouter Claude Lévi-Strauss, Michel de Certeau et Georges Dumézil. Son ami Philippe Sollers, aussi. Le havre de paix qu'il avait trouvé à l'École pratique des hautes études, à Paris, venant de sa Belgique problématique. L'ostracisme qu'il a connu, enfin, des rives italiennes à celles des États-Unis. Tout ceci fait de lui un sujet infiniment incertain. Il s'agit plutôt d'un essai subjectif, écrit à partir de nombreuses archives inédites, suivi d'une annexe de lettres.

    Il s'agit surtout de sonder un homme au plus profond, la manière dont un être se laisse marginaliser, pour aller au bout de lui-même. Ce livre est le fruit d'une visite que l'auteur a rendue à Detienne, quelques semaines avant sa mort, et d'une volonté de l'écrire après l'avoir vu. Vincent Genin a voulu rester un moment avec Marcel. Lire son oeuvre, celle du structuraliste au coeur de la Grèce, du camarade des dieux (Dionysos, Apollon), de l'intellectuel qui doute, puis l'enfant de la guerre inquiet devant une Grèce étant la valeur-or des nationalismes.

    Tentative de cerner un être, ses moteurs, ses errances, sans doute. Une autre manière d'envisager l'histoire des sciences humaines? Peut-être. Une plongée en apnée dans la tête, la main et l'oeil de Marcel Detienne, certainement.

  • Quelle voix donner à la douleur? Quelle voix donner à cet invisible qui met le corps au supplice, qui transforme les nuits et les jours en un brasier immense, consumant toute force, toute envie? Du cri jusqu'au murmure, dans l'urgence d'une respiration nouvelle, l'auteur lui donne ici une voix dont l'écho fait battre le coeur: celle de l'espoir.

  • Un coeur sans rempart est une invitation poétique à vivre l'expérience quotidienne de la méditation chrétienne. A tous petits pas sont abordées les principales étapes que traverse habituellement celui qui désire donner ainsi corps à sa vie spirituelle. En proposant de courts textes magnifiquement écrits et délaissant volontairement le vocabulaire religieux «  traditionnel  », Marie-Laure Choplin nous offre un splendide voyage spirituel qui atteint le lecteur au coeur

  • Les premiers missionnaires débarqués au Brésil sont confrontés à un curieux paradoxe  : alors que les Tupimamba acceptent volontiers la doctrine chrétienne et se convertissent, ils ne renoncent pas pour autant à leurs coutumes féroces, au cycle infernal des guerres intertribales, au cannibalisme et à la polygamie. Cette apparente inconstance, cette oscillation entre respect de la nouvelle religion et oubli de sa doctrine, entraîne finalement les Européens à déclarer que les Tupinamba sont fondamentalement sans religion, incapables de croire sérieusement en une quelconque doctrine. Dans cet essai, le célèbre anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, figure tutélaire des études actuelles en ethnologie amazonienne, revisite les sources du XVIe siècle pour restituer les enjeux de cette «  inconstance de l'âme sauvage  », en laquelle se disputeraient deux manières fondamentalement différentes de penser le monde et la société. Il nous invite à remettre en cause, dans une perspective à la fois historique et anthropologique, le rapport entre culture et religion.

  • Alors que, dans nos sociétés occidentales, la pratique religieuse traditionnelle s'effondre, la spiritualité, quant à elle, jouit d'une faveur toujours plus grande. Mais qu'est-ce que la spiritualité? Comment situer celle se réclamant du christianisme dans ce qui est devenu une véritable nébuleuse? En se mettant sur les traces de Jésus et en explorant la mémoire culturelle des premiers témoins, on tentera de dégager quelques traits essentiels de leur vie spirituelle. On découvrira alors que la spiritualité chrétienne est une spiritualité de la relation où la reconnaissance, le bonheur, la justice, la liberté, la foi et la prière jouent un rôle primordial. Mais c'est également une spiritualité qui construit un rapport au monde, à la nature, au temps, à la mort tout à fait original et souvent occulté dans la longue histoire de l'Église.

  • Sur l'espérance : la faiblesse du temps Nouv.

    Cet essai cherche à montrer comment des expressions littéraires contemporaines non chrétiennes parlent d'espérance et dialoguent, sans le vouloir, avec la théologie et la foi.

    L'espérance sort ainsi de son langage spécifiquement théologique. Elle est rejointe par des textes qui ne parlent pas d'elle comme espérance en Christ, mais permettent de l'approcher et de se laisser porter par elle.

    L'essai de Philippe Lançon, les romanciers Michael Ondaatje et Margaret Mazzantini, les théologiens Kathryn Tanner et Ju¨rgen Moltmann sont embarqués dans ce voyage expérimental dont Paul Ricoeur a eu l'intuition et dont la destination reste incertaine. Seule boussole: l'intuition que le temps ne porte pas à la fin mais à une autre vie.

  • Dans ce recueil de courts textes, denses et poétiques, Marie-Laure Choplin égrène des situations quotidiennes, des rencontres anodines, des moments en apparence banals  ; elle laisse affleurer ses impressions, ses douleurs, ses doutes, ses révoltes, ses joies aussi. Le lecteur parcourt, comme autant d'étapes sur un seul chemin, ce qui fait une vie et ses petits riens. Mais par-delà ces riens, l'auteure nous plonge en réalité dans ce qui constitue le coeur des évangiles  : une attention aiguë portée aux choses et aux êtres, un regard sans cesse renouvelé sur le monde, une capacité à se décaler, se mettre en retrait, s'interroger, bref donner à la vie une autre chance, et surtout  : s'adosser au message de ce Jésus, à la fois si frêle et si puissant.

    Une lecture qui remet la foi déliée de ses artifices au coeur de nos vies.
     

  • Ce livre est né d'un étonnement surgi à la lecture d'un magnifique sermon de Maître Eckhart (l'un des prestigieux représentants de la mystique rhénane, XIIIe-XIVe siècle), qui offre pour l'époque une lecture totalement inédite du rapport entre l'action et la contemplation. La question vaut toujours, à l'heure où de multiples voies s'offrent à nous, cherchant à réconcilier spiritualité et militantisme. Méditant le célèbre épisode relaté dans l'évangile de Luc où les soeurs Marthe et Marie accueillent Jésus chez elles, le théologien rhénan suggère que c'est Marthe, la très entreprenante, qui enseigne à Marie, perdue dans son assise, la vérité du chemin spirituel.
    Dans cette relecture admirative du grand mystique rhénan, Francine Carrillo souligne toute l'actualité de ces pages et relève qu'en nous ouvrant à la liberté d'être « avec le souci, non dans le souci », les deux soeurs nous convient en définitive à cultiver la fécondité de ce que François Cassingena-Trévedy rassemble sous une appellation inédite : la « contempl-action » !

  • Nous voulons tous déterminer notre propre vie, et lui donner un sens. Notre dignité et notre bonheur en dépendent. Mais comment y parvenir? Notre histoire personnelle, notre rapport aux autres, mais aussi la culture, nos pensées, nos actions, participent-ils de cette autodétermination, ou au contraire l'entravent-ils?
    Ce livre, issu d'une série de trois leçons publiques que Peter Bieri a données en 2011 au Centre culturel de Graz (Autriche), aborde, dans une langue claire et didactique, le thème crucial de l'autodétermination, du libre arbitre et analyse avec clarté et originalité le sens, les conditions et les implications d'une vie humaine autonome.

  • Comment les protestants rendent-ils leur culte à Dieu? Si les différents moments du culte sont fixés depuis longtemps, leur sens n'est pas toujours clair aujourd'hui, y compris pour les protestants eux-mêmes.

    Ce livre, qui réunit des auteurs divers autour des enseignants de la Faculté de théologie de l'Université de Genève, se propose de faire le point. Il reprend les différents moments liturgiques du culte, en interroge le sens et en sonde la pertinence pour la vie communautaire des croyants.

    Avec les contributions de Frère Alois, Hans-Christoph Askani, Simon Butticaz, Leopoldo Cervantes-Ortiz, Christophe Chalamet, Meehyun Chung, François Dermange, Andreas Dettwiler, Olivier Fatio, Chris Ferguson, Michel Grandjean, Angela Dienhart Hancock, Nico Koopman, Jean-Daniel Macchi, Félix Moser, Élisabeth Parmentier, Bernard Rordorf, Vincent Schmid, Sarah Scholl, Sarah Stewart-Kroeker, Ueli Zahnd et Benoît Zimmermann.


  • d'oú vient le mal ? d'oú vient que nous fassions le mal ? chez paul ricoeur, méditer le mal, c'est dire une faille.
    car la liberté de l'homme est sommée à exister devant le mal. ce petit texte, issu d'une conférence donnée à lausanne en 1985, compte dans l'immense oeuvre de ce philosophe qui ne se dit pas théologien, mais dont la pensée fait volontiers quelques cousinages avec certains aspects du protestantisme. un homme qui a pensé la vulnérabilité au mal moral avec une profondeur et une délicatesse exemplaires.

  • Mémoires

    André Trocmé

    Ce texte souvent cité par extraits, jamais publié ni même lu dans son intégralité, propose un parcours des deux premiers tiers du XXe siècle à travers la vie d'un acteur majeur du protestantisme français et international. André Trocmé (1901-1971), issu d'une famille germano-française d'industriels du textile dans le nord de la France, a connu l'occupation de sa région au cours de la Première Guerre mondiale et y est devenu à jamais pacifiste. Après des études de théologie durant un an à New York après l'obtention de son diplôme à Paris, il vit pleinement l'expérience du Christianisme social.En 1934, il devient pasteur du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire. Il y fonde en 1938, avec son collègue Édouard Theis, l'École nouvelle cévenole (futur collège Cévenol), un lycée d'enseignement protestant, d'abord destiné aux enfants des pasteurs et aux jeunes du plateau. L'établissement devient à partir de 1940 une maison de refuge pour des enseignants et des élèves étrangers, le plus souvent juifs. Au même moment, André Trocmé, avec sa femme Magda, s'impose comme le chef d'orchestre de l'accueil de plusieurs centaines de Juifs au Chambon-sur-Lignon et sur le plateau. Il tient tête aux autorités de Vichy, et est emprisonné pendant un mois en 1943, avant de devoir passer à la clandestinité jusqu'à la Libération.Son autobiographie offre un document de première main sur ces années qui ont valu au Chambon-sur-Lignon la reconnaissance de l'Institut Yad Vashem, en Israël, et une notoriété mondiale. Au lendemain de la guerre, André Trocmé s'installe à Versailles pour y diriger la branche européenne du Mouvement international de la Réconciliation, avant de terminer sa carrière pastorale à Genève. Il a été reconnu Juste parmi les nations, comme son épouse.L'introduction, l'édition et les notes sont l'oeuvre de l'historien Patrick Cabanel (EPHE, Paris), spécialiste des Justes parmi les nations et de l'accueil des Juifs dans les Cévennes comme au Chambon-sur-Lignon.

  • Matthieu

    Denis Guénoun

    Denis Guénoun cherche à comprendre l'importance énigmatique prise dans sa vie par le prénom Matthieu. Celui-ci a été présent tout au long de son histoire, sans jamais s'accrocher à une relation ou des événements de premier plan: insistant mais insaisissable, ne cessant de resurgir après des éclipses, comme un cours d'eau souterrain ou un indice dans une intrigue dont on ignore la clé.
    L'enquête conduit le livre à s'attarder devant les grandes toiles consacrées à saint Matthieu par Caravage, à traverser l'immense Passion selon saint Matthieu de Bach, à méditer sur L'Évangile selon saint Matthieu de Pasolini, puis à laisser vibrer les résonances du récit biblique, avant de revenir, comme sur le dessin d'un fer à cheval, vers Pasolini, puis Bach, puis à nouveau Caravage.
    Le tracé de cette piste donne forme à un essai insolite, où la quête autobiographique se nourrit de pensées esthétiques et théologiques, qu'en retour elle éclaire d'un jour inattendu.

empty