Honore Champion

  • Avec Jean-Jacques Schuhl, auteur de cinq livres (Rose Poussière, Télex n° 1, Ingrid Caven, Entrée des fantômes et Obsessions) tous publiés par Gallimard, la poésie ne rythme plus l'action, elle est en avant ! C'est-à-dire que la musicalité de l'écriture et la virtuosité du montage moderniste l'emportent sur le récit, lequel n'a jamais vraiment intéressé l'écrivain. Son premier livre, Rose Poussière, devient vite culte, Ingrid Caven obtient le prix Goncourt en l'an 2000 ; pourtant son oeuvre reste peu commentée et relativement peu connue (et peu lue) du grand public. Cet essai est la première tentative pour analyser l'ensemble de cette oeuvre, rare héritière des avantgardes historiques (Dada, Futurisme, Surréalisme, Tel Quel, Pop Art).

  • Cet essai, envisageant Sade à la lettre, évoque le passage à l'acte, lorsque le prisonnier devient écrivain. Le centre de gravité en est le Donjon de Vincennes, où il est enfermé pendant 7 ans (1777-1784), a priori son seul tombeau. Là, il connaît les expériences fondamentales, l'angoisse, l'amour, la joie. Là, surtout, il se perd : de la déchéance physique à la ruine mentale, du plaisir solitaire aux affres de la pensée, de la correspondance forcée à la littérature, de la mélancolie à l'ésotérisme...
    Les 365 fragments de cet essai constituent autant de découpes d'une roue dentée conduisant mécaniquement à l'extrême de la perte, là où se tiendrait la poésie - car Sade, qu'on le veuille ou non, est un poète : son livre majeur, Les 120 Journées de Sodome, scelle son cercueil poétique.

  • Cet ouvrage pose les bases d'une nouvelle science humaine capable de définir le phénomène art en se fondant sur la découverte d'un invariant anthropologique présent dans la pensée des artistes qui ont été retenus par la postérité. Cette méthode permet de libérer la notion d'art de toutes les idéologies qui l'encombrent depuis toujours.

  • Voyageurs et écrivains, les auteurs dont il est question dans cet essai se sont engagés avec ferveur aussi bien dans le périple lui-même que dans le récit qu'ils en ont tiré. C'est autant l'écriture que le chemin parcouru qui fait le voyage, voilà ce qu'ils eurent à coeur de démontrer, chacun à sa manière. Les diverses figures déployées dans leurs récits respectifs leur ont été dictées par les lieux et les hommes découverts sur la route et l'une d'elles a souvent fini par s'imposer comme disposition dominante en fonction des réalités expérimentées dans les différents lieux visités.

  • Découvrez "L'insécurité" en campagne électorale, le livre de Emilie Née

  • Lire un polar, regarder un film d'auteur, interpréter une partition, représenter des paysages naturels ou mentaux relèvent de routines dont on ne s'étonne plus guère. Pourtant, cette familiarité avec les oeuvres d'art laisse intacte l'énigme répétée que constitue l'expérience esthétique, c'est-à-dire la rencontre entre des producteurs et des consommateurs, des auteurs et des spectateurs, des créateurs et des publics, autour de ces objets singuliers. Des logiques très diverses portent les uns à s'exprimer, à produire, à créer et les autres à contempler, à lire, à écouter. quand d'autres encore commentent, classent, éditent, produisent, répertorient.
    Les analyses proposées sondent l'historicité de ces rapports aux oeuvres. Elles déconstruisent les catégories impliquées dans les manières de faire de l'art, de le pratiquer, de l'apprécier et de le juger. Elles explorent les formes de subjectivité qui se cristallisent dans cette expérience. Elles tentent aussi d'expliciter ce qui rend possible une telle communauté d'expérience, parfois résumée à des " langages de l'art ". Comprendre comment " ça " communique suppose en effet que soit esquivé le piège de l'abstraction et du formalisme auquel se heurtent les approches inspirées par la linguistique et la phénoménologie, mais il faut aussi que soit déjoué l'écueil du repli positiviste sur la seule explicitation de logiques sociales coupées du vécu propre à cette expérience.

  • Philippe de Flers, petit fils de Robert de Flers (1872-1927), et son épouse, Pauline de Flers, offrent ici, préfacée par Pierre Barillet, une biographie inédite de l'auteur de L'Habit vert (1912) dont le succès fut immense. Cette biographie de Robert de Flers, riche de documents inédits tirés des archives familiales, lettres et photographies, est par ailleurs accompagnée des discours qu'il prononça à l'Académie française, avec entre autres une conférence sur La langue française et la guerre, dont il fut de fait un héros.
    Ont également été ajoutés à cette biographie différents discours et souvenirs d'E. Herriot, de F. de Croisset et d'H. Bordeaux, permettant de mieux connaître Robert de Flers.

  • Les peuples sans histoire sont des peuples sans avenir. Au début du XXe siècle, alors que les États-Unis prenaient conscience de leur puissance, le western cinématographique magnifia les termes de leur naissance. Cette « mytho-histoire » imprégnera durablement l'inconscient collectif américain. Mais s'il ne se fut agi que d'une affaire intérieure, ou d'un folklore, comment expliquer l'extraordinaire succès que connurent ces histoires de cow-boys et d'Indiens aux quatre coins du monde ? En vérité, sous son apparente simplicité, le western charrie une vision de Soi, des Autres et du Monde en perpétuelle négociation. Ethos, pathos, logos : rien moins que les problèmes ultimes et universels de la philosophie.

  • En quoi, par-delà son apparent éclatement, l'oeuvre de Joris-Karl Huysmans révèle-t-elle une profonde cohérence ? C'est la question à laquelle s'attache cet essai, plaçant au coeur de sa démarche l'étude de la prégnance du pictural. La peinture obsède en effet l'auteur, qui, sans cesse, y revient dans ses livres. Depuis les nombreux esthètes, amateurs de peinture, jusqu'aux prolixes descriptions impressionnistes ou teintées de gravure, en passant par le souci dont Huysmans fait preuve pour l'édition matérielle de ses propres ouvrages, sans oublier ses nombreux écrits sur l'art, tout concourt à l'élaboration d'une poétique du pictural, voire du bibelot - ce dont témoigne déjà la publication de son premier recueil, Le Drageoir aux Épices (1874). Quoi d'étonnant pour un écrivain issu d'une longue lignée d'artistes peintres et qui a, parce qu'il n'était pas doué pour la peinture, « substitué aux pinceaux une plume » ?

  • Jamais l'humanité n'a atteint un tel degré d'interdépendance, et dans le même temps, jamais sans doute les aspirations locales et identitaires n'ont été plus affirmées. Telle est la contradiction constitutive de notre époque sur laquelle s'appuie cette réflexion d'ensemble sur littérature et mondialisation. Car au coeur des analyses proposées ici, langue, littérature et culture apparaissent à la jonction et à la frontière de ce qui nous rassemble et nous différencie, entre particulier et universel.
    Comment la coexistence toujours inégale des langues et des cultures dans le passé nous permet-elle d'apprécier les concurrences du présent ? Qui, aujourd'hui, est à même de dicter les limites de la littérature et d'en définir la valeur ? Quel rôle jouent le Prix Nobel, le système des traductions et les bestsellers dans la définition de la littérature mondiale ? Que penser de la notion d'identités culturelles dans un univers plurilingue où la production littéraire est sans cesse écartelée entre local et global ? Voici, faute de pouvoir les résoudre, quelques unes des questions que cet essai s'attache à exposer.

  • Les trois disciplines théorétiques, métaphysique, mathématique et physique constituent le lieu essentiel d'intervention de la philosophie de Descartes dans les discussions de l'âge classique, et encore dans les nôtres, mais trop souvent de manière séparée. Cet essai montre que l'une des tâches que Descartes assigne à la philosophie première, au delà de la validation extérieure des sciences contre le scepticisme, est d'en redéfinir les objets et d'en retracer les frontières, de manière à assurer l'intelligibilité intégrale du réel empirique qui se présente à l'esprit comme phénomène, et ce jusqu'aux passions de l'âme.

  • Cet essai présente un éclairage original de l'oeuvre poétique de Christine de Pizan. L'analyse est centrée sur le manuscrit Harley 4431 et envisage tous les aspects techniques des ballades, des questions rythmiques et métriques à la confrontation avec la prose.
    Animée par une évidente empathie pour Christine, l'auteur fait ressentir le souffle intérieur de l'oeuvre et en propose des clefs inattendues. Sans omettre au passage de déconstruire certaines critiques de la poétesse avec une rigueur aussi implacable que savoureuse.

  • L'association du cinéma hollywoodien et du sacré, pour n'être ni singulière ni scandaleuse, ne semble pas évidente au premier abord. Le cinéma américain possède cependant les racines religieuses de son pays. Sous des formes spectaculaires et des récits profanes, cet art dispense une vision du monde morale, repensant en des termes contemporains des motifs tels que le sacrifice, la rédemption ou la prière. Pour un cinéma passionné par l'expérimentation, la représentation du sacré fascine : quel plus grand défi que de chercher à montrer l'invisible, l'infini, l'éternel contenus en Dieu ? Les Aventures de Robin des Bois, Duel au soleil, Géant fusionnent le mythe américain et le mythe biblique. Ils partagent la recherche du Paradis perdu et d'un idéal blotti dans la Nature et une esthétique flamboyante, symbole de la grandeur divine.

  • Francine Perrot à découvert l'interprétation des rêves auprès d'Elie Humbert, à Paris, puis de Marie-Louise von Franz, disciple et proche collaboratrice du psychiatre suisse Carl Gustav Jung, avec qui l'auteur fut en analyse à Zurich. Les philosophes, les sages antiques et les fondateurs de religions ont tous propagé leur enseignement à l'aide de mythes, de récits symboliques, d'allégories, de paraboles et de contes. C'est que seul le symbole peut exprimer l'indicible qui dépasse la raison raisonnante. Nous rêvons tous et ce que nous avons vécu intensément dans notre sommeil est réel sur le plan émotif et psychique et influence la vie diurne. À l'aide d'exemples et non de théories, Francine Perrot essaie ici de nous faire pénétrer dans ce monde riche de sens caché.

  • C'est entre autres à l'épreuve de l'école que Le dictionnaire, miroir du monde, mémoire des hommes, préfacé par Alain Rey et Jean Pruvost, se révèle en tant que recherche et synthèse un ouvrage totalement inédit.

    Le XIXe siècle est l'âge d'or des dictionnaires, le XXIe a remis l'ouvrage sur le métier. Entre les deux, c'est toute une histoire, celle que détaille ce livre.

    D'abord, aux monuments en plusieurs volumes s'ajoutent de menus ouvrages destinés aux écoles, qui se multiplient dès 1830. Inconnus des enfants, ils sont connus de leurs maîtres. Peu coûteux, ils permettent de mieux maîtriser le français, alors ignoré d'une bonne partie de la population, et mettent à la portée de tous l'essentiel des connaissances de l'époque.

    Quelques curiosités apparaissent. En ces temps pudibonds, la définition des «vilains mots » pose d'inextricables problèmes, tout comme l'adoption du système métrique. La loi oblige les instituteurs à l'enseigner ; ne le connaissant pas, ils ne l'utilisent pas, le dictionnaire est leur seul recours. Dans un autre registre, les nomenclatures accueillent libéralement un étonnant vocabulaire «arabo-turc», témoin de l'engouement du public cultivé pour un Orient fantasmé.

    L'histoire des dictionnaires « pour l'école» conduit à évoquer les diverses méthodes d'enseignement, le rôle des livres de classe, les débuts hésitants des bibliothèques scolaires. Mémoires, autobiographies, romans, rendent compte des aspects multiformes de l'instruction publique.

    Le dictionnaire «papier» est passé des mains du maître à l'armoire de la salle de classe, puis au cartable de l'écolier, aujourd'hui remplacé par l'ordinateur et la tablette. Mais, du parallélépipède de carton à la page d'écran, il demeure le miroir du monde, la mémoire des hommes.

    Éditeur et lexicographe, Françoise Guerard a fondé et dirigé le département «Hachette dictionnaires et industries de la langue ». Enseignante à Paris 7, elle a collaboré à diverses revues universitaires et à des ouvrages de référence, et publié un Dictionnaire des rois et reines de France. Docteur en science du langage, elle a consacré sa thèse aux rapports entre le dictionnaire et l'enseignement (Le dictionnaire monolingue dans l'apprentissage du français à l'école élémentaire; histoire et rôle pédagogique de la monarchie de Juillet à nos jours).

  • Concernant le recueil des Illuminations, tout est à revoir ! Cette étude remonte aux premières traces du projet et au moment crucial que fut le compagnonnage entre Arthur Rimbaud et Germain Nouveau, commencé à Paris et prolongé quelques mois à Londres, durant lequel les manuscrits généralement recueillis dans les Illuminations ont été mis au net.

  • La poésie, technique de pointe en littérature, est par essence force symbolique d'insoumission. Dans ce livre, deux dissidents lyriques des siècles précédents l'attestent.
    Charles Baudelaire (1821 - 1867) est envisagé en tant que poète élémentaire, tributaire des éléments air, eau et feu associés à trois années primordiales : 1848, 1857 et 1866, dates respectives de la Révolution, du recueil essentiel Les Fleurs du mal et de l'accident marquant la fin de sa vie. Baudelaire est également cerné par les nombres ? notamment le 3 et le 9. Orienté par les éléments et les nombres, il connaît ainsi poétiquement une forme d'initiation.
    Gilbert Lely (1904 - 1985) fait l'objet de trois études dans le même esprit symbolique. L'auteur capital de la Vie du marquis de Sade, thuriféraire, éditeur et biographe scrupuleux de D. A. F. de Sade, est avant tout le poète de l'érotisme le plus sacré.
    Ces poètes dandys demeurent affiliés à la figure tutélaire de Sade ? icône absolue qui demeurera irrémédiablement, là-bas, en surplomb.

  • L'auteur de cet essai s'est proposé de mettre en lumière, à travers les " réceptions " littéraires et artistiques depuis l'artefact jusqu'à nos jours, la figure de la reine Esther, trop souvent occultée par celle de sa " soeur " biblique Judith, et de lui rendre ainsi toute sa valeur emblématique, célébrée dans la fête juive de Purim, entre douceur et violence et entre crainte et courage, au centre d'un débat toujours actuel sur l'acceptation ou le refus de l'Autre -, ainsi que sur les responsabilités respectives de Dieu et de l'Homme dans le déroulement de l'Histoire.
    Marc Bochet est professeur agrégé de lettres honoraire, docteur en littérature comparée. Il a publié plusieurs études sur la réception littéraire et artistique de diverses figures bibliques, dont Présence de Job dans le théâtre d'après-guerre II en France (1988) aux Éditions Peter Lang ; Job après Job (2000) et Jonas Palimpseste (2006) aux Éditions Lessius ; Salomé, du voilé au dévoilé (2007) aux Éditions du Cerf ; Allers et retours de l'enfant prodigue : l'enfant retourné (2009) et L'âne, le Job des animaux : de l'âne biblique à l'âne littéraire (2010) aux Éditions Honoré Champion, ouvrage pour lequel l'auteur a obtenu le prix Jacques Lacroix de l'Académie française ; L'Arche de Noé et la Seconde Création (2011) aux Éditions Honoré Champion.

  • Jean Tortel, poète, critique, formidable lecteur, est avant tout un immense écrivain. Dans une étude d'ensemble de sa production littéraire et théorique, Katixa Dolharé met en lumière la poétique singulière de cet auteur méconnu. Issue d'une insatiable quête de connaissance du réel, celle-ci se heurte finalement à une aporie, celle de l'impossibilité de comprendre la raison d'être du monde. Cet essai retrace la chronologie de l'oeuvre tortélienne, dégage l'arrière-plan théorique qui sous-tend la construction de l'aporie chez Jean Tortel et enfin souligne la manière dont l'écrivain s'accommode de cette impasse cognitive.

  • Cet ouvrage étudie dans sa première partie des formes diverses d'écriture, de la critique d'art au récit en passant par la poésie et le manifeste. Leurs auteurs, de Beckett à Michaux et de Paz à Tzara, ont été liés aux avant-gardes de la première moitié du vingtième siècle (en particulier à dada et au surréalisme) tout en empruntant une voie originale.
    Il aborde ensuite dans sa seconde partie les rapports de peintres comme Magritte et Léger à l'architecture. En outre, il analyse le problème culturel de la collection d'art et du musée posé par des figures historiques de l'avant-garde comme Duchamp et Broodthaers.

  • Lorsque les mots perdent leur identité, sortent des dictionnaires, que le texte se fait de plus en plus chaotique, le sens se perd dans l'illusoire cohésion de l'accumulation de phonèmes. Inextricable espace tensionnel de figures labyrinthiques, la poésie contemporaine renoue alors avec des traditions oubliées en quête d'une nouvelle musicalité.
    Des Grands Rhétoriqueurs à Pierre Guyotat, des fatras de Jean Molinet aux contraintes oulipiennes, le sens, noue indéfiniment des formes d'équilibre qui inlassablement séparent les espèces. Du zaoum de Khlebnikov, du bégaiement de Ghérasim Luca, de la verbophonie de Pétronio, du spatialisme de Pierre Garnier aux crirythmes de Dufrêne, le sens devient l'énigme d'un matériau littéraire qui prend sa source dans les tréfonds de l'ombre des mots.

  • Ce livre présente les grands moments de la bataille en faveur du français, d'abord au sein d'une France héritière, et parfois oublieuse, d'un dix-huitième siècle plein d'enseignements, d'originalité et de vitalité ; ensuite, il insiste sur le dialogue des cultures porté si hautement par une Italie pétrie de francophilie ; enfin, il souligne le renouveau du Québec, nation américaine, ainsi que le vif désir de français en Chine, en Asie, dans le monde arabe, en Afrique noire et dans l'ensemble des Amériques.
    Cet essai, véritable référence sur la francophonie, démontre que le moment est opportun, compte tenu de l'évolution géopolitique mondiale, pour affirmer la diversité de l'espace en français, sans grandiloquence ni faiblesse. Aujourd'hui, la langue française continue d'illustrer une civilisation vivement appréciée pour son art de vivre, sa diplomatie, sa jurisprudence et sa très riche réalité culturelle.
    Ce nouvel essai à la fois original et fort bien documenté d'Axel Maugey témoigne largement de ce vif désir de français dans le monde.

  • Deux femmes exceptionnelles, deux époques majeures dans l`histoire constituent le sujet de cet ouvrage original deux fois primé au Japon.
    Madame Kawashima, dont la réputation d`historienne des sciences n`est plus à faire, nous offre ici un parcours passionnant dans la mise en rapport de l`histoire de ces deux scientifiques. Elle mène de concert un récit de la vie et du parcours scientifique de Madame du Châtelet et de Madame Lavoisier.
    Ceci la conduit à analyser minutieusement les travaux scientifiques de ces deux femmes et les conditions de leur réalisation, et de relier cela aux problèmes d`accès des femmes à une activité scientifique et au statut de savant, à ces deux époques.
    Une aristocrate, d`une part, une grande bourgeoise d`autre part, l`une au début l`autre à la fin de ce XVIIIe siècle, trouveront des réponses différentes et leurs parcours ne se ressembleront guère.
    Mais ce combat pour l`accès au savoir, pour la reconnaissance du droit des femmes à accéder au rôle d`acteur de la recherche scientifique marquera l`histoire. Rappelons ce qu`en disait encore Joseph de Maistre : "Les femmes qui veulent faire les homme s ne sont que des singes; or c`est vouloir faire l`homme que de vouloir être savante" (in Lettres et opuscules inédits, Paris 1861).

  • L'oeuvre de Georges Bataille aborde de nombreuses disciplines. Bien qu'elle multiplie les angles d'attaque, elle vise toujours un même but, le sacré. Bataille le définit comme ce qui échappe à toute saisie intellectuelle. Son oeuvre théorique est l'exploration de cette frange du savoir où commence le non-savoir, l'« impossible ». Cependant, en marge de l'oeuvre officielle, Bataille pu blie de petits récits érotiques scandaleux sous des pseudonymes, sans nom d'éditeur. Cet essai propose une réflexion sur la façon dont les fictions érotiques s'inscrivent dans la démarche plus générale de l'auteur et défend que c'est par la dramatisation érotique qu'il s'approche au plus près du sacré.

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