Honore Champion

  • L'écriture de nos futurs possibles appartient aux littératures de l'imaginaire, aux récits utopiques, à l'anticipation et à la science-fiction. En France, ces visions souvent pessimistes ou inquiètes se sont développées depuis la fin du XIXème siècle par l'invention d'une veine littéraire dont l'héritage touche et structure les oeuvres les plus actuelles. De Jules Verne à Serge Lehman, en passant par Rosny Aîné, Régis Messac, Pierre Boulle ou Michel Jeury, cette littérature française conjecturelle selon le mot de Pierre Versins, révèle un imaginaire collectif complexe, vecteur de contextes technologiques en évolution constante depuis l'advenue des sociétés industrielles. Plusieurs générations d'écrivains français, issus de la littérature populaire, générale ou spécialisée, ont travaillé depuis un siècle à l'invention ou à la réinvention de nos sociétés contemporaines ; la projection vers ces univers politiques, sociaux ou technologiques n'existe que pour nous prévenir : élaborer le futur nécessite de l'écrire dès aujourd'hui.

  • « Cet ouvrage se situe au carrefour des silences inégaux de la littérature et de l'histoire. Il les croise avec hardiesse, les interroge avec sagacité. De quelles femmes l'Histoire a-t-elle parlé ? Quelles figures émergent de la nuit des siècles ? Principalement dans la littérature française, choisie comme terrain et qu'il serait intéressant de comparer avec d'autres. Et comment la littérature, parfois peu distincte de l'Histoire, si souvent confondue avec elle, s'en est-elle emparée ? Il y a des figures pérennes dont le traitement évolue avec le temps, dans la mesure où justement, littérature et histoire tendent à se distinguer dans leurs démarches et leurs points de vue. Non sans ambiguïtés et difficultés, dont la biographie, d'abord abandonnée par l'histoire au roman, fait les frais. Saintes, reines, courtisanes déclinent plusieurs versants de l'identité féminine. Victimes, leur douceur sacrificielle émeut et angoisse [...] Femmes de pouvoir, on les suspecte de dissimulation, d'incompétence, d'une cruauté liée aux déviations d'un sexe contrarié, tant il est anormal qu'une femme règne. La richesse de ce livre novateur et foisonnant repose sur la diversité des figures évoquées, celle des oeuvres explorées, des questions posées, et jamais éludées, mais aussi sur la pertinence d'un regard critique qui utilise l'outil du genre sans s'y enfermer. Il ouvre dans la forêt des textes cent chemins qui donnent envie de poursuivre l'aventure ».

    Dirigé par Mercé Boixareu. Esther Juan-Oliva, Angela M. Romera-Pintor (éditrices). Préface de Michelle Perrot.

  • Il y a bien des littératures du Pacifique insulaire. Elles font apparaître des traits ethnologiques et anthropologiques ante-coloniaux. Elles illustrent l'impact des colonisations, les mouvements d'émancipation et les indépendances, les parentés et les croisements culturels, qu'il faut décrire selon les échanges qu'autorise le Pacifique. Cela fait l'originalité de ces littératures. Cet ouvrage les met en perspective et reconsidère quatre enjeux de la critique contemporaine : littératures et postcolonial ; littératures et globalisation ; littératures contemporaines et anthropologie ; littérature, tradition, modernité et contemporanéité.

  • Il s'agit, dans ce livre, d'originel, non pas d'origine, car l'origine s'opposerait à la fin. D'originel en tant qu'une langue est cause de soi. D'originel encore pour sa proximité de sens avec l'oriri latin, un "s'élancer hors de" dans la permanence du mouvement de naître, inachevé, inachevable. L'originel est ici une problématique d'écriture, comme lieu de tensions, comme lieu d'irrésolution, comme un suspens du temps où un sujet apparaissant disparaissant fait l'expérience de ce "Natif / de [ses] ruines surgissantes", emblématique de l'euvre. Dislocation des personnages, vacuité des voix, lyrisme sans épanchement du sujet, il est question, avec Henry Bauchau, d'habitation poétique.

  • La Caraïbe et sa diaspora clament un imaginaire commun, des préoccupations esthétiques et éthiques qui se font écho, au-delà des ondes linguistiques qui diffractent " la communauté imaginée " caribéenne. Or, ces littératures sont rarement comparées, le comparatisme demeure trop souvent une impasse. A partir de cinq " traverses ", dix auteurs franco- et anglophones sont ici comparés. Juxtaposant dans chacun des chapitres une voix anglophone et une voix francophone de cette Caraïbe étendue, de frappantes concordances, au-delà de la balkanisation, apparaissent. Ressemblances dans l'usage de la slave narrative chez Morrison et Condé, dans le tabou du gender chez Baldwin et Damas, dans la popularité du travelogue en Amérique du Nord et dans l'intérêt que lui portent Laferrière et Danticat ; ou encore, même absence de la Créole dans les fictions sur la Révolution haïtienne (Fignolé et Smartt-Bell). Enfin, les débuts respectifs de Harris et de Glissant esquissent déjà, de manière parallèle, la créolisation (esthétique, stylistique, thématique).


    Kathleen Gyssels est professeur de littératures francophones postcoloniales à l'Université d'Anvers. Auteur de Filles de Solitude. Essai sur l'identité antillaise dans les [auto-]biographies fictives de Simone et André Schwarz-Bart (1996) et de Sages sorcières? Révision de la mauvaise mère dans Beloved (T. Morrison), Praisesong for the Widow (P. Marshall) et Moi, Tituba (M. Condé) (2001), elle dirige un groupe de recherche en littératures postcoloniales.

  • Aimé Césaire est un des écrivains les plus importants du XXe siècle. Cet ouvrage propose une série de lectures de l'ensemble de ses poèmes, selon des arrière-plans biographiques, historiques, selon des analyses textuelles, selon des jeux de correspondances thématiques, selon des perspectives poïétiques et stylistiques. L'étude littéraire est ainsi conçue comme un accompagnement de l'oeuvre. Afin de faciliter cette lecture d'accompagnement, les mentions de titres d'ouvrages, des années de publication ainsi que des maisons d'édition sont contenues dans le texte même du commentaire de l'oeuvre. C'est pourquoi l'écriture du présent ouvrage a privilégié et l'indication des sources et l'information, et choisi de pratiquer une analyse relevant de la tradition philologique.


    Papa Samba Diop a enseigné les littératures africaine, antillaise et sud-américaine à l'Université de Bayreuth (RFA) de 1982 à 1995. Après une Habilitationsschrift soutenue à Bayreuth en 1993, il a été nommé professeur de littératures francophones à l'Université Paris Est Créteil.

  • La sincérité est la fable du langage. Elle jouit dans la poétique moderne d'une réputation de neutralité et de transcendance dont « Rhétorique de la sincérité » entreprend la nécessaire réévaluation. Quels sont les dangers sociologiques, les apories esthétiques et les incohérences historiographiques des visions traditionnelles de la sincérité en poésie ? Comment perpétuent-elles le mythe d'un langage libre de toute convention ? Ce sont là les questions que cette étude s'efforce d'élucider à la lumière des révolutions rhétoriques modernes. Il est alors possible d'identifier, chez des poètes tels que Paul Celan, Philippe Jaccottet, W.H. Auden, Yves Bonnefoy ou encore Louis Zukofsky, de nouvelles formes de sincérité tout aussi attachées à la connaissance qu'à l'émotion, à la durée qu'à l'immédiateté, à l'intersubjectif qu'au subjectif. La sincérité poétique n'est plus alors érigée au rang de parole authentique, garante de l'intégrité du sujet. Elle n'est plus réduite au statut de simple technique élocutoire. Elle est la figure rhétorique qui condense en une unique locution cette double fonction de la poésie moderne - parole de « persona » et de personne.

  • « Littérature et scénarios d'aveuglement - Orhan Pamuk, Ernesto Sábato, José Saramago » traite de trois oeuvres majeures : « Mon nom est Rouge » d'Orhan Pamuk, « Héros et tombes » d'Ernesto Sábato et « L'aveuglement » de José Saramago. Dans leur quête de nouveaux concepts et formes de pensée qui s'écartent du modèle rationnel dominant dans la modernité, les trois écrivains pensent que « regarder les choses » n'est pas du tout l'équivalent de « voir les choses ». Ils tentent d'articuler une logique du voir qui ressemble plutôt à la vision et à la clairvoyance qu'à la conformité logique. La figure de l'aveuglement permet de suggérer un mouvement vers « le monde imaginal » (Pamuk), vers « la pensée magique » (Sábato) et vers « la vision dystopique » (Saramago). Sont ainsi dessinés des espaces ontologiquement différents, moyens pour ces auteurs de dénoncer une rationalité prévalente et systématique.

  • Ce qui est nouveau dans ce livre est le rejet des étiquettes quand on lit Ahmadou Kourouma. La transparence de ses romans est une illusion et invite à une analyse minutieuse de la narration romanesque de Kourouma dont le caractère construit traduit une vision du réel. Le romancier a su articuler les revendications sociales avec l'imaginaire et le romanesque. Il a réuni habilement toutes les tonalités, mêlant étroitement l'élément satirique, l'élément humoristique, et l'élément légendaire et mythique.

    Le livre fait ressortir la logique qui préside à une énonciation polyphonique où de multiples voix s'imbriquent et s'enchevêtrent dans le récit. Le sens second, opaque, enchâsse et remet en question le sens littéral. Deux sujets se font face ; le second juge le premier. Deux discours sont en coalescence ; le second déconstruit le premier. La folie et le chaos postcoloniaux sont connectés à la (dé) raison et à l'absurdité coloniales qui les ont produits. Le désenchantement de l'Afrique surcode la geste coloniale. Revisité, le texte de Kourouma illustre sa richesse, sa complexité et toute sa puissance verbale. C'est une image inédite de l'écrivain que l'on découvre.

  • Depuis quarante ans, la figure du posthumain est reprise par une frange du roman contemporain international. À travers les représentations du clone et du cyborg, de l'être virtuel et de l'intelligence artificielle, cet ouvrage montre que le posthumain participe d'une pensée originale de l'homme et du roman, et se dessine comme un nouveau rapport à soi, au temps et au(x) monde(s). Renouvelant les perspectives anthropologiques du roman de la tradition occidentale, le posthumain est appréhendé comme le signe de l'adaptabilité d'un genre qui, à l'image de son objet, est capable de muter pour répondre du devenir technologique de la société. Les références aux oeuvres anglophones, francophones et hispanophones sont enrichies de renvois à Haruki Murakami.

  • Entre Novalis et Mallarmé, et en dépit de la distance historique de près d'un siècle, d'indéniables correspondances de contextes et de projets, de thèmes, d'images et de formes, ont déjà été mentionnées par les commentateurs. On veut ici approfondir ces correspondances, analogies et différences, par une confrontation plus systématique de l'ensemble des deux oeuvres, et par une exploration nouvelle, tenant compte des récentes recherches, en allemand, en anglais et en français, concernant ces deux auteurs.

  • S'intéresser à l'animal, nous le verrons à travers ces quelques études que je propose, c'est initier un questionnement sur l'humain, sur sa place dans l'univers comme créature vivante parmi d'autres, mais bénéficiant d'un statut à part. C'est aussi s'interroger sur la vie dans son mystère qui, en dépit des progrès de la science, dans son principe nous échappe et, surtout, sans cesse outrepasse les limites de notre conscience. Que nous acceptions de nous y ressourcer, et nous puisons dans ce qui est puissance de l'origine en nous, un nouveau souffle, une énergie capable de transcender ce que Romain Gary appelait « l'infirmité » de notre condition. Comme âme vivante, ainsi que le veut la racine latine du mot animal, l'animal nous fait face comme altérité. C'est un regard qui ne peut communiquer avec nous par la parole. Nous ne détenons dès lors nul accès à son intériorité. Nous ignorons même comment il voit le monde. « Il le sent en 'chevreuil', le paysage doit donc être 'chevreuil'», écrit Franz Marc à l'hiver 1911-1912. L'« animalisation de l'art » échappe à la dualité mimétique ; il ne s'agit pas de représenter un objet, mais de participer de son élan de vie.

  • L'épopée guerrière est une gigantesque machine à penser. La guerre qu'elle décrit est une métaphore, qui mime une crise contemporaine du public pour lui donner les moyens de l'appréhender intellectuellement. En l'absence des outils conceptuels que nous connaissons (historiques, juridiques, philosophiques), l'épopée permet une compréhension obscure mais profonde, efficace.

    Les outils conceptuels étant absents ou inopérants, la compréhension se fait dans et par le récit. C'est lui qui est chargé à la fois de rendre compte de la confusion radicale du monde et d'y tracer des perspectives lumineuses. Tous les procédés proprement littéraires trouvent là leur justification profonde. Ce sont les conflits apparemment psychologiques, la ritualisation du combat, le recours aux récits annexes, la juxtaposition et la variation, les parallèles, homologies et antithèses, qui font jouer les notions problématiques et permettent d'élaborer une vision profonde de la réalité.

    L'épopée est un moyen, et non une fin. Elle permet d'apporter la lumière sur un sujet encore bien plus confus que la mêlée guerrière : la crise qui secoue le monde des auditeurs. Elle est le lieu où s'élaborent les valeurs nouvelles, où se pense le nouveau modèle politique : pour l'Iliade, la naissance de la Cité qui va se substituer à l'univers patriarcal, pour le Roland le renouveau royal du XIIe siècle, pour le Hôgen et le Heiji monogatari, la naissance de la féodalité.

    La question que toutes posent, de la première à la dernière ligne, celle pour laquelle elles emploient tour à tour tous les moyens à leur disposition, c'est ainsi la question du politique : quelle forme de gouvernement, quels rapports entre les êtres dans une société qui émerge d'un âge sombre.

  • Comparative Literature Around the World: Global Practice is a collection of essays that describes what comparatists do, globally, rather than prescribes what comparatists should be. This volume of descriptive essays is important for understanding how Comparative Literature has been practiced around the world. Three essays discuss Comparative Literature in European countries (France, Germany and Sweden) while twelve essays examine countries from five other continents (Turkey, Persian/Arabian Gulf, Iran, Georgia/Russia, India, China, Japan, U.S., Canada, Brazil, Morocco, and New Zealand). This book provides a survey of Comparative Literature to give some global perspectives rather than engage in the unending dialogue about what this discipline is. Unlike many other books in the field, this collection pays attention to cultures, in often multilingual countries, where literary study was Comparative Literature avant la lettre. Europe made a substantial contribution to Comparative Literature as a discipline in a European context. The initial development of Comparative Literature in non-Western countries was often more about crosscultural and cross-civilizational readings and writings practiced by writers and intellectuals. In the U.S., Comparative Literature departments have been the incubators of sub-disciplines, such as postcolonial studies, women's studies, film studies. This collection combines these and other elements in a global perspective.

  • Corrélée aux ondulations de la mondialité, suffisamment continue et étendue pour que l'innombrable des voix puisse s'y entendre de manière éployée et simultanée, la langue nous dessine, nous définit, nous attache à un monde. Elle fertilise la pluralité esthétique, reflète ou diffracte la transmission de l'histoire, du passé et de la culture. Elle renouvelle les vocables, les sonorités, la prose et ouvre vers les mondes. Comment, dès lors, repenser l'oralité à l'aune de la mondialité ? Les littératures francophones offrent les réponses créatrices à cette question, selon leurs espaces propres, leurs exercices textuels, les rapports spécifiques de l'oral et de l'écrit qu'elles exposent. Ces réponses sont ouvertes : elles vont par des dichotomies, par des alliances langagières et culturelles diverses et paradoxales ; elles font revenir à l'actualité du jeu de la mondialité, de l'oralité et de l'écrit.

    Les essais ici réunis sont issus d'un colloque tenu à l'Université des Antilles, en Guadeloupe, en février 2019.

  • Question centrale dans l'oeuvre de Peter Handke, Malcolm Lowry et Claude Simon, la perception manifeste, dans la manière dont elle travaille et infléchit l'écriture, un mode particulier d'être-au-monde, entendu non seulement comme lien phénoménologique au sensible mais aussi comme ajustement singulier à un univers collectif. La manière dont la conscience reçoit les phénomènes, se les représente et tente de leur donner forme par le raisonnement et le travail de l'imaginaire, pose en effet le problème de leur interprétation et d'un possible partage du sensible. L'étude de la perception, en interrogeant l'articulation entre la poétique, l'esthétique et la politique, cherche à mettre au jour quelques-unes des configurations majeures de la littérature de la seconde moitié du XXe siècle, en prenant au sérieux la contribution qu'elle apporte à la pensée et à la représentation d'un monde commun.

  • In this book, rhetoric presents itself as a profound and radical questioning as well as a re-vision of the nature of language itself, and consequently of all aspects of social and cultural life. Based on an elaboration of Nietzsche's thinking on rhetoric, this study mainly addresses the rhetorical thinking of four critics - Derrida, Foucault, de Man and Barthes - who, in their common inheritance from and critique of Nietzsche's critical approach, have revealed a dual-nature of rhetoric which in turn sets a dual-task for critical thinking: an endless criticism (demystification) and self-criticism. Critical thinking thus turns out to be a "critique of criticism" as a reflection on the limit of critical thinking itself, i.e., a critique - in the Kantian sense of the word - of the (im)possibility of rational thinking.

  • L'Histoire de la France dans la littrature espagnole s'efforce de dterminer dans quels contextes politiques, idologiques et littraires - du Moyen ge nos jours - ont pris forme les images espagnoles de l'autre franais, mais aussi comment celles-ci (ou certains traits qui les constituent) se sont perptues ou transformes au fil du temps et en fonction des vicissitudes historiques, pour tre parfois substitues par des images (ou des traits) contraires.
    La prsente tude constitue la suite et le pendant de L'Histoire de l'Espagne dans la littrature franaise (Honor Champion, 2003, dirige par les mmes auteurs). Son originalit, comme celle de l'ouvrage antrieur (fort bien accueilli dans le milieu acadmique), ne tient pas seulement son extraordinaire ampleur, grce la collaboration de plus de trente-cinq spcialistes de renom provenant d'horizons varis, mais son approche qui articule disciplines littraires et historiques, et plus particulirement son hypothse de travail : savoir, que les images espagnoles de la France et du Franais ont t principalement conditionnes par l'Histoire vnementielle - celle de la France, mais dans la mesure o elle implique l'Espagne - telle qu'elle a t reprsente et interprte dans la littrature espagnole, et avant tout dans les textes de fiction (roman, thtre, posie).

  • Le spiritisme, en tant que phénomène culturel protéiforme dont la durée de vie dépasse et précède de peu les dates imparties par le corpus littéraire choisi (1865-1913), relève d'une mythologie à part entière qui oscille incessamment entre la littérature, la philosophie et les sciences occultes. La littérature de la deuxième moitié du XIXe siècle est elle-même en quête d'identité à l'issue des grands mouvements qui la caractérisent : romantisme, réalisme, symbolisme, naturalisme.
    Les formes narratives engendrées par cette quête et par la rencontre entre spiritisme et littérature étant la plupart du temps protéiformes, il serait inexact de parler de « genre littéraire spirite ». On met en lumière les stratégies narratives les plus récurrentes qui peuvent rendre compte au mieux de cette interaction dans les domaines de l'imaginaire, de l'histoire de la pensée et du psychisme. La complexité d'un tel sujet lance un défi non seulement aux savoirs de l'époque mais aussi à l'écrivain et à la création artistique.

  • Le séjour de Victor Hugo à Madrid lorsqu'il était enfant, le voyage en Pays Basque espagnol et en Navarre, lorsqu'il était adulte, ses lectures espagnoles dans l'original ou en traduction, ont laissé en lui des traces profondes. Ce livre les recueille et les analyse dans l'oeuvre poétique réexaminée dans son ensemble. On porte ainsi un nouveau regard sur Hugo et sur le courant romantique français.

  • Partant d'un auteur (Grigorios Xenopoulos, 1867-1951) et d'un corpus de base grecs, cette étude se propose d'aller plus loin dans la problématique et d'explorer les évolutions que l'avènement du journalisme moderne apporte au niveau du canon, de la vie littéraire, des figures auctoriales et du rôle de l'écrivain en régime médiatique. Dans cette perspective, l'exemple de la Grèce, d'envergure et de géographie relativement restreinte, peut rendre plus évidentes les étapes de transition. D'autre part, la nouvelle matérialité de l'écrit - supports journalistiques, romans-feuilletons, fascicules, éditions populaires -, exige une étude synthétique de ce vaste ensemble de la culture médiatique et des nouveaux mécanismes de communication. Chroniques, critiques littéraires, ouvrages de vulgarisation, « mauvais genres » de la littérature de large diffusion, romans et autres types de textes qui s'épanouissent dans la presse, sont ici mis en relation et en interaction, pour exposer les enjeux de ce changement de paradigme littéraire.

  • Cet ouvrage explore la corrélation entre la question des femmes et celle de la musique dans l'oeuvre théâtrale et poétique de Shakespeare. L'analyse ne se restreint pas à la musique interprétée par les personnages féminins mais concerne également celle que l'on interprète pour eux ainsi que les propos tenus sur les femmes et la musique (métaphores, jeux de mots, citations de chansons, références aux mythes musicaux et à la symbolique des instruments...).
    L'approche retenue consiste à instaurer un dialogue entre le texte shakespearien et le discours contemporain tel qu'il se manifeste dans des sources diverses (manuels d'étiquette, traités de musique, pamphlets philogynes et misogynes...).
    Même lorsqu'elle est transgressive, la musique des femmes est montrée sous un jour favorable dans l'oeuvre de Shakespeare : sa fonction est avant tout harmonisante.

    Natalie Roulon est agrégée d'anglais et docteure ès lettres.

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