Littérature nordique

  • Traduit du finnois par Sébastien Cagnoli Baltimore, 2014. Le laboratoire de recherches en neurosciences du professeur Joe Cheyefski est saccagé par des défenseurs de la cause animale. Peu après, Joe apprend que les menaces qui pèsent sur lui et sur sa famille sont liées au fils qu'il a eu avec sa première épouse, devenu militant extrémiste, qu'il n'a pas revu depuis qu'il a quitté la Finlande deux décennies plus tôt en abandonnant femme et enfant. Joe s'inquiète également pour sa fille, Rebecca. Une grande entreprise l'a choisie pour être son porte-étendard au lycée : en échange de vêtements, de maquillage et d'accessoires, Rebecca doit promouvoir les produits de cette compagnie auprès de ses camarades, notamment une drogue contre l'anxiété sociale, Altius. Elle se voit aussi remettre un engin hyperconnecté relié directement à ses neurones, l'iAm, qui capte toutes ses données 24 h/24 et oriente ses choix, ses goûts, ses activités. Joe découvre bientôt que la multinationale qui se trouve derrière tout ça a infiltré différents secteurs de la société, et que ses propres recherches ne sont peut-être pas pour rien dans son malheur.
    Jussi Valtonen livre un roman d'une ampleur magistrale, à la croisée de la Pastorale américaine de Philip Roth et du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Il y aborde avec audace et ingéniosité quelques grandes questions de notre temps : la perte de repères dans une société hyperconnectée et impersonnelle, les écueils du consumérisme, les problèmes éthiques posés par la recherche scientifique. La dimension dystopique du récit, qui confine pourtant au réalisme, la qualité de l'écriture et la profondeur psychologique des personnages en font un grand roman contemporain qui tend un miroir terrifiant à ses lecteurs.
      Prix Finlandia 2014   Né en 1974, Jussi Valtonen est un écrivain et psychologue finlandais. Après avoir étudié la neuropsychologie aux États-Unis et vécu en Grande-Bretagne, il a travaillé comme journaliste scientifique pour différentes revues. Il est l'auteur de trois romans et d'un recueil de nouvelles. Ils ne savent pas ce qu'ils font, son premier livre publié en France, meilleure vente de l'année 2014 en Finlande et traduit dans une dizaine de pays, s'est vu décerner le prestigieux Prix Finlandia.

  • L'Edda poétique

    Anonyme

    Nés d'une lointaine tradition orale, les textes de l'Edda poétique, traduits ici dans leur intégralité, constituent, avec les autres textes scandinaves réunis dans cet ouvrage, un pan capital de notre patrimoine indo-européen. A plus d'un millénaire de distance, ils nous permettent de découvrir la richesse de l'âme germanique ancienne.

    Loin d'être des Barbares, ceux qui passèrent à la postérité sous le nom de Vikings formaient une communauté d'hommes qui idéalisèrent leur condition sous forme de mythes et de légendes poétiques. Les dieux et les grands héros du Nord ont ainsi inspiré des " dits ", des lais et des élégies, dont la qualité littéraire rappelle celle des grandes sagas. En des images inoubliables, ces textes nous dévoilent une vision fondamentale de l'homme, de la vie et du monde, un monde imprégné par la toute-puissance du Destin auquel nul n'échappe, qu'il soit dieu, alfe ou homme.

    Régis Boyer est professeur de langues, littératures et civilisation scandinaves à l'université de Paris-Sorbonne.

  • Dans le nord de loeIslande du début du XXe siècle, Bjartur est un petit paysan qui soeefforce de préserver son indépendance, doeautant plus précieuse quoeil loea acquise au prix de longues années de labeur et de sacrifices. Soeaffranchir de toute tutelle, tel est loeobjectif de cet éleveur de moutons, héritier doeune tradition paysanne séculaire et imprégné de poésie épique médiévale transmise de génération en génération. Le récit se déroule à la manière doeune saga familiale, décrivant l?âpre quotidien doeune paysannerie doeun autre temps confrontée aux profonds bouleversements politiques et sociaux qui marquèrent cette époque : l?émergence doeun système économique moderne, les effets de la Première Guerre mondiale, les efforts pour désenclaver les régions isolées de l?île, les grands mouvements migratoires vers les Etats-Unis.


    Bjartur mène un combat de tous les instants pour nourrir son troupeau, et seulement ensuite sa famille, dont la figure centrale est sa fille, Asta Sollilja, que lui a laissée sa première femme Rosa, morte en couches : cette enfant, quoeil soupçonne pourtant d?être illégitime, est son véritable trésor, sa «petite fleur» qui s?épanouit dans loeimmensité glaciale de la lande. Seul face aux éléments naturels ? et même surnaturels ?, Bjartur affronte les difficultés sans jamais baisser les bras, pas plus quoeil ne baisse les yeux devant quiconque.


    Ce roman, marqué par un puissant souffle épique hérité des sagas médiévales, mais aussi par un humour sombre et détonnant, rend hommage à loeesprit paysan islandais du début du siècle, tout en fierté et en ténacité face à la mort et au chaos qui reviennent immanquablement réclamer leur dû.

  • Le serveur

    Matias Faldbakken

    • Fayard
    • 15 Janvier 2020

    Le serveur en chef du restaurant The Hills règne en maître sur cet écrin de la vieille Europe. Tout y est à sa place, l'ordre y est immuable. Jusqu'au jour où un vent de changement s'engouffre dans le sillage d'une belle jeune femme. Un huis-clos délicieux dans la veine d'Un gentleman à Moscou, qui est aussi une allégorie mordante de notre époque.

    Le Hills est d'un temps où le cochon était du cochon et le porc du porc, comme aime à dire le Maître d'hôtel. Chaque jour, raide dans son habit, le serveur de ce grand établissement d'Oslo se tient là, comme il aurait pu le faire il y a cent ans, si ce n'est davantage. Il veille, attend, se tient prêt. Il circule dans la salle, prend les commandes, sert et débarrasse. Les tables sont parfaitement dressées, les verres s'entrechoquent, les couverts vont et viennent sur la porcelaine avant d'être portés à la bouche. Tout est à sa place, l'ordre est immuable. Jusqu'au jour où un vent de changement s'engouffre dans le sillage d'une belle jeune femme qui prend place, l'air de rien, au milieu des habitués. Son apparition a tôt fait d'enrayer la mécanique parfaitement huilée du restaurant, menaçant les fondations de cet écrin de la vieille Europe - et l'équilibre fragile du serveur brusquement dépassé. Avec un sens aigu du portrait et de la scène, Matias Faldbakken livre dans ce délicieux huis-clos une allégorie de notre temps qui ménage autant de moments poignants que d'hilarité, et distille une nostalgie contagieuse qui vous donnera envie à votre tour de pousser la porte du Hills et de vous y attabler pour observer la marche du monde en écoutant le vieux Johansen jouer un air mélancolique.

  • Longtemps vue depuis l'Europe de l'Ouest comme une terre du bout du monde et marginalisée autant que possible par le voisin soviétique durant la guerre froide, la Finlande appartient pourtant à l'Union européenne depuis 1995 et même en a exercé la présidence dans les six derniers mois de 1999.

    Le présent ouvrage, qui relate les deux siècles écoulés depuis son érection en grand-duché sous l'égide de la Russie (après avoir subi l'hégémonie suédoise), s'appuie sur des recherches récentes rendues possibles par l'ouverture des archives russes. Ses auteurs, Seppo Hentilä, Osmo Jussila et Jukka Nevakivi, sont les meilleurs représentants de l'historiographie finlandaise contemporaine. Leur vision du parcours de leur pays s'oppose fréquemment à la représentation traditionnelle. En particulier, ils réévaluent la place qu'occupa le grand-duché dans l'empire russe, et ils portent une appréciation nouvelle sur les événements de 1917-1918 et l'entre deux guerres. Ils montrent aussi comment, depuis 1945. La Finlande a pu, en dépit de l'ombre portée de la puissance soviétique, affirmer son statut d'Etat et son régime démocratique, enfin parvenir à la prospérité tout en préservant sa sécurité. C'est une histoire qui mérite d'être connue.


    Universitaire, les auteurs sont tous trois d'éminents spécialistes de l'histoire de leur pays et de ses relations internationales. Seppo Hentilä a travaillé sur le mouvement social-démocrate en Suède et sur l'histoire allemande (notamment la question de reconnaissance de la RDA). Osmo Jussila a consacré son oeuvre aux lois constitutionnelles finlandaises (1808-1863) et aux relations finno-ruses. Jukka Nevakivi enseigne l'histoire contemporaine de la Finlande et sa diplomatie, aussi bien que la politique finlandaise de l'URSS.

  • Les annales de Brekkukot

    Laxness-H

    • Fayard
    • 21 Janvier 2009

    L'auteur : Né en 1902 près de Rejkjavik, Halldor Laxness publia son premier roman à dix-sept ans et mena ensuite une vie de bohème en Europe et en Union soviétique, avant de revenir en Islande peu avant 1940. Son oeuvre, immense, se distingue par une grande diversité et un style empreint d'humour et de poésie. Écrivain épique, auteur de plusieurs cycles romanesques, dont la trilogie la Cloche d'Islande, il a reçu le prix Nobel de littérature en 1955. Il est mort en 1998. Fayard a publié en 2004 Gens indépendants. Le livre ROMAN TRADUIT DE L'ISLANDAIS par Régis Boyer Abandonné peu après sa naissance, le jeune Álfgrímur vit, au début du XXe siècle, à Brekkukot, une ferme de tourbe située à la périphérie de Rejkjavik (alors simple bourgade), chez le vieux couple qui l'a recueilli et qu'il considère comme ses grands-parents. Il y côtoie une bande délurée d'excentriques et de philosophes qui trouvent refuge dans le simple respect d'autrui, conformément à l'éthique des habitants de Brekkukot. Mais l'horizon étroit de l'enfance idyllique d'Álfgrímur bascule lorsqu'il rencontre le plus célèbre chanteur islandais, le mystérieux Gardar Hólm, qui l'incite à atteindre « la note la plus pure ». Mais comment peut-il y parvenir sans renoncer au monde qu'il aime ? Un roman curieux et merveilleux, dans lequel Halldor Laxness dépeint avec humour et finesse l'univers restreint d'un enfant, ainsi que la sagesse dont est empreinte la vie des gens simples. Comme dans la plupart de ses oeuvres, il ne manque pas d'opposer la réalité de la vie islandaise aux grandes épopées des sagas, et l'Islande traditionnelle aux influences danoises et d'autres pays. DANS CE ROMAN D'INITIATION, LE PRIX NOBEL ISLANDAIS DÉPEINT AVEC HUMOUR ET FINESSE L'UNIVERS RESTREINT D'UN JEUNE GARÇON CONFRONTÉ MALGRÉ LUI AU MONDE MODERNE .

  • Ce roman de Luan Starova ne nous permet pas seulement de découvrir un grand écrivain balkanique, il nous livre une clé susceptible de nous aider à mieux déchiffrer, chez ces voisins de l'Europe du Sud-Est à la fois si proches et mystérieux, la force des traditions, jadis dans la lutte contre le joug ottoman, plus récemment dans la résistance à l'obscurantisme et à la dictature communistes.Le Temps des chèvres évoque la période de l'immédiat après-Seconde Guerre mondiale, quand le nouveau régime, dans le souci de créer une nouvelle classe de prolétaires, demande aux bergers de quitter leurs montagnes et de venir s'installer en ville. Ainsi, un beau jour, la Grand-Place de Skopje, le Plochtad, devient toute blanche, envahie par les chèvres que les bergers refusent d'abandonner. Mais rapidement, l'euphorie tourne à la tragédie lorsque le pouvoir décide l'extermination des bêtes.Si l'allégorie brossée par l'auteur constitue par certains côtés une roborative leçon d'espoir, elle n'en demeure pas moins avant tout une réflexion sur la dangereuse vanité des idéologies qui aspirent à façonner un homme nouveau et une salutaire méditation sur l'impermanence des choses en général, en particulier sur la précarité que revêt dans les Balkans ce qui paraît définitivement acquis.Ecrivain macédonien d'origine albanaise, professeur de littérature française à l'université de Skopje, traducteur d'auteurs français comme Raymond Queneau, Luan Starova est actuellement ambassadeur de la République de Macédoine à Paris.

  • Il est des sensations qui sont des sommeils, qui occupent comme une brume toute l?étendue de notre esprit, qui ne nous laissent ni penser, ni agir, et ne nous permettent pas d?exister clairement. Comme si nous n?avions pas dormi de la nuit, il survit en nous quelque chose du rêve, et il y a une torpeur de soleil diurne qui vient chauffer la surface stagnante des sens. C?est une saoulerie de n?être rien, et la volonté est un seau renversé au passage dans la cour, d?un geste indolent du pied.FERNANDO PESSOA, Le Livre de l?intranquillité.Prendre une année sabbatique et ne rien faire : voilà la décision qui, à l?origine, a inspiré à Lars Svendsen ce court texte sur la difficulté de circonscrire, de vivre ce rien. Le résultat : un livre profondément original, au ton très libre, qui puise à des sources aussi bien philosophiques que littéraires et cinématographiques.Petite philosophie de l?ennui, best-seller dans les pays scandinaves, a déjà été traduit dans plusieurs autres pays européens.Traduit du norvégien par Hélène Hervieu.

  • Freres jures

    Gunnar Gunnarsson

    • Fayard
    • 18 Octobre 2000

    Nous sommes en Norvge la fin du IXe sicle, au dbut de l'pope viking. Leif et Ingolf sont les fils respectifs de deux seigneurs: Rodmar et Orn. Ingolf, le sensible, le raisonnable, est de deux ans l'an de Leif, l'intrpide. Devant la force de leurs sentiments respectifs, les deux amis dcident de se lier la vie la mort. Paroles d'enfantsoe Non, et c'est ainsi qu'au cours d'une crmonie officielle ils deviennent "frres jurs". Dsormais, ils sont responsables l'un de l'autre, se promettent fidlit et assistance.

    Quelques annes plus tard, cause d'une tragique histoire d'amour, les frres de coeur sont bannis des terres de Norvge par un haut dignitaire du royaume. Ils s'tablissent alors sur une le lointaine qu'aucune peuplade ne semble revendiquer: l'Islande ...

    Riche des acquis des dcouvertes archologiques et des documents historiques sur l'Islande, Gunnar Gunnarsson a tent de reconstituer aussi fidlement que possible l'pope prodigieuse des dbuts de l'histoire de son pays. L'auteur a sans doute ainsi labor le meilleur ouvrage romanc qui ait jamais t crit sur ce double sujet: les origines de l'Islande et le dbut de la saga des Vikings (l'poque viking s'tendant de 800 1050).


    Rgis Boyer, auteur chez Fayard d'une Histoire des littratures scandinaves (1996) a traduit, annot et postfac ce roman crit en 1918, dont il considre qu'il constitue la meilleure introduction l'histoire de l'Islande Aprs avoir publi un recueil de pomes, le Souvenir d'une mre, crits en islandais, Gunnar Gunnarsson (1889-1975) quitte l'Islande pour chercher fortune au Danemark. Il y passe deux ans la "haute cole populaire" d'Askov, puis vit Arhus et Copenhague, tirant le diable par la queue avant de publier son premier grand cycle romanesque, L'Histoire de la famille Borg, crit en danois. Son inspiration est volontiers religieuse (L'glise sur la montagne) mais il s'est galement efforc de reconstituer l'histoire de son pays au Moyen ge. Ont t publis en franais: L'Oiseau noir et Le Berger de l'Avent.

  • L'image publique

    Spark-M

    • Fayard
    • 26 Mars 1997

    Annabel n'est pas d'une grande beauté; elle ne brille ni par le talent ni par l'intelligence; elle n'a rien de remarquable sauf peut-être ses yeux, puisqu'un producteur italien les remarque et comprend ce qu'on peut en tirer à l'écran. grâce à lui, grâce aux yeux de félin qu'il a perçus dans son visage banal, annabel va devenir " la dame-tigre anglaise " du cinéma _ tout un programme auquel elle devra conformer son image: dame en public et tigresse au lit... avec son mari. son mari, frederick, qui n'a pas obtenu en tant qu'acteur le succès que lui promettait son talent, accepte de jouer le rôle secondaire de conjoint, jusqu'au jour où, n'en pouvant plus, il sort de scène de façon fracassante et compromet irrémédiablement l'image publique à laquelle il s'était prêté jusque-là...

    Avec son style concis, beaucoup d'humour et une certaine tendresse, muriel spark nous conte ici, sur le fond pittoresque de rome et du cinéma italien, l'histoire d'une vraie héroïne qui, sans le savoir, ne cesse de se battre pour rendre sa vie cohérente.

    Poétesse, romancière, nouvelliste, muriel spark, née en ecosse, a vécu en afrique noire et à londres avant de s'installer en italie où elle vit actuellement. parmi ses oeuvres, citons robinson, les belles années de mademoiselle brodie, la place du conducteur, le banquet, memento mori et rêves et réalité.

  • " la mort a tout son temps, plus que les dix doigts des jours.
    pour elle, l'ennui ce n'est que de l'oxygène. la mort est l'absence grisante de mouvement qui se répand l'après-midi sur les meubles et te chatouille le nez quand tu es au lit, allongé sur le dos, pendant que maman ou tante veille à ce que tu te reposes. " marcus, un petit garçon de cinq ans, observe la mort et la vie qui cohabitent au cours d'une chaude semaine d'été, dans une grande maison de la campagne flamande.
    allongé la journée sur une couverture sous le cerisier ou nageant la nuit entre ses draps, il cherche à capter tout ce qui se perd et disparaît sans bruit. erwin mortier poursuit sa petite musique fascinante dans ce récit qui met en valeur la magie des mots du monde de l'enfance " figé par la poésie ".

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