Fayard

  • Au cours de l'autopsie, qui suit le décés du secrétaire d'État américain en visite officielle à Munich, les légistes découvrent une tache suspecte sur son coeur - a-t-elle été causée par des bactéries ? Au même moment, les employés d'une multinationale agro-alimentaire répertorient des plantes et des animaux d'un nouveau genre. Aux USA, un couple participe dans une clinique spécialisée en biologie de la reproduction à un programme inofficiel, dont seraient issus des enfants hors du commun. Lorsque l'un d'eux disparaît, tout pousse à croire qu'il y a un lien entre ces mystérieux phénomènes de mutation...

  • Un petit garçon en mal de distraction, un vieux dessinateur débordé par son travail et ses souvenirs, un appartement trop petit comme champ de bataille et la ville de Naples en toile de fond : la partie peut commencer.
    D'un côté, Mario, quatre ans, dictateur en puissance, amateur d'histoires du soir et détenteur d'un savoir-faire domestique dont il n'hésitera pas à se servir. De l'autre, Daniele, son grand-père, illustrateur célèbre sur le déclin aux prises avec l'angoisse de la page blanche et une commande à rendre sous peu. En guise de terrain d'affrontement, l'appartement du petit Mario, confi é à son grand-père par ses parents, partis à une conférence dont l'enjeu pourrait bien être leur propre mariage. Durant trois jours, nos deux protagonistes vont se livrer à un duel sans merci, entre alliances, rivalités et jeux pas toujours amusants - jusqu'à la farce de trop. Ode tendre à la ville de Naples, satire réjouissante, tableau émouvant de la rencontre de la vieillesse et de l'enfance : Domenico Starnone signe, avec ce presque huis-clos entre le rire et les larmes, un roman doux-amer sur la force des souvenirs.

  • Tash Aw, étoile montante de la littérature mondiale, signe le récit émouvant d'un homme ordinaire conduit au meurtre par la violence aveugle des mutations de la Malaisie à l'heure de la mondialisation.

    Il y a longtemps, Ah Hock a tué. Désormais il vit seul, presque reclus chez lui. Un jour, une étudiante frappe à sa porte : comme d'autres avant elle, elle veut comprendre son histoire. En dépit de tout ce qui les sépare, Ah Hock accepte de se livrer.

    Il lui raconte l'histoire d'un homme né dans un village de Malaisie, parti en quête des richesses promises par les mutations de son pays, d'un homme qui a connu la misère et les contradictions d'un monde où la modernisation n'est pas toujours synonyme de progrès, d'un homme aux prises avec une société où l'argent et le hasard façonnent les destins. Des champs de palmiers à huile aux chantiers envahissants de Kuala Lumpur, Ah Hock est le témoin privilégié des maux qui rongent la Malaisie, de la destruction des terres de son enfance au silence complaisant qui entoure l'exploitation des travailleurs clandestins.

  • Vladimir Nabokov et sa femme Véra se sont rencontrés en 1923, à Berlin, où leurs familles respectives avaient fui le pouvoir bolchevique. Tout au long du demi-siècle que dure leur mariage, ils ne sont séparés que rarement, mais alors il lui écrit chaque jour : ainsi quand Véra part se soigner dans un sanatorium de la Forêt Noire, quand Vladimir rend visite à sa famille réfugiée à Prague, où quand Véra tarde à le rejoindre à Paris. Plus tard, ses conférences dans le Sud des États-Unis suscitent de nouvelles lettres. Dans toute cette correspondance, pour nous à sens unique - Véra ayant détruit ses propres lettres -, on voit la passion de Nabokov pour sa femme, sa vie quotidienne dans le milieu de l'émigration russe à Berlin, les bouleversements auxquels tous deux sont confrontés dans leur vie matérielle et affective, le dénuement qui est le sien lors de ses débuts à Paris, l'intérêt croissant suscité par son oeuvre auprès des éditeurs et d'un public éclairé, le soutien indéfectible que lui apporte Véra.
    Ces lettres, outre ce qu'elles révèlent sur l'homme, nous font découvrir le laboratoire de l'écrivain - son énergie créatrice, la pléthore de sujets qui surgissent et disparaissent, l'intensité de son travail - et on y reconnaît l'originalité de son style : sa veine parodique, poétique, sa vivacité et ses jeux de mots.

  • Employée dans une banque d'affaires à Londres, Giulia se remémore l'histoire d'amour qui l'a liée dix ans plus tôt à un homme marié plus âgé qu'elle. Premier roman traduit en français d'une jeune auteure extraordinairement prometteuse, Loyauté livre un récit éminemment contemporain sur le pouvoir et le désir en explorant avec finesse la mécanique des sentiments dans une relation asymétrique et douloureuse, et l'âpreté d'un monde dirigé par l'argent.
    Le désir ne s'apprivoise pas. Le désir est imprévisible. Il surgit, explose, s'essouffle ou se renforce en suivant une progression chaotique - à l'image des cours des marchés financiers.
    Giulia, trente-deux ans, est employée à Londres dans une banque d'affaires où elle jouit d'une situation avantageuse, mais où le bonheur est une denrée rare : beaucoup d'argent, très peu de temps libre, des relations qui visent avant tout à se forger une réputation. Un écosystème que le reste de la société regarde avec défiance. Celui dans lequel naviguait Michele, un homme marié de vingt ans son aîné pour lequel elle a eu une passion qui a tourné à l'obsession alors qu'elle était étudiante à Milan, avant qu'il ne démissionne du jour au lendemain, sans explication. Alors que remontent les souvenirs d'une histoire qu'elle croyait enterrée, Giulia explore les fractures douloureuses de l'amour - cette fragilité qui réside en chacun de nous.
    Dans la lignée de Houellebecq et de Kundera, Letizia Pezzali livre un roman éminemment contemporain et plein d'esprit, d'une sensibilité et d'une maîtrise remarquables, sur le pouvoir et la nature du désir.

  • « Bienvenue, cher visiteur, dans une nation fière et chargée d'Histoire. Quand vous reposerez ce guide, regardez autour de vous. Une nation n'est pas une terre. Une nation, ce sont ses habitants. » « Matthew Baker peint avec un oeil avisé le mythe américain, entre usure et fantasme. Aussi bien dans leur forme que dans leur intention, ces nouvelles évoquent celles des grands fabulistes Italo Calvino, Luis Borges et Shirley Jackson. » Guernica Traduit de l'anglais (États-Unis) par Santiago Artozqui

  • C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton.

    En même temps qu'un étonnant portrait de femme dans l'Angleterre du milieu du xixe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret.

  • Ottessa Moshfegh s'est affirmée depuis quelques années comme l'une des voix les plus singulières et fracassantes de la littérature contemporaine. Dans son recueil de nouvelles, Nostalgie d'un autre monde, elle révèle un talent rare dans l'élaboration d'histoires complexes, dans le choix et la mise en scène de situations étranges, drôles et dérangeantes qui disent notre époque, dans la peinture lucide et implacable de marginaux empreints d'une profonde humanité.
    Les héros des nouvelles subversives et implacables rassemblées dans Nostalgie d'un autre monde ont tous un point commun : ils ont pris un mauvais virage. Certains sont séparés ou divorcés, d'autres sont au chômage, endettés, en conflit avec leur famille. Instables, pétris de défauts et d'incertitudes, ils expérimentent le désir, l'obsession, la solitude, l'amour et l'échec, tout en aspirant à se reconnecter au monde qui les entoure. Dans « Élévation », Ottessa Moshfegh brosse le portrait d'une jeune professeure aux habitudes révoltantes. « M. Wu » est un vieux voyeur esseulé qui prend son courage à deux mains pour aborder la femme nichée au creux de tous ses fantasmes. « Un monde meilleur » découvre une petite fille convaincue qu'elle vient d'un autre monde et doit tuer quelqu'un pour pouvoir y retourner - or se présente un jour la victime parfaite...

  • Berlin 1932. Sala et Otto ont treize et dix-sept ans quand ils tombent amoureux. Il vient d'une famille ouvrière des bas-fonds de Berlin. Elle est juive et la fille unique d'une famille intellectuelle et excentrique. En 1938, Sala doit quitter l'Allemagne et se réfugie chez sa tante à Paris. Jusqu'à ce que les Allemands envahissent le pays... Alors qu'Otto part au front en tant qu'ambulancier, Sala est dénoncée et internée dans un camp dans les Pyrénées.
    Là-bas, on meurt vite de faim ou de maladie, et ceux qui survivent jusqu'en 1943 sont déportés à Auschwitz. Sala a de la chance, on la met dans un train pour Leipzig où elle se cache. Tandis qu'Otto est fait prisonnier par les Russes, commence pour Sala une longue odyssée qui la mènera jusqu'à Buenos Aires. Mais malgré les années qu'ils passent sans se voir, ils ne s'oublient jamais...

  • Roman traduit de l'anglais par : Ludmila Savitsky Dans les six récits qui composent Adieu à Berlin, Isherwood capte magnifiquement le Berlin du début des années trente. Le narrateur, « Christopher », dépeint les événements qui accompagnent la montée du nazisme à travers une série de personnages : Frauleïn Schroeder, sa pittoresque logeuse ; l´inoubliable Sally Bowles, jeune actrice anglaise « divinement décadente » qui chante dans le cabaret du coin ; les Nowak, une famille d´ouvriers qui travaille dur ; les Landauer, une riche famille juive qui possède des magasins et ne va pas tarder à être ruinée. Sans se départir de son humour, Isherwood capte magnifiquement le Berlin de ces années-là : le charme de ses avenues et de ses cafés ; le grotesque de sa vie nocturne, ses vices et ses intrigues ; la puissance de ses gangs et de ses millionnaires. Avec, de plus en plus présente et menaçante, l´ombre de Hitler. Écrit en 1939, paru pour la première fois en français en 1979, Adieu à Berlin a inspiré une pièce de théâtre et deux films, dont la célèbre comédie musicale Cabaret, interprétée par Liza Minelli et Michael York, et reprise sous forme de spectacle, entre autres, aux Folies Bergère (2002-2008).

  • Au milieu des années 1960, dans le relatif soulagement de la déstalinisation, l'auteur avait publié, outre des romans courts et des récits, une douzaine et demie de poèmes en prose à la manière de ceux de Baudelaire, tantôt inspirés par la nature et le panthéisme propre à l'auteur, tantôt par des réflexions pleines d'une élévation spirituelle qu'on retrouve parfois dans son oeuvre de plus grand volume.
    Voici l'ensemble, réuni pour la première fois.

  • En marge de ses grands romans, il y a des dizaines d'Écrits politiques d'Alexandre Soljénitsyne. Ce recueil s'ouvre sur une lettre publique, qui est l'axe de son oeuvre, le moteur de sa vie : pour résister, il faut commencer par se réformer soi-même. Ce bref catéchisme du résistant fut rédigé en février 1974, à la veille de la seconde arrestation et de l'expulsion d'URSS de son auteur.
    S'ensuivent les Leçons de Février (1983), inspirées par la lecture d'une immense littérature sur la révolution de 1917 et par une amère constatation : la monarchie russe, tricentenaire et encore populaire en 1914, est tombée en trois jours. Faute de savoir penser vrai, parler vrai ?
    Pour terminer ce recueil, Deux révolutions : la française et la russe (1984), est une réflexion inédite en français, où Soljénitsyne compare le glissement vers mensonge et violence de ces deux révolutions.
    Quatre ans pour la française, suivis du despotisme bonapartiste, avant de repartir pour une deuxième circonvolution à l'identique. Sept mois pour la russe, puis une longue dictature bolchevique sur presque la moitié du globe. ` À l'occasion du centenaire de sa naissance et du dixième anniversaire de sa mort, ces trois textes nous aident à comprendre le cheminement de Soljénitsyne au travers du siècle des totalitarismes.
    Alexandre Soljénitsyne (1918-2008) a obtenu le prix Nobel de littérature en 1970. Déchu de sa nationalité en 1974 après la parution en Occident de L'Archipel du Goulag, il fut expulsé d'URSS, émigra aux États-Unis, où il acheva son long cycle historique consacré à la révolution russe, La Roue rouge, avant de revenir en Russie vingt ans plus tard  

  • Le Journal de la Roue rouge décrit pas à pas l'écriture de l'oeuvre majeure d'Alexandre Soljénitsyne  : La Roue rouge. Dans ce «  roman  » (un peu comme Tolstoï dans Guerre et paix) l'auteur s'interroge sur ses propres origines, il les recherche dans l'histoire, et donc dans l'événement créateur de l'Union soviétique, la révolution de 1917. Il décrypte avec minutie l'enchaînement des faits, mettant en mouvement la matière historique, telle une roue que rien n'arrête dans sa course. Dès sa prime jeunesse, il avait entrevu l'édification de ce projet colossal. Mais ce Journal met en lumière la seule et même motivation profonde de tous ses livres, que ce soit La Roue rouge, Une journée d'Ivan Denissovitch ou L'Archipel du Goulag  : écrire au nom des siens, témoigner au nom de tous ceux qui ont été anéantis, réduits au silence et calomniés. Derrière la masse des faits historiques, l'écrivain cherche les causes cachées, accessibles à la seule intuition littéraire. Il devient un super-historien, chargé non seulement de retrouver la vérité, mais de rendre justice à tous ceux que la Roue de l'histoire a écrasés.
    Chronique de l'écriture d'une oeuvre démesurée qu'il devra interrompre bien avant que soit réalisé le projet initial, Le Journal de la Roue rouge est aussi un véritable journal intime où se reflètent, au coeur même de l'atelier de l'écrivain, son itinéraire spirituel et intellectuel et les principaux faits d'une biographie personnelle qui se fond avec l'Histoire, ainsi lorsque la publication de L'Archipel du Goulag «  explose  » en Occident.  Pour ceux qu'effraie le volume de La Roue rouge, ce Journal peut permettre de l'aborder plus facilement. Toutefois, il est une oeuvre au sens plein du terme, qui se suffit à elle-même et témoigne d'une expérience de création littéraire hors du commun.
     

  • « Je m'imagine les entendre, les ravages silencieux qui se propagent dans ce corps : des cordes qui sautent, des fils qui cassent, des câbles qui craquent en chantant - le doux gémissement de poutres qui s'affaissent. Ma mère, une maison qui s'écroule lentement, un pont qui danse sous l'effet d'une secousse sismique. » En une succession de fragments somptueux, Erwin Mortier décrit le processus de dégénérescence de sa mère. Pour celle qui était douée d'une grande sensibilité musicale, il compose des psaumes « balbutiés » qui disent la douleur de voir un être tant aimé perdre lentement son âme. Adieu vibrant à la mère, ce texte très poétique nous parle aussi de la langue, de l'écriture et du métier d'écrivain.

  • Dans le nord de loeIslande du début du XXe siècle, Bjartur est un petit paysan qui soeefforce de préserver son indépendance, doeautant plus précieuse quoeil loea acquise au prix de longues années de labeur et de sacrifices. Soeaffranchir de toute tutelle, tel est loeobjectif de cet éleveur de moutons, héritier doeune tradition paysanne séculaire et imprégné de poésie épique médiévale transmise de génération en génération. Le récit se déroule à la manière doeune saga familiale, décrivant l?âpre quotidien doeune paysannerie doeun autre temps confrontée aux profonds bouleversements politiques et sociaux qui marquèrent cette époque : l?émergence doeun système économique moderne, les effets de la Première Guerre mondiale, les efforts pour désenclaver les régions isolées de l?île, les grands mouvements migratoires vers les Etats-Unis.


    Bjartur mène un combat de tous les instants pour nourrir son troupeau, et seulement ensuite sa famille, dont la figure centrale est sa fille, Asta Sollilja, que lui a laissée sa première femme Rosa, morte en couches : cette enfant, quoeil soupçonne pourtant d?être illégitime, est son véritable trésor, sa «petite fleur» qui s?épanouit dans loeimmensité glaciale de la lande. Seul face aux éléments naturels ? et même surnaturels ?, Bjartur affronte les difficultés sans jamais baisser les bras, pas plus quoeil ne baisse les yeux devant quiconque.


    Ce roman, marqué par un puissant souffle épique hérité des sagas médiévales, mais aussi par un humour sombre et détonnant, rend hommage à loeesprit paysan islandais du début du siècle, tout en fierté et en ténacité face à la mort et au chaos qui reviennent immanquablement réclamer leur dû.

  • « Comment l'amour qui nous abêtit, et qui est potentiellement capable de faire de nous des brutes, peut-il être ressenti et désigné comme le bonheur suprême ? L'amour n'est-il qu'une maladie, et non la plus belle, mais la plus terrible qui soit ? Ou bien est-il un poison dont le dosage décide s'il est bénéfique ou dévastateur ? Au secours, Socrate, au secours ! » C'est bien l'amour et son funeste double, la mort, que l'auteur du Parfum a choisi d'embrasser ici dans un même mouvement d'humour et d'audace. L'essayiste en appelle à Goethe, Wagner ou Stendhal, compare les destins d'Orphée et de Jésus qui, tous deux, ont tenté de vaincre la mort au nom de l'amour. Mais c'est surtout le romancier que l'on retrouve avec bonheur dans ce bref essai, lui qui sait, mieux que personne, brosser en quelques lignes des saynètes cocasses et bouleversantes.

  • Dans ce roman d´apprentissage, Isherwood raconte « l´éducation d´un écrivain » - la sienne. Dès le début des années 1920, à la public school, puis dans un college de Cambridge d´où il se fait renvoyer délibérément, il s´essaie à la littérature. Expérimentant tous les genres, du gothique au surréalisme avant la lettre, il se frotte à la bohème londonienne, côtoie Stephen Spender, le peintre Lichtenberg et le musicien André Mangeot, puis, après avoir essayé de se ranger en commençant des études de médecine, s´en va à Berlin rejoindre le turbulent Auden et son gourou du moment. Dans un style très vivant, plein d'humour et d'autodérision, Isherwood relate nombre d'anecdotes sur sa jeunesse et ses désarrois d'un adolescent. Doué d´une sensibilité à fleur de peau, il brosse une savoureuse galerie de portraits souvent mordants, mais il n´est jamais plus cruel qu´avec lui-même et son irrépressible vocation littéraire.

  • INEDIT Traduit de l'anglais (États-Unis) par Thierry Gillyboeuf Henry David Thoreau naît le 12 juillet 1817 à Concord, dans le Massachussetts. Il est le troisième fils d´un fabricant de crayons, l´entreprise paternelle a des difficultés, mais la vie familiale est harmonieuse. Son oncle l'initie aux expéditions dans la nature qui entoure la ville. Diplômé de Harvard, à l´âge de vingt ans, il renonce à enseigner dans l´école publique de sa ville natale et publie ses textes dans The Dial, sous l´influence d´Emerson, qu´il admire. Avec son frère, il décide à la fin de l'été 1840 de fabriquer un canoë et de faire un périple de sept jours sur les rivières Concord et de Merrimack. En 1842, Henry David perd son frère. À l´automne 1842, il entreprend d´exorciser son chagrin par l´écriture. Il se lance dans la rédaction de son premier livre. Il raconte leur expédition tranquille. Voyage intérieur autant qu´excursion fluviale, ce récit à la forme discursive porte en germe ce qui fera la particularité de Walden. Thoreau livre des réflexions sur la littérature et la philosophie, sur les Indiens et l´histoire puritaine de la Nouvelle-Angleterre, sur les écrits sacrés. Faute de trouver un éditeur, il ne cessera d´étoffer son récit, jusqu´à sa publication, à compte d´auteur, en 1849. Entre-temps (1845 à 1847), il aura vécu son expérience de « vie transcendantale dans la nature », dans une cabane près de Walden Pond. Le livre fut un échec commercial, mais l´écrivain Thoreau avait trouvé sa voix

  • Chez les Lasker, les relations familiales ne sont pas de tout repos. Abîmée par un divorce difficile et des secrets profondément enfouis, la fratrie atypique formée par Louis, Ralph et Jack n'en demeure pas moins soudée. Alors, lorsque leur père doit faire face à une maladie incurable, ils se retrouvent pour l'accompagner dans un dernier voyage vers la Suisse. L'occasion pour les quatre hommes de faire le point sur leurs rancoeurs, leurs regrets, leurs failles, mais aussi leurs joies et leurs aspirations. Tiraillé entre l'affection et les peurs d'un fils aimant, Louis s'interroge : doivent-ils accepter le choix de leur père ? Ses frères sauront-ils affronter la réalité ? Et les liens fragiles qui les unissent suffiront-ils à retenir à la vie un homme mourant ?


    Profond et tendre, drôle et bouleversant, Trois jours d'amour et de colère est un grand roman contemporain sur les relations filiales et fraternelles, qui invite à s'interroger sur notre façon de vivre, sur notre façon d'aimer, et sur ce qui compte réellement au soir d'une vie.

  • Récit traduit de l'anglais par : Léo Dilé En 1933, Isherwood, rentrant d'un long séjour en Allemagne (raconté dans Mr Norris change de train et Adieu à Berlin), fut engagé à Londres par une société de cinéma pour adapter une opérette viennoise. Ce furent ses débuts dans le septième art, où il devait faire une carrière de scénariste et de dialoguiste. C'est le compte rendu de la composition et du tournage du film, intitulé la Violette du Prater, qui nous est narré ici. Le metteur en scène avec lequel Isherwood est invité à travailler est Friedrich Bergmann, un juif autrichien qui a laissé sa famille à Vienne, en des temps bien menacés. Tableau de moeurs et portrait d'un personnage haut en couleur, la Violette du Prater est aussi l'histoire d'une amitié entre deux hommes de génération et de formation différentes. Un récit d'où se dégage une certaine émotion : Isherwood s'y abandonne à une méditation sur l'aventure humaine, laissant transparaître une inquiétude qui le rapproche de Virginia Woolf, laquelle rapporte, dans son journal, en novembre 1938, le jugement que portait sur lui Somerset Maugham : "Ce jeune homme tient entre ses mains l'avenir du roman anglais."

  • Nous sommes, pour commencer cet ultime volume de L'Archipel du Goulag, dans les Camps spéciaux créés par Staline en 1948 pour y concentrer les « traîtres » de tout poil, le bagne. Mais c'est justement là, dans ce dernier cercle de l'Archipel, que renaissent la dignité et la solidarité, que la résistance s'organise et la révolte éclate. On prépare de grandioses évasions collectives, on fait grève, on se rebelle ouvertement.
    Vont suivre la relégation ou exil intérieur. Celui-ci a deux faces, l'une féroce, l'autre douce, et c'est d'abord la première que des pages vibrantes de passion tentent d'arracher à l'oubli : quinze millions de paysans exterminés sans bruit, par déportation de familles et villages entiers dans des lieux mortifères. -Et le même exil massif et impitoyable a frappé ensuite, au début ou à la fin de la guerre, les minorités nationales : déportées massivement en Asie centrale ou en Sibérie.
    Après tant de pages tragiques, écrites au nom de ceux qui ne pourront jamais témoigner, voici le sourire de « la bonne petite vie de relégué », à la sortie du camp. Dans un chef-lieu de rayon perdu dans le sud du Kazakhstan, l'auteur retrouve avec jubilation - en mars 1953, deux jours avant la mort de Staline - les plus simples bonheurs de la vie et la possibilité d'écrire.
    Staline n'est plus. Soljénitsyne est intervenu en vain pour tenter d'améliorer le sort des prisonniers. Lorsqu'il termine son ouvrage, en 1967, il est convaincu que, faute d'une remise en cause fondamentale du système, d'une condamnation des bourreaux et d'un changement de personnel, « l'Archipel a été, l'Archipel est, l'Archipel sera ! ».

    Edition nouvelle revue et augmentée par l'auteur.

  • De la création, au début du XIXe siècle, du « récit historique russe » aux soubresauts actuels de la mémoire russe, ce 2e tome embrasse l'histoire de la mémoire russe et de ses mythes.
    Ce second volume consacré aux Sites de la mémoire russe poursuit et complète un relevé de la civilisation russe qui s'inspire des Lieux de mémoire de Pierre Nora. Ni articles sociologiques ou anthropologiques, ni encyclopédie, c'est un choix des topoï de la mémoire russe. Lieux et institutions de cette mémoire dans le tome 1, consacré à sa géographie, grandes étapes de son fonctionnement et dysfonctionnement dans ce tome 2, consacré à son histoire.
    Le "récit historique russe" naquit au début du XIXe siècle, avec Nicolaï Karamzine. Il est étayé par "l'invention" des Antiquités russes, la série des Chroniques commencée sous Nicolas Ier et poursuivie aujourd'hui, les lettres écrittes sur écorce de bouleaux découvertes depuis 1951 dans les fouilles de Novgorod. Peinture et musique russes ont grandement contribué à ce récit et sont donc amplement traitées, tout comme l'histoire de l'Église et du sentiment religieux.
    Le mythe dominant est celui de Pierre le Grand, on verra combien le premier empereur prit soin de le forger lui-même. Mais il y en a bien d'autres : celui de la révolte russe (Stenka Razine, Pougatchov, les décembristes, Octobre 1917), ou "Moscou Troisième Rome". Le corps embaumé de Lénine, la silhouette de Staline réapparue aujourd'hui témoignent des soubresauts de cette mythologie.

    La richesse et la grandeur impressionnantes de cette mémoire se conjuguent avec les crises d'amnésie et d'hypermnésie. Autant de paradoxes plus actuels que jamais pour comprendre la Russie.

  • « En travaillant sur cet Abécédaire, j'ai souvent pensé qu'il aurait été plus approprié de creuser la vie et le destin de chaque personnage, plutôt que de me limiter à des faits extérieurs. Mes héros apparaissent dans un flash, souvent à travers un détail peu significatif, et ils doivent s'en contenter parce qu'il est mieux d'échapper à l'oubli, fût-ce de cette manière. Cet Abécédaire, du reste, est peut-être écrit " à la place de " : à la place d'un roman, à la place d'un essai sur le vingtième siècle, à la place de mémoires. Chacune des personnes qui y sont évoquées met en mouvement un réseau d'allusions réciproques et d'interactions rattachées aux événements de mon siècle En définitive, je ne regrette pas d'avoir lâché ces prénom et ces noms avec une forme de désinvolture ni d'avoir fait de l'insignifiance une vertu ».

    Czeslaw Milosz.

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