Eres

  • À partir de diverses entrées - le social, la clinique, l'institution, le déclin du politique, l'épisode des Gilets jaunes, la fin de la loi du père... - se déplie la thèse du livre : vingt-cinq ans après Un monde sans limite, c'est un immonde sans limite que nous avons fait émerger.
    Le livre décrit le changement d'hégémonie culturelle qui nous emporte depuis une quarantaine d'années. Fin du patriarcat et fin de la religion comme mode de vie en société nous ont entraînés vers un individualisme exacerbé qui a déconnecté le citoyen de son implication dans le lien social. L'avènement de « l'individu total », de celui qui ne doit rien à la société mais peut en revanche tout exiger d'elle, construit notre société de « l'immonde », caractérisée par la disparition de la limite reconnue collectivement. L'auteur en analyse les conséquences sur la vie psychique, la vie politique, la clinique, l'éducation et montre la place que les psychanalystes ont encore à y tenir.

  • Pourquoi tant d'écrivains mélancoliques se sont-ils suicidés, alors qu'ils étaient déjà célèbres et en train d'écrire leurs oeuvres les plus prometteuses ? Franz Kaltenbeck montre comment l'écriture est devenue mortelle en elle-même pour des auteurs comme Kleist, Stifter, Nerval, Celan, Foster Wallace.

    Alors que l'écriture d'une oeuvre peut protéger son auteur de la folie comme Lacan l'a montré pour Joyce, certains au contraire en meurent. C'est à résoudre cette contradiction que s'attache Franz Kaltenbeck en lisant des écrivains célèbres des XIXe, XXe et XXIe siècles, diagnostiqués comme mélancoliques. Il les considère comme des puits de savoir sur leur mélancolie, longuement décrite à travers leurs fictions. S'appuyant sur sa solide connaissance du texte freudien, il en tire des idées nouvelles grâce à un récit de Kafka.
    On comprend, à le suivre, que ce qui a d'abord résisté à la mélancolie chez ces auteurs a subi par la suite une défaite mortelle. L'écrivain américain David Foster Wallace met particulièrement ce phénomène en évidence : il dit qu'une catastrophe, qu'il identifie de loin sans pouvoir la maîtriser et la transformer par l'écriture, l'attend au tournant comme les tornades sauvages de son enfance dans le Midwest. À l'instar de Kleist, Stifter, Nerval, Celan avant lui, il s'est suicidé au sommet de son art.

  • En écho aux Mythologiques de Claude Lévi-Strauss, Markos Zafiropoulos analyse le Lacan mythologue qui revisite dans une logique purement structuraliste un corpus de mythes qu'il construit comme objet de recherche.
    Pour ce 2 e tome : oedipe roi, oedipe à Colone, Antigone.

    Freud, déchiffrant dans la Vienne fin de siècle le territoire de l'inconscient, croit avoir découvert que le désir incestueux explique les tragédies grecques. Lacan renverse cette logique en affirmant que ce n'est pas tant le désir universel des fils qui explique oedipe roi mais plutôt oedipe roi qui explique le désir inconscient des fils en Occident, de même qu'Antigone rend compte du désir inconscient des filles. Reprenant les chemins de Lévi-Strauss, Lacan s'engagea dans le déchiffrement de la mythologie occidentale au motif qu'il y fut contraint, du fait que son objet de recherche était le désir inconscient en Occident. Sa lecture a débouché sur un ensemble d'opérateurs théoriques à partir duquel il revisita toute la découverte freudienne. L'auteur s'attache à en mettre au jour les conséquences cliniques et anthropologiques.

    Dans son retour à Freud, Lacan confirme ce qu'il en est de la présence inconsciente d'oedipe dans la modernité tardive, mais il le fait en renversant la table d'orientation freudienne.
    Ce n'est pas l'enfant qui veut la mère mais la mère qui veut jouir de l'enfant, et, dès lors, la culpabilité incestueuse est déplacée côté Jocaste, même s'il revient à oedipe de payer - par la destitution de sa royauté ( oedipe Roi ), l'automutilation de ses yeux et le choix pour l'errance ( oedipe à Colone ) - le prix de la faute contre les lois de la cité et le désir des dieux antiques. Avec le christianisme accompagnant la mort des dieux, le fils rechigne quant à son automutilation et conserve par devers lui une part de son corps propre que Lacan baptise objet (a). D'abord image idéale de lui-même, celui-ci change de forme dans l'enseignement de Lacan même s'il reste le fondement de l'organisation fantasmatique contre la jouissance de la mère qui le vise.
    Dans ce 2 e volume des Mythologiques de Lacan , l'auteur pose notamment la question du deuil du phallus, ou deuil de cet objet (a) motivant l'enfermement fantasmatique du sujet de la modernité.
    En relisant avec Lacan et Lévi-Strauss, oedipe Roi , oedipe à Colone et Antigone , il reprend l'enquête et formule cette ultime question : si l'actualité du choeur des psychanalystes affirme de manière dominante et cliniquement fausse la disparition d'oedipe, n'est-ce pas parce qu'ils l'ont eux-mêmes assassiné et peut être aussi parce que cet assassinat, oedipe l'avait bien cherché ?

  • La question du rythme peut se révéler centrale pour un sujet mélancolique en phase maniaque. Les théories de Lacan, Lévi-Strauss et Jakobson, accompagnées de celles du free jazz, conduisent l'auteur vers une nouvelle clinique de la psychose, qui repose plus sur l'invention que sur la réparation.

    Le livre expose l'analyse d'un cas de mélancolie et présente une hypothèse clinique originale : peut-on diriger la cure à partir du rythme ?
    En suivant le dernier enseignement de Lacan, influencé par les théories de Jakobson et de Levi- Strauss, Silvia Lippi s'appuie sur différentes approches du rythme, en particulier dans le free jazz, et nous ouvre à une nouvelle approche psychanalytique des psychoses, qui rompt avec une conception déficitaire de cette pathologie. La psychose devient le paradigme de la lutte contre tout pouvoir centralisé, incarné par les différentes figures paternelles et paternalistes de notre société. Avec le rythme, la psychanalyse redevient clairement ce qu'elle n'a jamais cessé d'être : une force d'émancipation.

  • Si Lacan a su de manière magistrale lire dans l'inconscient freudien la grammaire signifiante qui y est à l'oeuvre, il s'est attaché à chercher, tout au long de son travail, des voies d'accès logique, topologique, poétique à un mystère plus lointain qui a trait à la jouissance, et tout particulièrement à celle en jeu dans l'énigme du féminin sur laquelle Freud avait buté. En chemin, Lacan a rencontré des figures féminines devant lesquelles il se montre ému, épris, ravi.
    L'inaccessibilité de la dame de l'amour courtois, le silence de la blanche Ophélie, l'entre-deux-morts d'Antigone, le dire non de Sygne de Coûfontaines, les extases de Marie-Marguerite Alacoque, la folie d'amour d'Aimée, l'ont mené sur les rivages d'un continent qui s'approche plus facilement par l'art que par les outils de la pensée. Qu'elles soient issues de sa pratique clinique ou rencontrées dans la littérature, empruntées à la mythologie, au théâtre ou à la philosophie, ces femmes l'ont précédé et enseigné sur les voies de la jouissance et de l'amour.
    Lacan s'est mis à leur école. Dans un style clair et au plus près du texte du séminaire, Marie Pesenti-Irrmann reprend une par une ces figures féminines en dévoilant ce qu'elles esquissent d'un ternaire inédit Jouissance/Amour/Femme en contrepoint du ternaire Désir/Phallus/Nom du père, longuement déplié par Lacan.

  • Alain Didier-Weill remonte à l'invention de Saint Paul (le péché originel et la culpabilité) pour expliciter une notion psychanalytique complexe. Il appuie son essai psychanalytique sur un dialogue théâtral qui met en scène Saint Paul et Saint Pierre et illustre ce que le texte théorique ne pouvait aborder que difficilement.

    Dans les dernières années où Lacan fit son séminaire il demanda à Alain Didier-Weill de présenter par trois fois en public des recherches concernant plusieurs hypothèses qui sont reprises dans ce livre : le rapport entre la peinture et la musique ; le rapport entre le surmoi, la musique et la parole ; Qu'est-ce que le « surmoi » ?, en l'occurrence cette force aveugle qui s'oppose à la création du sujet, que ce soit dans sa propre vie ou dans son rapport à l'art.

  • Livre d'étude sur les divers aspects de la jouissance en psychanalyse, de l'éthique y afférant et de ses liens avec la pensée juive.

    Dans ce livre, l'auteur s'attache à développer certains aspects de la jouissance en tenant compte des lieux du corps, corps de soi ou corps de l'autre où celle-ci opère. Cette répartition est en lien avec ce que, passivement ou activement, le vivant-parlant désire recevoir de l'autre ou lui faire subir. Tenir compte réellement des éclats de jouissance dans leurs diverses modalités relève d'une éthique qui servira au psychanalyste à régler son acte afin d'obtenir un gain thérapeutique en coupant dans la jouissance du patient, toujours en excès, pour qu'il puisse accéder au désir qui le constitue.

  • Le refoulement est généralement considéré comme un fait sans que l'on s'interroge sur ses causes, ni sur ses processus qui sont variables. Il s'agit d'explorer ces questions et d'en tirer les leçons cliniques.

    À tour de rôle, Patrick Landman et Gérard Pommier prennent la parole pour apporter des éléments de compréhension sur le concept de refoulement au cours de « séminaires bicéphales » qui se sont prolongés sur deux années. Dans le langage oral retravaillé propre à cet exercice : simple, largement accessible, vivant, imagé, convoquant tour à tour Freud ou Lacan, la clinique de l'autisme et celle des psychoses, ils éclairent de manière passionnante autant de concepts fondamentaux : les représentations de mots, les représentations de choses, le transfert, le langage, la conscience, l'angoisse, la jouissance sexuelle, l'affect, les fantasmes, le plaisir, les mythes, la pulsion, l'interprétation, les rejetons du refoulé, la différence entre répression et refoulement, etc.

  • Les textes de cet ouvrage, signés de grands universitaires et praticiens, tentent de transmettre un discours analytique sur le genre et la famille dynamique qui soit vivant, actuel et ouvert sur l'avenir. Car la psychanalyse a un rôle subversif et libérateur qu'il importe de maintenir.

    Les auteurs réinterrogent radicalement les théorisations, dogmes et a priori de la psychanalyse sur les notions de père et de mère, à partir de l'anthropologie mais aussi des théories queers et des études de genre pour se demander ce que la psychanalyse aurait à dire des choix de composition familiale qui s'o?rent à la diversité culturelle et sexuelle. Ils relèvent les confusions diverses entre le psychisme et les normes sociales qui peuvent s'insinuer dans la pratique clinique, comme la place accordée à l'oedipe. Répondant à la question de J. Butler : « la parentalité est-elle toujours hétéronormée ? », l'ouvrage ouvre sur bien d'autres questions encore...

  • La question de Dieu est relancée, dans le monde contemporain, par les religions et les limites des athéismes. L'auteur développe une conception déiste, donc ni religieuse ni athée, issue du judaïsme, qui serait pertinente pour penser le statut de l'Autre et de l'altérité dans la psychanalyse.

    L'influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu'à Lacan, pour qui la « religion vraie », c'est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse, à partir du fondement de la relation à l'Autre, qu'il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître. La dimension juive de la psychanalyse s'inscrit dans une orientation déiste (un dieu en retrait du monde) en rapport avec la tradition juive et ses conceptions modernes, depuis Spinoza jusqu'à Hans Jonas.

  • Les paradoxes du désir, d'un désir enraciné dans l'inconscient, sont analysés à partir de l'apport de Lacan à cette notion psychanalytique, dans une lecture croisée avec écrivains, poètes, peintres et philosophes.
    Il y a une aporie dans le désir, due à la conjonction entre la responsabilité éthique du sujet et sa propre perte. Car c'est seulement à partir d'une dépossession - de soi, de l'Autre - d'une absence d'auto-détermination, que le sujet décide de son désir. Mais comment décider de ce qui nous dépasse, autrement dit, assumer ce qui nous oriente à notre insu ? Et comment passe-t-on d'un désir pris dans le symptôme et dans la compulsion de répétition, à la décision du désir ?
    De formation philosophique, Silvia Lippi est psychanalyste et docteur en psychologie. Elle est analyste praticienne à Espace analytique et chercheur associé à l'Université Paris 7.

  • Qu'est qui donne le plus à penser au psychanalyste ? Qu'est-ce que la psychanalyse ne pense pas encore ?

    Penser la psychanalyse est une urgence éthique pour les psychanalystes, pour autant que la psychanalyse, qui n'est pas contrairement à la science (et en dépit du mathème tenté par Lacan), transmissible, est toujours à réinventer, afin que le dire de l'expérience n'en reste pas oublié.

  • Depuis que lacan est mort, en 1981, la lecture est le principal moyen d'accès à son oeuvre.
    Si aujourd'hui cet accès est facilité par une plus grande diffusion des textes et les nombreuses études qui les concernent, il est vrai aussi que des forces agissent en sens contraire : les conséquences de la dispersion des lacaniens, le tarissement de la tradition orale, les aléas de l'édition. cet ouvrage propose une lecture de la diversité du tressage de l'oeuvre de jacques lacan, de ses avancées théoriques et cliniques ainsi que de leurs articulations avec l'action qu'il a menée dans la communauté analytique et au-delà.
    A chaque fois l'auteur resitue les positions et propositions de lacan dans leur évolution historique, en tenant compte des récents travaux parus pour éclaircir les aspects les plus complexes. il met ainsi en évidence le parcours de l'enseignement de lacan pris dans son ensemble. c'est le psychanalyste lacan qui est ici privilégié, celui dont le but était de former des analystes et qui apprenait des analysants ce qu'est la psychanalyse.
    Ainsi des développements sont-ils particulièrement consacrés à des considérations cliniques et à la question de la fin de l'analyse. l'accent est aussi mis sur ce que lacan a lui-même énoncé comme étant ses inventions : l'objet a et le réel. il est permis d'espérer que ce livre incitera le lecteur à se reporter aux textes originaux de lacan, afin de laisser à ceux-ci leur chance d'opérer, pour chacun, des effets de sens.

  • Qu'est-ce que rêver ? L'auteur entend apporter une réponse originale en questionnant l'interprétation du rêve, à la lumière de la découverte de Freud et de sa fondation par Lacan.

    Dès l'antiquité, un sens est reconnu au rêve, à condition que ce sens soit d'origine supra- humaine. Freud pose que la fonction du rêve est d'accomplir un souhait, mais pas de prédire l'avenir (point sur lequel Jung reste ambigu). De Freud à Lacan, une di?érence existe quant à la conception du rêve. L'auteur de ce livre interprète de façon nouvelle ces deux positions sans les contredire. Il soutient que la déformation du rêve n'est pas seulement l'e?et du refoulement. Elle a pour fonction d'émanciper le rêveur de son emprisonnement dans le langage, en usant d'une écriture (dite de rébus par Freud) qui implique que, contrairement au postulat du langage (considéré comme communication), les éléments de cette écriture n'ont pas de rapport avec la réalité des choses. Le rêve se découvre ainsi, quand il est interprété, être ce qui signe la distance entre le rêveur et son savoir en tant qu'issu de l'Autre.

  • Y a-t-il une relation entre la révolte des masses voulue par le marxisme et la subversion du sujet à laquelle conduit la psychanalyse ?
    Le marxisme et la psychanalyse sont avant tout des praxis qui pensent le sujet dans son lien avec le social. Les points de croisement, convergence et divergence, entre ces deux pensées majeures du XXe siècle sont analysés alors qu'on constate aujourd'hui dans le champ économique, politique, médical et social la mise en doute, volontaire ou involontaire, de l'existence du sujet.

  • Les douze textes qui composent cet ouvrage ont été réunis par le souci d'une réflexion cohérente et rigoureuse autour de concepts fondamentaux de la psychanalyse: l'inconscient, le corps, le transfert, les fantasmes, les dettes, la culpabilité, le semblant Dans une approche critique, l'auteur analyse les constructions de l'analyse, en pointant des différences dans la technique psychanalytique, qui découlent des théorisations de Freud et de Lacan. Cet ouvrage paru en espagnol a été également traduit en anglais.

  • En quoi la topologie et la poésie éclairent-elles la pratique du psychanalyste ? Ce livre propose quelques réponses qui permettent d'aborder autrement certains problèmes cruciaux de la psychanalyse, comme celui de l'être sexué et ses jouissances, des structures cliniques des psychoses, du symptôme, de l'inhibition et de l'angoisse dans leur fonction de nomination, de la passe et de la fin de l'analyse.

  • Dans cette deuxième lecture de L'étourdit de Jacques Lacan, l'auteur s'engage dans l'interprétation du même texte. Il le fait parler au-delà de lui-même.

    L'étourdit traite essentiellement du discours psychanalytique. Il remet radicalement en question le « prétendu analyste ». Le discours psychanalytique n'est pas le discours tenu par l'analyste. L'effacement de l'analyste introduit une révision complète des grands axes de la psychanalyse, une nouvelle lecture des formules phalliques de la sexuation, une nouvelle portée de la castration et de la coupure en général, une critique du groupe analytique, une nouvelle conception de l'interprétation et du transfert.

    Christian Fierens exerce la psychanalyse à Tervuren près de Bruxelles ; il est membre du Questionnement psychanalytique et de l'Association lacanienne internationnale ; il est docteur en psychologie et psychiatre de formation. Il enseigne la psychanalyse à Lire en psychanalyse et au CIERL de l'université libre de Bruxelles.
    Christian Fierens exerce la psychanalyse à Tervuren près de Bruxelles. Il est membre du Questionnement psychanalytique, de l'Association freudienne de Belgique et de l'Asssociation lacanienne internationale et de l'Association lacanienne internationnale ; il est docteur en psychologie et psychiatre de formation. Il enseigne la psychanalyse à Lire en psychanalyse et au CIERL de l'université libre de Bruxelles.

  • Pierre Bruno examine point par point les différentes dimensions de l'expérience de la cure analytique.

    Une psychanalyse, soit l'expérience d'une cure, suit la trajectoire d'un déchiffrement, celui de l'inconscient, jusqu'à faire l'épreuve du bord au-delà duquel cet inconscient devient réel, c'est-à-dire ininterprétable. À ces confins, l'analysant (celui qui fait une analyse) se retrouve rebut de ce déchiffrement et c'est dans cette position qu'il trouve une satisfaction, impossible à imaginer avant d'être atteinte. Ce bord, l'expérience nous en instruit, est la coupure advenant de la castration de l'Autre maternel, en tant qu'elle nous soulage définitivement de l'imminence menaçante d'un rapport incestueux, et du même coup, ouvre le sujet à la contingence d'un amour en rien condamnable.

  • A plusieurs reprises, Lacan a rendu hommage à Marx d'avoir inventé le symptôme, tout en prenant soin de distinguer la conception ultérieure qu'en forge Freud. Il souligne ainsi la portée " insurrectionnelle " du symptôme et s'oppose aux thérapeutiques qui voudraient l'éradiquer, comme au discours du maître qui voudrait le dompter. Si le symptôme est originairement le marqueur grâce auquel chacun se soustrait à la jouissance de l'Autre (du parental au sociétal), il ne peut produire une satisfaction non pathologique qu'à une condition : sa jouissance de symptôme doit être dévalorisée, ce que peut obtenir une psychanalyse conduite à sa fin.
    Pierre Bruno montre ici que dans sa critique assidue de Marx, Lacan met en évidence des impasses de la "baguette marxiste", principalement son aveuglement quant à la jouissance, mais restitue la pertinence majeure de son oeuvre.

  • Qu'il s'agisse de traduire Freud et Lacan, de repenser les conditions d'une sémiologie ou d'une théologie, d'écouter les versions d'un mythe en musique ou en psychanalyse, dans sa théorie ou dans les cures, l'auteur reformule ces questions de traduction dans une perspective originale.

    Donner sens, conférer un autre sens qui change le premier, reconnaître la pluralité des sens possibles de chaque affirmation, de chaque mot entendu et de chaque lettre lue, voilà ce à quoi équivaut l'acte d'« interpréter ». Et cet interpréter concerne ce qui se présente comme le plus étranger à ce qui a du sens : le rêve. Le psychanalyste est un interprète, c'est-à-dire, un traducteur. Traduire, interpréter et donner sens finissent par devenir des activités apparentées, même si ces termes ne sont pas des synonymes, mais désignent des actes de parole (speech acts) différents.

  • Le reste du père qui survit, après la dissolution de sa fonction théologique et idéologique, est seulement un acte singulier, une incarnation de l'alliance possible entre Loi et désir, un geste éthique de responsabilité par rapport à son propre désir.
    Dans ce livre la version symbolique du Père est questionnée parce que le temps de sa gloire (structuraliste) a expiré. Il s'agit pour l'auteur de penser au père en tant que reste et non en tant qu'Idéal normatif, comme un acte singulier et non comme un pur symbole, comme incarnation et non comme fonction signifiante, comme témoignage éthique et non comme principe premier, comme rencontre contingente et non comme Nom, comme responsabilité éthique et non comme garantie ontologique.
    Massimo Recalcati est psychanalyste, directeur scientifique de l'IRPA (Institut de recherche en psychanalyse appliquée) et fondateur de Jonas Onlus (Centre pour la clinique psychanalytique de nouveaux symptômes). Depuis 2005, il est superviseur au département de neuropsychiatrie infantile de l'hôpital S. Orsola de Bologne. Il enseigne la psychopathologie du comportement alimentaire à l'université de Pavie et la clinique psychanalytique de l'anorexie auprès du CEPUSPP (Centre d'enseignement post-universitaire pour la spécialisation en psychiatrie et psychothérapie) à Lausanne.

  • Qu'est-ce que la théorisation du noud borroméen chez Lacan apporte et change à la pratique du psychanalyste et à la conception de la cure analytique ?
    Dans la continuité de son livre précédent Au risque de la topologie et de la poésie. Élargir la psychanalyse (érès, 2011) l'auteur ne souhaite pas présenter le défilé Haute suture des nouds d'un Lacan dernier cri. Il s'agit pour lui de provoquer une réflexion et un débat sur la méthode borroméenne (ses principes, ses axiomes, ses hypothèses) et sur ses conclusions.
    Psychiatre de formation et psychanalyste formé par Jacques Lacan, Michel Bousseyroux pratique la psychanalyse et l'enseigne à Toulouse. Il est membre de l'École de psychanalyse des Forums du Champ lacanien (EPFCL). Il a dirigé la revue Trèfle de 2000 à 2002 et fondé avec Didier Castanet, en 2003, la revue de psychanalyse L'En-Je lacanien dont il est le directeur.
       

empty