Creaphis

  • Commandée en 1955 par Emmaüs, imaginée par les architectes Georges Candilis, Alexis Josic et Shadrash Woods, la cité de l'Étoile est un ensemble urbain, en Seine-Saint-Denis témoin architectural du mouvement de solidarité nationale initié par l'abbé Pierre en 1954 en faveur des plus démunis.
    A la suite de nombreux ouvrages concernant le logement social et l'architecture, l'histoire de la banlieue parisienne, les grands ensembles et les politiques de la ville, une telle monographie d'un quartier très bien identifié trouve logiquement sa place dans notre catalogue.
    Les différentes facettes de cet « objet d'histoire », que Richard Klein et ses collaborateurs mettent en évidence dans une étude fort documentée suite à une expertise architecturale, montrent ainsi de manière attractive et très claire la particularité d'un moment important de l'histoire urbaine en France, pendant les Trente Glorieuses.

  • « Ce livre résulte d'un pari ambitieux : saisir les hôtels meublés parisiens comme des lieux de mémoire.
    (.) À interroger habitants et hôteliers, l'oubli et le souvenir alternent dans un présent hanté de passé et d'avenir. Mais comment la mémoire pourrait-elle prospérer dans ces lieux alimentés par l'immigration, marqués par la domination et, bientôt, défaits par la destruction ou la réaffectation à d'autres fonctions plus lucratives ? (.) Nous sommes allées y voir de plus près, assurées du soutien des penseurs de la mémoire, ses théoriciens d'abord, historiens et sociologues, ses passeurs ensuite, écrivains et muséologues (.) L'imminence de la disparition des hôtels meublés et du milieu qu'ils constituent n'a pas peu compté dans notre détermination de pousser toujours plus loin une investigation pourtant interminable au sens premier du terme.
    (.) Nous savions que l'hôtel meublé était le premier logement de l'étranger, qu'il vienne de la province voisine ou d'au-delà des frontières. Nous savions que le nombre d'établissements était passé, en trois quarts de siècle, de plus de 20 000 à moins de 800, de 230 000 chambres à un peu plus de 18 000. (.) Fortement marqué par le stigmate, l'hôtel, lieu paradoxal, est aussi objet d'idéalisation et de nostalgie.
    Toile de fond de mythes et de légendes urbaines à travers la chanson, le cinéma et la littérature, il est aussi, de par les gens qui le traversent et l'habitent, le dépositaire de vies d'ici et d'ailleurs et, par là même, profondément ancré dans l'urbanité de la capitale : des lieux de culture en d'autres termes. (.) Les histoires de migration qui y ont eu cours ont pour le moment une existence faible au sein des causes mémorielles entendues, mais elles existent dans les récits des hôteliers et des clients comme dans les textes littéraires qui s'y rapportent.
    »

  • Il s'agit d'un ouvrage à plusieurs voix, qui apporte une vision détaillée du
    quartier actuel de Belleville. L'analyse des mutations du quartier s'effectue
    dans le rapprochement de plusieurs disciplines : démographie, sociologie,
    anthropologie, architecture, et le livre réunit des travaux récents sur
    Belleville. Ce quartier constitue un véritable champ d'observation pour les
    chercheurs, les étudiants, les décideurs et les aménageurs. Ce livre
    n'intéressera pas que ces derniers, mais également les habitants concernés par
    ce qui s'écrit sur leur quartier. Véritable laboratoire urbain, Belleville,
    riche d'une histoire plurielle, témoin de pratiques sociales et culturelles
    originales, est analysé ici dans un langage que ses auteurs ont voulu
    accessible. L'ouvrage intéressera également les acteurs des politiques de la
    ville. Ce livre trouve sa place dans la nouvelle collection « Lieux habités ».
    Dans le catalogue des éditions Créaphis, il fait écho à l'ouvrage Belleville,
    Belleville, visages d'une planète, dirigé par Françoise Morier et Claire
    Reverchon, (1994, réimprimé en 1998 et 2003) ; La Bellevilloise de Jean-Jacques
    Meusy (2001) ; La rue village ou décor ? Deux rues à Belleville, d'Eric Charmes
    (2006). En histoire urbaine et sociale,  La maison des métallos de Thomas
    Leroux (2005) et Une chambre en ville d'Alain Faure et Claire Lévy-Vroelant
    (2007) apportent aussi une connaissance de ces quartiers de l'est parisien dans
    leur morphologie et leur fonctionnement. L'originalité de l'ouvrage est de
    proposer un regard contemporain sur l'actualité et le devenir de ce territoire
    urbain aux multiples facettes. Agnès Deboulet est professeur de sociologie à
    l'Ecole nationale supérieure d'architecture Paris-La Villette Roselyne de
    Villanova est chercheur au LAVUE/CNRS ( Laboratoire Architecturetitulaire

  • Mal-logement, droit opposable au logement, Sans Domicile Fixe, Enfants de Don Quichotte ... La crise du logement, qu'on croyait réglée à la fin des années 1970, semble revenir aujourd'hui par la grande porte à la faveur des difficultés croissantes d'une partie de la population. C'est dans ce contexte qu'est né cet ouvrage, issu de recherches menées en commun par des historiens.
    Le logement serait-il, dans les mêmes termes qu'au début du XXe siècle et avec la même gravité, la pierre d'achoppement de notre société contemporaine ?
    L'histoire récente montre que l'Etat serait devenu, durant les Trente Glorieuses, l'acteur clé du logement sur le territoire. A travers l'étude des acteurs et des échelons décisionnaires, (offices HLM, municipalités), les auteurs montrent comment le désir des habitants se construit précisément en interaction entre des aspirations individuelles et leur formalisation politique et institutionnelle, par des allers-retours, des négociations, des compromis.
    Ce livre repose sur la conviction qu'à côté des indispensables sommes historiques savantes, il y a place et besoin pour des essais visant à stimuler la réflexion : les textes de cet ouvrage cherchent, à travers des exemples historiques précis, à proposer des pistes de réflexion pour tous ceux, acteurs ou simples citoyens, qui s'interrogent sur la crise actuelle du logement. Cet ouvrage est dirigé par Danièle Voldmann, directrice de recherches au CNRS, spécialiste de l'histoire de l'architecture et de la reconstruction après la seconde guerre mondiale. Il est issu de recherches menées en commun par différents chercheurs spécialistes du logement. Les auteurs, Nick Bullock et Paul Landauer architectes, Patrice Gourbin et Benoît Pouvreau docteurs en histoire de l'architecture, Claire Carriou, urbaniste, Hélène Frouard, docteur en histoire de l'art et Claire Lévy-Vroelant, sociologue, apportent des éléments de réflexion par des études précises.

  • A la périphérie de Nantes, à Saint-Herblain, Villagexpo a donc été inauguré en juin 1968 et l'expérience qui y est vécue a fait l'objet de nombreuses observations et analyses. Ce phénomène s'inscrit dans l'histoire des Trente Glorieuses, au moment où se constituaient les villes nouvelles, soucieuses de créer et d'expérimenter des modèles architecturaux prototypiques et diversifiés, alors que partout dans le pays la dernière phase des grands ensembles était en construction mais déjà sous les feux de la critique. Les " Village-expositions " - soit une dizaine à peine qui tous se sont édifiés dans ces années-là aux quatre coins de France - ont apporté à l'échelle 1 un témoignage du désir d'habiter autrement. D'autres " catalogues de maisons " se sont agglomérés en villages puis en quartiers lorsque l'urbanisation les a rattrapés. Selon les aléas des systèmes constructifs et les vicissitudes de la conjoncture, les habitants n'ont globalement pas mal vécu cette expérience d'une manière de vivre ces maisons à la fois individuellement mais aussi au sein d'un collectif.
    Le sociologue Jean-Michel Léger - auteur notamment de Derniers domiciles connus, enquête sur le logement 1970-1990 (Créaphis, 1990) - souligne dans sa préface les caractéristiques de l'attachement à la maison individuelle de série et montre la valeur exemplaire de Villagexpo.
    " Dans ce coin de France il ne s'agit pas moins d'un petit bout d'Histoire de la France qui s'est écrit là, où les auteures restituent comment les institutions permettent à des habitants ordinaires de vivre l'expérience d'un lieu unique, les conditions de réalisation de ce quartier exemplaire étant parfaitement équilibrées avec la restitution de la vie quotidienne de ses résidants ".
    L'ouvrage est enrichi d'une soixantaine de documents largement commentés par les auteurs, à la fois dans le texte et dans les légendes. Plans, croquis, affiches publicitaires, catalogues, vues aériennes, cartes postales, photogrammes de film amateur, albums de famille, photographies anciennes et contemporaines, Villagexpo est aussi une histoire écrite en images.

  • Le " bocage pavillonnaire " désigne à la fois une culture périurbaine spécifique et un paysage dont la haie est l'élément constituant. Faisant la part belle à la parole des habitants, cet ouvrage raconte les pratiques de jardinage et le mode de vie des pavillonnaires des classes moyennes et supérieures en ville nouvelle de Marne-la-Vallée et dans l'agglomération rennaise.

  • Cet ouvrage constitue la première synthèse historique sur la création des villes nouvelles franaises des années 1965-1975.Loïc Vadelorge apporte ici une contribution décisive à cette aventure urbaine caractéristique de la deuxième moitié du XXe siècle et de l'histoire de l'aménagement du territoire. Le " terrain " se situe principalement en région parisienne, mais c'est l'ensemble du " concept " des villes nouvelles qui est analysé ici dans ses origines et son héritage.Au lieu d'opposer l'échec des grands ensembles et la réussite des villes nouvelles, l'enquête historique démontre les filiations réelles et profondes entre différents types de " nouveaux ensembles urbains " qui ont tous en commun de s'être décrits à un moment de leur histoire comme des " villes nouvelles ". L'analyse historique en amont de la période 1965 permet de restituer tout ce que les futures villes nouvelles doivent à la charnière des années 1950-1960.Au-delà de l'exemple des villes nouvelles, il s'agit bien de suggérer une autre lecture de l'histoire urbaine du dernier tiers du XXe siècle. L'ouvrage participe clairement d'un renouvellement en cours de cette histoire, engagé il y a une dizaine d'années et qui produit aujourd'hui ses premiers résultats.

  • Cet essai est une réflexion sur les rapports entre l'écriture et le monde, sur les liens entre écriture et paysage à travers des uvres qui imprègnent l'univers de Stéphane Audeguy et à travers sa propre écriture :
    Né en 1964 dans un monde maintenant ancien, j'ai donc vu le jour au cours du premier siècle de l'histoire de France à compter plus de citadins que de paysans (mondialement, c'est en 2008 que le rapport s'est inversé) ; et je suis sûr que cette situation, comme dirait Sartre, n'est pas sans influence sur mon travail. De quoi s'agira-t-il donc ici ? D'une rêverie sur les rapports de l'écriture et du monde.

  • La Prosperidad, quartier périphérique de Madrid édifié à la fin du XIXe siècle, est né et s'est développé dans l'extrarradio, ce territoire à vocation rurale en marge de la ville, Ce faubourg en croissance exponentielle a connu une véritable explosion urbaine dans les années 1930.
    L'analyse du rôle des habitants, acteurs de cette urbanisation spontanée et de leurs rapports avec les pouvoirs publics montrent comment cet informel populaire qu'est l'extrarradio finit par entrer dans la ville officielle. Ce livre se lit comme le roman d'un quartier qui fut, pendant presque un siècle, emblématique du petit peuple de Madrid.
    Cet ouvrage dépasse le cadre strict de l'histoire locale madrilène et apporte une contribution à l'étude des systèmes urbains et des systèmes d'habitat à l'échelle de l'Europe.

  • C'est en tant que maire de Boulogne-sur-Seine que se mesure le rôle d'André Morizet, dans la structuration urbaine de la banlieue parisienne. Il siège aussi au conseil général de la Seine de 1925 à 1927 puis est sénateur jusqu'en 1942.
    Boulogne-Billancourt occupe une place particulière dans l'entre-deux-guerres : première ville de la banlieue parisienne sur le plan démographique, ville industrielle où s'implantent les industries aéronautique et mécanique, la blanchisserie, lieu d'exacerbation des contradictions sociales et politiques, ville limitrophe de la capitale, jamais éloignée des lieux de pouvoir, elle se situe au coeur des nouveaux projets d'aménagement de la région, que Morizet promeut avec détermination. Comment s'effectue la conjonction d'un homme et d'un espace ? Comment le lien s'établit-il entre un homme et un territoire ? Quelles en sont les modalités ?
    Devant quel héritage se trouvent placés les décideurs d'aujourd'hui pour concevoir le Grand Paris ?

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