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  • Sans congédier ni diminuer la sainteté des Écritures, osons-nous affronter leur complexité ? Nous n'avons pas vraiment le choix. La condition mixte des Écritures est tellement sensible, par l'intrication constante de l'humain et du divin, la conjugaison de l'alliance et du péché, l'alternance de l'humain et de l'inhumain. Puisque Dieu s'adresse à son peuple et à l'humanité tels qu'ils sont, de grands défis sont incorporés au témoignage écrit de la parole de Dieu. L'interpellation divine et la réponse humaine, parfois confuse, souvent rebelle, sont étroitement tissées dans les corpus de la Bible. Alors jusqu'où ouvrir le livre ? Comment lire plus loin ? Qui le fait avec compétence ? À quel prix et sous quelle visée ? Pour affronter ces questions de façon responsable, il est nécessaire de clarifier la nature et le bon usage des Écritures selon la tradition chrétienne. D'où cette brève théologie des Écritures, orientée vers une conversion individuelle et ecclésiale.

  • Qu'est-ce que la vérité ? Cette interrogation, qui hante l'humanité historique, garde tout son mystère. Elle surgit, sincère, ironique ou désabusée, dans la bouche de Ponce Pilate face à Jésus et ouvre ainsi à sa mort et sa résurrection. Or, elle articule également l'entier évangile de Jean ainsi que ses trois épîtres.
    En éminent spécialiste des écrits johanniques, Yves-Marie Blanchard nous fait plonger au plus profond de la révélation du salut. Omniprésent, le vocabulaire de la vérité couvre de l'être même de Dieu (grâce et vérité), tel que révélé en Jésus Christ (chemin, vérité et vie), à l'agir concret des croyants (faire la vérité) dans la médiation du Paraclet (Esprit de vérité). À l'inverse, le mensonge, qu'il soit à l'égard de Dieu, de soi-même ou des autres, représente le mal absolu qui conduit au meurtre du frère, selon l'exemple maudit de Caïn.
    Qu'est-ce que, dès lors, la vérité, sinon le fondement de toute forme de liberté spirituelle, à la fois en parole et en acte ?
    Une magnifique étude exégétique qui, à l'heure du fake, se double d'un indispensable message et enseignement des plus contemporains.

  • Toujours en chemin, Jésus de Nazareth est maître dans l'art de faire advenir les autres à une nouvelle stature comme sujet. Tandis que certains résistent et s'immobilisent, d'autres émergent et s'élancent. Jésus lui-même naît, marche et devient. Joseph ou Hérode, la Cananéenne, les fils de Zébédée et leur mère, la femme au parfum, Jésus en prière, les deux Marie et les Onze en mission... ces figures sont interrogées sous l'angle des déplacements et des renversements. À partir du texte de l'évangile selon Matthieu, les auteurs proposent une conversation stimulante entre exégèse et théologie.

  • Dieu, casse leurs dents dans leur gueule !
    Dieu des vengeances, montre-toi !
    Dieu, si tu voulais tuer le méchant !
    Ces prières sont-elles celles d'un terroriste convaincu qui veut attirer Dieu dans sa rage assassine ?
    Ces cris sont pourtant tirés des Psaumes de la Bible. Des imprécations d'une telle violence que l'Église les a expurgées du Psautier des fidèles. A-t-elle bien fait ? Pour André Wénin une telle censure n'est guère opportune.
    Mais alors, que penser de ces textes ? S'il faut les lire, voire les prier, dans quel esprit le faire ?
    En contextualisant ces psaumes, en dégageant leur cohérence interne et en cernant au mieux les traits du psalmiste qui prie de la sorte, l'auteur fait découvrir et apprécier ceux qui ont rédigé ces textes ainsi que la force et la vérité profondément humaine de ceux-ci. Ils apparaissent alors comme des fenêtres ouvertes sur le monde accablé par le mal, sur l'être humain qui s'y trouve en proie à l'injustice et à la souffrance, sur la foi en un Dieu qui, parce qu'il est vie et liberté, ne peut souffrir que le mal l'emporte.

  • Qu'est-ce qui, fondamentalement, donne sa force à l'histoire d'Abraham ? Quel en est le fil rouge ? Où trouver l'unité dans les épisodes disparates du récit de la vie du Père des croyants ? Comment Dieu, par sa pédagogie, façonne-t-il progressivement celui qu'il a élu ?
    À partir d'une lecture suivie du texte de la Genèse, André Wénin nous conduit au coeur de cette relation édifiante, au sens propre du terme, que Dieu tisse patiemment avec le patriarche et à qui il ne fait pas que promettre une terre et une descendance. Cent années, de Kharan à Beér-Shèva, au cours desquelles Abraham acquiert, conformément au projet divin, une consistance humaine et spirituelle ; cent années pour apprendre à vivre avec lui-même, Sarah, Ismaël, Isaac et les autres.
    Voici le portrait d'une figure biblique fondatrice par l'un des meilleurs spécialistes de l'Ancien Testament.

  • on aborde souvent les premiers chapitres de la genèse en " pièces détachées " privilégiant les pages célèbres : adam et eve, caïn et abel, le déluge, la tour de babel...
    ici, andré wénin prend en compte genèse 1,1 - 12,4 comme un ensemble littéraire unifié et en donne une lecture narrative, articulée avec une interprétation théologique et anthropologique soucieuse d'expliciter le lien étroit avec la suite immédiate : l'appel d'abraham. lecture exigeante de construction du sens, d'une vérité qui est à la fois celle du texte et celle du lecteur. l'auteur prend au sérieux le caractère mythique de ce récit : une histoire se raconte, celle des premiers pas des humains entre eux et avec dieu, histoire complexe où sont visitées tour à tour les grandes questions de la vie que le texte biblique évoque avec force : la relation homme-femme, la violence, la mort, la vie en société, le rapport à la transcendance...
    ce début du livre de la genèse raconte avec beaucoup de rigueur et de précision comment des choix malheureux posés par les humains mettent en péril le projet divin d'un monde d'alliance où l'harmonie permet l'épanouissement de toute vie grâce à la bénédiction du créateur. mais dans les impasses, dieu se tient à côté d'eux pour leur rouvrir un chemin de vie, sans violer leur liberté ni les priver de leur responsabilité.

  • Comment le Nouveau Testament a-t-il été constitué ? Pourquoi et comment les évangélistes ont-ils écrit ? Que s'est-il passé dans l'Église du ier siècle qui a vu l'apparition progressive des textes témoignant d'une foi nouvelle ?
    En moins de trois générations, le Nouveau Testament est passé du stade oral (30-50) au stade épistolaire (50-70) puis au stade narratif (70-100).
    « Plus tard tu comprendras » : ce mot qu'adresse Jésus à Pierre au moment de lui laver les pieds annonce une foi en devenir, assimilant graduellement le sens de ce qui a été reçu durant la vie terrestre du Christ. Ainsi ces étapes sont révélatrices d'une maturation et d'un approfondissement du mystère. De l'une à l'autre, quelle part de continuité et de dépassement peut-on observer ? En expert de ces questions, Michel Gourgues s'attache à la transmission des points fondamentaux du noyau de la foi : la considération apportée à la croix de Jésus, la mort de Jésus comme événement de salut et le mystère pascal de Jésus.
    Une rencontre avec la foi des tout premiers chrétiens.

  • Qui est le disciple que Jésus disait aimer ? La question a hanté les siècles. En exhumant les témoignages primitifs du IIe au IVe siècle, cette enquête aboutit à l'apôtre Jean. Un renversement théologique surgit alors du quatrième évangile : ce disciple est exceptionnel car il vit dans le regard de Jésus sur lui, dans l'intimité souffrante du Crucifié, dans la reconnaissance immédiate du Ressuscité. De bout en bout, il reste anonyme car il nous revient, à notre tour, de nous identifier à lui dans la relation vivante à Dieu incarné. C'est cet échange amoureux qui fait l'état de disciple.

  • Qui ne s'est pas un jour identifié, en lisant l'évangile selon saint Jean, à Nicodème, à l'aveugle-né, à Marthe ou à Marie, ou encore à Thomas ? Dans un contexte exégétique sensible aux rôles des personnages dans les récits bibliques, Alain Marchadour présente ici une approche des personnages du quatrième évangile.
    Il lui est apparu que cet évangile, tout en se focalisant sur le Christ révélateur, réussit à mettre en scène de véritables figures, plus typées que dans les évangiles synoptiques. L'évangile de Jean se sert, en quelque sorte, de ces personnages comme de miroirs pour son approche de l'identité de Jésus. Chaque protagoniste de l'évangile raconte la réception ou le rejet de Jésus, souvent à travers plusieurs épisodes.
    On constate alors que l'adhésion à Jésus n'est pas exempte d'ambiguïtés et d'illusions. Cela conduit certains à s'éloigner de Jésus, d'autres à le trahir, tandis que quelques-uns se comportent en " vrais disciples "". Quand arrive le moment décisif de la révélation sur la croix, en dehors du disciple bien-aimé et de quelques femmes, tous les disciples ont disparu. Les personnages mis en scène par Jean racontent la fascination exercée par Jésus, ainsi que la difficulté à le suivre sur le chemin qu'il ouvre.
    Ils ont valeur exemplaire pour les lecteurs qui peuvent s'identifier à eux dans leur rencontre avec le Révélateur

  • Comment sont nés et ont été transmis les textes fondateurs du christianisme ? De la prédication de Jésus de Nazareth à la sélection qui conduisit à ne retenir que quatre auteurs (Matthieu, Marc, Luc et Jean), Michel Quesnel fait ici l'histoire d'une transmission : celle qui va des premières traditions orales à la mise par écrit des évangiles que nous connaissons.
    L'auteur ne se limite pas aux évangiles canoniques, il présente aussi l'abondante production littéraire des premiers siècles de notre ère à propos de Jésus, notamment l'Évangile de Pierre, l'Évangile selon Thomas, et l'Évangile de Judas, tout récemment redécouvert. Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! Le travail des copistes de l'Antiquité et du Moyen Âge en fait aussi partie. Ils ont reproduit les manuscrits à leur disposition en introduisant parfois des variantes.
    Ainsi se dessine un itinéraire qui va des plus anciens fragments sur papyrus aux bibles modernes, en passant par les luxueux parchemins de l'époque de Constantin et les premières bibles imprimées. Un glossaire aide le lecteur débutant.

  • Les livres de sagesse de l'ancien testament, moins commentés que d'autres textes de la bible, attirent de nouveau l'attention en ce début du xxie siècle.
    Le malheur a voulu que les sagesses antiques, celles du proche-orient ancien dans lequel s'inscrit la sagesse d'israël, disparaissent souvent même avant l'ère chrétienne. la bible, qui a conservé par écrit ces témoignages (fait presque unique dans l'histoire de l'humanité), permet d'accéder à des siècles de culture. et, de nos jours, la valeur formatrice de ces dictons, proverbes et réflexions sur la vie de l'homme sur terre frappe d'autant plus que la modernité la menace.
    Par ailleurs, un nombre impressionnant de textes du nouveau testament voient en jésus un maître de sagesse et on le présente plus d'une fois en utilisant les traits propres de la sagesse divine telle qu'elle apparaît dans l'ancien testament. au moins pour ces deux raisons, il était bon de faire le point. le lecteur simplement intéressé par le sujet trouvera ici un exposé méthodique de chacun des livres, un commentaire des textes les plus significatifs et une présentation des thèmes majeurs du courant sapientiel.
    Le chrétien y découvrira aussi comment ces vieux textes ont encore du sens pour sa vie d'homme et de croyant.

  • La Bible est une : légendes, archives, oracles, « pensées »...

    Une littérature en style de Cour a été amassée après les rois et l'Exil, et l'ensemble s'est tassé, soumis à la gravitation d'une Prophétie unifiée recoupant politique et religion. Au lieu d'une épopée, l'école qui a tout récrit en peu de temps a imposé à longueur de pages l'idée que la volonté de puissance, ce péché originel, avait perdu Israël et les Nations. L'unité morale de la Bible se monnaie en correspondances d'un livre aux autres :
    La Genèse converse avec l'Histoire qui suivra, jusqu'au schisme fatal. Des procédés transmuent des archives royalistes en une critique de la royauté, et quatre versets ruinent ladite sagesse de Salomon ; chez Noé déjà, la modeste plantation de la vigne surpassait le Déluge. Les récits nonchalants et pittoresques se révèlent écrits au millimètre, héritant de la mémoire entière. Règne partout la confiance que la contradiction réglée éveille la conscience plus que le syllogisme. L'art veut que le lecteur soit un lecteur qui n'immobilise ni un mot ni un chapitre.

  • Parlant de Jésus, Martin Buber disait qu'il fut « le plus juif de tous les juifs ». Il est vrai que sur les plans spirituel et religieux, Jésus est d'abord juif, et l'étude du Jésus de l'histoire ne peut ignorer ni la totale judéité du Nazaréen, ni sa revendication à être le verus Israël. Aujourd'hui, nous connaissons le Jésus de l'histoire à travers le regard que portaient sur lui ses disciples et les évangélistes. Or ceux-ci ont été influencés par les problèmes que rencontraient leurs églises particulières, et ont laissé entendre que Jésus avait répondu à ces questions au cours de son ministère. Aussi, le lecteur moderne doit toujours se demander si chaque passage des évangiles appartient aux ipsissima verba de Jésus ou s'il représente une opinion plus tardive ayant cours dans les premières communautés chrétiennes. Encore que, en tant que telle, cette opinion n'est pas nécessairement « inauthentique » en ce qui concerne la pensée de Jésus. Immense connaisseur de la littérature préchrétienne des premiers siècles et exégète de renommée internationale, André Lacocque nous fait découvrir un « autre » Jésus, plus intime et plus incarné.

  • Certains écrits juifs présentent Abraham comme un juif parfait, observant la Loi avant sa promulgation ; des écrits chrétiens le présentent comme un chrétien avant la venue du Christ ; et la tradition musulmane le considère comme un musulman parfait avant la venue de Mohammed. C'est dire combien cette grande figure biblique a été investie par les trois grandes religions monothéistes et a imprimé sa marque sur les croyants de tous les temps. L'auteur s'intéresse à la manière dont le judaïsme, le christianisme et l'islam se réfèrent à Abraham comme à leur père dans la foi en étudiant minutieusement les textes des trois traditions. Il expose aussi les doutes qu'émettent aujourd'hui des historiens et des exégètes sur l'existence historique d'Abraham.

    Mais la figure d'Abraham n'a pas interpellé que les croyants, elle a aussi inspiré les artistes et l'auteur s'arrête, le temps d'un chapitre, sur la réception artistique du personnage. Et puisque les trois religions monothéistes se réclament d'Abraham comme de « leur père », la référence commune au grand ancêtre ne pourrait-elle pas aider le dialogue interreligieux ?

  • La Bible appelle-t-elle à la violence ? Incite-t-elle au conflit ? Légitime-t-elle la force afin de déculpabiliser son usage ? Ces questions sont d'une brûlante actualité. Elles ont donné lieu à des bibliothèques de théories et d'interprétations. Anton van der Lingen, lui, entend revenir au coeur des Écritures pour en déceler le message originel. Il revisite les thèmes fondamentaux que sont la paix, l'étranger, l'ennemi, la bataille et la guerre sainte. Il recense les récits militaires de l'Ancien et du Nouveau Testament, en livre les contextes, en décrypte le sens ultime. Cette étude d'une salutaire archéologie est des plus contemporaines. Elle montre de manière décisive comment le Dieu des Armées se révèle comme le Dieu désarmé.

  • L'auteur relève un défi : rendre accessible aux chrétiens ordinaires ce texte difficile (et souvent négligé) qu'est l'épître aux Hébreux.
    Il lit, traduit, explique, commente, introduisant son lecteur à la compréhension de ce livre déroutant. L'épître aux Hébreux est le seul livre du Nouveau Testament qui présente le Christ ressuscité dans sa fonction de " Souverain prêtre ". C'est aussi celui qui s'attache le plus à interpréter des textes bibliques dans la perspective ouverte par la mort et la résurrection du Christ. L'auteur, un chrétien d'origine juive et de langue grecque, cherche à conforter dans la foi les fidèles nostalgiques de l'ancien culte du Temple.
    Il s'appuie pour cela sur les Écritures qu'il cite et commente : ce point constitue à la fois une richesse et une difficulté pour le lecteur d'aujourd'hui. Le père Grelot commente d'abord le texte par grandes tranches, puis il propose un examen théologique des points les plus importants. Le commentaire, assez léger, facilite ainsi la lecture d'un texte pastoral dont la forme littéraire est très éloignée de nos habitudes occidentales et modernes.

  • Abraham, Sara et Isaac ; Esaü, Jacob et ses douze fils ; Moïse le libérateur ; Ruth l'étrangère ; David, roi selon le coeur de Dieu ; Salomon, gloire d'Israël ; Elie, pourfendeur d'idoles...
    Autant de figures marquantes de la Bible qui ont façonné toute la mémoire judéo-chrétienne. Dans ce livre, le cardinal Danneels nous montre la permanente actualité de ces figures qui ont toutes un message, parfois étonnant, pour ce début du 3e millénaire.

  • " Les textes de la Bible demandent à être sans cesse repris.
    Non pas qu'ils auraient vieilli, mais parce que les lecteurs se renouvellent et que leur langage change ainsi que le monde où ils vivent et qui les conditionne. " Fort de cette conviction, l'auteur de ce livre nous propose une reprise alerte et savoureuse des grands textes de l'évangile de Jean, sans omettre de l'accompagner de notes qui en guident la lecture.

  • Si sociologues, anthropologues.
    Moralistes et philosophes ont largement démontré l'importance du vêtement comme langage, en revanche " le vêtement dans la Bible " n'a pas suscité de recherches approfondies chez les théologiens depuis l'ouvrage d'Edgar Haulotte, dans les années 1960. Pourtant la Bible fait de nombreuses références au vêtement : depuis les feuilles de figuier d'Adam et Eve, jusqu'à l'habit de gloire des élus, on rencontre le rude manteau des prophètes et la tunique de Joseph et, bien sûr, les vêtements de Jésus, de la Transfiguration au Calvaire.
    Que symbolise le curieux costume du grand prêtre ? Que signifient les différents vêtements imposés à Jésus au cours de la Passion ? A quoi nous invite saint Paul quand il nous demande de revêtir le Christ " ? Par ses références bibliques au vêtement et à son symbolisme, l'auteur chemine de la Genèse à l'Apocalypse. Son but est de dégager une " théologie du vêtement ".

  • L'existence de quatre évangiles donnant des versions plus ou moins convergentes de la vie de Jésus a toujours été objet de questionnement.
    Dans les temps modernes, le problème historique a été posé et des solutions proposées pour le résoudre. La théorie dite des deux sources est, depuis plusieurs décennies, la plus suivie par les spécialistes de l'exégèse biblique : les rédacteurs des évangiles de Matthieu et de Luc auraient puisé à deux sources, l'évangile de Marc et une source appelée " Q ". L'hypothèse de l'existence de ce document a été formulée au XIXe siècle et s'est avérée féconde.
    Mais comment a-t-elle été restituée et quel est son contenu théologique ? Après avoir initié leur lecteur à l'histoire de la formation des évangiles, les auteurs l'invitent à visiter le chantier de la restitution de Q, ce qui lui permettra de mesurer le sérieux du travail réalisé par plusieurs générations d'exégètes. Essentiellement une collection de paroles et de discours de Jésus, le document trace un portrait original de ce dernier sans utiliser le titre de Christ et sans raconter la crucifixion ni la résurrection.
    Qu'a-t-il à nous apprendre sur les croyants qui sont à son origine, sur leur théologie et leur ecclésiologie ? Fenêtre ouverte sur les traditions chrétiennes les plus anciennes, la source Q contribue à notre connaissance des origines du christianisme.

  • La foi, l'espérance et l'amour... Depuis vingt siècles, ces trois mots résonnent de concert. C'est saint Paul qui les a associés en triade dans deux de ses lettres : la première lettre aux Thessaloniciens et la première lettre aux Corinthiens, qui sont parmi les plus anciens écrits chrétiens. Dans la pensée paulinienne, foi, espérance et amour sont les trois tuteurs qui permettront aux jeunes communautés de s'enraciner solidement à la suite du Christ, de croître dans l'unité et la paix, et de résister aux tempêtes internes et externes. Le lecteur est invité à une lecture méthodique du texte paulinien replacé dans son contexte. Grâce à cette clé, il entre dans le questionnement des premières communautés chrétiennes. Comprenant la manière dont Paul y répond, il approche ainsi les fondements scripturaires de l'identité chrétienne, c'est-à-dire ce qui fait la spécificité du croyant, aujourd'hui comme hier.

  • Paroles d'humanité profonde, de confiance et de colère, de louange et de sagesse, les psaumes de la Bible jaillissent de la vie même de ceux qui les ont écrits. Ils n'exposent aucune théorie, ils ne veulent rien prouver. Adressés ou non au Dieu d'Israël, ils disent une expérience personnelle et collective où se bousculent la souffrance et le bonheur, mais aussi la mémoire, le désir et l'espérance. Ce qui s'y joue, c'est le drame de l'humanité. Il n'est pas étonnant que, depuis l'Antiquité, juifs et chrétiens de diverses confessions y aient reconnu ce qu'ils vivent et aient fait du Psautier leur propre prière. Les lecteurs trouveront ici une belle introduction au Psautier dans son ensemble et aux diverses lectures des psaumes proposées par l'exégèse la plus récente.

  • Le prophète Jonas se trouve pris dans une terrible tempête qui le conduit aux portes de la mort. La mer est déchaînée, Jésus dort, ses disciples affolés le réveillent : il apaise les flots écumants. Jésus va à la rencontre de ses disciples en marchant sur les eaux agitées. Paul, l'Apôtre, essuie une violente tempête alors qu'il se rend à Rome. Ces récits de tempête ont été interprétés et réinterprétés au cours des siècles, aussi bien par les commentaires bibliques que par la littérature et les arts. Ces derniers ont retenu essentiellement le côté dangereux voire tragique de la mer et ont souvent mis en rapport la tempête et la colère de Dieu. L'auteur montre l'originalité de la symbolique que la Bible tire de la tempête. Pour cela, elle mène de pair une étude approfondie des textes bibliques et une comparaison de ces derniers avec la littérature antique. Le thème de la tempête reste plus que jamais d'actualité. Non seulement ce phénomène naturel se trouve de plus en plus au coeur de débats politiques et environnementaux, mais il cristallise encore et toujours les interrogations angoissées des hommes sur la vie, la mort et l'au-delà.

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