Calmann-levy

  • Et si la remise en question des genres n'était pas la catastrophe annoncée par certains ? Et si elle ouvrait un nouvel espace d'épanouissement possible ?
    Egalité des sexes, refus de la puissance patriarcale, fluidité des rôles, décloisonnement des sexualités font aujourd'hui surgir des trajectoires singulières et inédites. Entre le masculin et le féminin, ces deux piliers jusqu'ici considérés comme inébranlables, l'idée même de la dualité et de l'opposition semble s'effacer. Homme ou femme, hétéro ou homo, cisgenre ou transgenre, la construction de l'identité devient une invention de soi, une création personnelle qui se joue des normes et des prescriptions.
    Dans Transitions, comme dans le cabinet de Serge Hefez, on rencontre des mamans autoritaires, des papas poules, des couples qui réinventent leur complémentarité conjugale, des adolescents heureux dans une identité sexuelle flottante, ou en quête de leur identité de genre.
    Nourri de l'écoute de ses patients, il analyse en profondeur cet ébranlement anthropologique et montre que la dichotomie masculin/féminin ne suffit plus à organiser nos pensées, nos trajectoires, nos identités.

  • L'homme primitif chassait, sa compagne cueillait. De cueillette en chaudron, de brouet en guérison, la médecine en vint bientôt à se conjuguer au féminin. Jusqu'au Moyen Âge, où la création des universités - réservées aux clercs - écarte les femmes de l'accès aux études et aux diplômes. La parenthèse va durer sept siècles. Sept siècles d'exclusion, mais aussi de résistance et de clandestinité, pendant lesquels les filles d'Hyppocrate persistent et soignent. Et même si elles risquent le bûcher en tant que sorcières, sont traînées en justice, doivent se travestir en hommes ou partir exercer à l'autre bout de la terre.
    À la fin du XIXe siècle, partout dans le monde, elles luttent. Manifestations hostiles dans les rues, interventions d'hommes politiques, d'une impératrice, d'un tsar, de journalistes et de policiers rien ne leur est épargné. Et, enfin, elles gagnent - le diplôme de docteur en médecine, l'accès aux concours, le poste de « mandarines » et, pour certaines, le Nobel.
    Ce passé tumultueux, cette épopée haletante, Josette Dall'Ava-Santucci les a reconstitués dans toute leur rigueur historique, mais aussi avec une verve éblouissante qui fait de cet ouvrage un véritable roman d'aventures.

  •    Les jours du monde tel que nous le connaissons sont comptés. Comme les passagers du Titanic, nous fonçons dans la nuit noire en dansant et en riant, avec l'égoïsme et l'arrogance d'êtres supérieurs convaincus d'être «maîtres d'eux-mêmes comme de l'univers».

       Et pourtant, les signes annonciateurs du naufrage s'accumulent : dérèglements climatiques en série, pollution omniprésente, extinction exponentielle d'espèces animales et végétales, pillage anarchique des ressources, multiplication des crises sanitaires. Nous nous comportons comme si nous étions seuls au monde et la dernière génération d'hommes à occuper cette Terre : après nous, le déluge.

       Nicolas Hulot a parcouru notre planète sous toutes les latitudes. Nul ne le sait mieux que lui : c'est un espace exigu, aux équilibres précaires. Ce livre est un ultime cri d'alerte avant de céder au désespoir : si nous tous, riches comme pauvres, ne modifions pas immédiatement notre comportement pour faire «mieux avec moins» et mettre l'écologie au centre de nos décisions individuelles et collectives, nous sombrerons ensemble.
         Nous devons être solidaires du vivant comme du futur : cet avertissement, Nicolas Hulot s'en est fait le messager passionné et infatigable, du sommet de Johannesburg à l'école de son village, des lambris dorés de l'Élysée aux exploitations agricoles de Bretagne et de Lorraine. «Je ne suis pas né écologiste, nous dit-il, je le suis devenu.» Et nous aussi nous pouvons, nous devons le devenir.
         Le Syndrome du Titanic est un livre essentiel, à lire d'urgence. Avec Nicolas Hulot, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.

  •     Jeudi 13 mai 1993. Une journée comme les autres, sans actualité particulière, jusqu'à ce qu'une dépêche AFP stupéfiante tombe, à 11 h 27 : un homme cagoulé et bardé d'explosifs a pris en otage une classe de maternelle à l'école Commandant-Charcot, à Neuilly. Vingt et un bambins de trois ans sont menacés d'une mort atroce. Qui a osé ? Qui est cet homme qui se fait appeler « HB », apparemment intelligent et structuré, dont les revendications financières extravagantes semblent cacher des motivations plus complexes oe        
        Pendant que le pays tout entier retient son souffle, une partie tendue se joue sur plusieurs niveaux : dans la salle de classe, où l'institutrice et une femme médecin, otages volontaires, font preuve d'un courage exemplaire ; dans une autre aile de l'école où les autorités ont établi une cellule de crise et où les psychologues essaient de décrypter le comportement de HB ; au ministère de l'Intérieur où Charles Pasqua, le ministre, tâche de tenir à distance le procureur Pierre Lyon-Caen de façon à avoir les mains libres, mais aussi de contrer le tout jeune ministre du Budget, Nicolas Sarkozy, dont l'activisme et l'entregent lui font de l'ombre.
       Dans ce livre, Jean-Pierre About, qui a eu accès à tous les enregistrements sonores effectués par la police, raconte, minute par minute, le déroulement de ces quarante-six heures d'extrême tension, jusqu'à leur dénouement final et au-delà : car une fois HB abattu par le Raid, l'heure des règlements de compte viendra, avec son cortège de tartuferies et d'injustices.

  • Plus long que la Première et la Seconde Guerre mondiale, que la guerre d'Algérie ou que celle du Vietnam, l'interminable conflit afghan a broyé les espoirs de « nation building » que nourrissait l'Occident. Plus de dix ans d'une guerre « asymétrique » contre un ennemi aussi insaisissable qu'omniprésent et quels résultats ? Aucune des calamités qui ravageaient l'Afghanistan n'a été endiguée : ni l'insurrection, ni le terrorisme, ni les rivalités ethnico-tribales, ni l'économie à la dérive, ni la corruption endémique, ni la pauvreté. Certains fléaux, comme le trafic de drogue, se sont même aggravés. L'Occident a payé son obstination au prix fort : plus de 3 000 militaires de la coalition tués et des dizaines de milliers d'autres blessés, des milliers de victimes civiles « collatérales » aussi, 2 000 milliards de dollars partis en fumée... Comment en sommes-nous arrivés là ? À l'heure où les corps expéditionnaires des membres de la coalition lèvent le camp les uns après les autres, il était temps de dresser le « post mortem » de cette guerre si longue et si coûteuse. Un bilan militaire et politique, bien sûr, mais également humain, car ce sont d'abord les soldats, les sous-officiers et les officiers américains, anglais ou français, et leurs protégés de l'Armée nationale afghane, qui ont payé le plus lourd tribut, celui du sang, à ce mirage. Nul n'était mieux placé pour nous en parler qu'Hervé Asquin. Correspondant Défense de l'Agence France-Presse de 2006 à 2010, il a à son actif pas moins d'une vingtaine de reportages sur le terrain. Hervé Asquin a interrogé les ministres successifs de la Défense, les hauts gradés, rencontré à de multiple reprises l'état-major français à Kaboul, accompagné de la Kapisa à l'Helmand les militaires français dans leurs opérations de « contrôle de zone », casque lourd sur la tête et gilet anti-éclats sur le dos, partagé la tambouille des engagés afghans. Correspondant de l'AFP en Allemagne, il raconte la conférence de Bonn qui entérina le déploiement d'une « force multinationale de sécurité » pour assurer la transition de l'Afghanistan vers un État de droit. Il révèle aussi les tensions extrêmes qui opposèrent Chirac et Jospin au lendemain du 11 septembre 2001, lorsqu'il fallut se montrer solidaire des Américains jusque dans l'erreur. Ce livre n'est pas un essai, encore moins une thèse, mais un récit, qui alterne géopolitique et vécu à hauteur d'homme, explore au plus près du terrain les ressorts de la corruption, les errements stratégiques et diplomatiques, cette mécanique implacable qui a entraîné le monde dans cette guerre, la plus longue, la plus chère et l'une des plus vaines qu'ait connu l'Occident depuis des siècles.

  • 20 août 2004 - 21 décembre 2004. Pendant 124 jours, la France, solidaire dans l'espérance, a vécu au rythme des annonces quotidiennes qui scandaient les noms de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Et pendant ces mêmes 124 jours, quelque part dans un Irak déchiré, deux hommes souffrent, connaissent peurs et espoirs, tentent de saisir dans les yeux et la voix de leurs gardiens le sort qui leur est réservé. Ballottés de cache en cache au coeur de la planète Ben Laden, oscillant entre les espoirs toujours déçus et les périodes de profond découragement, résistant aux pressions pour qu'ils se convertissent à l'Islam, témoins des violences de la guerre au quotidien, ils vivent ainsi pendant ces quatre mois une expérience unique qui leur fait parcourir toute la gamme des sentiments humains. Ce que le sort leur impose, ils le vivent en pleine lucidité, sans le moindre regret.
    Tout cela, ils le racontent dans ce livre, témoignage de ce qu'ils ont vécu : le dialogue singulier avec leurs ravisseurs, les coulisses de la mobilisation de l'appareil d'État, les révélations sur les démarches secrètes en France et en Irak, les bavures, les protagonistes, les confrontations, les dessous de l'affaire « Julia ». autant de zones restées jusqu'ici sans réponse.
    Au-delà, de leurs émotions, les deux auteurs nous confient leurs préoccupations profondes jusqu'à leur relation à Dieu, au cours de leur captivité. Soucieux de dire ce qui n'a que peu été exprimé jusqu'alors, ils puisent au coeur d'eux-mêmes pour livrer leurs réflexions les plus intimes. Car si tout otage possède plus que quiconque la conscience aiguë du retour à la vie, il ne peut vivre son sort que de façon singulière. Suffit-il en effet de recouvrer la liberté et de rejoindre les siens pour quitter le statut d'otage oe Surtout lorsque, comme Christian et Georges, on vit entre deux cultures, deux langues, deux religions, deux pays oe De quel prix un journaliste de terrain paie-t-il sa liberté oe Quelles sont les limites du fameux syndrome de Stockholm oe Comment s'opère le retour à cette vie qu'on appelle normale oe Revient-on indemne d'un tel choc psychologique oe Retrouve-t-on êtres, lieux et choses aussi aisément que l'on aimerait le croire oe  
    Ces questions, et beaucoup d'autres, les deux auteurs les abordent ici.
    Ils ne se contentent pas d'y raconter leur histoire, aussi forte soit-elle. Ils ont mené leur propre contre-enquête auprès des principaux acteurs de l'ombre, et livrent au quotidien le secret des négociations souterraines, l'action des services spéciaux comme celle des politiques et de l'ensemble du processus qui a abouti à leur libération.
    Au-delà du récit évènementiel, Christian CHESNOT et Georges MALBRUNOT nous invitent à réfléchir sur quelques questions fondamentales telles que la condition de journaliste en temps de guerre, sur les limites de la liberté d'informer ou encore sur la condition d'otage oe

  • Dévasté hier par la guerre, privé d'armée offensive, le Japon écrase aujourd'hui les sociétés occidentales sur leur propre terrain de la performance économique, au nom même de leurs valeurs capitalistes, les deux hommes les plus riches du monde sont japonais. La plus grosse entreprise et les sept banques les plus puissantes sont japonaises. La capitalisation de la bourse de Tokyo a dépassé celle de Wall Street. Le Japon est devenu le premier créancier de la planète, le premier pourvoyeur d'aide aux pays en voie de développement, le banquier privilégié des Etats-Unis. L'équilibre financier international se maintient à l'abri de la toute à oxygène japonaise, sous perfusion de yens. De l'industrie lourde à l'automobile, de l'immobilier à l'électronique grand public, de la haute technologie à la finance, du rêve américain des grands studios de Hollywood au symbole français des vins de Bordeaux. Dominique Mora écrit ici le grand roman des armées du Soleil Levant en marche... Face à cette déferlante irrésistible où la plaie de l'infiltration la dispute aux stratégies d'influence, l'Occident paraît désarmé. Vaste laboratoire expérimental d'un véritable jeu de go planétaire, l'Amérique est aujourd'hui divisés comme le sera demain l'Europe. Le Japon est-il le sauveur de notre croissance ou le fossoyeur de notre puissance ? Un partenaire normalisé ou un adversaire irréductible ? Le Samouraï ne nous croit-il que pour mieux nous étouffer progressivement, en un long baiser de la mort oe

  • Les grandes compétitions sportives internationales reposent sur une organisation colossale. Plongeant au coeur des coulisses de Roland- Garros, ce livre explore l'envers du décor. Il met en lumière les enjeux économiques, l'arrière-plan logistique, les retombées médiatiques et les dimensions culturelles du sport aujourd'hui.
    Comment les arbitres et les ramasseurs de balles sont-ils sélectionnés ? Comment les courts sont-ils préparés ? Comment est assurée la sécurité des joueurs ? Qui décide de la programmation des matchs ? Que se passe-t-il derrière la porte des vestiaires ? Quelles sont les sommes en jeu ? Une enquête minutieuse permet de répondre à ces questions.
    Un tournoi comme Roland-Garros est bien davantage qu'un simple évènement sportif. Il s'agit d'un fait social total. Chaque année, un demi-million de spectateurs viennent dans le stade. Les matchs sont retransmis dans cent quatre-vingts pays. Pour mettre au point un tel spectacle, des milliers de personnes travaillent sans relâche. De l'entraîneur au médecin, en passant par le cordeur, l'hôtesse d'accueil, l'agent de sécurité, le cuisinier, jusqu'à l'orfèvre qui réalise les coupes, une extraordinaire diversité de savoir-faire préside à l'organisation de cette manifestation. Ces acteurs de l'ombre, et les rapports sociaux qu'ils tissent, constituent la matière vive de cet ouvrage.

  • Le plus grand danger qui guette les touristes en voyage en Afrique du Sud, c'est de passer à côté de Johannesburg. La capitale économique du pays a été trop longtemps négligée par les voyageurs. Mais elle commence à rivaliser avec sa petite soeur Cape Town sur les circuits touristiques. Certes, Cape Town a été mieux servie par Mère Nature, qui lui a offert un physique à couper le souffle. Pourtant Johannesburg a le parfum et l'élan d'une ville au destin farouchement ancré dans la modernité. Les globe-trotteurs ne s'y trompent pas qui de plus en plus s'arrêtent à Joburg pour profiter de l'énergie de la mégapole.
    Les habitantes de Cape Town et de Johannesburg sont à l'image de leurs villes. Les Capetoniennes sont des grandes filles toutes simples, saines, musclées et dorées par le soleil austral. Les Joburgeoises sont intransigeantes et courageuses, excessives et passionnées.
    L'Afrique du Sud est la proue de l'Afrique. C'est aussi un paradoxe. Sophie Bouillon a pris à bras le corps le pays tout entier. Avec appétit, elle a relevé le défi de nous conter deux villes aux personnalités aussi fortes que des lionnes. Un combat qu'elle a mené à mains nues et à plume déliée, pour notre plus grand bonheur.
    L'Afrique du Sud est une aventure, pas une promenade. C'est une destination, par un trajet. On ne va pas trainer à l'autre bout du monde par hasard. Entre cours de yoga à Cape Town et bars branchés à Johannesburg, entre barbecue à Soweto et restaurant de curry du Cape Malay, Sophie nous aide à trouver nos repères, dans un pays fascinant et en pleine mutation.
    Les Sud-Africaines sont multiples et complexes. Ici, la diversité est bien sûr maitre-mot. Nelson Mandela a oeuvré pour la réconciliation et pour l'égalité, à l'abolition de l'apartheid. Une mission qui perdure. Le pays compte onze langues officielles et mille fois plus de nuances de vies. Sophie Bouillon est notre interprète dans ces jungles urbaines. Elle nous prend sous son aile et nous donne les codes pour naviguer sans danger dans ces basse-cours bouillonnantes, depuis les gradins des matchs de cricket et les ateliers des designers locaux, les tables de massage des spas exotiques et des bouisbouis des townships.

  • Depuis le 11 septembre 2001, le monde vit dans la hantise du terrorisme musulman. Mais ce traumatisme n'a pas permis une réflexion en profondeur sur l'origine de ce terrorisme : l'intégrisme. Quand il l'a fait, le monde occidental a voulu se persuader que seul l'islam pouvait susciter la barbarie. Ce qui a le mérite de rassurer et d'accréditer la thèse du « choc des civilisations ».
     Caroline Fourest et Fiammetta Venner se sont plongées dans les documents, les témoignages, les interviews et les textes sacrés. Elles apportent un cinglant démenti à cette illusion en démontrant que, sur bien des points (comme les droits des femmes, la sexualité, l'intolérance culturelle ou la violence), le monde dont rêvent les intégristes musulmans ressemble à s'y méprendre à celui prôné par les intégristes juifs et chrétiens. Mieux, malgré les apparences d'un choc des religions, leurs actions convergent vers un monde toujours plus instable et de moins en moins sécularisé dont tous profitent.
     La véritable ligne de fracture, loin d'isoler l'Islam du « reste du monde », pourrait surtout séparer partout dans le monde les démocrates des théocrates - autrement dit, les partisans d'une cité ouverte, tolérante et protectrice des libertés individuelles -, des intégristes, fondamentalement d'accord pour prendre la laïcité sous les tirs croisés de leurs fanatismes.
    Ce livre analytique par son ton et sa méthode, mais explosif par les questions qu'il soulève et les réponses qu'il apporte, est un signal d'alarme pour tous les défenseurs des libertés et de la laïcité.

  • L'empire incoherent

    Mann-M

    Depuis l'effondrement de l'Empire soviétique, et singulièrement depuis l'élection de George W. Bush, les Etats-Unis ont adopté vis à vis du reste du monde une posture qui se veut ouvertement impériale, pour ne pas dire impérialiste. Michael Mann passe en revue les ressources économiques, morales, politiques, militaires et idéologiques qui fondent cette prétention, et parvient à la conclusion qu'elles sont insuffisantes ou inadéquates. L'Amérique, nous dit-il, n'a tout simplement pas les moyens de ses ambitions.   Cet « empire incohérent, hyper- puissant mais dépourvu d'autorité », comme le décrit Michael Mann, est condamné à créer par son interventionnisme brouillon un monde plus dangereux et non pas plus pacifique que celui que nous connaissons. Empêché de déchaîner toute sa force destructrice pour anéantir l'ennemi et reconstruire un monde à son image, ce qui de tout temps a caractérisé les empires, l'Amérique ne peut qu'exacerber les haines et la violence. Comme « tout ce qui ne tue pas renforce », comme le soulignait Nietzsche, le terrorisme, cette arme des faibles, ne peut que proliférer, ainsi d'ailleurs que les armes de destruction massive. Michael Mann plaide, en conclusion, pour que les Etats-Unis adoptent une vision multi-latérale du monde et pour un retour à des valeurs moins idéologiques et plus réalistes.

  • Si la mer, vue du rivage, continue à « danser au fond des golfes clairs », sous la surface, c'est un une tragédie absolue qui se joue. En effet, à force d'être mangée par l'homme, la mer se meurt. En l'espace d'un siècle et demi, loin des regards, des ressources qu'on pensait inépuisables ont été poussées au bord de l'extinction par une surpêche qui prélève pas moins de cent millions de tonnes de poisson par an dans le monde. Tout le monde a en tête la crise de la morue de Terre Neuve, dont les stocks se sont brutalement effondrés à la fin des années 80. Sait-on que vingt ans plus tard, ceux-ci ne se sont toujours pas reconstitués ? De même pour le mérou, l'espadon, le merlu et tous les grands prédateurs qui régulent la chaîne alimentaire.
    En pêchant toujours plus loin, toujours plus profond, et à présent toujours plus « petit », l'homme est en train de transformer les océans du globe en désert liquide. La technologie (sonars, radars, GPS) et les matériaux modernes (nylon, polyester) ne laissent aucune chance aux poissons. Du bateau-usine à la pirogue, tous les bateaux ont amélioré leur efficacité, trouvant rentable de pêcher des espèces qui hier encore étaient réputées non-consommables. Le pillage est systématique et aveugle, car il est quasi-impossible de sélectionner les espèces capturées, et la « gâche » est monstrueuse. A ce rythme, ce sont des maillons entiers de la chaîne alimentaire marine qui ont déjà été rayés de la liste du vivant, avec comme conséquence, à terme, une déstabilisation catastrophique de tout l'écosystème marin. L'effondrement brutal et irréversible de toute la ressource halieutique n'est désormais plus une hypothèse fantaisiste. Que font les pouvoirs publics ? Rien, ou si peu : la mer n'est à personne, et donc à tout le monde. On cherche en vain les prémisses d'une gouvernance mondiale, seule à même d'arrêter le massacre. Et chaque pays redoute de se mettre à dos ses pécheurs, la France plus que tout autre... Une mer sans poissons est un état des lieux d'autant plus alarmant qu'il est froid, factuel, et nourri d'une documentation prodigieuse. Tout en laissant au lecteur peu d'espoir quant à la capacité de l'homme à faire marche arrière avant qu'il ne soit trop tard, il souligne l'urgence qu'il y a à décréter un moratoire mondial sur les espèces les plus menacées.

  •      Elle avait tout pour plaire : elle était jeune, belle et sportive, elle filait le parfait amour avec son mari, elle dirigeait une affaire florissante.
         Elle était née juive dans une famille décimée par la Shoah. Mais la vie lui souriait et elle avait fini par oublier qu'elle était déjà, en quelque sorte, une rescapée. Le 23 décembre 1983, la vie de Françoise Rudetzki bascule. Alors qu'elle fête ses dix ans de mariage au célèbre restaurant Le Grand Véfour, une bombe explose et lui broie les jambes. Commence alors une lutte contre la mort qui ne cessera plus.
         Maintes fois opérée et greffée, elle se bat pour survivre, pour marcher à nouveau, pour vaincre son handicap. Puis, prenant conscience de l'indifférence dans laquelle se débattent les victimes du terrorisme, elle se mobilise pour les autres en fondant S.O.S. Attentats.
         L'indemnisation garantie par l'État, c'est elle.
         Le statut de victime civile de guerre dans les cas de terrorisme, c'est elle.
         La prise en charge psychologique des traumatisés, c'est elle.
         Le combat incessant pour faire prévaloir la justice et la morale dans les juridictions du monde entier, c'est encore elle.
         Les politiques la respectent, mais la trouvent souvent encombrante, pour ne pas dire gênante : elle perturbe les petits arrangements diplomatiques avec certains pays et empêche de passer l'éponge sur les souffrances des victimes au nom de la raison d'État, comme ce fut longtemps le cas avec la Libye dans l'affaire de l'attentat contre le vol UTA.
         Partie civile dans tous les procès pour terrorisme, Françoise Rudetzki a été menacée de mort à plusieurs reprises. Le terroriste Carlos l'a copieusement insultée en pleine audience.
         Et pourtant, ces menaces ne sont rien comparées à celle avec laquelle elle vit depuis vingt ans, qui ne la quitte pas : son fardeau, sa croix. Sa troisième peine.       Triple peine est un livre bouleversant qui retrace, en termes simples mais extraordinairement éloquents, le calvaire d'une femme d'exception et son combat acharné contre ce summum de lâcheté et d'inhumanité qu'est le terrorisme, et pour que justice soit rendue.

  •    Quelles menaces réelles représente le terrorisme aujourdoehui ? Comment sanctionner les auteurs, commanditaires et financiers tout en respectant un juste équilibre entre la réparation due aux victimes et la sauvegarde des droits et des libertés de chacun ? Quelle place est réservée aux victimes du terrorisme dans les législations pénales internes de chacun des États membres de loeUnion européenne oe    Quoeen est-il de la coopération européenne et internationale ? Cet ouvrage collectif, réalisé par S.O.S. Attentats, soeinscrit dans la continuité du Livre noir que cette ONG a publié en 2002 et du colloque international quoeelle a organisé à Paris le 5 février 2002. Il réunit quarante contributions émanant doeexperts en relations internationales et en droit international pénal, qui apportent des réponses aux questions que tout citoyen est en droit de se poser.
       Malgré les progrès réalisés, force est de constater que, dans la lutte contre le terrorisme, les États demeurent hésitants à assumer leur responsabilité. Alors que le procès des auteurs et commanditaires des actes terroristes est reconnu comme une étape indispensable de la reconstruction des victimes, ces dernières en sont encore rop souvent écartées.
       Crime international incontestable, le terrorisme ne peut demeurer exclu de la compétence de la Cour pénale internationale. Ses auteurs, quelles que soient leurs fonctions, ne sauraient demeurer impunis au prétexte doeune prétendue coutume internationale qui les met, aujourdoehui, à loeabri de toute poursuite et de toute condamnation. Par cet ouvrage, S.O.S. Attentats a pour ambition de favoriser, dans le plein respect des droits de la défense, une véritable reconnaissance des droits des victimes du terrorisme.
         S.O.S. Attentats a reçu pour cet ouvrage le soutien financier du Programme GROTIUS II de la Commission européenne.

  •     Il faut se rendre à l'évidence : la maison France est au bord de la banqueroute. Sa dette publique réelle, deux fois et demi plus élevée que sa dette avouée - déjà astronomique - asphyxie l'économie du pays : comment imaginer qu'il en soit autrement quand le paiement des intérêts absorbe d'ores et déjà à lui seul la totalité des recettes de l'impôt sur le revenu ?
       Rémi Godeau détaille pour nous, avec une précision féroce, un exceptionnel talent de pédagogue et une bonne dose d'humour noir trente ans de gabegie, d'inconscience et de filouterie qui ont conduit la France au bord du gouffre.
       L'irresponsabilité et le cynisme ne sont ni de droite ni de gauche. Ils sont le fait d'hommes politiques de tous bords qui, par facilité ou par clientélisme, ne veulent pas imposer à leurs électeurs l'indispensable potion amère dont les effets bénéfiques profiteront à leurs successeurs. Alors, depuis trente ans, on truque, on tronque, on maquille, on manipule et on diffère : que les générations susivantes se débrouillent avec la facture de nos excès !
       Quelques-uns, adeptes de la dépense à tout va, poussent l'incosncience jusqu'à affirmer que la dette ne représente aucune menace sérieuse pour le pays. Au diable l'euro et ses contraintes ! Qu'importe le vieillissement de la population ! Silence sur l'archaïsme de notre administration ! Les contribuables, eux, ne sont pas dupes. Parce qu'ils savent qu'un jour la note leur sera présentée, ils économisent plus que leurs voisins européens, plombant par ricochet la croissance.
       À bout de souffle, le "modèle social français" se meurt. La classe politique fait l'autruche. Au risque qu'un jour, pas si lointain, la bombe de la dette explose ...

  • Jarhead

    Swofford-A

       Chez les Swofford, on est soldat de père en fils, et chaque génération a sa guerre. Le grand-père d'Anthony Swofford a fait la Seconde Guerre mondiale, et son père le Vietnam. Pour lui, adolescent exalté rêvant de plaies et de bosses, ce sera la guerre du Golfe, celle de 1991. Engagé volontaire à dix-sept ans dans les marines, ce corps d'élite des forces armées américaines, il fait partie du corps expéditionnaire déployé dans les opérations Bouclier et Tempête du désert.
       L'ennui, les brimades, la déprime, la biture, le règlement imbécile, la discipline de fer, la régression intellectuelle et le désert affectif, mais aussi la camaraderie, la solidarité, la technicité, l'efficacité, la fierté, l'esprit de corps : Anthony Swofford nous fait partager la dure vie des « jarheads », ainsi surnommés parce que leur coupe de cheveux leur fait une « tête de bocal ».
       Formé à tuer de mille manières, Swofford n'aura guère l'occasion d'exercer ses talents : ce que lui et ses camarades trouvent en entrant au Koweït, après des semaines de bombardements intensifs, est un désert parsemé de puits de pétrole en flammes et jonché de cadavres irakiens. La nouvelle doctrine américaine du « zéro victimes » (américaines, bien sûr) fait la preuve de sa monstrueuse efficacité.
       Mais il a beau être du côté des vainqueurs, Swofford sortira meurtri de cette épreuve, comme un grand infirme de guerre qui cherche sa vérité et sa rédemption et finit par les trouver dans l'écriture.
       Ce livre tour à tour brûlant, glaçant, burlesque et tragique n'est pas un réquisitoire antimilitariste : Anthony Swofford ne s'excuse de rien et n'en veut à personne. Il raconte avec brutalité et justesse ses cinq années passées dans cette étrange secte que sont les US marines, et les ravages que la guerre commet sur les jeunes gens immatures qui se prennent pour des héros alors qu'ils ne sont que des pions.

  •      De cinq années de disette en coupe d'Europe à deux finales en 2004 pour les clubs ; du plus beau doublé de l'histoire du foot à une qualification laborieuse pour la Coupe du monde 2006... Vous aussi, vous avez du mal à vous habituer aux montagnes russes que nous impose depuis dix ans le football français ? Alors ce livre est fait pour vous.
         La queule de bois qui a suivi l'ivresse des années 1998-2000 n'en finit pas, et l'équipe nationale n'est pas seule en cause : hormis une belle percée de Monaco en 2004, puis de Lyon en 2006 en Ligue des champions, les clubs français ont peu à peu décroché du peloton de tête du foot européen. Les professionnels - et ils sont de plus en plus nombreux - veulent croire que cette crise est passagère, et avancent que les conditions d'une renaissance du foot français sont désormais réunies : fin 2004, la Ligue vendait ses droits de transmission télévisée pour la somme astronomique de 600 millions d'euros par an, faisant ainsi de LI le championnat le mieux doté d'Europe, et depuis de mois de février 2005, un nouveau président est installé à la tête de la Fédération française de football, avec l'intention déclarée de mettre de l'ordre dans la maison.
         C'est qu'il y a urgence : dix ans après l'arrêt Bosman, la crise est multiforme. En s'appuyant sur sa connaissance intime des hommes, des clubs, des sources de financement et des ressources en talents qui structurent ce sport roi, Jean-Philippe Bouchard répond à onze questions clés :  
       - Pourquoi l'équipe de France s'est-elle effondrée oe 
       - La relève est-elle prête oe 
       - Y a-t-il toujours un modèle français en matière de formation oe
       - Les sélections nationales sont-elles en danger oe
       - Quel est le niveau réel du championnat de France oe 
       - Les clubs français peuvent-ils lutter au niveau européen oe 
       - Quelles solutions au manque de ressources oe
       - Quelles tendances vont-ils suivre oe
       - Comment le statut du joueur va-t-il évoluer oe 
       - Racisme, agents ripoux, arbitres malmenés : quel poids accorder aux dossiers noirs ?
       - Le foot reste-t-il un jeu oe

  • Le 29 mai 1985, la finale de coupe d´Europe des clubs champions opposant la Juventus de Turin au Liverpool FC doit se jouer au stade du Heysel, à Bruxelles. Ce qui devait être une grande fête du football devient l'un des pires drames de l'histoire du sport. Une heure avant le coup d'envoi, en direct devant quatre cents milllions de téléspectateurs sous le choc, des hooligans anglais chargent des supporters de la Juventus, provoquant une immense panique. Trente-deux Italiens, quatre Belges, deux Français et un Irlandais meurent étouffés et piétinés sur les gradins du sinistre bloc Z.
    Comment la "finale du siècle" a-t-elle pu déboucher sur un tel bilan de guerre, au coeur même de la capitale de l'Europe ? Fallait-il jouer ce match ? N'a-t-il pas été arrangé afin que la Juventus soit certaine de l'emporter ? Autant de questions qu'une commission d'enquête et deux procès  très médiatisés ne sont pas complètement parvenus à élucider. Au "Plus jamais ça !" obligé des lendemains de catastrophe s'est même peu à peu substituée une indidieuse volonté d'oublier, en Angleterre mais aussi en Italie. Les victimes n'ont pourtant jamais pardonné les scènes de joie de Michel Platini et de ses coéquipiers après que le Français a marqué le seul but du match, sur un penalty imaginaire.
    Vingt ans après, Jean-Philippe Leclarie a retrouvé de nombreux acteurs ou témoins de cette tragédie, parmi lesquels des joueurs des deux équipes, les responsables des forces de l'ordre, mais aussi des survivants et des anciens hooligans. Il reconstitue pour nous, minute par minute, le déroulement de ce drame, en analyse les causes, avant de décrire les conséquences qu'il a eues sur la vie de chacun mais aussi sur le sport européen.
    À l'heure où violence et racisme sont en recrudescence dans les stades, cette enquête minutieuse et impartiale nous rappelle où ces dérives peuvent mener. Elle sonne comme une mise en garde : oui, un autre Heysel pourrait malheureusement se produire demain si se combinent à nouveau, comme à Bruxelles, la bêtise et le laisser-aller.

  • Nul ne peut désormais l'ignorer : EDF va être privatisé. Pourquoi ? Parce que Bruxelles a décidé que les monopoles d'Etat devaient tomber, que la dérégulation devait gagner tous les marchés, tous les services, toutes les infrastructures, quelles que soient leur complexité, leur taille, leur utilité pour la collectivité. Parce que le libéralisme a cessé d'être une philosophie raisonnée pour devenir une religion.
    Et la France s'exécute, même si c'est à contrecoeur : la privatisation d'EDF est pour 2005 "au plus tard".
    Ce livre est, sous forme d'essai polémique, un cri d'alarme qui nous met en garde contre l'absurdité d'un processus reposant sur un acte de foi idéologique démenti par l'expérience : les coupures à répétition en Californie, les pannes en espagne, et la tragi-comique affaire Enron sont là pour nous rappeler, si besoin en était, que l'électricité est une ressource à part, qui n'obéit à aucune des règles habituelles du marketing, et qui, en même temps, est absolument vitale pour la collectivité. Jouer avec le courant, c'est jouer avec le feu, dit en substance François Soult, qui prévient : hausses de prix, sous-investissement, dégradation des infrastructures et donc du service, conflits sociaux graves et répétés sont les seuls "bénéfices" que la France est susceptible de retirer de cette "avancée" considérée pourtant par tous, partisans et détracteurs, comme inéluctable.

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