Belin

  • Il manque à l'ontologie une géographie, et à la géographie une ontologie.
    Ce livre vise à combler ce manque, en montrant que l'existence humaine est géographique. Elle l'est non seulement dans le sens où nous avons nécessairement un lieu physique sur la planète, mais dans le sens où notre être se fonde sur le couplage structurel d'un corps animal et d'un milieu technique et symbolique, son complément à la fois social et écologique. Ce couplage est notre " médiance ". Il engendre la réalité des milieux humains, dont l'ensemble forme l'écoumène : le rapport onto - géographique de l'humanité avec la Terre.

  • « Ce sont les Africains les plus pauvres qui migrent vers l'Europe. Les guerres de religions déstabilisent l'Afrique. Le contrôle social est si fort qu'il décourage les initiatives et favorise la violence. L'agriculture africaine est archaïque et figée. Les agriculteurs familiaux subsahariens sont dans l'incapacité de nourrir les villes. Le chaos urbain est alimenté par une urbanisation galopante. Les Africaines sont soumises et participent peu au développement.» Qui n'a pas entendu ou lu ce florilège d'idées reçues sur l'Afrique subsaharienne?
    En 2015, l'optimisme économique est de mise et a braqué le regard sur de nouveaux thèmes : de « l'Etat fort » à la « bonne gouvernance », de la nécessaire « accumulation » à l'irruption des « classes moyennes », de la « société civile» à l'urbanisation modernisatrice. Cela s'accompagne de normes de perception nouvelles issues du courant libéral : individualisme, malthusianisme démographique et écologique, compétitivité et attractivité fiscale, climat des affaires, etc.
    L'afro-pessimisme n'a pourtant pas disparu. Il s'est nourri de la montée en puissance de l'islamisme radical et s'appuie toujours sur une analyse de l'archaïsme des mentalités et des comportements rétrogrades. Incompréhensions et peurs cohabitent avec arrogance ou mépris. L'Afrique est ainsi criminelle ou victime, gagnante ou dynamique.
    Pourquoi les Africains restent-ils encore pauvres dans une Afrique très convoitée ? Le passé permet-il de construire le présent ? Mentalités rétrogrades et comportements irrationnels seraient-ils à l'origine du mal développement ? Doit-on miser sur une urbanisation prédatrice au détriment de campagnes archaïques pour le développement? De quels changements l'Afrique est-elle porteuse et quels en sont les acteurs ?
    A partir des 50 idées retenues, la nouvelle édition de cet ouvrage repensée et actualisée, répond à ces questions en utilisant le savoir acquis pour identifier la part de vérité et d'erreur qu'elles peuvent receler. Sans complaisance, mais avec lucidité.

  • La géographie est souvent considérée comme la " science coloniale " par excellence.
    L'exploration puis la colonisation des espaces africains et asiatiques aux xixe et xxe siècles ont suscité un immense travail de description topographique, de classification ethnique et d'analyse socio-économique à la fois sur le terrain colonial et en métropole. le savoir géographique devait permettre de conquérir puis de gouverner de vastes étendues avec un minimum d'administrateurs et de " mettre en valeur" les colonies de façon rationnelle.
    Les colonies ont pu en outre constituer un laboratoire de la modernité géographique, lieux d'expérimentation de nouvelles pratiques de gestion et d'aménagement de l'espace, susceptibles d'être ensuite importées en métropole. des premières missions d'exploration africaines aux études géographiques sur les sociétés post-coloniales, cet ouvrage éclaire à la fois la dimension spatiale du fait colonial et la matrice coloniale de la discipline géographique.

  • Cet ouvrage s'intéresse à tous les types d'espaces protégés (parc national, parc naturel régional, réserve naturelle, etc.) qui couvrent actuellement 13 % des terres émergées, soit 21 millions de km². Il propose une palette d'analyses et un panorama mondial des crispations sociales et politiques liées à la présence d'espaces protégés. Qu'il s'agisse de réserve naturelle marine, de réserve de développement durable des confins de la forêt amazonienne, de parc au sein de denses mégapoles, les espaces protégés s'inscrivent dans des contextes de peuplement et de développement contrastés.
    Ces exemples sont étudiés sous l'angle des conflits environnementaux et de l'acceptation par les populations. Pourquoi les espaces protégés s'accompagnent-ils fréquemment de tensions, comment les prévenir et tenter de les résoudre ? En essayant de s'approprier (ou de rejeter) l'espace protégé existant ou en gestation, les acteurs impliqués modèlent ce territoire en fonction de leurs aspirations.
    La dimension sociale inhérente aux espaces protégés se déploie ici dans toute sa richesse et sa complexité. Par l'analyse des espaces protégés, c'est la compréhension de nos sociétés contemporaines dans leurs rapports à l'environnement qui se dessine.

  • Qu'est-ce qu'une carte aujourd'hui ? Revolutionnee par la mise en ligne de l'imagerie en 2005 avec Google Earth, la carte ne perd-elle pas le Nord ?
    Cet ouvrage se propose d'apporter quelques pistes pour s'y retrouver. La carte est definie comme une mise en scene du territoire qui s'appuie sur trois grands moments, a savoir des espaces de temps plus ou moins longs, mais en interaction permanente : la reflexion en amont, la construction au centre, l'interpretation et la communication en aval.
    Cette complexite dans la realisation implique de multiples choix et amene a reconsiderer la carte, non comme un simple outil, mais comme un acte eminemment responsable. Il s'en suit une redefinition de ce qu'est egalement un cartographe avec les developpements des SIG (Systeme d'Information Geographique) et de la geomatique.
    Outre les aspects theoriques, conceptuels notamment, qui sont fortement developpes, on trouvera egalement ici des exercices pratiques qui font de cet essai un ouvrage complet.

  • Comment et à quel prix faire progresser l'intégration territoriale et sociale de l'Europe au-delà d'une intégration financière discutée ? Comment ménager le territoire de la France en l'aménageant ? Comment profiter des différences des lieux de France et d'Europe sans exagérer les disparités sociales et risquer les dérives localistes, la haine et l'exclusion ? Selon l'esprit des recherches scientifiques et des curiosités citoyennes définies dans le précédent volume Champs et contre-champs, l'auteur apporte sur ces sujets, en une trentaine de témoignages, des réflexions sollicitées en différents lieux, qui vont des mouvements associatifs aux institutions publiques et à quelques instances professionnelles et patronales.
    Les transformations de l'espace européen et les voies de son intégration, les perspectives de villes, de départements ou de régions de France, la place des transports et l'extension des réseaux, les débats soulevés par l'aménagement du territoire sont abordés par un géographe qui s'y est impliqué en s'efforçant de conserver une nécessaire distance critique.


  • en 1965, l'inde échappe de peu à la famine grâce à des importations d'urgence ; douze ans plus tard, elle est à peu près autosuffisante en céréales.
    aujourd'hui, des stocks publics de grains peuvent être exportés en bénéficiant de subventions. alors que sans doute plus d'un tiers du milliard d'habitants souffre de malnutrition. comment expliquer ce paradoxe? l'enjeu agricole et alimentaire en inde est aussi un enjeu géographique : l'ensemble du territoire national se trouve théoriquement couvert par des flux de grains achetés par l'etat dans les régions de surproduction et revendus ensuite à prix subventionnés dans les villes et les campagnes déficitaires.
    or, bien des familles misérables ou des régions pauvres ne sont pas desservies. pourquoi ce système étatique, peu efficace et coûteux, demeure-t-il dans une inde qui connaît pourtant une puissante libéralisation économique? bien des facteurs l'expliquent, y compris les intérêts de certains dans la fraude et la contrebande. cet ouvrage met en lumière une autre raison : la conception du territoire national propre à l'hindouisme, fondée sur la nécessité de relier les points cardinaux aux quatre coins du pays par des flux de toutes sortes.


  • L'Afrique subsaharienne connaît depuis peu une accélération de son histoire. Bénéficiant d'un accroissement soudain de sa richesse, elle s'éveille pour s'affirmer, profitant du basculement géopolitique entamé par l'effondrement du mur de Berlin (1989) et poursuivi par la montée en puissance des pays émergents contestant avec succès le leadership d'un Occident vieillissant et dépressif.
    Toujours lesté dans l'imaginaire mondial par le nombre de personnes pauvres et sous-alimentées, déplacées et réfugiées, le sous-continent cherche plus que jamais à affirmer son autonomie dans la décision et l'action en s'appuyant sur ses potentialités et en essayant de surmonter ses nombreux handicaps.
    Cibles de l'action humanitaire et objet de la compassion internationale, les jeunes subsahariens reprennent malgré tout confiance en eux pour faire face au défi et au risque du gouvernement de soi.
    Comment les Africains vont-ils construire cette deuxième indépendance qui s'annonce et utiliser cet enrichissement pour améliorer leur sort ?
    Poursuivant la réflexion entamée dans L'Afrique des idées reçues, ce livre se propose d'explorer avec lucidité les itinéraires possibles des Afriques dans les champs de la géopolitique et de l'analyse sociétale, de l'économie et de l'histoire et dans les représentations qui en sont données.

  • Le Liban est un tout petit pays, à peine plus étendu que le département de la Gironde, mais un État sous haute tension depuis plus d'un demi-siècle, recru de menaces extérieures comme de divisions intérieures.
    Les dix-huit " communautés " qui le peuplent, qui sont autant de confessions religieuses, sa très forte minorité chrétienne dans l'univers musulman du monde arabe, sa position stratégique au coeur de la situation géopolitique complexe du Proche et Moyen-Orient, sa frontière avec Israël, en état de guerre plus ou moins ouverte depuis des décennies, la terrible guerre à la fois civile et étrangère (1974-1990) qui l'a ravagé, font de ce pays un objet d'étude difficile à cerner, d'autant que les informations que l'on peut recueillir sont parfois lacunaires et souvent contradictoires. Néanmoins, les contrastes, d'autant plus accentués que les dimensions du pays sont restreintes, frappent tous les observateurs : contraste entre le nord de la Vallée de la Béqaa, sub-aride, et le Mont Liban, largement arrosé et enneigé ; contraste entre les grandes cultures de la Béqaa et la petite agriculture pauvre du Akkar au Nord ou de la Haute Galilée au Sud ; contraste enfin entre les villages isolés de la montagne et la vie commerciale et culturelle de la capitale tentaculaire : la région métropolitaine de Beyrouth rassemble plus du tiers de la population libanaise habitant le Liban. Les Libanais constituent aussi la plus forte diaspora mondiale proportionnellement à la population fixée au pays. Le mythe de la " Suisse du Proche-Orient " est mort, probablement définitivement, dans la tourmente de la guerre, même s'il reste une puissante infrastructure bancaire et commerciale qui constitue le segment le plus solide de l'économie fragile, presque entièrement tertiaire. En décrivant les contrastes du cadre physique, la mosaïque du paysage et celui des villes, comme les défis liés aux problèmes environnementaux, cet ouvrage parvient à donner une vision un peu plus nette du Liban d'aujourd'hui.

  • Vies citadines

    Gervais-Lambony/Dori

    cet ouvrage est le fruit, original, d'une écriture et d'une réflexion collectives de quinze chercheurs et enseignants-chercheurs de diverses disciplines et institutions, travaillant à partir de terrains très variés, du nord comme du sud, sur ce qui fait la ville aujourd'hui pour ceux qui l'habitent.
    il entend répondre au discours commun sur l'évolution univoque des organismes urbains dans le contexte de la mondialisation, comme à l'inquiétude suscitée par ce que seront les villes du xxie siècle. les textes présentés analysent, à travers l'observation des vies citadines, les interactions contemporaines entre les recompositions spatiales et sociales urbaines. ils proposent des éléments de réponse aux débats actuels se rapportant à la question de la dissolution de la ville dans l'urbain, à la déconnexion, annoncée par certains, des liens entre citadinité et urbanité, ainsi qu'à la notion de fragmentation urbaine.
    a l'image de certaines rues de nos villes, le plan de l'ouvrage invite plutôt à la flânerie. a chacun donc son itinéraire citadin au fil des pages. ce qui fait le lien d'un texte à l'autre, c'est la recherche commune de ce qui fait ville malgré tout, pour le meilleur ou pour le pire.

  • Cet ouvrage s'intéresse aux lieux laissés vacants, avec le projet d'y débusquer le sens caché que recouvre leur expulsion du jeu social. Il aborde leur réaménagement ou leur restauration, leur " renaturation ", qui leur confère une valeur mémorielle. Autrement dit, il s'essaie à décrypter le jeu subtil de l'oubli et de la mémoire qui s'y joue, entre l'enfouissement et la résurgence.
    Parmi ces lieux, l'auteur examine particulièrement les friches et étudie celles-ci sous leurs multiples facettes. En référence à leur statut, qu'on les qualifie de rurales, urbaines, industrielles, militaires, touristiques... même si le plus souvent elles sont tout cela à la fois. En rapport à leur durée, variable, car il en est d'immémoriales mais aussi d'éphémères, d'involontaires et de circonstanciées. Et au regard de leur finalité, dès lors qu'elles sont réappropriées par des activités patrimoniales, touristiques...
    La thèse ici soutenue serait que les espaces délaissés deviennent des lieux de mémoire par le biais de leur réappropriation patrimoniale, dès lors qu'une recherche identitaire s'accommode de leur mise en tourisme. La friche est donc présentée ici comme un fondement de l'illusion mémorielle patrimoniale, une nostalgie du Rétro.
    C'est en cela que la Vacance des lieux fait consensus social, en ce sens qu'elle dépassionne les tensions. Qui pourrait s'offusquer qu'un tel miracle se fasse au prix de détournements de sens ?

  • Le Monde bouge.
    La géographie, qui cherche à comprendre comment l'humanité le produit, l'habite, l'organise et le transforme, est une science qui change. Un géographe, engagé dans ces dynamiques, témoigne. Il dit ses raisons, et son usage de la raison critique. Il rassemble ici propos, réflexions et analyses sur la géographie aujourd'hui, son enseignement et sa place dans la cité, ses méthodes et ses ouvertures - ses champs et ses contrechamps.
    Il réagit à quelques faits symboliques de la transformation des lieux et des entreprises. Il s'explique sur deux de ses propositions originales : la chorématique comme outil d'analyse ; l'antimonde comme représentation des lieux retranchés, parasites ou intégrateurs du Monde apparent.

  • La nouvelle ère de mondialisation de l'économie ouvre la porte à la réflexion sur l'opposition entre tourisme international et société d'accueil.
    Parmi les grandes cités de la Nouvelle-France (1535-1763), deux villes connaissent aujourd'hui un engouement massif de la part des touristes : Québec et La Nouvelle Orléans. Lieux historiques de marge française en Amérique du Nord, ces deux villes continuent d'exister à titre de paysages imaginaires. Attirés par les mythes et légendes que colportent les guides touristiques, les voyageurs découvrent des lieux vantés par des " faiseurs d'images " du XIXe siècle.
    Québec apparaît encore sous le jour d'une ville médiévale et catholique auréolée du prestige de ses hauts faits et La Nouvelle Orléans conserve une aura de ville à la fois française, européenne et catholique. Une géographie imaginaire servie par un écrin patrimonial perpétue le mythe d'une France à la fois vertueuse et immorale, d'un passé indéfini dans lequel se meuvent, en ce début de XXIe siècle, touristes et résidents, amoureux du patrimoine et simples curieux, tous amateurs d'expériences à saveur française.

  • Les Guides imprimés du XVIe au XXe siècle.
    Villes, paysages, voyages reflète le colloque consacré à l'histoire des guides qui accompagnent les " touristes " européens depuis la Renaissance jusqu'à nos jours, depuis les voyages des humanistes et le " Grand tour " des élites sociales jusqu'au tourisme de masse.
    Cette histoire, qui n'est pas linéaire, relève de plusieurs champs disciplinaires : l'histoire du livre, de l'édition et de la lecture, l'histoire des villes, des paysages et de l'espace ; l'histoire des voyages, des mobilités et de l'accueil.
    Elle invite à opérer des rapprochements et des recoupements avec des genres littéraires proches (récits de voyages, dictionnaires, chroniques et histoires...).
    Le colloque s'est tenu à l'université Paris VII-Denis Diderot, les 3, 4 et 5 décembre 1998 ; la rencontre était organisée en collaboration avec le Centre d'Histoire Urbaine de l'ENS de Fontenay/Saint- Cloud, du Centre d'Histoire de la Ville de l'université François Rabelais de Tours, de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l'université de Limoges et de l'université de Marne-la-Vallée.

  • 3 400 diamants retrouvés dans l'estomac d'un Angolais.
    Presque un milliard de brillants taillés en Inde chaque année. Trois mille fois le prix de l'or... Le plus cher objet qui soit - et pourtant si répandu. Depuis Cecil Rhodes en 1870, tout un monde s'en occupait, discret et secret sous l'apparent éclat, tenu par un étrange monopole britannique aux moeurs moyenâgeuses, jusqu'en pleine mondialisation libérale. Ce monde est bouleversé. Il vient d'entrer en révolution.
    Guerres, crimes et contrebandes en Afrique, émergence de nouveaux pays comme la Russie, l'Australie et le Canada, et de nouveaux foyers comme Tel Aviv et Bombay, ouverture de la Chine, montée du pouvoir noir en Afrique du Sud, irruptionde grands trusts miniers, invention du diamant synthétique et des imitations, mode des marques et demande de certificats d'origine, concurrence des pierres précieuses : tout change, et la confiance n'est plus ce qu'elle était.
    D'un seul coup, De Beers se retire de la bourse, renonce à son monopole, concurrence ses propres clients et se lance avec Vuitton dans les boutiques de luxe. Il en découle une saga étonnante voire détonante, où s'illustrent managers et aventuriers, géologues de génie et trafiquants d'armes, sociétés à risque et passeurs de tout calibre animant un monde surprenant et son antimonde inévitable. Tout cela pour des poussières de charbon qui brillent, hors de prix mais à la merci des modes et des changements d'humeur des consommateurs.

  • Tracer des routes ; dresser des murs ! Voilà quelques traces de l'écriture des hommes sur la Terre. Elles désignent les lieux et les territoires du Monde, mais en fondent aussi les ordres, pas toujours visibles : l'espace habité.
    Être né ici ou là ; parcourir le Monde ! Voilà autant de « pratiques géographiques » qui participent, - comment et jusqu'où ? - à élaboration de l'identité de chaque homme, par sa dimension géographique : l'habitant.
    Rencontrer les autres « chez eux », être soi-même un autre « chez soi », face à ces autres venus d'ailleurs et, sans bouger, être déplacé !
    Voilà que l'espace habité n'est plus la topographie inerte des interrelations humaines, mais encore l'un de leurs enjeux : la cohabitation.
    Habiter ! Un infinitif substantivé aux consonances d'un autre âge peut donner un mot à ces multiples expériences du monde et les synthétiser. Il vaut aussi comme rappel des transformations du Monde contemporain, dans la perspective moderne de la « société à habitants mobiles ». Il était juste, et temps, que la science géographique s'y invitât, démontrant à quel point elle est en mesure de soulever les grandes interrogations, existentielles et politiques, qui en fondent la pertinence et la portée.
    Loin des vagues mystères insondables de la nature humaine, ce travail, fruit d'une recherche singulière et collective de plus de 10 ans, s'attache à démontrer que l'humaine condition géographique, faite de savoirs et de compétences, s'apprend comme une des clés stratégiques de l'habiter contemporain. Et voici que s'ouvrent les futurs, collectifs et singuliers des habitants du Monde, dans cette conclusion résolue que le choix de la Raison constitue, dans la perspective d'un tel horizon, l'option la plus sûre.

  • NOUVEAUTÉ Lettres / Sciences humaines ????????????????








    Présentation de l'ouvrage " Ville Éternelle " : l'expression qui désigne couramment Rome depuis le IVe siècle de notre ère retrouve une nouvelle actualité à l'heure où les politiques tentent de promouvoir la " ville durable ".
    Pour comprendre comment la ville a construit son " éternité " en surmontant les perturbations, cet ouvrage de géohistoire, fondé sur la lecture géographique de sources historiques, compare les deux transitions territoriales les plus récentes qu'a connues Rome : la transition multiforme des débuts de l'époque moderne et le Risorgimento (la Renaissance).
    Bien qu'il couvre la période du XIIIe siècle à nos jours, il ne propose donc pas une nouvelle histoire de Rome ou du moins de " Rome après Rome ", mais une investigation de la durabilité urbaine à partir de l'analyse de ses principales crises et renaissances.
    Géraldine Djament-Tran démontre ici avec maestria qu'il peut exister des configurations spatio-temporelles qui maintiennent la persistance d'une centralité politique, religieuse, économique.... , tandis que les éclipses qu'a connues la ville (chute de l'Empire, errance de la capitale, déclin de la chrétienté...) conduisent à poser une des questions fondamentalement géographiques du livre : comment une ville qui perd son statut peut-elle surmonter, en demeurant, la disparition de la construction territoriale qu'elle a et qui l'a produite ?

    Présentation des auteurs Géraldine Djament-Tran est maître de conférences en géographie à l'université de Strasbourg. Ses champs de recherche sont la géographie urbaine, la géohistoire, l'épistémologie et la géographie du patrimoine.

    Point fort - Une cartographie riche et complète : 25 cartes et 19 figures Public concerné Etudiants en histoire, géographie, urbanisme, aménagement, et écoles d'architecture.

    Dans la même collection ? ????????????????????????????????????????????????

  • La question de la métropolisation parisienne émerge comme un enjeu économique, politique, culturel majeur au XXIe siècle.
    Il peut paraître paradoxal que dans cette « capitale mondiale du tourisme », qui attire annuellement plus de 40 millions de visiteurs du monde entier, le phénomène touristique n a été que très marginalement abordé comme un des facteurs de compréhension et de production du processus de métropolisation. Tel est l objectif des géographes, urbanistes, architectes, anthropologues ou sociologues réunis dans cet ouvrage : aborder le tourisme en tant que facteur du développement et du renforcement de la métropole parisienne, par sa contribution en termes de concentration humaine et d apport économique, financier, culturel.
    Comment le tourisme contribue-t-il à redessiner la métropole parisienne ? De quelle façon contribue-t-il à la renforcer par ses apports culturels, sociaux ou économiques ? De quelle façon permet-il de renégocier les limites d une ville administrativement enfermée dans un périmètre rigide ? Comment participe-t-il à la création d un imaginaire métropolitain ? Telles sont les questions, appliquées à Paris en tant que « laboratoire » privilégié par rapport à d autres métropoles, avec in fine, cette interrogation : la question touristique ne constitue-t-elle pas un paramètre de calibrage, de « bonne maille » métropolitaine ?

  • La mobilité des pauvres

    Sylvie Fol

    Au cours des dernières décennies, la croissance sans précédent de toutes les formes de déplacement fait sans doute partie des phénomènes qui ont le plus marqué les évolutions de la ville. Cependant, tous les groupes sociaux ne sont pas concernés au même titre par l'explosion de la mobilité et celle-ci constitue aujourd'hui un véritable discriminant social. La faible mobilité des "pauvres" apparaît ainsi, aux yeux de certains auteurs, comme un handicap dans une société où l'aptitude à se mouvoir serait devenue une valeur centrale. C'est en partant de cette approche que des politiques tendant à favoriser la mobilité des personnes les plus démunies ont été mises en place. Dans un premier temps, ces actions ont été centrées sur le désenclavement des quartiers concentrant les populations pauvres par le biais d'une amélioration de l'offre de transports en commun. Plus récemment, les politiques se sont davantage axées sur le développement de la mobilité individuelle considérée comme un moyen privilégié d'intégration professionnelle et sociale.
    A partir d'exemples pris en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, cet ouvrage tend à montrer que si l'accès à la mobilité est une ressource dont il est évidemment nécessaire de doter les habitants des "quartiers pauvres", il est beaucoup plus contestable de transformer l'objectif d'amélioration de la mobilité en injonction à la mobilité, comme l'évolution récente des politiques d'insertion semble en témoigner. En effet, si l'incitation à bouger devient obligation, il est à craindre que les habitants des quartiers en difficulté y perdent une bonne partie de leurs ressources, fondées aujourd'hui sur la proximité et les réseaux sociaux au sein du quartier.

  • Dans le sillage d'Edward W. Said qui définissait l'impérialisme comme un « acte de violence géographique, par lequel la quasi-totalité de l'espace mondial est explorée, cartographiée et finalement annexée », la géographie est apparue comme la discipline de l'impérialisme par excellence. Du xixe au milieu du xxe siècle, les savoirs sur l'espace ont été indéniablement des instruments puissants de la conquête puis du contrôle social des territoires non européens, mais cette évidence a conduit à une analyse souvent très réductrice de leurs contenus. Ces savoirs offraient-ils tous la même représentation des sociétés et des territoires non européens ? Ressassaient-ils tous à l'envi l'irréductible différence entre l'Européen et l'Indigène ?
    Florence Deprest propose ici de reconsidérer la catégorie de géographie coloniale à travers l'étude de la géographie universitaire de l'Algérie entre 1880 et 1950. L'auteur opère une mise en relation des discours savants, des conditions institutionnelles de leur production et de leur circulation entre colonie et métropole, ainsi que des contextes politiques et des pratiques concrètes de leur mise au service du pouvoir.
    Donnant à observer des scientifiques qui participent tous de la nébuleuse coloniale, elle montre comment ceux-ci développent des conceptions variables et parfois antagonistes sur des thèmes aussi stratégiques que les limites naturelles de l'Algérie ou l'évolution des genres de vie indigènes.
    Très loin d'une réhabilitation de la géographie coloniale française, l'ouvrage met au jour les logiques contradictoires au coeur des savoirs universitaires et dévoile ainsi les visages multiples de la domination.

  • L'Institut de Saint-Gervais a réuni une équipe pluridisciplinaire de chercheurs autour du désir commun de travailler sur la mutation des stations touristiques de la montagne alpine.
    Cette recherche-action avait pour ambition des produire, avec et pour une collectivité locale " Saint-Gervais-les-Bains, Haute-Savoie), des matériaux scientifiques et des scénarios de son devenir. Il restait à dresser un bilan sans complaisance de cette expérience, en évoquant ses limites comme ses points forts.

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