Belin

  • Le paradis perdu

    John Milton

    Le Paradis perdu, composé par Milton en 1667 dans la détresse et la cécité, demeure le grand poème épique de la littérature anglaise. Ce poème en douze livres conte la chute de Satan qui, pour se venger de sa déchéance, va corrompre Adam et Ève, les créatures de Dieu, qui seront chassés du Paradis. En 1836, Chateaubriand en fait paraître une traduction intégrale, extrêmement fidèle, digne de ce chef-d'oeuvre.
    Dans ses « Remarques sur la traduction » qui précèdent le texte même du Paradis perdu, Chateaubriand révèle les principes qui l'ont guidé dans son travail de traducteur.
    Enfin, les notes établies par Claude Mouchard éclairent nombre des allusions - bibliques, mythologiques, littéraires, scientifiques - que renferme le poème.

  • Qui sont véritablement les Celtes ?

    Durant deux millénaires, les Celtes ont été oubliés mais, depuis quelques décennies, ils occupent le devant de la scène historique, effaçant du même coup Gaulois et Germains. Qui étaient-ils en réalité?? Et ont-ils même existé??

    Pour répondre à ces questions, l'auteur se livre à une vaste enquête, l'obligeant à remonter aux sources écrites les plus anciennes. Il apparaît ainsi que, depuis leur rencontre avec les voyageurs grecs, les Celtes n'ont cessé d'être l'objet des mythes les plus divers, des plus poétiques aux plus idéologiques, voire raciaux. Parce qu'ils ont toujours paru indéfinissables, généalogie, histoire, linguistique, archéologie et comparatisme se sont emparé d'eux comme des exemples ou des modèles malléables à merci. Chacun peut s'imaginer ces hommes à sa manière et les utiliser dans des théories qui souvent ont peu à voir avec l'histoire objective.

    Il est temps aujourd'hui de rendre les Celtes à leur réalité et, dans les récits qui ont été donnés de leur histoire, de faire la part de l'invention.

  • Durant plus d'un mois, Nicolas Werth, spécialiste reconnu des politiques de violence en URSS et de l'histoire du Goulag en particulier, et ses compagnons de voyage vont sillonner la Kolyma, région symbole du goulag, la plus éloignée et la plus inaccessible, à la recherche des dernières traces du plus grand ensemble concentrationnaire soviétique. Durant 25 ans, entre 1930 et le milieu des années 1950, 20 millions de soviétiques sont passés par ces camps, 2 millions sont morts au Goulag, plus d'un million ont été exécutés.
    Nicolas Werth a retrouvé les traces des derniers survivants. Il a visité les rares musées, nés généralement d'initiatives privées, où sont exposés des rares vestiges de la "civilisation goulagienne" encore conservés. Il a sillonné les pistes de la Kolyma, construites par les détenus eux-mêmes, pour tenter de retrouver les restes des camps de travail forcé, où les détenus extrayaient, dans des conditions extrêmes (-50 °C l'hiver), l'or, grande richesse de la Kolyma, le cuivre, l'uranium et d'autres minerais.
    Une quête souvent vaine, tant les traces se sont effacées dans ce milieu que l'homme n'a jamais véritablement conquis. La nature a repris ses droits, la taïga et la toundra ont englouti les derniers vestiges des camps.
    Dans ces conditions, comment l'historien peut-il encore appréhender cette civilisation disparue? À travers les seules archives administratives, les récits des derniers survivants?
    Ce voyage à la recherche de la Kolyma perdue est aussi une réflexion sur le métier d'historien.

  • Souvenirs et solitude

    Jean Zay

    Dans sa cellule, pendant trois ans, Jean Zay a écrit au jour le jour le journal de sa captivité. Au-delà de la chronique de la vie quotidienne d'un prisonnier, c'est un regard porté sur la vie politique du moment, et une réflexion hautement politique de l'auteur sur son action passée et sur la situation de la France à l'époque. C'est un livre exceptionnel, à l'image de son auteur : à la fois homme politique, résistant, écrivain et penseur d'une immense culture.

  • Guidé par ses compétences d´orientaliste et inspiré par la phénoménologie herméneutique, l'ambition d'Augustin Berque dans cet ouvrage est de retrouver l´unité de l´être et du monde.
    Cette dernière a été sacrifiée par la géographie, devenue science de l´organisation de l´espace, mais aussi par la philosophie occidentale, qui privilégie l´être en lui-même, en dehors de sa relation au milieu. Cette relation existentielle des hommes à leurs lieux, il la nomme écoumène.
    Il propose ainsi de « béer dans l´ombre, entre géographie et philosophie un vide immense », afin de « renaturer la culture et reculturer la nature ».
    Pour cela, comprendre la relation entre l´homme et la Terre est essentiel, car « si l´oeuvre humaine a un rôle dans le poème du monde, un rôle nécessaire, elle perd tout sens lorsqu´elle prétend s´en dégager ».
    Il s'agit d'aller « vers une civilisation plus humaine parce que plus naturelle, plus naturelle parce que plus cultivée ».

  • éloge de la lecture

    Michèle Petit

    À l'origine de cet ouvrage, il y a des voix de lecteurs et de lectrices, d'origines culturelles et de milieux sociaux différents et, en contrepoint, des souvenirs de lectures transcrits par des écrivains.
    Tous racontent les biais insolites par lesquels les livres leur ont permis d'apprivoiser leurs peurs, de construire et de réparer leur monde intérieur, de trouver des réponses aux questions qui les hantent, d'apprendre ce que d'autres ont trouvé comme solutions à la difficulté d'être sur Terre.
    Comme Jorge Semprun qui retrouve espoir dans un texte de Gide, après qu'on l'eut congédié en se moquant de son accent de jeune Espagnol, débarqué à Paris : « La boulangère du Boulevard Saint-Michel me chassait de la communauté. André Gide m'y réintégrait subrepticement. Dans la lumière de cette prose qui m'était offerte, je franchissais clandestinement les frontières d'une terre d'asile probable. » . Car, pour Michèle Petit, lire, c'est aussi un moyen de résister aux processus d'exclusion ou d'oppression, pour reconquérir une position de sujet au lieu de n'être qu'objet du discours des autres. En conjuguant sciences sociales et psychanalyse, l'auteur nous livre ici l'analyse de toutes ces expériences singulières où la lecture joue un rôle primordial dans la découverte et la construction de soi, comme dans l'ouverture sur d'autres cercles d'appartenance.

  • Peu connues en Europe, d'étonnantes expériences littéraires se multiplient aujourd'hui dans des pays confrontés à des conflits armés, des crises économiques, des catastrophes naturelles. Enfants, adolescents et adultes qui, jusque-là, avaient vécu au plus loin des livres se rassemblent autour de mythes ou de légendes, de poésies ou de bandes dessinées. Ils s'en saisissent pour résister à l'adversité et préserver un espace de rêve et de liberté. Bien plus qu'un outil pédagogique, la littérature est là une réserve où puiser pour donner sens à sa vie, la penser, imaginer d'autres possibles.
    L'apport vital de la lecture dans des temps de crise n'est pas le privilège des « lettrés » et ceux qui animent ces surprenants cercles de lecteurs travaillent à quelque chose de bien plus vaste que le soin, qui est d'ordre culturel, éducatif et, à certains égards, politique.

  • Les mythes grecs

    Ariane Eissen

    On peut voir au musée du Louvre une foule d'Apollons et de Dianes chasseresses.
    Les parcs, les jardins publics sont peuplés d'Hercules et on ne compte plus les tragédies, les opéras, les sonnets, les romans qui racontent les histoires de Phèdre ou d'Andromaque, d'Hippolyte ou d'Iphigénie, d'Électre ou d'Amphitryon. Et s'il nous prend l'envie de contempler un ciel étoilé, c'est pour y épeler les noms de Cassiopée ou d'Andromède, d'Orion ou du Centaure. Du reste, il n'est pas nécessaire d'aller si loin, ni si haut : le fil d'Ariane, les écuries d'Augias, le cheval de Troie, le talon d'Achille ou un président jupiterien, sont présents jusque dans nos locutions les plus courantes.
    La mythologie grecque est omniprésente, mais la connaissance que nous pouvons en avoir est le plus souvent fragmentaire et peu précise. Bref, nous aurions bien besoin d'être guidés dans ce labyrinthe.
    Pour éclairer cet héritage, les mythes grecs sont ici regroupés par grands cycles, expliqués et analysés. Chaque mythe nous est simplement raconté, puis sont présentés les textes qui nous l'ont transmis. Enfin - et c'est là sans doute une des parties les plus originales de son livre - Ariane Eissen explore la postérité du mythe, les diverses lectures qui en ont été faites et leur utilisation dans les époques modernes, depuis le Moyen Âge jusqu'à l'époque contemporaine.

  • À trois mois d'écart, en 1905, Albert Einstein découvre la nature quantique de la lumière, puis les lois de la relativité. Ces deux coups de génie de jeunesse irrigueront toute la physique du XXe siècle. Et pourtant, il n'était pas seul. On ne peut comprendre ses travaux sans les replacer dans ce début de XXe siècle foisonnant d'idées, où les physiciens discutaient avec passion de vastes problèmes : qu'est-ce que la lumière ? Les atomes existent-ils ? Au milieu de ce bouillonnement intellectuel, l'atout d'Einstein fut son approche totalement nouvelle de ces questions, une approche fascinante par la simplicité des idées initiales, contrastant avec les étonnantes conséquences qu'il en tira.
    Pour esquisser une image fidèle d'Einstein et rendre justice à son héritage scientifique, l'auteur de cet ouvrage, Silvio Bergia, se penche sur les différentes étapes qui ont façonné la personnalité du grand physicien, et sur le cheminement qui l'a conduit à ses résultats révolutionnaires. Avec une grande pédagogie, il dépeint le contexte scientifique de l'époque, de façon à révéler la subtilité de l'approche d'Einstein. Y a-t-il un "mystère" Einstein, comme le font penser de nombreux hagiographes ? Au fil des pages, le lecteur suivra Silvio Bergia dans sa tentative de lever le voile. "Le but de toute activité intellectuelle est de réduire tout mystère à quelque chose de compréhensible", a dit un jour un fameux physicien... qui s'appelait Albert Einstein.

  • N'y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette façon d'envisager la vie... Ainsi Charles Darwin achève son grand oeuvre, L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, publié en 1859. " Cette façon d'envisager la vie " bouleversa la biologie, mais aussi l'humanité en remettant l'homme à sa place dans l'Univers - à la façon d'un Copernic quelques siècles plus tôt - et dans le monde du vivant.
    Pour comprendre la genèse de ces idées et ce qu'elles recouvrent, suivons Darwin dans ses pérégrinations autour de la planète, dans le monde scientifique de l'époque victorienne et dans son intimité familiale. Ouvrage paru initialement dans la collection " Les génies de la sciences " (Belin-Pour la Science).

  • La question des origines de la Grande Guerre préoccupe les historiens. Pour deux raisons majeures : parce qu'elle est la première guerre totale de l'histoire ; parce que, détruisant un ordre ancien, elle inaugure l'ère des totalitarismes. Qui donc fut responsable du déclenchement de la Grande Guerre ? Existe-t-il même un responsable, ou les nations ont-elles basculé plus ou moins sciemment dans la guerre ? Les politiques ont-ils fait preuve d'aveuglement et d'inconséquence ? Gerd Krumeich, l'un des meilleurs spécialistes de 1914-1918, apporte une réponse frappante : l'Allemagne a joué le tout pour le tout et s'est servi de l'attentat de Sarajevo pour devancer une éventuelle agression de la Russie et de son allié français.
    Ce fut non pas la soif d'une suprématie internationale qui fut à l'origine de la crise mais une peur panique de l'avenir. Face au « péril russe », mieux valait déclencher la guerre « maintenant que plus tard ». Mais aucun des dirigeants politiques et militaires n'avait prévu ce que deviendrait le conflit, aucun d'eux n'avait imaginé l'horreur que seraient les batailles de Verdun et de la Somme.

  • De 1717 à 2018 la franc-maçonnerie éclaire et interroge de manière incomparable trois siècles d'histoire et d'identité européenne, de Lisbonne à Saint-Pétersbourg, de Stockholm à Zagreb.
    Europe des Lumières, Printemps des peuples, nationalisme et pacifisme, Société des Nations, guerre froide et construction européenne, après-communisme :
    Les francs-maçons unis ou divisés, écoutés ou exécrés, sont de tous les combats, présents sur tous les chantiers qui rythment l'histoire du continent.
    Ce livre fait le choix de rompre avec une juxtaposition d'histoires nationales pour proposer une perspective résolument européenne. Il mobilise les recherches les plus récentes et s'appuie sur l'exploitation des principaux fonds d'archives maçonniques européens ainsi que sur l'ouverture, en janvier 2002, des « Archives russes » du Grand Orient de France de retour de Moscou.

  • La géographie étudie le Monde comme territoire de l'humanité : dans son ensemble et toutes ses facettes, ses lieux, quartiers, contrées, pays, paysages et réseaux.
    Depuis qu'elle existe, l'humanité s'évertue à aménager le Monde, le réaménager, le diviser, le parcourir, le mettre en production et donc en valeur. Elle modifie sans cesse son habitat, produit tous les jours de l'espace, de la différence et de l'organisation - avec art et réussite souvent, mais non sans dégâts et perturbations dus à l'ignorance, aux erreurs, aux conflits, à l'avidité.
    À partir de questions simples et fondamentales, «qu'y a-t-il là, pourquoi est-ce là comme ça, et où cela va-t-il ? », le géographe scrute et déchiffre les traces et les signes que livrent les paysages, la distribution des activités et des habitats, des cultures et des comportements, même les noms des lieux et les antimondes.
    Or le nombre d'habitants vient de quadrupler en un siècle, et les capacités d'agir, de créer et de nuire ont changé d'ampleur et de nature. Ménager le Monde, mieux l'organiser et le protéger dans la perspective du long terme, et non de la spéculation et du profit immédiats, sont des devoirs civiques. Analyser, comprendre et représenter ces actions et ces différences qui changent le Monde est plus que jamais nécessaire. Ce livre, entièrement revu par rapport à l'édition originale, en donne les clés.

  • Neuf historiens ont mis leur science au service de l'histoire de Paris, pour en éclairer un aspect à la lueur de leurs propres travaux et des derniers acquis de la recherche. C'est ainsi que sont tour à tour abordées la question de la place des saints fondateurs dans la ville, celle de l'évêque, des enceintes, de la justice, de la bourgeoisie, de l'assistance, des femmes, de l'université, de l'aristotélisme, du roi en son palais et de la guerre civile.
    Ce sont autant de portraits d'une ville aux visages multiples qu'il est difficile de saisir dans son ensemble, mais leur mise en série permet ici de s'en faire une idée. Il en ressort néanmoins que Paris cumule déjà à cette époque les fonctions économiques, religieuses, intellectuelles, curiales et politiques, ce qui est unique en Occident où les villes peuvent rarement s'enorgueillir de plus de deux ou trois fonctions : Gand est avant tout une cité industrielle, Bologne une ville universitaire, Venise un pôle commercial...
    Cet épais feuilletage de fonctions variées est probablement l'explication de l'exceptionnel développement de Paris au Moyen Age.

  • Le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 est emblématique de la catastrophe qui a frappé toute l'Afrique des Grands Lacs depuis une vingtaine d'années. Il n'a été le fruit ni d'une fureur conjoncturelle, ni d'une fatalité ethnographique ou biologique, mais il est le produit très moderne d'une option extrémiste, jouant du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. En effet, cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l'inscription durable dans la culture de cette région d'Afrique d'une idéologie racialiste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, le « vrai peuple » rwandais majoritaire et une « race de féodaux ». Ce livre décrypte la construction de cette idéologie, trop méconnue, qui oppose les « vrais Africains » à des « faux nègres », ceux qu'on a appelés les Hamites depuis les années 1860 dans la littérature africaniste. Cette maturation se situe à la fois en Europe, dans l'histoire de l'anthropologie, et en Afrique, dans la logique des politiques coloniales, et elle se joue sur deux siècles, donc bien en amont de la crise des années 1990, et jusqu'à aujourd'hui. Le schéma racial dit « hamitique » est né de la même matrice intellectuelle que celui opposant Aryens et Sémites, qui a embrasé l'Europe dans les années 1930-1940.

  • Imaginez à quoi ressemblerait un matin dans un monde sans abeilles. Ce n'est pas seulement le miel qui disparaîtrait de votre table. Plus de confiture de groseille, d'abricot ou de marmelade d'orange. Plus de jus d'orange ou de pomme. Plus de café ni de chocolat. Il vous resterait le thé. Au rythme où les populations d'abeilles déclinent, ce cauchemar risque-t-il de devenir réalité ?
    Durant deux ans, Vincent Tardieu a sillonné la France et les États-Unis, rencontré des dizaines de chercheurs et d'apiculteurs, compilé près de deux cents publications scientifiques. Il présente ici les résultats d'une enquête exceptionnelle, où l'on découvre que de multiples raisons se conjuguent pour causer le déclin des abeilles : pesticides, parasites, pesticides, virus, apiculture intensive, appauvrissement génétique, mauvaise gestion de l'espace rural. Il est urgent de comprendre et, surtout, d'agir.

  • Léonard de Vinci a " dessiné " la science. Peintre de génie, il n'avait aucune formation universitaire et dut apprendre le latin, se faire expliquer les mathématiques, l'optique, l'hydrodynamique et l'architecture par les spécialistes de l'époque et surtout s'inspirer de l'observation de la nature pour comprendre le monde. Pour lui, saisir un phénomène, c'est en dessiner les aspects nouveaux. Ainsi, dans ses tableaux, n'hésite-t-il pas à insérer les dernières avancées scientifiques.
    L'auteur de cet ouvrage nous les restitue avec force et clarté : la lecture raisonnée des magnifiques oeuvres de Léonard, outre le plaisir esthétique, permet ainsi de faire également le point sur les connaissances de l'époque. Mais si Léonard de Vinci sut peindre la nature avec force et exactitude, il ne put maîtriser intellectuellement sa diversité: la nature est trop complexe, se plaint-il, pour que l'on puisse l'expliquer avec la rationalité scientifique.
    Nous sommes, de ce point de vue, tous des Léonard de Vinci. Ouvrage paru initialement dans la collection " Les génies de la sciences " (Belin-Pour la Science).

  • Apprendre !

    André Giordan

    Comment apprend-on ? Quelle est la place de la mémoire, de la motivation, du désir ou de l'émotion ? Que sait-on des capacités étonnantes du cerveau ? Pourquoi certains enfants ou adultes ont-ils tant de difficultés à apprendre ?
    Dans ce livre, l'auteur, lui-même ancien cancre, suggère une approche radicalement nouvelle de l'apprentissage. Il montre qu'apprendre est un processus complexe, souvent conflictuel, qui suppose de bousculer les conceptions ancrées dans nos têtes. S'appuyant sur sa longue expérience d'enseignant, André Giordan avance des propositions pratiques pour mieux apprendre et propose une redéfinition du rôle et de la place de l'école. Dans une société en pleine mutation, contrainte d'innover en permanence, il est vital, plaide-t-il, de développer une « culture du questionnement ».

  • Né en 1863 près de Morges (Suisse), Alexandre Yersin commence ses études de médecine à Marburg et vient les poursuivre à Paris en 1885. Il devient l'assistant du Docteur Roux à l'Institut Pasteur, inauguré en 1888.
    Attiré par l'exotisme, il s'engage comme médecin aux Messageries Maritimes, qu'il quitte en 1892 pour explorer l'arrière-pays indochinois, alors très peu connu.
    En 1894, il isole à Hong Kong le bacille de la peste, dont le nom scientifique Yersinia pestis vient démentir l'attribution souvent faite (et inexacte) au Japonais Kitasato.
    Fasciné par la côte d'Annam, Yersin fonde l'Institut Pasteur de Nha Trang, pour l'étude des maladies humaines et animales locales. Après un bref intermède à Hanoi, où il dirige l'École de Médecine, il regagne Nha Trang en 1904 et y vit jusqu'à sa mort. Il acclimate l'arbre à caoutchouc (Hevea brasiliensis) et l'arbre à quinquina (Chinchona ledgeriana) en Indochine.
    Mort en 1943 à Nha Trang, où il est enterré, il fait toujours l'objet d'une profonde vénération de la part de la population vietnamienne, qui reconnaît en lui un de ses bienfaiteurs.

    Henri Mollaret et Jacqueline Brossollet ont décrypté l'ensemble des lettres (un millier) adressées par Alexandre Yersin à sa mère, puis à sa soeur, toutes deux restées dans leur Suisse originelle. À partir des extraits les plus significatifs, selon eux, de ces formidables échanges, ils ont écrit cette biographie de Yersin qui demeure la référence bien des années après.

  • L'animal et la machine nous parlent-ils ? Y a-t-il des pensées dangereuses ? Pour avoir du goût, faut-il être cultivé ? Un monde humain sans affrontement est-il pensable? La diversité des cultures contredit-elle l'existence de valeurs universelles ? Le cinéma est-il un art ? Pour limiter le pouvoir de l'État, peut-on s'en remettre à l'État? À quoi sert la philosophie ? Autant de questions que cet ouvrage se propose de démêler, réunissant questions classiques et problèmes contemporains en dix-sept chapitres.
    Laurence Hansen-Love nous propose ainsi non pas une histoire de la philosophie, mais un cours particulier vivant et actuel de philosophie. Outre la présentation des points de vue ou des opinions des philosophes sur une question donnée, elle nous livre ici une parole singulière pour s'orienter dans le temps présent.
    A la fin de l'ouvrage qui se lit sans difficulté, le lecteur pourra se référer à un petit dictionnaire des termes et notions de philosophie.

  • La musique

    Elisabeth Brisson

    La musique est un art qui accompagne les hommes depuis la plus haute Antiquité. Elle a ses codes et ses techniques, elle a pris à travers les âges des formes variées, parfois déroutantes. D'où lui vient son extrême diversité ? Comment s'orienter dans cet ensemble complexe ? Pour répondre à ces questions, Élisabeth Brisson replace la musique dans le fil du temps. Chant grégorien, musique baroque, opéra, jazz, chaque forme est étudiée à la lumière de l'époque qui la vit naître.
    De nombreuses analyses d'oeuvres ponctuent ce parcours historique. En fin d'ouvrage, on trouvera un glossaire des termes, une bibliographie, un index et des repères chronologiques.

  • En 1974, l'écrivain dissident Alexandre Soljénitsyne fait imprimer en France son monumental Archipel du Goulag, dont il a réussi à faire sortir clandestinement le manuscrit d'Union soviétique. Ce récit terrible de son expérience de prisonnier dans les camps soviétiques lui vaudra d'être déchu de sa nationalité et contraint à l'exil, avant sa réhabilitation et son retour sous l'ère Gorbatchev.
    C'est à cette oeuvre que Lefort consacre, en 1976, Un homme en trop. «Du début à la fin de mon essai, écrit-il, je m'efforce d'éclairer le travail de l'écrivain Soljénitsyne, notamment l'extraordinaire relation dont il témoigne entre l'expérience de la servitude, la conquête de la parole et la volonté de savoir. Simultanément, je tente de repérer la logique du système totalitaire, les ambiguïtés qu'il véhicule, les obstacles auxquels il se heurte ». « L'homme en trop » du totalitarisme, c'est celui qui, comme Soljénitsyne, est considéré comme l'ennemi du peuple unique fantasmé par la machine totalitaire dont il bouleverse les calculs En outre, Claude Lefort, dans le premier chapitre, rappelle les jugements sévères et aveugles de plusieurs intellectuels de gauche sur le livre de Soljénitsyne lors de sa parution.

  • Mahomet naît à la fin du VIe siècle au sein des tribus du Hedjâz, dans l'ouest de l'Arabie. Orphelin dès l'enfance, il se lance dans le commerce caravanier, s'enrichit, mais s'avère insatisfait des cultes païens. Son existence bascule en 610 lorsqu'il entend une voix céleste lui ordonner de réciter un texte mystérieux, le Coran. Il devient alors le lecteur divin, celui qui appelle les gens de la Mekke à changer de vie devant l'éminence du Jugement. Raillé puis banni de sa cité, il trouve refuge à Médine, où son message rencontre un succès inespéré. Malgré les résistances des chefs tribaux, il organise la vie de la communauté, légifère et lance ses troupes à l'assaut de la Mekke, prélude à l¹unification de toute la péninsule.
    Les sources qui narrent son épopée et justifient son titre prophétique ne cessent d'interroger l'historien, car elles sont essentiellement musulmanes, donc partiales, et tardives, puisque rédigées entre le VIIIe et le Xe siècle. L'étude critique de cette documentation par la recherche moderne dévoile de multiples contradictions dans les récits, mettant au jour les « zones grises » de cette biographie officielle, parfois en opposition avec le Coran.
    La figure de Mahomet ressort de ces analyses plus complexe, moins monolithique.

  • Le poil a une histoire... Cet ouvrage, très documenté, la retrace en nous révélant l'infinie diversité des adaptations et des déclinaisons du poil à travers les époques, les civilisations et les continents. Car partout le poil a été - et n'a cessé d'être - un marqueur de comportement, un signe politique, un indice social, éthique et religieux, qu'il s'agisse du monde hébraïque, chrétien, islamique ou extrême oriental.
    Se déploie ainsi au fil des pages le kaléidoscope des traces multiples d'une histoire aussi singulière que méconnue : de Sumer à Babylone ; dans la France de Louis XIV, quand le sexe mâle s'enticha de la perruque ; dans la Chine mandchoue, où tous les sujets chinois devaient porter la natte ; lors de la Première Guerre mondiale avec la glorification des Poilus ; sans oublier la Turquie contemporaine, où les positions politiques ont de fortes incidences sur la forme des moustaches...
    Les marges de l'histoire ne sont pas omises, avec les eunuques byzantins ou les malheureux atteints d'hypertrichose - cette maladie qui se manifeste par une pilosité envahissante sur une partie du corps ou sa totalité - et présentés comme des monstres.
    Ainsi, du poil biblique au poil freudien en passant par celui des Poilus, chacun trouvera « son poil » dans cette étude riche en surprises et inattendus et, l'esprit aiguisé par la curiosité, il pourra, au fil de sa lecture, s'en tisser d'autres.

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