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  • Passionné par les affaires du monde -il est docteur en droit et diplomate - tout comme par celles de l'esprit - c'est un esprit féru de mathématiques, de physique, de logique, d'histoire, voire de géologie -, Leibniz pratique la philosophie en homme qui veut tout comprendre, tout concilier, élaborant, au fil de ses découvertes, d'ambitieuses synthèses. Ce livre permet d'entrer dans cette saga du savoir, pour en repérer les enjeux théologiques, scientifiques et philosophiques.

  • La philosophie de Ludwig Wittgenstein est une philosophie des chemins : chemins depuis une "première" philosophie fascinée par la pureté de la logique vers une "seconde" philosophie opérant un retour à l'ordinaire - tentatives sans cesse répétées de trouver une orientation dans le labyrinthe du langage. Ces parcours wittgensteiniens sont aussi ceux par lesquels le philosophe tente de déchiffrer les mystères de l'intériorité de l'esprit.
    Ce sont enfin ces sentiers par où l'on apprend progressivement à voir le monde autrement, pour parvenir enfin à être un homme digne. Les ouvrages sur Wittgenstein qui existent ou bien sont très succincts et ne permettent pas une connaissance solide de l'oeuvre, ou bien sont beaucoup plus fouillés mais s'adressent à des lecteurs déjà spécialisés dans sa philosophie. Cet ouvrage répond à ces deux défis en même temps : il parle un langage clair, ne présupposant pas de connaissance préalable de cet auteur, et il permet de cheminer en profondeur dans sa pensée.

  • Descartes n'invente pas le primat du sujet humain - déjà affirmée dans «l'humain mesure de toutes choses» de Protagoras ; il n'est pas non plus le premier à mettre au premier rang la rationalité - l'ontologie mathématique de Pythagore le précède en cela. Son originalité est de les poser ensemble. L'objet de ce livre est de comprendre comment Descartes s'y est pris pour tenter d'accorder ces deux positions théoriques adverses, et pour quelles raisons. Nous ferons alors ce constat : Descartes est moins le fondateur du rationalisme que celui qui fait entrer le rationalisme dans une crise profonde, caractéristique de la pensée moderne.

  • Éthique, politique, histoire, métaphysique, question du sujet. en philosophie, il est peu de domaines que Rousseau n'ait explorés, dans des genres littéraires variés : discours, roman, traité, lettre. Le livre montre comment, sous cette diversité d'écriture, Rousseau a reformulé des problèmes majeurs de la philosophie, mis en crise les notions de « modernité », de « civilisation » et de « progrès », donnant leur forme aux dilemmes de l'homme moderne. Rousseau établit des vérités et ces vérités forment système. Une pensée de l'institution se fait jour : instituer la société juste, la famille, l'individu, interroger le « moi ». Le livre s'organise en 4 chapitres autour de ces questions :
    I. 1750-1754 - Les Discours : l'éthique selon Rousseau.
    /> II. 1756-1761 - Lettre à d'Alembert et La Nouvelle Héloïse : Esthétique et politique des passions.
    III. 1762 - Le Contrat social et Émile : Instituer la société politique, instituer l'homme ; politique appliquée (Lettres de la montagne, Projet de constitution pour la Corse, Considérations sur le gouvernement de Pologne).
    IV. 1765-1778 - Confessions, Dialogues, Rêveries : Écriture du moi.

  • Ce livre étudie comment la philosophe Hannah Arendt pense la cité, ou encore le politique, cette dimension essentielle de la vie des hommes. Cheminant dans la tradition, avec des penseurs politiques comme Machiavel, Montesquieu et Tocqueville, Arendt bouleverse les rapports entre philosophie et politique. La pensée politique telle qu'elle la définit, en opposition à la philosophie politique classique, doit recevoir ses normes de l'expérience : le discours est second et puise à l'événement.

    Née en 1906 en Allemagne où elle s'est formée à la philosophie, juive, exilée en France puis aux États-Unis, Hannah Arendt a été projetée dans l'étude de la pensée politique par la force de l'histoire. Longtemps considérée comme une historienne, une journaliste ou une essayiste, Hannah Arendt est désormais reconnue comme penseur central du XXe siècle. Il s'agit de comprendre à la fois le travail théorique qu'elle a mené et sa revendication d'être, non pas une « philosophe », mais une théoricienne du politique. Sa volonté de pratiquer la philosophie en se situant hors champ n'est pas une simple critique de la tradition : elle inaugure une nouvelle manière de philosopher, où l'expérimentation conceptuelle ouvre de nouveaux champs pour la pensée.

  • Faire comprendre la genèse et la construction de la pensée de Platon, et la méthode inédite qu'il met au point pour penser, tel est l'objet de ce livre. Riche de ses débats avec de grands penseurs de l'Antiquité : Pythagore, Héraclite, Parménide, Gorgias. la dialectique platonicienne, alliant exigence de vérité et recherche d'efficacité, invente ainsi la philosophie. Découvrir la force et les enjeux de cette invention permet d'explorer, aussi, le sens qu'une histoire de la philosophie peut avoir aujourd'hui, et les défis qu'elle porte en elle.

  • Ce livre étudie comment la pensée de Nietzsche se développe, à travers sa maîtrise progressive d'un « nouveau langage ». C'est en transformant de l'intérieur les termes les plus habituels comme ceux de vérité, d'âme, ou de réalité que sa philosophie produit des modes de signification nouveaux. Comprendre Nietzsche et sa place dans l'histoire de la philosophie, c'est ressaisir cette démarche dans son dynamisme propre afin d'en percevoir toute l'originalité : c'est faire la généalogie de sa pensée.

    L'apparence fragmentaire des écrits nietzschéens, le caractère désordonné de leurs aphorismes semblent rendre vaine toute recherche d'un ordre et encourager à n'y voir que le reflet de mouvements d'humeur. Cette tentation est d'autant plus grande que les livres de Nietzsche paraissent faciles à lire, mais que le sens du tout demeure énigmatique, abandonnant le lecteur dérouté à ce que Nietzsche lui-même désignait comme un chaos. Pour prendre la mesure de cette philosophie originale, courageuse et indépendante, il ne suffit donc pas de repérer des thèses caractéristiques, ou de répéter ses formules les plus connues : il faut reconstituer les « circonstances dans lesquelles elles ont poussé », les sources dont elles émanent et les méandres qu'elles parcourent, c'est-à-dire mener à leur égard ce que Nietzsche lui-même désignera comme une « généalogie ».

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