Academie Royale De Belgique

  • Les idées, les critiques, les fantasmes, espoirs et angoisses transhumanistes sont culturellement omniprésents. La notion centrale d'amélioration/augmentation des capacités humaines n'est pas neuve. Ce qui est nouveau et qui porte le transhumanisme est que de la médecine à la robotique, des biotechnologies aux sciences cognitives, des nanotechnosciences à l'astronautique, ces idées et fantasmes connaissent de plus en plus d'ébauches de concrétisation. Ce sont ces avancées technoscientifiques projetées comme à poursuivre indéfiniment dans l'avenir qui provoquent la réflexion philosophique, éthique, politique, et lui accordent du poids et du sérieux.

  • Fondé en 1826 par Guillaume Ier d'Orange-Nassau, l'Observatoire royal de Belgique est la plus ancienne et la plus importante institution scientifique de Belgique. Son concepteur, Adolphe Quetelet voulut en faire un institut au service de la recherche dans toutes les sciences d'observation de l'époque.
    L'Observatoire a toujours gardé son caractère pluridisciplinaire en dépit des aléas de l'histoire, ce qui lui a permis de prendre une part active et efficace à la considérable évolution de la Science tout au long de son existence.
    Le propos de cet ouvrage est à la fois chronologique et méthodologique. Elle met en avant l'évolution des différentes disciplines scientifiques étudiées à l'Observatoire et leur influence sur les transformations successives de ses structures qui ont permis à cette institution de se maintenir, jusqu'à nos jours, au sommet de la recherche scientifique.

  • Jean-Charles Houzeau (Mons, 1820 - Bruxelles, 1888) est un scientifique belge majeur hélas trop méconnu. Engagé dans le journalisme de combat, ses articles témoignent du sort pénible des ouvriers et des inégalités sociales en Belgique. Grand voyageur, sa culture est celle d'un honnête homme curieux de tout et qui associe à la science les progrès sociaux qu'elle doit engendrer. En 1857, il part pour les États-Unis, une société qu'il croit égalitaire. Il déchante vite.
    Installé en Jamaïque en 1868, il y écrit l'essentiel de ses travaux, une dizaine de livres et quelque trois cents monographies scientifiques, témoins de ses intérêts multiples !
    Les lettres de Jamaïque, publiées ici et envoyées à sa famille à Mons, présentent un panorama exceptionnel des multiples centres d'intérêt de l'homme et d'une époque.

  • La science économique aime à se présenter comme la plus rigoureuse des sciences humaines. Pourtant, certains de ses axiomes de base sont proprement invraisemblables. Comment expliquer, dès lors, sa légitimité et sa diffusion planétaire? Comment expliquer la force probante du récit qu'elle nous raconte et l'omniprésence du raisonnement économique dans la prise de décision politique ?

  • L'économie de marché est-elle juste? Le juriste n'entend pas la question de la même façon que l'économiste et le philosophe. C'est peut-être un paradoxe mais il n'y a pas de théorie proprement juridique de la Justice, comme il en existe au sens de la philosophie morale ou de la science économique.

  • Ce que nous appelons « la » crise, celle qui a débuté en 2008, a sans doute plus que d'autres suscité cette question : l'économie de marché est-elle juste ? Ou, au contraire, porterait-elle en elle-même les inégalités, le chômage de masse, la pauvreté, en un mot, « l'horreur économique » ?
    Ce volume est le premier d'une série de six, faisant suite à une session de conférences organisées à l'Académie royale de Belgique, avec pour ambition de cultiver ce jardin du bien et du mal et de fournir à ses lecteurs une sorte de « boîte à outils » leur permettant de se forger leur propre opinion.
    Ce premier volume, pose la question de la nature du marché. L'auteur montre comment celui-ci peut, dans certaines conditions, arriver seul à un équilibre et que cet équilibre a des propriétés étonnantes, notamment du point de vue de la justice sociale. Mais que signifient-elles vraiment ?

  • Après avoir, dans un premier temps, reposé le problème préalable et inévitable de l'idéologie célinienne dans un précédent ouvrage (Louis Ferdinand Céline : mort et vif. !), Jacques Joset aborde désormais l'examen de ce qui fait de Céline un des plus grands écrivains français du XXe siècle : son écriture.
    À cet effet, l'auteur la compare d'abord au style de Marcel Proust, globalement considéré d'une manière dédaigneuse par l'auteur de Voyage au bout de la nuit, et en rassemblant ensuite les caractéristiques de l'écriture célinienne procurées par le Docteur Destouches à différents moments de sa vie littéraire.
    L'ouvrage est une tentative originale de comprendre les raisons de l'ébranlement produit dans les lettres françaises par l'écriture célinienne, encore timide dans Voyage au bout de la nuit (1932) et radicale dans les oeuvres de la trilogie allemande D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969).

  • En 1939, les Alliés se lancèrent dans une course à la bombe atomique contre les Allemands. Après la guerre ces derniers prétendirent n'avoir pas travaillé à la bombe mais seulement à un réacteur nucléaire « pacifique ».
    Cette version moralisante fut dénoncée par les lettres secrètes de Niels Bohr à Werner Heisenberg à propos de leur rencontre à Copenhague en 1941. Ce rendez-vous, ainsi que trois autres, entre d'éminents participants à l'aventure atomique sont racontés ici dans une pièce de théâtre dont les actes sont successivement présentés dans une interview fictive de Margrethe Bohr à la BBC.

  • L'accroissement de la population mondiale et sa concentration dans les villes conduit à une occupation excessive du sol par les constructions.
    Pour en libérer le sol, il est nécessaire de construire en hauteur.

  • En promulguant l'acte d'émancipation des serfs en 1861, le tzar Alexandre II traduisait une volonté ferme de moderniser les structures sociales et politiques de l'Empire pour se rapprocher d'une « Europe européenne ». Mais c'était sans en mesurer pleinement les conséquences, étonnamment contradictoires...

  • La Bible et le Coran sont des textes qui ne cessent d'être évoqués de façon péremptoire, pour justifier ou discréditer des pensées et postures diverses.
    Tant de certitudes laissent le chercheur assez perplexe car c'est plutôt la prudence qui devrait prévaloir lorsqu'on étudie des textes d'une telle complexité.

  • Si la religion est un motif récurrent dans la littérature arabe contemporaine, elle peut néanmoins être abordée de manières très variées : simple marqueur culturel ou au contraire matière romanesque, cause à défendre ou objet de critique. Cette dernière position ne se fait pas toujours sans risque : pour avoir écrit des romans jugés blasphématoires ou irrespectueux envers la religion, censurés par les autorités - qu'elles soient religieuses ou civiles - mais aussi par la presse, voire une partie des intellectuels, des auteurs ont été menacés de mort, d'autres ont été emprisonnés ou contraints de quitter leur pays. Cet ouvrage met en évidence quelques oeuvres de fiction dues à des auteurs de différentes confessions, du Maghreb au Proche-Orient en passant par la péninsule Arabique, qui posent un regard critique sur divers aspects de la religion : son poids sur la société, le comportement de ses représentants, l'intransigeance de ses dogmes.

  • La nation est une promesse de réalisation et d'unité. Elle réunit, par cet engagement implicite, les citoyens vers un narcissisme collectif qui sert, dans la foulée des cultes et des idéologies, à repeindre de sens un ciel métaphysique que l'homme perçoit de plus en plus vide au-dessus de lui. Mais dans le même temps, la nation se révèle être l'un des périls de la démocratie, car sa nature cachée est de réduire le monde à une expression homogène et à une continuité excluant le mouvement et la contingence ; la nature de la nation est de correspondre à la velléité de l'homme, terrifié devant le chaos du monde, de vouloir se fondre dans la totalité rassurante au risque de ne plus évoluer. Le danger inhérent à la nation consiste à se perdre dans le passé, dans l'identité et de promouvoir une idée de la pureté qui, par essence, peut tout broyer sur son passage, et qui refuse de voir l'utilité instrumentale de la démocratie comme outil de gestion d'une société.

  • L'énergie fossile a été hélas à la base de nombreuses guerres. En commençant par celle de 1914, en passant par le Traité de Versailles, l'émergence de la géopolitique grâce à l'intérêt des militaires, les besoins énergétiques de la guerre 40-45, les chocs pétroliers de années 70 et en finissant par les crises de l'Ukraine et l'Irak, ce livre montre comment la rareté énergétique a conduit à des tensions ou à des guerres. Pourtant, l'UE est devenue un havre de paix grâce à l'énergie. Aujourd'hui, l'abondance des énergies fossiles offre la possibilité tout à fait neuve d'utiliser l'énergie comme instrument pour apporter la paix et la sécurité sur terre. Pour tous.

  • Sans la technique et son fluide vital, l'énergie, notre vie ne serait plus possible. En trois siècles, des artisans et des savants, presque à leur insu, puis des ingénieurs et des scientifiques, méthodiquement, ont greffé durablement l'énergie dans le quotidien des hommes. Ils ont changé notre vie. Au risque même de la détruire. Pour mieux comprendre comment quelques personnages illustres ont ainsi façonné notre monde, il nous faut plonger dans leur histoire, partager leur questionnement, suivre le cheminement de leur pensée.
    Aujourd'hui, avec l'avènement de la « technoscience » et l'explosion et les succès de la R&D, les avancées de la science précèdent, déterminent et accompagnent la conception des machines. Le système ne va-t-il pas s'emballer ? Les interrogations et les inquiétudes du public, dépassé par la mutation, ont pris une grande extension.
    Évoquer les tribulations de la science et de la technique sur le chemin de l'énergie c'est donc aussi ouvrir un âpre débat sur les choix scientifiques et technologiques. Il n'est pas près de s'arrêter.

  • Alfred Russel Wallace (1823-1913) est l'un des plus grands naturalistes du 19e siècle. Autodidacte génial, co-inventeur de la théorie de l'évolution, explorateur de régions inconnues d'Amazonie et de l'archipel malais, père de la biogéographie, écologiste avant l'heure mais aussi socialiste, anticapitaliste, antimilitariste, féministe et donc « politiquement incorrect » dans l'Angleterre victorienne. Wallace est déiste et spiritualiste : il croit à l'existence d'un monde des esprits, à l'existence d'un pouvoir organisateur surnaturel, aux fantômes et en cela, aussi, il est « politiquement incorrect » pour ses collègues et amis comme Huxley, Hooker, Darwin qui cherchent à dégager la science de toute contrainte philosophique ou religieuse et à la fonder sur des bases rationnelles.
    Wallace est un personnage fascinant sur le plan scientifique et personnel. Sa vie est un vrai roman

  • Ce livre montre comment la rareté énergétique a conduit à des tensions ou à des guerres. Pourtant, l'UE est devenue un havre de paix grâce à l'énergie.
    Aujourd'hui, l'abondance des énergies fossiles offre la possibilité tout à fait neuve d'utiliser l'énergie comme instrument pour apporter la paix et la sécurité sur terre. Pour tous

  • Qui sont ces grands écrivains fantastiques féminins aux oeuvres originales et aux préoccupations très actuelles ? Du XVIIIe au XXIe siècles, de la Française Jeanne Le Prince de Beaumont, auteur du célèbre conte La Belle et la Bête, à Marie Darrieussecq dont le premier livre, Truismes, suscita à Paris, à l'aube du Troisième millénaire, une énorme tempête médiatique, en passant par la Belge Monique Watteau et son Ange à fourrure, admiré durant les Golden Sixties par le surréaliste André Breton, ces romancières insolites retracent les grandes étapes du statut de la femme à travers l'Histoire, mais elles apportent surtout une façon différente de comprendre le monde. Dans notre société dominée par un consumérisme avide et une technologie dévorante, les romancières fantastiques clament, à travers mythe et poésie, leur désir de connivence avec la Nature dont nous nous sommes dangereusement éloignés.

  • Une série de défis pressants, crise économique, réchauffement climatique, renchérissement des prix céréaliers et terrorisme pour en citer quelques-uns, a éclipsé les questions de population de l'agenda international. Depuis une vingtaine d'années, les enjeux démographiques ne retiennent guère l'attention des décideurs politiques, des médias et du grand public. En outre, le sentiment prévaut qu'il est très difficile de modifier les évolutions démographiques ou qu'on ne peut le faire que de manière autoritaire. Cette idée est pourtant démentie par l'expérience des 60 dernières années dans de nombreux pays qui se sont attelés à résoudre leurs problèmes démographiques, malgré certains abus dans les premiers programmes de planification familiale. En fait, il est possible d'agir sur les évolutions démographiques au moyen de politiques basées sur les faits et ce, de manière efficace et respectueuse des droits de l'Homme. Il est même indispensable de le faire si l'on veut assurer un développement durable pour la planète.
    Cet ouvrage décrit le paysage démographique contemporain, définit les politiques de population et examine les premières interventions en la matière. Il démontre ensuite pourquoi les questions démographiques sont devenues un enjeu mondial, avant de mesurer l'efficacité des politiques et d'examiner les nouveaux défis démographiques.

  • Atom Egoyan, cinéaste canadien d´origine arménienne, propose une oeuvre large et multiple traversée par une réflexion continue sur l´image et son lien inextricable au champ de la mémoire.  S´il va de soi que le cinéma a partie liée avec la question de la mémoire (le cinéma enregistre le temps et les images filmiques s´inscrivent dans nos mémoires), cette analogie est constamment mise à l´épreuve dans les réalisations d´Egoyan. Que ce soit le rapport entre la mémoire et la technologie audiovisuelle, la mémoire et la Catastrophe, la mémoire et la diaspora, c´est chaque fois en construisant et en déconstruisant les fondations de l´image que ces alliances s´imposent. C´est dans cette dynamique, obsédante et répétitive dans son travail, qu´Egoyan crée des images à la fois artificielles et fragiles - des prothèses de la mémoire.
      Marie-Aude Baronian est docteur en philosophie et en études cinématographiques. Elle enseigne la théorie filmique, la philosophie de l´image et la culture visuelle à la Faculté des sciences humaines de l´Université d´Amster-dam. Elle a écrit et publié sur les relations entre l´esthétique et l´éthique, sur celles entre l´image, l´archive et la mémoire ainsi que sur de nombreux artistes et cinéastes.

  • La crise a mis à vif les déséquilibres économiques de nos sociétés européennes. Les prochaines années auront un parfum de crépuscule car l'État-providence risque de devoir se transformer en État-banquier. Il devra aussi reformuler ses propres systèmes sociaux. Nos communautés traverseront donc un profond changement de modèle, touchant à la trame de nos valeurs collectives.
    Ceci ramène à un des grands défis de nos communautés européennes : la répartition des richesses, c'est-à-dire l'alignement des intérêts privés et des bénéfices sociaux. Cet opuscule rassemble des questionnements et des intuitions relatifs à la crise économique contemporaine, et plus particulièrement à l'endettement public, à l'impôt et à la monnaie qui formulent conjointement la représentation de l'État.

  • L'armistice n'a pas apporté la paix. des esprits. Le Soldat inconnu enterré sous la Colonne du Congrès à Bruxelles, le monument national qui devait être élevé dans la capitale et les monuments aux morts érigés partout en Belgique ont suscité moult débats au lendemain de la Première Guerre mondiale.
    L'ouvrage revient sur la fin de la guerre, vécue de différentes manières et à des moments distincts par la population belge. Entre exaltation, haine et (dés)espoirs, le « retour à la normale » prendra du temps. Les monuments éphémères dressés pour la Joyeuse entrée du 22 novembre 1918 préfigurent ceux, plus durables, qui seront inaugurés par la suite. L'appel à la sobriété commémorative lancé par l'État sera délibérément ignoré par les acteurs locaux. Ces monuments commémoratifs - aujourd'hui parfois délaissés - demeurent les témoins fascinants d'une époque pleine d'attentes et de (res)sentiments.

  • Choisissant d'explorer dans un premier temps le dossier du « parfait salaud » avant d'examiner celui de « l'excellent écrivain », Jacques Joset s'attache à dresser le portrait d'un Céline tout en contrastes et nourri de paradoxes. Faits biographiques avérés, corpus épistolaire, sans oublier les trop fameux pamphlets antisémites sont autant d'éléments mobilisés afin de dépasser l'indépassable problématique de l'idéologie célinienne.

  • La littérature fantastique belge de langue française n'est pas un phénomène marginal. Elle s'affirme dès la naissance du fait littéraire belge et traverse toute l'histoire littéraire de la Belgique francophone, des années 1880 à nos jours. Aussi peut-on parler d'une école belge de l'étrange, tout comme on parle du surréalisme belge, distinct du surréalisme français.

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