Werner Lambersy

  • La poésie n'est pas étrangère à la vie - la poésie nous attend au coin de la rue. Elle peut nous sauter dessus n'importe quand, écrit Jorge Luis Borges. Phrase que Werner Lambersy a choisi de mettre en exergue de son livre pour soutenir son propos expliqué ainsi dans un récent entretien : «Un coup de vent a écarté le rideau de la conscience, de la connaissance et même de l'émotion pour laisser passer un rayon de soleil qui réchauffe la chambre (forte) de l'âme. C'est pourtant furtif, sans durée, et noter cet événement essentiel reste du seul pouvoir bien faible du miroir de l'écriture. Il se joue dans cet entre-deux improbable de l'éternité quelque chose qui n'est pas de moi, ni à moi, mais cependant moi tout entier. »

  • Les carpes vieillissent bien. On leur prête volontiers longévité, sérénité, silence, luxe, calme et volupté..
    Écrire sur des écailles de carpe est un exercice de concision, d'humilité et de jubilation rêveuse.
    C'est retrouver la grammaire des origines, en essayant de lire le premier livre des miroirs.

  • Werner Lambersy sou e à travers une prose douce et délicate son Anvers à lui, ville féminine, voyante, érotique, artiste, « survoltée ou secrète ». Entre fantaisie et fantasme, errance et errement, héroïsme et érotisme, le poète s'y assimile, à sa « Désirade », et par le Verbe, on se laisse bercer et emporter dans les labyrinthes anversois, à la quête du sens. « Anvers a besoin de génie pour cacher son néant »... Du génie lambersyen ?


  • lire ou écrire un poème, c'est s'absenter des masques de soi, retourner au premier cri du premier souffle qui nous jeta, déchirés, des forges de la galaxie ici sur cette terre et retrouver l'éternel instant de l'éternel début ; c'est encore l'autre, l'autrement, l'inentendu des mots.
    comme on laisse, dans une chaise longue, sur les plages de l'espace et face à l'océan du temps, le chapeau de paille de notre vie et le nez de clown de nos destins. lire, c'est dresser l'inventaire des invendus de la création, se convaincre que l'éternité n'est qu'un battement de cils de l'instant, avant la dispersion des collections de nos cinq sens, dans les ventes publiques de l'âme et sous les enchères de l'oubli.
    est-ce à ce point dérisoire de tenter l'écoute d'un poème qu'il faille y voir uniquement le don d'une enfance attardée ou la recherche folle du génome humain de l'amour ? w. l.

  • L'auteur du Prix Malarmé en 2015 pour La Perte du temps nous ouvre une nouvelle fois les portes du mystère humain.

    « Arrivé tard, pour presque aussitôt disparaître, l'être humain se retrouve devant le tricot quantique et la pelote des planètes, comme son ancêtre lointain sur le seuil de sa grotte, à contempler la chute de la Grande Roue du firmament nocturne... Et l'on en revient, de la même façon, à l'enfant que l'on est resté, lorsqu'on se rassemblait autour du grand fournil, pour cuire dans la même flambée du samedi les baguettes, les miches pour la emaine, les croissants, les tartes en roue de brouette du dimanche... et chauffer l'eau du tub où, tour à tour, la famille prendrait son bain jusqu'au déshabillage enjoué des soeurs, des petites cousines, et leurs rires devant le jeune ado rougissant ! La Grande Aventure est là, dans le poème près des choses et des gens, car nous n'aurons rien d'autre à absorber, pendant l'épopée obscure de la matière de l'âme et de l'instant lumineux de l'amour. » « Le monde devient nombre, demain au-delà de toute compréhension, le poème sera toute la vie. » Ezra L. Pound.

  • La vie passe comme une pièce de théâtre dont nous sommes à la fois les acteurs et le public. Les rituels (sacrilèges) en exposent la mise en scène et les didascalies textuelles. Ils proposent de jouer, d'enjouer, et de se laisser mettre en joue comme en joie.

  • Long compagnon de route des éditions Le Castor Astral (présent dans de nombreuses anthologies), Werner Lambersy publie pourtant avec La Perte du temps son premier recueil chez l'éditeur. Son écriture poétique singulière, variée dans le ton et la forme, réussit ici l'amalgame difficile entre deux types de sensibilité : occidentale et orientale. Les références aux anciens cultes grecs et aux philosophies de l'Inde ou du Japon participent de l'extrême dépouillement du poète dans sa recherche des distances, des blancs, des fragments du discours ou de la pensée. Ici, le dire poétique s'inscrit naturellement dans l'humilité du quotidien et l'évidence du vécu. Il est l'outil millénaire de l'homme pour se rendre plus proche de lui-même, de l'autre et du monde. À Werner Lambersy d'affirmer : « On n'aura pratiqué dans ce recueil que les contraintes d'écouter et de rendre, sur un maigre instrument, la partie du souffle qui, comme le vent dans les arbres, tutoie les feuilles avant d'en emporter plus loin le frisson. »

  • Ce recueil est dédié à son ami le vieux poète René de Obaldia qui se rapproche du centenaire. Le poète invite à chanter l'univers, les villes, les peuples, le vent afin d'engendrer une énergie créatrice. Cette quête permanente de Werner Lambersy du dépassement de soi dans l'écriture et dans l'amour se retrouve ici presque en apothéose. Une très belle et profonde préface de Serge Pey ouvre le volume. On ne peut douter du pouvoir si puissant de la poésie à ré-enchanter le monde. « Ré-enchanter le monde est l'oeuvre du poète. Non pour célébrer le monde, mais porter son espérance de torche en torche, jusqu'à l'incendie final » relève Serge Pey dans les paroles de son complice Werner Lambersy.


  • les deux textes qui composent cet ouvrage sont particuliers dans le parcours d'écriture du poète werner lambersy, auteur de plus d'une soixantaine de recueils traduits partout à travers le monde.
    arrivé à un âge oú l'interrogation du passé s'empreint de l'expérience et d'une certaine lucidité, le poète regarde derrière lui, avec pour seul moyen d'expression, la poésie. soixante ans nous séparent désormais de la seconde guerre mondiale. les langues se dénouent, les archives s'ouvrent, les derniers témoins directs sortent de l'ombre. il a fallu trois générations pour que la mémoire revienne enfin.
    le temps est venu de mettre à plat ce qui reste l'expérience de chacun, individu au parcours personnel, car, ainsi que werner lambersy l'écrivait dans anvers ou les anges pervers : " on est toujours victime de l'histoire ". il en est ainsi de l'histoire de son père. engagé volontaire dans la ss en 1942, adolf lambersy éloigne son épouse et son jeune fils avant de partir en pologne puis à berlin oú il aurait oeuvre à l'instruction nationale et politique des élites intellectuelles du reich.
    comme beaucoup d'intellectuels engagés durant cette période, le père du poète, homme de conviction, voit comme une menace pour la civilisation la montée en puissance du communisme et trouve en hitler - la thématique est prépondérante dans les discours tant des dirigeants nationaux-socialistes que des partis collaborationnistes - le " dernier bastion contre la déferlante bolchevique ". victimes de l'histoire.
    c'est le statut que l'on donnera volontiers aux enfants de ces collaborateurs, amenés à porter sur leurs épaules un fardeau héréditaire aussi symbolique que physique, fait de zones d'ombre, de culpabilité, d'incompréhension. la toilette du mort est un face-à-face bouleversant du père et du fils, qui évoque avec force le poids du passé dans la conscience de toute une famille.

  • Achill island note book

    Werner Lambersy

    • Rhubarbe
    • 15 Septembre 2006


    ce carnet de voyage en irlande, de routes empruntées au gré du hasard, d'empreintes partout relevées d'une histoire tragique, est à la fois tendre et piquant, ironique et grave, lucide dans la candeur, désenchanté mais débordant de rêves, à l'image de l'île elle-même et de ses drôles d'habitants que werner lambersy croque ici dans leurs plus émouvantes failles.
    " il n y a ni autre ni ailleurs, dit-il à propos de ces poèmes ; ils sont simplement la part de nous que nous ignorons encore. ".

  • C'était celui Celui qui remuait les lèvres Sans chanter Ni comprendre la partition Que chacun tenait Devant soi Le chef de choeur Se tenait devant le groupe Pourquoi Ne disait-il rien À moi qui ne chantais rien À moi Qui du poème sacré faisais Un silence.
    Frontispice de Brigitte Dusserre-Bresson.

  • Le grand poème

    Werner Lambersy

    Du grand poète belge, Werner Lambersy, un long et beau poème qui expose sa vision du monde et de la poésie.

  • Saisi dans sa fugacité, le quotidien observé ici par le poète apparaît à travers une série d'instantanés livrés en vers libres évoquant le haïku. Entre coups d'oeil sur les choses les plus anecdotiques et clins d'oeil sur des réflexions plus profondes, Werner Lambersy, figure importante de la francophonie poétique, nous livre une fragrance, une évanescence, le soupir des petites joies de tous les jours.



    Mangeur / de nèfles dorées / en sandales dans un sous-bois de pins

  • Recherche 9782849242643

  • On raconte que pour voir la région, il suffisait de monter sur une valise. Jetée au début du livre, cette phrase, belle et énigmatique, ouvre sur le désastre d'une ville, d'un port aux eaux froides et noires, celles de la mort et de la débâcle.
    Dans une prose âpre, rude et meurtrie, mais non dénuée d'humour, le poète Werner Lambersy, mêlant ici le conte, la chronique et la nouvelle, traque les dérives, pointe les failles et dénonce les pesanteurs religieuses et sociales. Il prend le temps de nous dire aussi que les ginkgos, la pluie, la lumière du matin, les menhirs et les vieux chevaux sont encore là pour remuer les eaux secrètes du sublime.
    Abdelkader Djemaï (extrait de la préface)

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