Sylvie Weil

  • « Le génie était bicéphale. Mon père avait un double, un double féminin, un double mort, un double fantôme. Car, oui, en plus d'être une sainte, ma tante était un double de mon père à qui elle ressemblait comme une jumelle. Un double terrifiant pour moi, puisque je lui ressemblais tant. Je ressemblais au double de mon père. » Comment vivre aux côtés de telles personnalités qui, l'une comme l'autre, ont marqué l'histoire du XXème siècle ? Sylvie Weil, dans ce qui est à la fois un exercice d'admiration et d'exorcisme nécessaire, s'en explique avec de l'émotion et de l'humour. Fresque intime et familiale, Chez les Weil témoigne aussi d'une époque marquée par la Seconde Guerre mondiale et les combats qui s'ensuivirent.

  • Un mazal, dans la tradition juive, c'est un ange gardien chargé de plaider la cause de son protégé auprès de l'eternel.

    Tout le monde en possède un. sauf les animaux. même les filles. même elvina la rebelle. qui pense qu'elle en a besoin, plus qu'une autre.
    Car elvina adore lire, écrire et étudier comme les garçons. et déteste " couver " les oeufs et obéir comme les filles.
    Elle serait tout à fait à son aise au début du xxie siècle. le problème, c'est que nous sommes à la fin du xie, époque guère féministe oú pierre l'ermite prend la tête de la première croisade et sillonne la campagne française avec ses troupes à la recherche de nourriture.
    Il paraît qu'il hait les juifs. la famille d'elvina est sur le qui-vive.
    Un jour qu'elle est seule à la maison, trois étrangers frappent à la porte, et elvina qui ne doit pas ouvrir leur ouvre.
    Au secours, mazal !.

  • Pas facile, la vie de prophète de la bible.
    Il faut se lever de bon matin et s'en aller menacer les hommes de la colère de dieu, être de mauvais poil tout le temps et prier quand même. et quand on s'appelle jonas, il faut essuyer les tempêtes, séjourner dans le ventre d'un énorme poisson, et même d'une poissonne enceinte de centaines de milliers de bébés poissons! il faut affronter des monstres, comme le léviathan, et des humains trop humains, comme les habitants de ninive, la plus grande ville de la terre, la capitale du mal! mais qui pense à yekoutiel, le serviteur, celui qui cuit la soupe, trait la chèvre, fait les baluchons et remonte le moral quand rien ne va plus ? lorsqu'on sert un prophète, on a peur tout le temps et on ne comprend rien.
    Pourtant, cette vie a ses récompenses : des aventures extraordinaires, un voyage sur un chameau volant et les yeux verts de la jolie nourou-hattitum.

  • Un an s'est écoulé depuis que, dans le mazal d'elvina, les croisés de pierre l'ermite terrorisèrent la communauté juive de troyes.
    à treize ans, elvina a tant progressé dans ses études que son grand-père, salomon ben isaac, le célèbre rachi, lui confie certaines " réponses " : c'est elle qui est chargée d'expliquer aux dames des communautés éloignées la meilleure façon de préparer la pâque. pessach est la fête préférée d'elvina, la plus animée chacun participe au récit des souffrances du peuple d'israël en esclavage et se réjouit de sa sortie d'égypte.
    Et la fête amène à troyes, pour une semaine entière, son oncle, sa tante et surtout sa chère cousine fleurdelys. mais cette année, la semaine de festivités commence dans l'inquiétude. une étrange famille vient d'emménager dans le quartier juif, dans les ruines d'une maison maudite. et voilà que plusieurs enfants tombent malades. les langues vont bon train. et les jumelles, rachelle et naomi, ont découvert un parchemin portant une étrange inscription.
    Au marché, elvina fait la connaissance de columba, la petite " étrangère ", dont les femmes s'écartent comme d'une lépreuse. elvina vole à son secours, cédant, une fois de plus, à son habitude de se mêler de ce qui ne la regarde pas ! " mazal, mon cher mazal, ne vas-tu pas te lasser de plaider ma cause, là-haut ? ".

  • En cette belle journée de printemps qui est aussi un four de fête, tout le monde est joyeux, sauf elvina.
    Au dîner, obadiah, le jeune et beau maître d'école à qui elle se croit destinée, ne lui a pas souri une seule fois, ne l'a même pas regardée. est-ce à cause de la lettre qu'il vient de recevoir de sa mère ? salomon ben isaac, le célèbre rachi, révèle la vérité à sa petite-fille bien-aimée. a cause d'une promesse échangée jadis entre le père d'obadiah et l'un de ses vieux amis, une jeune fille orpheline est en route en ce moment même.
    Elle a quitté l'égypte pour venir épouser obadiah. et elle arrive, somptueusement vêtue, comme la propre fille du roi salomon. elle a traversé la grande mer, bravant la tempête et aussi les pirates ! elle s'appelle dulcia. mazal, mon mazal ! implore elvina, ne me parle plus jamais du maître d'école ! ses projets ne me concernent pas ! mais quand deux moines tentent d'enlever godolias, le petit frère de columba, quand obadiah est fait prisonnier par un affreux baron qui veut rançonner la communauté juive, elvina trouve en dulcia non plus une rivale, mais une alliée, une soeur qui se lancera avec elle dans une aventure magique.

  • « Je suis mariée depuis ce matin à un homme que je connais à peine, un gars de Brooklyn dont la famille a jadis débarqué d'Ukraine. » Drôle d'histoire, celle d'une tribu dominée par le fantôme d'un grand-père passionné de catch et amoureux de son nouveau pays, l'Amérique, et par l'ombre d'un aïeul qui fit fortune dans le hareng. La narratrice, en victime amusée, se laisse aussi envahir par les vivants : une redoutable belle-mère, un beau-père qui ne pense qu'à sa carrière ratée de saxophoniste. Bisbilles, trous de mémoire, petits secrets. Une saga originale et divertissante, en musique et avec poissons.
    On se souvient du précédent livre de Sylvie Weil, Chez les Weil, déjà un exercice de célébration ironique. Son père et sa tante, deux génies, en sortaient plus vivants et plus mystérieux. Ici encore, un monde palpite avec ses travers et ses bénédictions.

  • La politesse ne va pas de soi. A ceux qui souhaitent maîtriser toutes les finesses de ce langage, les «?Trésors de la politesse française?» proposent, à travers des textes inattendus, les mille et un exemples d'exquise courtoisie. ou de grossièreté pittoresque qui ont tissé l'histoire de notre savoir-vivre.

  • Sans un mot inutile (.), elle restitue sa vision du petit peuple, celui qui fait le véritable exotisme de cette ville sans égale. New York, lieu de paroxismes, dépourvu d'indulgence pour ce qui est frileux, mesuré. Univers si excessif qu'il faut être économe pour en parler, sous peine de tomber dans l'hyperbole et la facilité. Sylvie Weil l'a senti : désormais, le chemin de New York passe par ses récits. (Josyane Savigneau, Le Monde)

  • Selfies

    Sylvie Weil

    Moi à l'orgue dans une crypte, moi éprise d'un chien (je n'aime pas les chiens), moi subissant une déconvenue dans un café branché de Tokyo, moi en auteur, moi en professeur, moi découvrant que ma famille n'était pas tout à fait ce que je pensais... Aventures et mésaventures, joies et chagrins, tout peut faire aujourd'hui l'objet d'un selfie. On se photographie sous toutes les coutures et vite on partage avec ses « amis », connus et inconnus, sur les réseaux sociaux. Notre époque a l'oeil rivé sur le miroir, et le moi a carrément pris le pas sur tout le reste.
    Sylvie Weil figurait déjà comme narratrice dans les grandes sagas familiales qu'étaient ses deux précédents livres, Chez les Weil et Le Hareng et le Saxophone. Cette fois, elle a décidé de s'appuyer sur ces nouveaux usages pour se livrer à un exercice original: le selfie littéraire. Mais elle le fait à sa façon. Pas nécessairement glamour, et sans craindre le ridicule ni oublier de se moquer d'elle-même... Cette somme de textes compose une forme très nouvelle d'un genre universel : l'autoportrait.

  • Les Vendanges de Rachi

    Sylvie Weil

    Rachi, c'est l'acronyme de Rabbi Chlomo Yitzahki (1040-1105), commentateur de la Bible et du Talmud, fondateur de l'cole rabbinique. Sylvie Weil a voulu savoir qui tait vraiment Rachi. Elle en a fait un personnage de roman. A travers lui, mille ans de judasme sont mis en scne, incarns, revisits.

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