Sciences humaines & sociales

  • Paul d'Estournelles de Constant, prix Nobel de la paix 1909 a été diplomate, député puis sénateur de la Sarthe. L'étude du fond exceptionnel de ses archives personnelles permet l'analyse dans cet ouvrage des aspects saillants de sa pensée : l'Europe, la colonisation, la mondialisation, l'arbitrage des relations internationales afin d'éviter la guerre ? à l'origine de la Société des Nations. Le livre est complété par des textes de cette figure méconnue de l'histoire contemporaine.

    Avec le soutien de l'université du Maine.

  • L'étude des mouvements commémoratifs donne une idée des représentations des contemporains sur la guerre. L'attitude des populations de la Marne et de la Sarthe est ici comparée, leur situation par rapport au combat s'inversant en 1870-1871 et 1914-1918. À travers les formes commémoratives les plus diverses, leur sortie de guerre s'effectue à des rythmes différents, d'autant que la mort des soldats s'inscrit dans deux modes d'explication successifs : l'un guerrier, l'autre pacifiste né de l'horreur des tranchées. Là se trouve peut-être la source de la passivité des Français dans les années trente face à l'éventualité d'une nouvelle guerre.

  • « Depuis que je suis parti de la maison de santé mon état ne n'est pas amélioré. J'ai essayé toutes choses : travail, exercices divers, repos, ce travail du cerveau est toujours là, élancement, persécutions, craquements, coups, ronflements, insomnies m'enlevant l'aptitude au travail... Or je n'ai pas de situation personnelle et il m'est impossible en cet état de gagner ma vie. Comme vous m'avez conseillé monsieur le docteur de m'adresser à mon député pour un secours, je viens d'être forcé de le faire. Il trouve ma demande parfaitement justifiée et me demande de produire un certificat médical attestant mon état nerveux d'origine de guerre. » Le caporal Daniel D. écrit ces mots en août 1917 au médecin-chef de l'asile d'Alençon.
    />
    De l'homme de troupe jusqu'à l'officier, ils sont des milliers à souffrir de troubles du comportement qu'on ne savait alors ni soigner, ni décrire, à peine nommer : dingos, idiots, fous... L'armée ne veut puis ne peut les comprendre. Traduits en conseil de guerre, ils échappent au peloton d'exécution pour passer à l'asile ou à l'hôpital.
    Se fondant sur des documents inédits, puisés dans les archives de nombreux établissements, Hervé Guillemain et Stéphane Tison font entendre la voix de ceux qui furent brisés par la guerre, les difficultés des familles et la difficile reconnaissance de ce que l'on nomme aujourd'hui le traumatisme de guerre. Des récits vrais, bouleversants dans leur simplicité et leur sobriété, rythment l'enquête. Ils montrent l'ampleur du défi auquel furent confrontés psychiatres et aliénistes.

  • Paul d'Estournelles à Nicholas Butler, le 11 septembre 1914.
    De l'été 1914 à la conclusion du Traité de Versailles (1919) le Français Paul d'Estournelles de Constant (1852-1924, prix Nobel de la Paix 1909) et l'Américain Nicholas Murray Butler (1862-1947, prix Nobel de la Paix 1931) s'écrivent régulièrement. Ils tiennent une chronique saisissante de la guerre au quotidien en France comme aux États-Unis tout en analysant la mutation du monde. Ce sont deux hommes d'influence et deux témoins prodigieusement informés. Leur but ? Lutter contre le militarisme, le nationalisme et la violence faite aux populations civiles. Proposer aussi un projet visionnaire d'organisation mondiale, afin de conjurer la brutalisation de la société et les déchaînements de la guerre totale du terrible XXe siècle dont ils ont la confondante et douloureuse intuition.

  • L'intention initiatrice du présent dossier était de créer les conditions d'une réflexion sur la place ou le rôle de la Grande Guerre dans les processus de la création artistique à destination privée ou publique, qu'ils soient engagés par ses expérimentateurs plus ou moins directs comme par les artistes n'ayant pas été impliqués dans le conflit. Sur la base de l'étude de cas ou de la réflexion d'ensemble, il s'agissait d'appréhender la guerre au regard de sa dimension inspirationnelle en s'intéressant à l'artiste (peintre, sculpteur, photographe, verrier, installateur, auteur de bande dessinée) confronté à différents besoins, désirs ou intentions souvent interférents, dont plusieurs sont ici identifiés par les contributeurs.

  • Ce volume cherche à comprendre la façon dont les progrès de la locomotion aérienne entre 1903 et 1927 transforment l'appréhension de la réalité et renouvellent les représentations, matérielles autant que symboliques, de l'imaginaire aérien. Dans quelle mesure la maîtrise du plus lourd que l'air contribue-t- elle à déterminer le rôle et la place de l'être humain dans la société, le monde, l'univers ?

    Avec le soutien du Centre de recherches historiques de l'Ouest et de l'université du Maine.

empty