Stéphane Tison

  • Paul d'Estournelles de Constant, prix Nobel de la paix 1909 a été diplomate, député puis sénateur de la Sarthe. L'étude du fond exceptionnel de ses archives personnelles permet l'analyse dans cet ouvrage des aspects saillants de sa pensée : l'Europe, la colonisation, la mondialisation, l'arbitrage des relations internationales afin d'éviter la guerre ? à l'origine de la Société des Nations. Le livre est complété par des textes de cette figure méconnue de l'histoire contemporaine.

    Avec le soutien de l'université du Maine.

  • L'étude des mouvements commémoratifs donne une idée des représentations des contemporains sur la guerre. L'attitude des populations de la Marne et de la Sarthe est ici comparée, leur situation par rapport au combat s'inversant en 1870-1871 et 1914-1918. À travers les formes commémoratives les plus diverses, leur sortie de guerre s'effectue à des rythmes différents, d'autant que la mort des soldats s'inscrit dans deux modes d'explication successifs : l'un guerrier, l'autre pacifiste né de l'horreur des tranchées. Là se trouve peut-être la source de la passivité des Français dans les années trente face à l'éventualité d'une nouvelle guerre.

  • Les sociétés contemporaines sont travaillées par deux tentations : l'excès de mémoire et la nécessité de l'oubli. Les résurgences conflictuelles du passé attestent ainsi des failles dans le récit dominant d'une Histoire qui ne satisfait pas l'individu ou le groupe. Cet ouvrage collectif aborde les conflits de mémoire en croisant les champs d'observation de nombreuses disciplines (histoire, histoire de l'art, littérature, études visuelles, théâtrales, sciences politiques, etc.) sur des aires géographiques et culturelles variées.
    Les travaux menés s'intéressent aux discours et pratiques mémoriels véhiculés par les arts et par les institutions (musées, célébrations publiques). La majorité des thèmes abordés concerne les conflits de mémoire autour de certains événements du second Vingtième siècle et explore les formes les plus contemporaines, encore peu étudiées, d'expression mémorielle. Ainsi est analysé le travail de mémoire, entre construction de l'oubli, tropisme résilient et élaboration symbolique des traumatismes qui agissent au coeur de la construction d'un espace politique et d'une diversité de pratiques artistiques.

  • Le cardinal Grente ; 1872-1959 ; homme de lettres et prince de l'Église Nouv.

    Georges Grente (1872-1959) fut un évêque du premier XXe siècle tourné vers l'idéal du classicisme de la Cour au Grand Siècle. Évêque du Mans de 1918 à 1959, soit l'épiscopat le plus long du XXe siècle de tous les diocèses français, proche de l'archevêque de Paris, Mgr Dubois, il fut élu à l'Académie française en 1936. À défaut d'être choisi pour un siège archiépiscopal, il reçut du pape Pie XII le titre d'archevêque à titre personnel en 1943 et fut créé cardinal dix ans plus tard.

    Le présent volume constitue une première approche scientifique de l'oeuvre et de l'influence d'une figure majeure du clergé catholique français du XXe siècle.

    Ces travaux se sont fondés sur le Fonds Grente, récemment classé par le professeur Brigitte Waché, désormais accessibles aux archives diocésaines du Maine. C'est là le double intérêt de cet ouvrage, qui présente ce fonds inédit et invite, à travers ces premiers travaux, des chercheurs à poursuivre l'étude ici commencée.

  • Paul d'Estournelles à Nicholas Butler, le 11 septembre 1914.
    De l'été 1914 à la conclusion du Traité de Versailles (1919) le Français Paul d'Estournelles de Constant (1852-1924, prix Nobel de la Paix 1909) et l'Américain Nicholas Murray Butler (1862-1947, prix Nobel de la Paix 1931) s'écrivent régulièrement. Ils tiennent une chronique saisissante de la guerre au quotidien en France comme aux États-Unis tout en analysant la mutation du monde. Ce sont deux hommes d'influence et deux témoins prodigieusement informés. Leur but ? Lutter contre le militarisme, le nationalisme et la violence faite aux populations civiles. Proposer aussi un projet visionnaire d'organisation mondiale, afin de conjurer la brutalisation de la société et les déchaînements de la guerre totale du terrible XXe siècle dont ils ont la confondante et douloureuse intuition.

  • « Depuis que je suis parti de la maison de santé mon état ne n'est pas amélioré. J'ai essayé toutes choses : travail, exercices divers, repos, ce travail du cerveau est toujours là, élancement, persécutions, craquements, coups, ronflements, insomnies m'enlevant l'aptitude au travail... Or je n'ai pas de situation personnelle et il m'est impossible en cet état de gagner ma vie. Comme vous m'avez conseillé monsieur le docteur de m'adresser à mon député pour un secours, je viens d'être forcé de le faire. Il trouve ma demande parfaitement justifiée et me demande de produire un certificat médical attestant mon état nerveux d'origine de guerre. » Le caporal Daniel D. écrit ces mots en août 1917 au médecin-chef de l'asile d'Alençon.
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    De l'homme de troupe jusqu'à l'officier, ils sont des milliers à souffrir de troubles du comportement qu'on ne savait alors ni soigner, ni décrire, à peine nommer : dingos, idiots, fous... L'armée ne veut puis ne peut les comprendre. Traduits en conseil de guerre, ils échappent au peloton d'exécution pour passer à l'asile ou à l'hôpital.
    Se fondant sur des documents inédits, puisés dans les archives de nombreux établissements, Hervé Guillemain et Stéphane Tison font entendre la voix de ceux qui furent brisés par la guerre, les difficultés des familles et la difficile reconnaissance de ce que l'on nomme aujourd'hui le traumatisme de guerre. Des récits vrais, bouleversants dans leur simplicité et leur sobriété, rythment l'enquête. Ils montrent l'ampleur du défi auquel furent confrontés psychiatres et aliénistes.

  • Trois artistes contemporains - Vera Molnar, Stéphane Couturier et Ian Tyson - sont invités au couvent de La Tourette, le temps d'une exposition, à faire dialoguer leurs oeuvres avec celle de Le Corbusier.
    Cette rencontre entre l'architecture de La Tourette et ces trois artistes, qui exposent des oeuvres choisies ou créées en fonction d'elle, renouvelle le regard sur le bâtiment à travers des approches, des techniques et des supports très différents :
    -les rythmes verticaux des oeuvres de Vera Molnar, peintre de l'abstraction géométrique, entrent délicatement en résonance avec les pans de verre ondulatoires de Xenakis ;
    -les sculptures puissantes et silencieuses de Ian Tyson, sur lesquelles vient jouer la lumière, font écho à la structure de béton du bâtiment ;
    -la vidéo du photographe Stéphane Couturier, de prime abord abstraite, se révèle peu à peu comme une architecture en mouvement.
    Dialogue pluriel dans lequel les rythmes, les volumes, le mouvement jouent avec l'architecture de Le Corbusier.

  • L'intention initiatrice du présent dossier était de créer les conditions d'une réflexion sur la place ou le rôle de la Grande Guerre dans les processus de la création artistique à destination privée ou publique, qu'ils soient engagés par ses expérimentateurs plus ou moins directs comme par les artistes n'ayant pas été impliqués dans le conflit. Sur la base de l'étude de cas ou de la réflexion d'ensemble, il s'agissait d'appréhender la guerre au regard de sa dimension inspirationnelle en s'intéressant à l'artiste (peintre, sculpteur, photographe, verrier, installateur, auteur de bande dessinée) confronté à différents besoins, désirs ou intentions souvent interférents, dont plusieurs sont ici identifiés par les contributeurs.

  • Comment la foi s'est-elle inscrite dans le siècle ? A partir d'exemples empruntés aux différentes périodes de l'histoire, les auteurs de cet ouvrage collectif interrogent les modes d'interaction entre la religion chrétienne, la culture profane et la société.
    On redécouvrira ici sous de nouveaux traits l'empreinte culturelle du christianisme (musique, peinture, construction et restauration d'églises, travaux des clercs érudits). On comprendra, à travers des études de cas régionaux et de manuscrits inédits, comment la religion chrétienne diffuse ses valeurs de référence par le biais de réseaux et de relais spécifiques, comment elle inspire un certain type de rapports à la cité ou à la science, suscitant par là des pratiques sociales singulières mais aussi des controverses politiques et des confrontations intellectuelles passionnantes.
    Les conflits du XXe siècle sont des temps majeurs de cette histoire. On lira donc aussi dans ce volume de quelle manière ceux-ci pèsent sur l'expression culturelle, individuelle ou collective, de la foi. Cet ouvrage est un hommage à Brigitte Waché dont les travaux contribuent à faire sortir l'histoire religieuse de son isolement en la confrontant à une histoire culturelle en plein développement.

  • Ce volume cherche à comprendre la façon dont les progrès de la locomotion aérienne entre 1903 et 1927 transforment l'appréhension de la réalité et renouvellent les représentations, matérielles autant que symboliques, de l'imaginaire aérien. Dans quelle mesure la maîtrise du plus lourd que l'air contribue-t- elle à déterminer le rôle et la place de l'être humain dans la société, le monde, l'univers ?

    Avec le soutien du Centre de recherches historiques de l'Ouest et de l'université du Maine.

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