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Soraya Tlatli
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La folie lyrique : Essai sur le surréalisme et la psychiatrie
Soraya Tlatli
- Éditions L'Harmattan
- 1 Novembre 2004
- 9782747567572
Cet essai poursuit trois lignes de force. Tout d'abord, il révèle les liens qui unissent la conception surréaliste du sujet lyrique avec le sujet de la clinique selon Charcot, Babinski, Freud. En second lieu, la poésie surréaliste pose la question du statut de l'image dans sa relation à l'inconscience hypnotique selon Charcot et Freud. Sur le plan philosophique, enfin, le lyrisme est analysé à partir de l'imagination créatrice du premier romantisme allemand et de la phénoménologie hégélienne. Cet ouvrage apporte ainsi un nouvel éclairage sur la dynamique de la création inconsciente.
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L'écoute de la poésie a marqué tout le parcours théorique de Jacques Lacan. L'école surréaliste dont il fut le témoin attentif incarne à bien des égards sa conception du poétique. Psychanalyse et poésie : le rapport qui prévaut d'ordinaire entre ces deux domaines a été profondément modifié, sinon inversé, par Lacan. Déprise de toute valeur illustrative, la poésie acquiert une fonction dynamique ; elle contribue de manière immanente à son appréhension de l'inconscient. L'élaboration d'une poétique lacanienne de l'inconscient fait l'objet de cet essai qui éclaire un aspect méconnu de Lacan. Sa formation psychiatrique, aussi bien qu'une fascination envers la fulguration surréaliste, ont contribué à façonner sa théorie de l'inconscient comme langage. Sont ainsi analysés pour la première fois en profondeur les liens féconds qui unissent le jeune Lacan, psychiatre proche du surréalisme, élève de Clérambault, avec le Lacan structuraliste sur lequel une grande partie de l'attention critique s'est portée jusqu'à présent.
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Alors que les recherches sur l'islamophobie ont montré le rôle décisif dans la construction du « problème musulman » joué par des « experts » situés à l'intersection des mondes universitaire, administratif et médiatique, aucune réflexion d'envergure n'a été menée sur l'influence des psychanalystes sur la manière de penser la question musulmane. Dans un espace public français dominé par la question de la laïcité, la multiplication des attentats « djihadistes » a en effet favorisé la diffusion d'une grille de lecture psychanalytique de la subjectivité islamique et de la violence politique. Sa version dominante qui inspire les pratiques cliniques de déradicalisation, notamment représentée par Fethi Benslama, met en avant l'idée paradoxale selon laquelle, pour pouvoir émerger, le « sujet musulman » devrait se détacher de la pratique religieuse islamique, marque d'une identification pathologique à la tradition.
Mais une telle orientation, qui constitue d'une certaine manière le pendant psychanalytique des appels répétés à une « réforme de l'islam », fait l'impasse sur les textes freudiens relatifs au processus d'identification et, par là, reconduit la dynamique d'essentialisation de l'islam et des musulmans à l'oeuvre en France. Critiquant un tel usage de la psychanalyse, Soraya Tlatli montre que la confrontation de cette discipline avec la théologie islamique permet de penser à nouveaux frais la question du sujet dans son rapport inextricable à la foi et à la mystique.