Shmuel Trigano

  • Dans un traité de droit talmudique écrit en Languedoc au XIIe siècle, Abraham Ben David de Posquières (l'actuel Vauvert), pose la question du désir et du rapport amoureux dans des termes que ne désapprouverait pas la sensibilité contemporaine. En fondant l'authenticité de ce rapport sur l'intention, il esquisse une philosophie du couple visant à préserver la personne dans l'être désiré, à éviter de l'instrumentaliser à des fins de jouissance égoïste. Au point que l'on pourrait dire qu'il n'y a pas de rapport « sexuel » dans le rapport amoureux... L'interprétation que Shmuel Trigano donne du dernier chapitre du Livre des maîtres de l'âme dévoile un paysage insoupçonné dans l'univers médiéval de la Loi juive, où l'on sent le frémissement de la Kabbale provençale naissante.

  • La modernité a vu la naissance d'une laïcité juive, d'abord déclinée en termes diasporiques, puis en termes nationaux dans l'État d'Israël. Elle a opéré une transformation culturelle qui a construit le cadre dans lequel se déploie aujourd'hui le monde juif.

    Si cette sécularisation a marqué la vie des Juifs, la question du judaïsme y est restée entière. Objet d'accommodement, de déni ou de rejet, celui-ci est resté opaque à la lueur des « Lumières » juives. Le statu quo qui définit sa position dans la société israélienne, de même que le dilemme étrange de l'État « juif et-ou démocratique », en sont les expressions les plus imagées.

    Et si l'on renversait la perspective, en se demandant s'il recèle des ressources intrinsèques, dans sa littérature et comme absolu de la pensée, pour penser une laïcité qui ne serait plus seulement « juive », mais aussi « judaïque », inscrite dans les fondements mêmes du judaïsme ? La capacité du judaïsme à concevoir, en vertu de ses propres valeurs et lois, la possibilité d'un espace public, non prédéterminé, et où on s'exercerait, pour les individus, la liberté de penser et de se comporter.

    LES AUTEURS : Thierry Alcoloumbre, David Banon, Mickael Benadmon, Max Benhamou, Oury Cherki, David Lavi Halewa, Hanna Gaëlle Serero, Yaakov Shavit, Elyakim Simsovic, Éric Smilevitch, Sandrine Swarc, Shmuel Trigano, Michaël Wygoda, Shmuel Wygoda.

  • Un nouveau discours s'impose dans le débat public qui annonce le « transhumain », le « post-humain », l'« homme augmenté », le « cyborg », en tout cas « la fin de l'humain », pour reprendrew le titre d'un livre.
    Quelle est la nature de ce nouvel évangile, de ce nouveau « Grand récit » sur fond de tous les mondialismes et de tous les progressismes ? Quel est le sens de son apparition aujourd'hui ?
    Puisqu'il promeut une refondation de l'humain, il nous intime la nécessité de revenir aux fondements, c'est-à-dire au Livre de la Genèse et à sa construction de l'humain, ne serait-ce que parce que les tenants de la déshumanisation objective de l'homme s'insurgent souvent contre son supposé enseignement, son naturalisme, son moralisme, son déterminisme...
    Que recèle la philosophie du Livre de la Genèse face à ces enjeux et l'appel de l'infini qu'ils donnent à entendre ? Que pourrait recéler la Genèse d'inattendu, d'inédit pour le débat contemporain ?

  • La pensée est indissociable de la langue dans laquelle elle se forge. Si la philosophie est inséparable du grec, de quel type est la pensée qui germe dans la langue hébraïque? C'est l'ambition de ce livre d'en retrouver les traces, comme si il y avait déjà à l'oeuvre une pensée en deçà des théories et des doctrines, une pensée précédant le texte tout en ne s'exprimant qu'à travers ses différentes économies, une pensée de toutes les pensées issues de la racine hébraïque dans laquelle l'Ëtre ne se dit pas au présent. Le livre de Shmuel Trigano jette une lumière nouvelle sur l'ontologie. Il inaugure une façon inédite de philosopher qui naît, certes, de la fréquentation de la langue grecque mais sans pour autant y ramener. Par delà la philosophie grecque mais aussi la philosophie juive classique, une voie s'ouvre vers une autre philosophie à laquelle ce livre appelle...

  • Comment naît la modernité ? L'homme moderne a toujours cru qu'elle s'était construite sur la table rase du passé et de la tradition. Et pourtant, d'où viendrait-elle ? Au fil d'une enquête philosophique autant qu'érudite, Shmuel Trigano avance l'hypothèse que c'est dans la théologie négative du Moyen Âge qu'il faut trouver le moment où la société et la pensée de la tradition vacillent et s'ouvrent à la logique de la modernité. En somme, c'est dans l'histoire de ce que les hommes ont dit de Dieu et dans leur effort pour parfaire la conception de la Divinité que l'on pourrait lire les évolutions qui ont finalement conduit à la constitution du monde dont Dieu s'est résolument absenté...
    À travers une analyse du projet philosophique juif, tel qu'il s'incarne en ces trois auteurs charnières que sont Maïmonide, Spinoza et Mendelssohn, Shmuel Trigano montre comment, au coeur du débat théologique propre à la philosophie religieuse, émerge la modernité.
    Ainsi se profile, derrière l'univers de la Raison, un enjeu insoupçonné, d'ordre spirituel et religieux, dont l'analyse nous aide à lire les errements, mais aussi le refoulement et les retours successifs, ainsi que la puissance de reviviscence. N'est-ce point là le grand enjeu de la fin du XXe siècle ?

  • Entreprendre de dire l'identité juive, aujourd'hui comme hier, c'est s'exposer aux risques de l'illisibilité.
    Illisibilité de sens. les porteurs de cette identité eux-mêmes sont saisis d'égarement dès qu'il s'agit pour eux de se dire ou de se comprendre : c'est comme si n'arrivait pas à se dire la réalité de cette identité, comme si les mots étaient entachés d'erreur et de gratuité aussitôt que prononcés, comme si l'identité juive, ou judéité, était rejetée hors des époques et des discours des temps et des textes qu'elle traverse.
    L'identité juive est-elle d'un autre âge ou a-t-elle aujourd'hui un relief autre que celui que découpe le regard des autres sur la surface du monde ? s. t.

  • L'actualité récente nous renvoie l'écho de tensions et de malentendus entre Noirs et Juifs. Il n'en fut pas toujours ainsi. Tout au long de l'histoire, des rencontres et des convergences autrement plus constructives se sont produites. Ce numéro de Pardès propose de guider le lecteur sur les traces d'une histoire marquée de liens forts entre Noirs et Juifs. Le monde noir, en Afrique ou aux Amériques, a souvent trouvé dans les symboles culturels et religieux du judaïsme une source d'inspiration pour forger son identité : de l'histoire des amours du roi Salomon et de la reine de Saba, au récit fondateur du peuple juif - la sortie d'Égypte et la libération de l'esclavage - qui fut aussi un récit libératoire pour la condition noire. Comment et à travers quels éléments Juifs et Noirs se sont-ils rencontrés ? Comment se sont-ils transmis des savoirs, se sont-ils aidés à se construire ? Comment et pourquoi aujourd'hui tensions et malen-tendus prennent-ils le pas ? Convergences, divergences : du mythe à la réalité, les auteurs de ce livre dressent le parcours d'une relation riche et complexe. Un ouvrage qui répond à des questionnements au coeur de l'actualité.

  • Ce livre a pour objet la philosophie hébraïque, que l'auteur distingue fondamentalement de la philosophie juive, en ce sens que celle-ci cherche à trouver un accord avec la philosophie grecque quand celle-là cherche à trouver un accord avec elle-même, c'est-à-dire à retrouver dans sa texture hébraïque la puissance de construire le cosmos.Que Dieu soit désigné en hébreu par le radical du verbe « être », que l'être ne s'y conjugue pas au présent - voire que le présent n'existe pas -, et c'est tout un univers intellectuel qui surgit, à la temporalité et à la réalité différentes : tout ramassé dans la proposition étonnante que l'être « cesse » (shabbat) pour que l'homme se lève.

  • Cette livraison de Pardès, singulière, rassemble des textes sur l'oeuvre de Shmuel Trigano, la plupart présentés lors de colloques en son honneur à l'Université de Bar Ilan (Israël) et à l'Alliance Israélite Universelle à Paris. Elle présente aussi des textes de son cru dans lesquels il s'essaie à clarifier son cheminement intellectuel, dont les nombreux livres qu'il a écrits témoignent.
    Cette réflexion qui a tenté de répondre présent aux défis du retour du peuple d'Israël dans l'arène de l'existence contemporaine expose en fait la trajectoire de toute une génération et les enjeux d'une époque.
    Publié avec le soutien du CNL.

  • La fondation du peuple d'Israël ne reposerait-elle que sur des affabulations ? La crédibilité de la Bible comme document historique a-t-elle une incidence sur la foi ? L'analyse de cette controverse actuelle, qui met à l'épreuve les croyances fondatrices du judaïsme, est au cSur de ce 49e numéro de Pardès.
    La Bible est au cSur d'une tourmente comme elle en a rarement connu depuis un siècle. Une controverse internationale met en question sa crédibilité comme document historique, et ce doute rejaillit sur l'ensemble de l'édifice théologique qu'elle constitue.
    Son message ne relève-t-il que de la foi et pas du tout de la réalité ? Les événements qu'il rapporte sont-ils affabulatoires ? Pire, orchestrent-ils un projet de puissance ou d'identité ? C'est ce que d'aucuns soutiennent. Cet argument n'est pas sans incidence sur la foi dans la mesure où, message inscrit dans l'histoire, la Bible rapporte des événements qui sont les vecteurs de la révélation. Le monothéisme est inséparable de cet alliage de la transcendance et de l'histoire.
    Force est de constater que c'est aujourd'hui uniquement la Bible hébraïque qui est l'objet de la contestation, le Tanakh, c'est-à-dire la compilation de la Thora, des Prophètes (Nevi'im) et des Écrits saints (Ketouvim). Et, derrière elle, c'est l'existence même du peuple hébreu, du peuple d'Israël, qui est remise en question, puisque tous les événements qui l'ont fondé ne seraient que des mythes.
    C'est à l'approche et à l'analyse de cette controverse qu'est consacré ce Pardès, mais aussi à la mise à l'épreuve des croyances fondatrices du judaïsme en la matière et à la défense et illustration de sa capacité à faire face à cette remise en question.
    Ce livre est mené sous la direction de Shmuel Trigano, professeur de sociologie à l'université de Paris X - Nanterre, président de l'Observatoire du monde juif et Directeur du Collège des études juives de l'Alliance israélite universelle. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages parus aux PUF, Gallimard, Odile Jacob...
    Parmi les auteurs de ce numéro de Pardès : David Banon, professeur aux Universités de Lausanne et de Strasbourg ; Pierre Gibert, professeur d'exégèse de l'Ancien Testament au Centre Sèvres (Facultés jésuites de Paris) ; Geneviève Gobillot, professeur d'études arabes et islamiques (Lyon 3) ; Dan Jaffé, maître de conférence en histoire juive (Université Bar-Ilan, Tel Aviv) et chargé de cours à l'Université de Provence ; Paul Mattéï, professeur de langue et littérature latines (Lyon 2) ; Claude Birman, philosphe et enseignant ; Jean-Pierre Winter, psychanalyste...

  • Libérer la judéité d'une modernité mortifère, dans laquelle, pour exister dehors oú s'érigeait l'empire exclusif du politique, elle devait renoncer à elle comme force historique dans le politique, et accepter son exil dans un " dedans " d'occultation et de négation : assumer sa mort pour la vie.

    Telle était, dès l'origine, l'ambition de cet ouvrage dont l'écho fut immédiat.
    Cette première critique de la modernité juive, finissante et caduque, en une époque oú la crise du politique est évidente, veut fonder la nouvelle jérusalem, oú le juif ne sera plus étranger à lui-même dans l'histoire. ouverture d'une nouvelle " modernité " juive, d'une ère nouvelle de la judéité dans le monde contemporain.

    Voici donc la formulation de ce qui apparaîtra peut-être comme la première théorie juive du politique : elle affronte et traverse à visage nu le fait politique contemporain, le dépasse activement au lieu de s'y adapter et de le reproduire. à seule fin de rompre avec l'enfermement dans le monde privé, de sortir les disparus de leurs caveaux, de faire de l'ancien du nouveau, et de la décrépitude nocturne une aurore.

  • Comment peut-on écrire l'histoire d'un peuple dépourvu si longtemps d'assise territoriale, de langue commune et de pouvoir centraloe et pourtant, il n'y a pas de doute que, en dépit de leur dispersion, se sont tissés et maintenus entre des communautés établies sur l'ensemble de la planète, au coeur des nations et des empires dans toutes les aires de civilisation, de solides liens. cette unité a engendré des structures collectives et des institutions d'une fermeté et d'une souplesse qui ont défié le temps et les épreuves: les conflits, les schismes, les tensions propres à toute vie sociale, les persécutions n'en sont jamais venus à bout. le " peuple du livre " a en effet inventé un système où la parole délivrée au sinaï à moïse s'est accomodée de situations d'une extrême variété.

    C'est à travers une histoire non plus événementielle _ qui a été faite souvent _ mais plutôt sociale, culturelle et institutionnelle, confiée à des spécialistes venus de disciplines multiples et originaires de trois continents que l'honnête homme d'aujourd'hui trouvera un chemin dans les arcanes d'un monde à la fois familier et largement méconnu. au long de quatre volumes d'une richesse et d'une diversité inégalées, soixante auteurs composent une fresque grandiose qui éclaire trente siècles d'une histoire à nulle autre pareille.

    Ce quatrième et dernier volume (le peuple-monde) s'efforce de saisir les lois de fonctionnement propres et les systèmes de communication intérieure qui ont rendu possible la continuité d'un peuple dispersé à travers les temps, les continents et les civilisations.

    Maître de conférences de sociologie à l'université de paris-x, shmuel trigano, a créé la revue pardès et dirige le collège des études juives de l'alliance israélite universelle. il a publié plusieurs essais parmi lesquels la nouvelle question juive (1979) et philosophie de la loi (1992).

  • Le Judaïsme et l'esprit du monde est une entreprise intellectuelle de grande envergure qui vise à comprendre la cohérence symbolique, rationnelle et historique du judaïsme dans toutes ses dimensions et ses époques. Le concept de « judaïsme » prend dans cette démarche un sens renouvelé de « système cohérent de croyances et de pratiques », étant entendu que cette cohérence ne relève pas d'une conformité à des dogmes mais d'un principe de fonctionnement, d'agencement d'éléments interdépendants.
    L'auteur en construit le modèle en en puisant dans le texte biblique, qui fut au centre de l'existence juive jusqu'au XXème siècle, de sorte que la majeure partie de l'ouvrage constitue également une oeuvre d'exégèse. Elle renouvelle les approches connues et les ébranle, en démontrant la cohérence profonde du texte biblique.
    Les quatre livres qui composent l'ouvrage sondent les structures et les dynamiques des quatre sphères décisives de l'être juif :
    Ethique (la religion, la théologie), Ethnos (le peuple, l'identité, la politique, la socialité), Ethos (le comportement existentiel : les moeurs, le psychisme, les grands courants identitaires), Ethnikos (l'histoire externe d'Israël, l'ethos des deux monothéismes ultérieurs, dérivant de celui d'Israël et leurs rapports à Israël).
    Dans la mesure où ce livre entreprend de saisir et d'analyser l'esprit qui structure l'ensemble du judaïsme et impulse ses manifestations les plus diverses, certains pourront y trouver une forme de « Guide des égarés » en prise directe sur les questions et les espérances de notre temps.
    Le livre de Shmuel Trigano fait partie de ces rares livres dont est émaillée l'histoire de la pensée juive. Sa nouveauté tient à ce qu'il ne se cantonne pas au côté métaphysique ou, encore moins, dogmatique, à un exposé des vérités du judaïsme mais intègre dans son analyse toutes les manifestations adjacentes, contradictoires et divergentes que cette histoire a pu produire.

  • Avec les années 2000, une nouvelle forme d'antisémitisme est apparue, modifiant la compréhension qu'on en avait depuis deux siècles, quand l'antisémitisme avait "pris la suite" de l'antijudaïsme. Cette mutation accompagnait l'entrée dans la modernité politique et l'amoindrissement de la prégnance du motif religieux dans la haine des Juifs. La mutation contemporaine signale l'entrée dans la mondialisation.
    La cible de la haine est à la hauteur de son envergure : l'Etat d'Israël, en tant qu'il symbolise le destin collectif juif dans le monde contemporain et notamment depuis la deuxième guerre mondiale. Or l'opinion publique reconnaît ce phénomène, bien installé et statistiquement documenté, avec difficulté. Comment le définir ? Comment comprendre ce décalage entre les faits et les représentations en la matière ? Qu'est-ce qui se trame dans ce qui est un symptôme d'une très vaste crise qui touche le régime démocratique et dont l'Union Européenne, où se produit le choc des migrations internationales, est le théâtre ? Cette livraison tente de le comprendre, tant sur le plan global que sur le plan propre à la France, en s'attachant à mieux saisir le phénomène.

  • Le prochain numéro de la revue Pardès analyse les formes dans lesquelles la Divinité est abordée dans la pensée juive. Il s'intéresse particulièrement à la figure de l'ange, comme expression du Divin. La dimension théologique est souvent méconnue sur la foi de l'idée que le Divin relève de l'ineffable et de l'irreprésentable. Ce n'est pas tout à fait vrai sur le plan du discours, à commencer par le discours biblique. C'est son statut qui est l'objet de l'investigation. On s'attachera à la question des attributs divins, celle de la perfection divine, le Dieu jaloux, Job face à Dieu, mais aussi la figure de l'ange, le combat de Jacob avec l'ange...

  • « Vous serez des étrangers et des résidents avec Moi », cette parole biblique (Lévitique xxv, 23) en forme de paradoxe résonne fortement à notre époque. En effet, aujourd'hui se pose dans des situations et des termes inédits la question de l'étranger, mais aussi et surtout celle de l'habitant. C'est la nature de la « résidence », du fait de demeurer en un lieu, qui est l'objet d'un questionnement.
    Qu'est-ce qu'habiter ? Que signifie être étranger ? Qu'est-ce que résider chez autrui ? L'hospitalité est-elle encore à l'ordre du jour ? Les enjeux les plus fondamentaux de l'identité des individus et des sociétés sont l'objet d'un débat qui engage l'existence.
    Comment comprendre aujourd'hui l'injonction du Lévitique sur l'arrière-plan de la mondialisation ? Comment clarifier les problèmes que celle-ci a engendrés ? Le questionnement de l'étranger a une longue histoire dans la tradition juive et l'expérience concrète des Juifs. Son apport renouvelle complètement le sens commun en la matière.
    Sous la direction de Schmuel Trigano.
    Michel Attali, Mikhaël Benadmon, Stéphane Dufoix, Valérie Foucher-Dufoix, Anne Gotman, Benjamin Gross, Jean-Pierre Lebrun, Pierre Manent, Dominique Schnapper, Shmuel Trigano, Liliane Vana, Michaël Wygoda, Zvi Zohar.

  • Et si la domination n'était pas là où on la croit ? Et si la façon dont nous nous représentons aujourd'hui l'identité, l'humain, les genres, la nature, mais aussi la démocratie, le rapport à l'étranger, le contenu même du savoir, la finalité du droit, si tout cela ne relevait pas en réalité d'un savoir objectif mais d'une « idéologie » qui projette de changer l'ordre social et politique mais surtout l'humain ? C'est le propre de toute époque que de trouver dans un ordre d'idées le principe du pouvoir et de la cohérence, sauf que cette idéologie se présente comme l'anti-pouvoir, le facteur d'une liberté jamais imaginée. Ce court ouvrage s'efforce d'en construire le modèle et de prendre la mesure de l'ampleur de l'agenda du post-modernisme, cette pensée née en France dans les années 1970, redécouverte aux États-Unis et devenue, depuis, la « langue commune » de toutes les élites du monde démocratique, à travers ses multiples visages : multiculturalisme, post colonialisme, queer theory, altermondialisme, mondialisme, etc. Dans la perspective de la sociologie de la connaissance, Shmuel Trigano tente d'identifier les centres de pouvoir et l'ordre nouveau qu'installe cette idéologie pour comprendre le contexte de son développement, notamment la décomposition de l'état-nation européen des suites de l'unification européenne, grosse, selon lui d'une forme de pouvoir de type impérial. Un livre de savoir mais aussi un livre engagé qui alerte face à la dernière née des utopies politiques.

  • À l'occasion du 150ème anniversaire de sa création, l'Alliance Israélite Universelle, institution philanthropique à vocation éducative et culturelle, a souhaité inaugurer les rencontres par une suite de conférences sur les questions de l'universel et de l'identité nationale. A l'heure des débats sur l'identité nationale, Shmuel Trigano, Marcel Gauchet, Chantal Delsol, Raphaël Draï, Blandine Kriegel, Alain Renaut, Dominique Schnapper, posent tour à tour la question : Que devient le concept d'universel confronté à la politique des identités ? A-t-il encore une validité? Et peut-il influer sur une nouvelle conception de la République ?

  • La pensée juive de type réflexif s'est toujours constituée dans un vis-à-vis avec la pensée dominante de son temps. Ses caractéristiques propres découlaient en partie de celles de la pensée à laquelle elle se mesurait. Une des spécificités de la pensée juive née en France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale fut sans aucun doute le face à face avec une conception française unique en son genre sur le plan de la culture mondiale : l'universel, autant philosophique que politique. La question essentielle qui se posait était de savoir comment penser la judéité face à cet universel. Relevait-elle du particularisme ou se situait-elle au même niveau d'exigence intellectuelle et éthique ? Qu'avait-elle à dire dans l'arène de l'universel ? Les oeuvres des nombreux auteurs qui se sont levés depuis ont entrepris de répondre à ces questions en redéfinissant non seulement la singularité juive mais aussi l'appréhension de l'universel dans la perspective du judaïsme. Quels sont les fondamentaux de cette pensée ? Quel avenir a-t-elle dans un environnement culturel et politique qui a changé ?

  • Le monde contemporain pose à nouveaux frais la question du fondement des valeurs et redécouvre qu'il relève de l'irrationnel. Même laïques, les valeurs relèvent de la transcendance. Comment la question se pose-t-elle dans la perspective du judaïsme ? Cette livraison de Pardès se confronte à cette question contemporaine à la lumière des textes de sa tradition. Comment s'articule un droit coutumier fondé sur la jurisprudence dont la source est révélée ? Comment fonde-t-on le pouvoir dans la Cité ? Comment se fonde la différence des sexes ? Autant de questions qui éprouvent l'articulation de la transcendance et de l'immanence. Ce livre est mené sous la direction de Shmuel Trigano, professeur de sociologie à l'université de Paris X - Nanterre. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages parus aux PUF, Gallimard, Odile Jacob...

  • Comment peut-on écrire l'histoire d'un peuple dépourvu si longtemps d'assise territoriale, de langue commune et de pouvoir centraloe et pourtant, il n'y a pas de doute que, en dépit de leur dispersion, se sont tissés et maintenus entre des communautés établies sur l'ensemble de la planète, au coeur des nations et des empires dans toutes les aires de civilisation, de solides liens. cette unité a engendré des structures collectives et des institutions d'une fermeté et d'une souplesse qui ont défié le temps et les épreuves: les conflits, les schismes, les tensions propres à toute vie sociale, les persécutions n'en sont jamais venus à bout. le " peuple du livre " a en effet inventé un système où la parole délivrée au sinaï à moïse s'est accommodée de situations d'une extrême variété.

    C'est à travers une histoire non plus événementielle _ qui a été faite souvent _ mais plutôt sociale, culturelle et institutionnelle, confiée à des spécialistes venus de disciplines multiples et originaires de trois continents que l'honnête homme d'aujourd'hui trouvera un chemin dans les arcanes d'un monde à la fois familier et largement méconnu. au long de quatre volumes d'une richesse et d'une diversité inégalées, soixante auteurs composent une fresque grandiose qui éclaire trente siècles d'une histoire à nulle autre pareille.

    Le présent volume (tome premier) évoque, depuis la babylonie médiévale jusqu'à l'allemagne des lumières en passant par la pologne du congrès et la société israélienne d'aujourd'hui, le caractère central du livre dans la vie des juifs comme peuple et les acteurs sociaux qui ont pris part à cette histoire.

    Maître de conférences de sociologie à l'université de paris-x, shmuel trigano, a créé la revue pardès et dirige le collège des études juives de l'alliance israélite universelle. il a publié plusieurs essais parmi lesquels la nouvelle question juive (1979) et philosophie de la loi (1992).

  • Comment peut-on écrire l'histoire d'un peuple dépourvu si longtemps d'assise territoriale, de langue commune et de pouvoir centraloe et pourtant, il n'y a pas de doute que, en dépit de leur dispersion, se sont tissés et maintenus entre des communautés établies sur l'ensemble de la planète, au coeur des nations et des empires dans toutes les aires de civilisation, de solides liens. cette unité a engendré des structures collectives et des institutions d'une fermeté et d'une souplesse qui ont défié le temps et les épreuves: les conflits, les schismes, les tensions propres à toute vie sociale, les persécutions n'en sont jamais venus à bout. le " peuple du livre " a en effet inventé un système où la parole délivrée au sinaï à moïse s'est accommodée de situations d'une extrême variété.

    C'est à travers une histoire non plus événementielle _ qui a été faite souvent _ mais plutôt sociale, culturelle et institutionnelle, confiée à des spécialistes venus de disciplines multiples et originaires de trois continents que l'honnête homme d'aujourd'hui trouvera un chemin dans les arcanes d'un monde à la fois familier et largement méconnu. au long de quatre volumes d'une richesse et d'une diversité inégalées, soixante auteurs composent une fresque grandiose qui éclaire trente siècles d'une histoire à nulle autre pareille.

    Le tome second (les liens de l'alliance) traite des cadres institutionnels (le droit, le pouvoir, l'espace, la famille...) dans lesquels s'est déployée la vie des communautés juives; l'alliance en constitue le modèle le plus fort.

    Maître de conférences de sociologie à l'université de paris-x, shmuel trigano, a créé la revue pardès et dirige le collège des études juives de l'alliance israélite universelle. il a publié plusieurs essais parmi lesquels la nouvelle question juive (1979) et philosophie de la loi (1992).

  • Comment peut-on écrire l'histoire d'un peuple dépourvu si longtemps d'assise territoriale, de langue commune et de pouvoir centraloe et pourtant, il n'y a pas de doute que, en dépit de leur dispersion, se sont tissés et maintenus entre des communautés établies sur l'ensemble de la planète, au coeur des nations et des empires dans toutes les aires de civilisation, de solides liens. cette unité a engendré des structures collectives et des institutions d'une fermeté et d'une souplesse qui ont défié le temps et les épreuves: les conflits, les schismes, les tensions propres à toute vie sociale, les persécutions n'en sont jamais venus à bout. le " peuple du livre " a en effet inventé un système où la parole délivrée au sinaï à moïse s'est accomodée de situations d'une extrême variété.

    C'est à travers une histoire non plus événementielle _ qui a été faite souvent _ mais plutôt sociale, culturelle et institutionnelle, confiée à des spécialistes venus de disciplines multiples et originaires de trois continents que l'honnête homme d'aujourd'hui trouvera un chemin dans les arcanes d'un monde à la fois familier et largement méconnu. au long de quatre volumes d'une richesse et d'une diversité inégalées, soixante auteurs composent une fresque grandiose qui éclaire trente siècles d'une histoire à nulle autre pareille.

    Le troisième volume (le passage d'israël) examine les modalités et les effets du rapport des juifs avec leur environnement social ou culturel, dans l'ordre de la spiritualité, de la vie intellectuelle, dans l'ordre économique et politique.

    Maître de conférences de sociologie à l'université de paris-x, shmuel trigano, a créé la revue pardès et dirige le collège des études juives de l'alliance israélite universelle. il a publié plusieurs essais parmi lesquels la nouvelle question juive (1979) et philosophie de la loi (1992).

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