Flammarion

  • C'est beau une ville la nuit n'est pas à proprement parler un roman autobiographique ni une simple biographie d'acteur, mais bien plutôt l'écriture d'une errance et d'une quête.
    « Une balade, l'oeil et l'esprit grands ouverts au vif de la ville et au droit de la vie, une route de douleurs, de joies et finalement d'espérances. » Ce livre est un fragment d'itinéraire de l'homme Bohringer avant même que les écrans renvoient cette image d'une « gueule » de cinéma et que celle-ci s'impose par la forte présence d'un comédien dont les valeurs personnelles ne se réduisent pas à sa profession et au narcissisme qu'elle entretient.
    Ouvert aux autres et amoureux de l'amitié, Richard Bohringer, grand lecteur de Cendrars, de Kerouac ou de London, sait donc que la raison même de l'écrivain est de mythifier la réalité de la vie, de dire vrai même dans l'imaginaire puisque « la réalité dans tout cela, ce sont les faits, les gens non pas tels qu'ils sont mais tels qu'on les vit. C'est la règle du jeu. La seule avec laquelle il est acceptable de jouer ».

  • « L'ultime conviction du désir. Je finirai ce livre. Malgré tout. Les mots sont sacrés et sans innocence. Ils appellent le destin de ceux ou celles qui les tracent. La vie sera toujours comme un grand amour inachevé. Une douleur intense de la perdre comme l'odeur de la femme aimée. Mais toi, aime-la cette vie. Casse-lui la gueule. Bouleverse-toi d'elle. Elle te donnera des ailes. Et tu voleras comme le cormoran argenté. Je voulais mes enfants que vous le sachiez. La vie est mon histoire d'amour passion. J'ai été fidèle à mes principes aventureux. Je me suis brûlé tout entier. Oui j'aime. » R. B.

  • « Je suis arrivé devant l´hôpital posé à quai comme un cargo la nuit. Ses lumières immobiles sous la pluie. Planté là sous le néon, dégoulinant de l´averse. Le vent frissonne sur les flaques.
    Quelqu´un marche vite. Un taxi ferme sa lumière.
    J´y suis.
    J´ai demandé au toubib, perdu au milieu des perfus, des chariots, des solitaires sans un son, et puis d´autres qui en ont marre.
    On sait plus si c´est de la vie.
    J´ai demandé au toubib s´il me gardait cette nuit. Il a dit oui. » R. B.

  • Des personnages attachants et magnifiques se retrouvent au comptoir du Bout du Monde, le bar de la 300ème Rue où se croisent ceux qui voudraient que la vie les fasse encore rêver et leur donne envie de l'aimer. Il y a là John, marié deux fois et deux fois abandonné. Ce n'est pas son vrai prénom mais certains soirs il préfère s'appeler John pour voir si ça fait revenir l'amour. Il y rencontre Solange qui vit sans sexe et sans petit ami. Sauf lorsqu'elle devient Betty, Betty qui aime l'amour et les hommes. Avec Paulo, ils ont en commun un immense savoir de l'ivresse, un dégoût du monde d'aujourd'hui voué au culte de l'argent, bouffi d'orgueil et de préjugés. Ensemble ils vont prendre la route pour conquérir de nouveaux territoires à l'abri des vanités et des malveillances de l'ancien monde.
    Richard Bohringer nous livre peut-être son texte le plus intime et le plus engagé. Il y parle des hommes tels qu'ils sont et tels qu'ils voudraient être, il n'a jamais autant décrit le monde d'aujourd'hui ni autant éclairé les pistes que nous donnent à voir les provocateurs et leurs lumières.

  • "je voulais écrire sur l'amour.
    Zorglub, c'est simon, l'homme qui vit depuis vingt ans planqué dans un square. depuis vingt ans, il attend la femme. celle qui fera taire son chagrin. aujourd'hui, un jeune homme est là, à la même place que lui vingt ans plus tôt. ii a un bouquet de fleurs à la main. j'ai écrit les girafes à new york, affamé d'amour, assoiffé de femme, affamé tout court. deux pièces de jeunesse. deux petits bouts lambeaux de théâtre.
    Peut-être. ".

empty