Nicolas Beau

  • Avec les nombreuses prises d'otages et les menaces des groupes djihadistes envers la France, personne ici n'ignore plus la situation explosive créée au Sahel. L'intervention française au Mali, qui a permis d'éliminer physiquement quelques centaines de terroristes, ne règle rien des plaies endémiques qui frappent cette région depuis plusieurs années : corruption, pauvreté, fractures ethniques, montée du fondamentalisme, rivalités régionales, commerce de la drogue venue d'Amérique Latine, clientélisme.
    Or les liens opaques et sur fond d'affairisme qui se sont tissés entre la France et les pays de la zone ont largement contribué à ce triste héritage. Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, les relations entre les pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger) ont été marquées par le manque de transparence et un interventionnisme souvent calamiteux. Mêlant enquête et réflexions, L'Agonie de la Françafrique démontre le rôle trouble de la France et de ses relais dans la région, les complicités en tout genre et les multiples détournements de fonds publics orchestrés sous le regard bienveillant de Paris.
    L'auteur, ex-journaliste du Canard enchaîné et fondateur de Bakchich démontre les liaisons dangereuses que l'ancienne puissance coloniale entretient notamment avec certains personnages sulfureux de Bamako à Nouatchoc. Il est urgent que le pouvoir en France invente de nouvelles grilles de lecture avec les pays du Sahel, notamment le Mali et la Mauritanie, des pays clefs pour offrir une perspective d'avenir à cette zone géographique sinistrée !

  • Dans les années 1980, une nouvelle génération issue de l'immigration sut imposer son existence dans l'espace public, notamment via des « marches » et l'association SOS Racisme. Une « beurgeoisie » française apparaissait. Trente ans plus tard, forte de son talent et de son culot, mais aussi de sa capacité à jouer de la mauvaise conscience d'une France incapable de les intégrer en masse, cette génération a pénétré les plus hautes sphères du pouvoir : politique, médiatique, financier... Souvent dotée de mentors, elle s'incarne désormais à travers des figures comme Rachida Dati, Alexandre Djhouri, Najat Vallaud-Belkacem, Kader Arif ou tant d'autres.

    Avec une solide connaissance des personnes et des coulisses, ce livre brosse la fresque de ces lascars de la République, de leurs aspirations premières à leurs ambitions d'aujourd'hui. Plus qu'une galerie de portraits ou un récit plein d'anecdotes, Les Beurgeois de la République interroge avec causticité leurs liens avec leur milieu d'origine, leur attirance pour le devant de la scène, leur séduction, leur « parler vrai », leurs rapports avec les élites traditionnelles. Une enquête riche en révélations de tous ordres.

  • Depuis l'avènement de Mohamed VI en 1999, le Maroc est célébré dans les médias occidentaux comme un royaume enchanté où progresseraient dans un même élan le statut de la femme, le pluralisme démocratique et l'économie de marché. Les élites françaises ne sont pas en reste pour vanter ses vertus, au point d'y acquérir de somptueuses résidences secondaires. Mais pour d'autres, plus discrets, « la situation est dangereuse : le Maroc, c'est la Russie en 1916 », selon les mots d'un des patrons de l'antiterrorisme en France. Où est l'erreur ?
    Loin des fantasmes et des simplifications, les auteurs de cet ouvrage livrent de la réalité du Maroc et des relations franco-marocaines d'aujourd'hui une vision étonnante, nourrie de révélations explosives. Grâce à des enquêtes en profondeur, ils dévoilent aussi bien les ressorts cachés des différentes composantes de la mouvance islamiste que les secrets de dirigeants marocains, englués dans des réseaux de corruption aux racines souvent bien françaises. Ils révèlent la surprenante diversité des composantes de la déferlante islamiste, nourrie de la révolte d'une population dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté. Et ils expliquent, exemples à l'appui, les origines des blocages économiques et sociaux que vit un pays gangrené par une corruption omniprésente.

  • 1963, en pleine guerre froide, Yves Montand et Simone Signoret atterrissent à Moscou, première étape d'une tournée de chant dans les pays de l'Est. Le couple le plus glamour de son époque ne s'en doute pas encore, mais leurs escapades de l'autre côté du Mur n'ont pas attiré que l'attention de leurs fans. En réalité, considérés comme de possibles ennemis de l'État, ils sont déjà fichés par la police depuis près de quinze ans ! Et ils ne sont pas les seuls. Bientôt, on va aussi traquer des écrivains comme Jean-Paul Sartre... et toute une série de personnalités du monde du show-biz.
    C'est la mission officieuse des RG, une police très spéciale. Officiellement, elle agit dans le cadre de l'État de droit. En réalité, elle donne surtout dans le tordu...Tous les coups sont permis. Ce service, qui tournait à plein régime il y a encore dix ans, n'a existé nulle part ailleurs qu'en France, ou alors dans les dictatures. C'est un service qui ne s'embarrasse pas avec la vie des autres. Pendant quarante ans, des espions à la solde du pouvoir portant une carte tricolore dans la poche ont mis la France sous surveillance. Une petite Stasi à la française.
    Pour la première fois, de nombreux acteurs de ces actions secrètes ont accepté de se mettre à table. Ils avaient le sens du devoir chevillé au corps mais parfois aussi une habileté de pieds nickelés ! Ils racontent comment, pendant quarante ans, ils voulaient tout savoir sur la vie privée de tout le monde. Au nom de la défense de la République, bien sûr...

  • Pilote de chasse, médecin, vétérinaire, maîtresse...
    Enfant, qui n'a pas imaginé son futur métier ?
    C'est exactement ce que font les deux enfants dans cet album, sauf qu'eux ne rêvent pas vraiment de ce genre de carrières « classiques »! Ils préfèrent imaginer des métiers moins courants, plus drôles et surtout plus poétiques.

    Alors quand ils seront grands, ils se seront peut-être :
    Guirlandeurs d'étoiles, banquiers de petits cailloux, colorieurs de bonbons ou encore empêcheurs de vol de grains de sable dans les yeux, désintégrateurs de bombes, éleveurs de colombes de la paix...

  • Ce matin-là, dans un pays très lointain, rien ne va : la souris fait un caca de rhinocéros, le rhinocéros fais un caca de lapin, le lapin fait un caca de hyène, la hyène fait un caca de mouche... Pourtant, tout le monde a l'air de trouver cela très drôle. mais qu'a-t-il bien pu se passer ?

  • Le bilan meurtrier des émeutes qui ont secoué la Tunisie depuis le 18 décembre est colossal.
    La France, tout au long du conflit, est restée silencieuse, ou maladroite.
    " On ne peut que déplorer les violences en Tunisie " a déclaré prudemment la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie.
    L'extrême retenue de la France face à la répression en Tunisie traduit une attitude profondément ancrée dans l'histoire des relations entre les deux pays.
    Premier partenaire commercial, ancienne puissance coloniale, la France a toujours eu des liens très étroits avec le Maghreb. Le bilan des 23 années de présidence de Ben Ali a été souligné récemment par le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, qui a loué un président " souvent mal jugé ", qui a " fait beaucoup de choses ". Pourquoi tant de prudence et de bienveillance ?

  • Alors que les printemps arabes tournent au fiasco en Syrie et en Egypte, la Tunisie est sans doute le seul pays en train de réussir sa mue vers la démocratie. Les représentants de la société civile, syndicalistes, avocats et militants des droits de l'homme réunis, ont permis, en février 2014, la nomination d'un gouvernement d'indépendants, dirigé par un ancien cadre du groupe Total. Des élections législatives et présidentielles devraient avoir lieu d'ici décembre, à condition que la situation économique et sociale totalement plombée ne provoque pas de débordements.
    La surprise après une année 2013 marquée par deux assassinats politiques spectaculaires, l'apparition de noyaux djihadistes et les rumeurs persistantes de coups d'Etat, la voici : le vieux et rusé Beji Caïd Essebsi, ex ministre de l'Intérieur de Bourguiba désormais à la tête du principal mouvement politique tunisien, s'entretient à Paris avec Rachid Ghannouchi, le leader charismatique des islamistes, pour préparer un avenir démocratique commun, avec l'appui de la diplomatie occidentale. Comment en est-on arrivé à cet incroyable pacte national?
    Nicolas Beau enquête sur les coulisses de ces trente mois de transition, les rapports de force au sein des forces sécuritaires dirigées par d'anciens prisonniers politiques, les arrangements secrets et les compromis passés par les principales forces politiques, les intrigues de ce microcosme subtil et souvent autiste, le rôle des puissances étrangères (Etats Unis, France, Qatar), les tentatives de déstabilisation menées depuis la Libye et l'Algérie. Une transition sans précédent dans un monde arabe et musulman en pleine décomposition après les espoirs nés du printemps arabe

  • Zine Ben Ali est un cas. Au pouvoir depuis 1987, le président tunisien a peu à peu transformé la paisible Tunisie en une immense caserne. La lutte contre les islamistes a justifié un impressionnant maillage policier de la population. Les opposants, même les moins virulents, sont systématiquement persécutés, souvent torturés, avant d'être jugés dans des parodies de procès. Comment la France tolère-t-elle à deux heures d'avion un tel régime ? Pourquoi la diplomatie, la plupart des médias et les milieux d'affaires cautionnent-ils par leur silence un régime aussi autoritaire ? Ce livre explosif rompt ce silence. Grâce à leur excellente connaissance du dossier, et des enquêtes inédites sur ses aspects les plus sombres, Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi révèlent la face cachée du " miracle tunisien " (pour reprendre les termes de Jacques Chirac). Ils retracent la carrière étonnante du président Ben Ali (" élu " en 1989 et 1994 avec 99 % des voix), décortiquent les rouages de son système répressif et les violations massives des droits de l'homme, révèlent les dérives mafieuses du régime et des " sept familles " qu'il a enrichies. Et surtout, ils expliquent pourquoi " notre ami Ben Ali " bénéficie en France d'une aussi extraordinaire indulgence : l'hospitalité généreusement accordée à certains responsables politiques ou journalistes français, la collaboration étroite entre services de renseignement pour la chasse aux opposants islamistes, les intérêts économiques croisés. Ce livre passionnera tous les vrais amis de ce pays - ils sont nombreux en France - qui ne souhaitent pas rester aveugles.

  • Dans une atmosphère de fin de règne, la Tunisie du général président Zine el-Abidine Ben Ali a vu son épouse, Leila Trabelsi, jouer depuis plusieurs années un rôle déterminant dans la gestion du pays. Main basse sur la Tunisie : telle semble être l'obsession du clan familial de la « présidente », comme le relatent en détail les auteurs de ce livre, informés aux meilleures sources et peu avare en révélations. Du yacht volé à un grand banquier français par le neveu de Leila à la tentative de mainmise sur les secteurs clés de l'économie, les affaires de la famille Trabelsi se multiplient sur fond de corruption, de pillage et de médiocrité intellectuelle.
    Mais la surprise dans cette triste vie du sérail tunisien vient de la forte personnalité de Leila, bien plus proche d'une Catherine de Médicis que d'une courtisane de boudoir. Son appât du gain et son habileté à placer les siens en font la digne héritière de Wassila Bourguiba, qui gouverna la Tunisie dans l'ombre d'un président vieillissant et malade. Connue pour la place faite aux femmes dans la vie publique, la Tunisie est le seul pays arabe où l'épouse du chef de l'État puisse prétendre à un tel rôle. Après l'influence, le pouvoir ? Alors que se préparait une nouvelle élection présidentielle truquée de Ben Ali, Leila tentait de se poser en régente, avec l'aide des siens et le silence complice de la France.
    Nicolas Beau et Catherine Graciet plongent ici dans les arcanes, les alliances et les trahisons d'un pouvoir familial mesquin et perverti, qui tient lieu d'État dans une société à la dérive. Et où tous les signaux ? politiques, économiques et sociaux ? passent progressivement au rouge, tandis que le président et son entourage se préoccupent surtout de s'enrichir et de réprimer toute contestation.

  • Avec ses milliards de dollars à investir, le petit émirat qatari achète le PSG, finance des plans de sauvetage pour nos banlieues, soutient notre marché immobilier et entre au capital de nos entreprises : Saint-Qatar, sauvez-nous de la crise !, implorent nos responsables politiques de tous bords. Mais pour quelles raisons le Qatar se montre-t-il si généreux avec la France ? Que risquons-nous à accepter les cadeaux d'un tel « ami » ?
    Il y a moins d'un siècle, cette péninsule grande comme la Corse n'était qu'un repaire de pêcheurs de perles. Depuis que le gaz a surgi sous ses pieds, ce nain est traité en géant et sa télévision, Al-Jazeera, considérée comme le lieu de la libre expression proche ou moyen-orientale. En plongeant dans les secrets du sérail qatari, ce livre révèle les impostures de l'Émir et de son clan.
    Non, ce champion des colloques sur la corruption n'est pas un modèle de vertu quand lui-même lave l'argent des dictateurs !
    Non, cet État qui a soufflé sur les braises du printemps arabe n'a jamais sponsorisé un islam tolérant, pas plus dans nos banlieues qu'au Nord-Mali !
    Derrière la vitrine occidentale, c'est un ogre wahhabite qui tient la caisse.

    Professeur à Paris VIII, Nicolas Beau a travaillé au Monde, à Libération et au Canard Enchaîné avant de fonder bakchich.info. Grand reporter et spécialiste du Moyen-Orient, Jacques-Marie Bourget a travaillé à France Inter, L'Express et Paris-Match. Il a obtenu le prix Scoop pour avoir révélé l'affaire Greenpeace.

  • « Pas de vague ». De gauche comme de droite, une classe politique frileuse a toujours craint de mettre les cheminots dans la rue. La SNCF serait une vache sacrée qu'il faudrait ménager et le TGV une des vitrines de la maison France.

    Les patrons successifs de la SNCF ont appliqué ces consignes de prudence avec un zèle remarquable. Aujourd'hui, le résultat est sans appel : les trains roulent, ils roulent même bien, mais ils coûtent, et ils coûtent fort cher à l'État. L'ardoise de la SNCF s'élève à plus de six milliards d'euros par an.

    Des syndicats divisés, des sureffectifs flagrants, un fret sinistré, des filiales en folie, des projets pharaoniques et un parfum insistant de corruption : cette belle et coûteuse bureaucratie de 180.000 personnes apparaît à peu près impossible à réformer. À l'égal de nombreux services publics « à la française ».

    Au terme de cette enquête impitoyable mais sans a priori menée par trois journalistes d'investigation, le constat est accablant : à l'heure de l'Europe, de la concurrence et de l'austérité budgétaire, la machine infernale semble aller dans le mur. A moins d'un sursaut.

  • Depuis l'avènement de Mohamed VI en 1999, le Maroc est célébré dans les médias occidentaux comme un royaume enchanté où progresseraient dans un même élan le statut de la femme, le pluralisme démocratique et l'économie de marché.
    Les élites françaises ne sont pas en reste pour vanter ses vertus, au point d'y acquérir de somptueuses résidences secondaires à Marrakech ou Tanger. Mais pour d'autres, plus discrets, " la situation est dangereuse : le Maroc, c'est la Russie en 1916 ", selon les mots d'un des patrons de l'antiterrorisme en France. Où est l'erreur ? Loin des fantasmes et des simplifications, les auteurs de cet ouvrage livrent de la réalité du Maroc et des relations franco-marocaines d'aujourd'hui une vision étonnante, nourrie de révélations explosives.
    Grâce à des enquêtes en profondeur, ils ont eu accès aussi bien aux ressorts cachés des différentes composantes de la mouvance islamiste qu'aux secrets bien gardés de dirigeants marocains, englués dans des réseaux de corruption aux racines souvent bien françaises. Au rebours des amalgames trop faciles entre notables pieux, fondamentalistes non violents et poseurs de bombe, ils révèlent la surprenante diversité des composantes de la déferlante islamiste, nourrie de la révolte d'une population dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté.
    Et ils expliquent, exemples à l'appui, les origines des blocages économiques et sociaux que vit aujourd'hui le Maroc, gangrené par une corruption omniprésente. Quel avenir pour le royaume, maillon faible de l'arc euroméditerranéen ? Les " scénarios " que proposent ici les auteurs montrent l'ampleur des bouleversements à venir, en Europe comme au Maghreb, du " basculement " inévitable, pour le pire ou le meilleur, de la société marocaine.

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