Nathalie M'Dela-Mounier

  • Alors que de jeunes migrants tentent en vain de rejoindre l'Europe depuis une plage africaine, deux femmes guettent les appels téléphoniques de leurs enfants partis pour un ailleurs qu'elles n'imaginaient pas. L'un tente de rejoindre les islamistes au nord du Mali, l'autre, une jeune fille, a pris la route de la Syrie où les djihadistes recrutent.
    Du déni à la colère, au-delà des efforts que ces mères - qui n'ont apparemment rien en commun - font pour que leurs enfants reviennent et pour comprendre les causes de leur départ, elles mesurent ce qui les rapproche l'une de l'autre. Non dénuées d'humour, refusant déterminisme et fatalisme, elles nous font aussi percevoir comment ce qui se passe dans un endroit du monde peut affecter l'autre partie.
    En donnant la parole aux mères et en interrogeant le système sous un angle inhabituel, ce texte nous invite à réaliser notre communauté de destin. Il rappelle la nécessité d'envisager les causes des évènements qui tissent puis déchirent les vies de femmes et d'hommes refusant de n'être que les jouets cassés d'un monde chaotique.

  • Passionnée d'ethnologie, d'histoire et de géographie, elle effectue, parallèlement à ses études, de nombreux séjours à l'étranger avant de s'installer en Bretagne. Elle est enseignante et documentaliste dans un établissement de formation par alternance. Métisse, elle est une observatrice attentive d'un monde dont elle se veut aussi actrice, elle croit à l'importance de la transmission et du partage des cultures, aux mots qui content, chantent, bercent et surtout qui réveillent les consciences.

  • "Six femmes et le fils de l'une d'elles attendent pour un casting portant sur la représentation de la femme noire. Venus de cultures et d'horizons géographiques différents, ils échangent avec force et humour en attendant leur tour. Sexualisation, esclavage, traite, culture dominante, colonisation, maternité, exploration féroce du vocabulaire, rien n'échappe au crible de leurs dialogues portés par une langue chamarrée. Contraints de confronter leurs aspirations, les personnages défient les simplifications stéréotypées quitte à ébranler leurs croyances respectives et à envisager une communauté de destin. À eux de déconstruire une assignation identitaire grossière pour mieux explorer les subtilités d'une stigmatisation aux racines profondes."

  • Du Mali enclavé aux terres insulaires, ces Dernières nouvelles du monde nous entraînent dans un périple dans l'espace et dans le temps. Les lire, c'est entamer un étonnant voyage littéraire entre réalité et fiction qui ose l'effacement des genres, notamment entre prose et poésie, comme si la littérature était un moyen de faire sauter les clivages qui séparent les êtres humains.
    Écartelée entre désillusions et espérances, Nathalie M'Dela Mounier dépeint un monde tout en contradiction, des hommes qui ne parviennent plus à communiquer entre eux, un monde en errance, en quête de valeurs et d'amour.
    L'auteur ouvre son coeur et nous fait partager ses expériences : si elle nous choque parfois, c'est pour mieux nous faire réagir.
    Si elle dénonce le système, notre façon d'être et d'agir, elle nous invite aussi à réfléchir sur notre condition humaine et à penser à vivre autrement.

  • Nous, femmes africaines, ne sommes audibles que lorsque nos voix confortent le discours misérabiliste et condescendant sur notre situation, souvent réduite à celle de femmes « pauvres, mutilées et enceintes ». Les politiques néolibérales qui saignent notre continent à blanc avec la complicité de dirigeants « démocratiquement élus » mais corruptibles et corrompus sont, elles aussi, mutilantes. En d'autres termes, une excision peut en cacher une autre. Cette réalité doit se savoir, être dite et inscrite au coeur du débat politique pour la seconde libération de l'Afrique et plus particulièrement du Mali.

  • Immigration : un mot chargé d'espoir pour les uns, porteur de craintes pour les autres.
    En quête d'un endroit où vivre, les premiers s'expatrient, les seconds se replient là où ils sont nés. Associant des références historiques au vécu d'un bourg breton (Montfort-sur-Meu) confronté à l'expatriation de travailleurs maliens, ce livre fait se rencontrer, par la parole, des migrants et des « accueillants », il participe à la réflexion sur les enjeux et les défis que constituent l'immigration et l'intégration.
    Dans sa préface, Madame Aminata Traoré (ex ministre de la culture du Mali, militante altermondialiste) nous questionne : « Que faut-il faire pour naître et être du bon côté de ces barrières qui s'érigent entre les peuples, précisément au moment où les prouesses technologiques et le discours dominant entretiennent l'illusion d'un monde global, ouvert, libre et à terme, gage de prospérité pour tous ? »

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