Michel Foucher

  • Riche de ses voyages dans quelque cent vingt-cinq pays - les deux tiers des États membres des Nations unies -, Michel Foucher explore ici les voies d'une géographie vécue comme active et engagée : en chercheur et cartographe, consultant et diplomate, analyste et témoin impliqué.
    Enquêtes de terrain et entretiens forment, pour ce grand spécialiste des frontières, la matière première de la géographie - une géographie débouchant sur une géopolitique appliquée. Car Michel Foucher en est convaincu : il est souvent possible d'anticiper les tensions si l'on donne aux représentations spatiales leur juste place dans l'imaginaire des peuples et des acteurs publics.
    Après une longue carrière, le temps était venu pour lui de procéder à ce que les officiers de l'armée de terre nomment un « retour d'expérience », ou « retex » - analyse sans concession des succès et des échecs. Confrontant les passés étudiés aux présents observés, ces Mémoires dessinent une carte passionnante des enjeux du monde contemporain.

  • Le principe d'intangibilité des frontières a été adopté par les chefs d'État africains en 1964, au moment des indépendances. Depuis, les États se sont appropriés cet héritage d'une période coloniale. Il est donc temps d'en finir avec le mythe de cicatrices coloniales, tracés artificiels qui seraient responsables des conflits actuels et du mal-développement. Les frontières d'Afrique sont bel et bien devenues des frontières africaines. Et quoique parfois encore imprécises ou sources d'insécurité, elles fonctionnent néanmoins comme une ressource et comme autant d'interfaces utilisées par les réseaux marchands, acteurs d'une mondialisation par le bas.

  • La diffusion rapide du virus SARS-CoV2 nous a récemment rappelé la fonction protectrice de la frontière. Mais au-delà de cette situation pandémique, comment interpréter le retour des frontières constaté depuis quelques années ? Contrairement à ce que l'on croit souvent, cette réaffirmation des frontières, quand elles ne sont pas réduites à des murs mais envisagées en tant que limites, est une bonne nouvelle. Car une frontière a une histoire, c'est une institution issue de conflits et de traités, de négociations et de décisions. Abolir les frontières, c'est faire disparaître les États. Or, un monde sans frontières est un monde barbare, ce que l'horreur daechite nous avait rappelé.

  • On a un temps pensé que la mondialisation, en plus d'aplatir la terre, abolirait les frontières.
    Or, depuis une vingtaine d'années, près de 30 000 kilomètres de frontières nouvelles ont été tracés rien qu'en Europe et en Asie centrale, et autant ont fait l'objet d'accords internationaux. A travers un tour du monde géopolitique, Michel Foucher montre que les conflits les plus graves portent sur la délimitation des territoires : entre Israël et ses voisins ; entre le Pakistan, l'Inde et l'Afghanistan.

    Il observe l'édification de murs et de barrières en Amérique du Nord, au Proche-Orient, en Asie du Sud. Partout, caméras, clôtures et patrouilles prolifèrent. La "sécurité" est devenue le corollaire de la mondialisation. Les frontières sont devenues un marché florissant. Mais jusqu'où ce processus de morcellement du territoire peut-il aller ? C'est la question posée par cet ouvrage qui, pour la première fois et grâce à de multiples analyses de terrain, offre une vision planétaire de ce phénomène inquiétant.

  • Cet ouvrage dresse le portrait de la langue française et de la francophonie dans le monde. La langue française, est vivante, mouvante ; elle appartient d'abord à ceux qui la parlent, avant de s'incarner à travers la dimension géopolitique et institutionnelle de la francophonie. L'auteur établit justement une distinction entre la francophonie ''officielle '' aux moyens et à l'influence actuellement en berne et la recomposition actuelle d'un monde francophone constitué de nouveaux locuteurs (langue, culture, économie). Il pointe notamment les dénombrements incertains (300 millions de francophones suivant l'OIF en 2019; de 500 à 700 millions en 2050 ? ), l'insuffisance ou l'inadaptation des efforts publics pour la formation des enseignants dans les bassins démographiques en croissance (Afrique). En revanche, il fait l'éloge des francophonies , avec un « petit f », celles d'une langue vivante et diversifiée tout en gardant sa norme originelle, celle des littératures-monde déjà pointées par JM Le Clézio et soulignées par la création d'une chaire au Collège de France, celles des apprenants et des nouveaux locuteurs, plus nombreux qu'en France même, celles enfin des efforts de francisation des termes anglo-américains envahissants. Car le premier chantier de la promotion de la langue française commence en France, où sa pratique quotidienne recule sous l'effet de paresses, de dérives et de règles non respectées.
    Michel Foucher s'attache également à cartographier ce que font certains acteurs de la francophonie, du Canada à la Suisse, en passant par le Maroc ou le Sénégal, pour présenter un monde polychrome. Il conclut par l'examen de scenarii d'évolution des mondes francophones.
    Une série de cartes, de portraits et de rencontres composent un panorama actualisé de la francophonie à travers le monde.

  • Les prochaines élections européennes seront -enfin !- passionnantes : l'Europe et les pays européens vont y jouer leur avenir.
    Dans cet ouvrage, Michel Foucher, géographe et diplomate, met en perspective le projet européen et plaide pour une Europe puissance, osant enfin s'adresser fièrement au monde.

  • La liberté d'action des sociétés se conforte lorsqu'elles se situent avec lucidité et confiance dans leur histoire et dans leur géographie. Les femmes et les hommes qui sont la Métropole Européenne de Lille, qui vivent, circulent et travaillent dans les quatre-vingt dix communes qui la composent, s'inscrivent dans une histoire déjà longue, faite de progrès et de transitions, de rebonds et de projets. Elles et ils résident et agissent dans un lieu privilégié, actif carrefour de l'Europe du Nord-Ouest, qui démultiplie les atouts de l'appartenance à l'Union européenne, premier marché et plus vaste espace démocratique du monde.

    Elles et ils ont su, dans tous les domaines de la vie collective - économiques et technologiques, éducatifs et culturels, associatifs et sportifs - respirer l'air du grand large et assumer leur ancrage européen, comme en témoigna le succès durable et populaire de l'année 2004 où Lille se vécut pleinement « capitale européenne de la culture ». Ce fut le point de départ d'un nouvel élan qui confirma la place de la métropole sur la carte de l'Europe.

    Ce livre-atlas veut offrir au lecteur curieux une preuve par les cartes de la réalité, de l'ampleur et de la profondeur des présences et des ouvertures européennes et internationales des acteurs de la Métropole Européenne de Lille, ainsi que de celles et ceux attirés par ce qu'elle offre : attraction et diffusion sont les clés de l'influence. En 2020, le « design », art de la création et de l'imagination, lui conférera plus de visibilité sur la carte du monde. C'est l'enjeu des cinquante prochaines années.

  • Depuis que le monde est monde, la coutume, la négociation, la guerre, la nature (moins souvent qu'on ne le croit) ont tracé des limites entre les groupes humains. Les frontières sont, ainsi, le produit des rapports de forces politiques tels que l'histoire les a façonnés dans l'espace. Dans sa première version, parue en 1988, le présent ouvrage, s'il passionna, surprit, intrigua : les géographes traceurs de frontières n'existaient plus, et la Guerre Froide avait figé pour un temps indéterminé les frontières inter-étatiques dans le monde. Pourquoi diable parler d'un phénomène si obsolète que les Douze venaient de décider de sa suppression ? Et soudain, à l'automne de 1989, on vit tomber le mur de Berlin, se lever le Rideau de fer, et s'imposer la ligne Oder-Neisse... La très ancienne ligne de fracture entre l'Europe catholique (ou protestante) et l'Europe marquée par Byzance a relegué aux oubliettes de l'Histoire les limites issues du système de Yalta-Potsdam. La fin de l'ordre politique de Yalta allait-elle déboucher sur la remise en cause périlleuse de l'ordre territorial de Versailles ? Dans le même temps, l'URSS se dissociait, la Yougoslavie entrait en crise, les frontières internes de l'Afrique du Sud s'estompaient avec la fin de l'apartheid, le Yémen se réunifiait, l'Irak tenait pour nulle et non avenue une frontière reconnue par la communauté des nations. Qui avait alors lu que Michel Foucher savait que toutes ces questions - et d'autres encore, dans toutes les régions du monde - n'étaient pas closes, que tout changement dans les relations internationales se concrétiserait d'abord sur le terrain des fronts et des frontières. Validé par l'Histoire, ce livre, véritablement pionnier, reparaît aujourd'hui - entièrement refondu et enrichi de nombreuses cartes. Sa lucidité et sa force de persuasion se sont accrues au centuple.

  • La vallée du Danube, dans l'histoire de l'Europe médiane, a été un axe économique, politique et culturel important et a puissamment contribué à la cohésion géopolitique, et donc à la stabilité de la zone.
    A l'heure actuelle, la vallée du Danube redevient un enjeu essentiel pour les pays riverains - Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Autriche et sans doute Allemagne. En effet, de nouveaux flux économiques se mettent en place et " l'identité danubienne " tend à resurgir. Ces phénomènes sont tout à fait récents. Dans quelle mesure la stabilité de l'Europe médiane peut-elle à nouveau se structurer autour de l'axe danubien, tel est l'objet de la présente étude, importante pour la compréhension des mutations géostratégiques de la région.

  • La republique europeenne

    Michel Foucher

    • Belin
    • 23 Novembre 2000

    L'Europe, ce continent ancien, est aujourd'hui un nouveau m'onde, à redécouvrir dans sa modernité, effet d'une convergence historique sans précédent et d'une nouvelle géographie en train de se faire.
    L'unité, construite dans la diversité des Etats-nations, figure un bien commun, " la République européenne ". Elle se veut pôle de réorganisation du continent, une oeuvre de longue durée. Renversant la perspective classique de l'interaction entre espace et politique (la politique des Etats est dans leur géographie, (lisait Napoléon), l'auteur avance que la géographie de l'Europe moderne dépend de sa politique : de ce que les Européens, instruits de l'histoire - dans ses progrès et ses régrès - attachés aux vertus du doute comme du débat public, décident d'en faire.
    C'est dans cette perspective que la question, réactivée, des frontières finales de l'Europe, doit être abordée, comme décision politique.

  • En des domaines aussi divers que l'humanitaire, le droit international, l'archéologie, le code civil, l'art de vivre, la culture ou le luxe, la France exerce depuis des décennies une influence incontestable dans le monde. Cette influence est un instrument de pouvoir qui, s'il est utilisé à bon escient, peut être très bénéfique à l'Hexagone, aussi bien en terme d'image que d'un point de vue économique et stratégique.
    Notamment à travers des comparaisons avec les autres puissances mondiales, l'atlas analyse la place réelle de notre pays, mais aussi la façon dont il est perçu d'une nation à l'autre. C'est ainsi que la France peut aussi bien évoquer avant tout le romantisme pour un Chinois que le positivisme pour un Brésilien.
    Au-delà d'un simple état des lieux, cet atlas affirme et démontre, cartes à l'appui, l'ampleur du pouvoir d'influence " à la française " à travers le monde. Il trace aussi les contours futurs de ce pouvoir et les moyens de le redéployer le plus efficacement possible pour donner un nouveau souffle au rayonnement de la France dans le monde. Il ne s'agit plus, comme nous l'avons fait trop longtemps, de dispenser des leçons aux autres pays, mais bien plutôt de devenir une référence, une nation créative, un lieu d'initiative qui inspire et entraîne nos partenaires mondiaux.

  • Notre conception du monde ne cesse de bouger. Espaces nationaux, affrontements économiques, influences culturelles, géographie, diplomatie, démographie, alliances, guerres, sont autant de frontières, de lignes et de fractures qui redessinent la planète des hommes. Les cartes et leur histoire racontent ce monde avec une évidence confondante ;
    Elles disent parfois plus et mieux que de longues analyses.
    Dans La Bataille des cartesMichel Foucher nous rappelle l'évolution de nos conceptions du monde et de nos représentations de la surface terrestre. Il nous décrit aussi un monde en pleine transformation dont il faut redessiner les cartes pour en comprendre les mouvements et les enjeux. Un monde dont la représentation échappe de plus en plus aux occidentaux, ses initiateurs, et voit l'entrée ou le retour géopolitique des Etats et des sociétés de l'ancien Sud qui revendiquent bruyamment leur place au soleil. Ce mouvement oblige aujourd'hui les occidentaux à se resituer géographiquement, comme ils doivent se resituer politiquement et économiquement dans un monde aux multiples centres de pouvoir et d'influence. Une bataille des cartes où l'Europe ne reste pas sans atouts.

  • Notre conception du monde ne cesse de bouger. espaces nationaux, affrontements économiques, influences culturelles, géographie, diplomatie, démographie, alliances, guerres, sont autant de frontières, de lignes et de fractures qui redessinent la planète des hommes. les cartes et leur histoire racontent ce monde avec une évidence confondante ; elles disent parfois plus et mieux que de longues analyses.
    Dans La Bataille des cartes, michel Foucher nous rappelle l'évolution de nos conceptions du monde et de nos représentations de la surface terrestre. il nous décrit aussi un monde en pleine transformation dont il faut redessiner les cartes pour en comprendre les mouvements et les enjeux. un monde dont la représentation échappe de plus en plus aux occidentaux, ses initiateurs, et voit l'entrée ou le retour géopolitique des etats et des sociétés de l'ancien sud qui revendiquent bruyamment leur place au soleil. Ce mouvement oblige aujourd'hui les occidentaux à se resituer géographiquement, comme ils doivent se resituer politiquement et économiquement dans un monde aux multiples centres de pouvoir et d'influence. un jeu de cartes où l'europe ne reste pas sans atouts.

  • Pour mieux comprendre le nouvel échiquier mondial, ce numéro propose d'analyser les discours économiques et les représentations géopolitiques, de décrypter les enjeux énergétiques et environnementaux, de mettre à jour les dynamiques culturelles et religieuses, tout en soulignant les articulations d'un monde fondamentalement polycentrique.

  • Dans un premier temps, la recherche de la paix, de la démocratie et de la prospérité a conduit les Européens à ne s'attacher qu'à eux-mêmes. Pourtant, à partir de 1989, ils ont compris que leur réussite pouvait attirer les périphéries, pressées de rejoindre le centre. D'où une extension du territoire de l'Europe qui paraît sans fin et inquiète les citoyens.
    La nouvelle Europe ne peut se réduire à la protection et à la constitution d'un ensemble fermé.
    Comment faire place au « dehors » pour faire vivre le « dedans » ? Comment agir dans un monde mu par de puissants géopolitiques particuliers quand on n'est ni un État ni une nation comme l'Union européenne ? Comment peser sur des acteurs plus enclins aux rapports de force qu'aux compromis ?
    Sans doute par la diffusion de règles négociées, par des actions autant civiles et politiques que militaires, lors d'interventions préventives, ou encore par une générosité repensée en direction des sociétés en voie de développement.
    Mais l'Europe doit faire plus et mieux. L'Union politique européenne, par sa culture du compromis et sa pratique de la codécision, préfigure un modèle coopératif qui peut être attractif et peser sur le cours de l'histoire. C'est ce que les citoyens européens en attendent.

  • Fragments d'Europe

    Michel Foucher

    • Fayard
    • 23 Septembre 1998

    Par leurs expériences historiques et leurs références culturelles, la diffusion de leurs langues et l'addition de leurs savoir-faire, leurs poids démographiques, leurs économies et leurs territoires, ces fragments qui composent aujourd'hui l'Europe en font une entité géopolitique virtuelle.
    Encore faut-il, pour continuer de peser sur les affaires du monde, que ce continent, le plus neuf de la planète depuis le lever de rideau de 1989-1990, étendu aussi loin que régnera la démocratie, de l'Atlantique à la Russie et de la mer Blanche à la mer Noire, sache ordonner ses fragments. Pour relever ce défi du siècle à venir, il lui faut assumer des étapes de développement très inégales selon les pays et prendre en compte des processus de formation nationale, les uns aboutis ou presque (en Europe occidentale), d'autres toujours en cours (en Europe médiane et orientale). Toute avancée dans la nécessaire intégration de l'ensemble continental se devra de concilier unité de lieu et discordance des temps ou des représentations.
    L'état des lieux dressé par le présent ouvrage le fait apparaître avec force : la cartographie montre les continuités, supports d'une possible unité, comme les ruptures et les conflits potentiels ; le discours du maître d'oeuvre et des auteurs des monographies explique et détaille le bilan auquel deux années d'enquête les ont conduits. L'ensemble forme un ouvrage de référence tout à fait unique en son genre (200 pages de texte, 260 cartes en couleur) qui donne à réfléchir et à espérer à tout Européen soucieux de l'avenir. Cette géographie contemporaine et prospective constitue aussi un précieux outil d'aide à la décision pour quiconque entend déployer des stratégies continentales, en mesurant risques et opportunités.

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