Mehdi Belhaj Kacem

  • Vies et morts d'Irène Lepic est le seul véritable roman de Mehdi Belhaj Kacem. Ecrit à 22 ans, publié une première fois par les Editions Tristram en 1996, c'est un récit unique en son genre, porté par une écriture somptueuse, et salué alors comme tel par la critique. Vingt ans plus tard, relire Vies et morts d'Irène Lepic constitue un choc. Là où nous lisions la description d'une certaine jeunesse romantique et noire, nous découvrons aujourd'hui un texte visionnaire, annonçant les désarrois et réinventions à venir de la jeunesse, ses " vies et ses morts " - entre individualisme forcené et recherche d'une communauté impossible.
    " Quand bien même mon épopée se solderait par un désastre, en raison de l'hostilité hystérique qu'auront mise en branle les autres pour me faire échouer, j'aurai du moins démontré à quelques-uns qu'on peut faire de sa vie et de son corps un usage autre que celui qu'on veut bien nous permettre - et ce n'aura rien eu d'une profession théorique, une harangue du haut de ma machine à écrire ; il s'agit d'une épreuve concrète, expérimentée sur moi-même en chacun de ses points.

  • L'auteur invite à une interrogation sur le rôle de la littérature dans la société, en établissant une lecture des oeuvres de Rousseau, Kierkegaard, Hölderlin, Antonin Artaud et Pierre Michon.

  • Question d'apparence ingénue, voire enfantine. Mais, après deux siècles d'avis de décès de toute sorte, le retour massif de son invocation, résultat de l'échec à trouver quelque alternative que ce soit au déploiement aveugle du Capital (et du suicide écologique à la clé), elle doit aujourd'hui se poser publiquement, et sous cette forme-là.

    Il n'y a de Dieu que pour l'homme, et seul l'homme est destiné à Dieu. Parce que l'unicité de l'événement anthropologique dans l'Univers, c'est celle de l'apparition d'une mémoire telle qu'il n'en a semble-t-il jamais existé auparavant sur terre.

    Dieu, depuis toujours, est le concept d'une mémoire absolutisée. Or ce concept est en train de se réaliser sous nos yeux : il n'est autre que la toute-puissance atteinte par la techno-science elle-même. Omniprésence, omnipotence, omniscience littéralement, et peut-être, demain, éternité et immortalité : tels sont les attributs, jusqu'ici étrangement inaperçus, de la techno-science, c'est-à-dire ceux-là mêmes qu'on prête à Dieu...

  • La loi est une interruption de toutes les règles en vigueur, dont l'immanence humaine ne peut recouvrir la présence que dans la répétition " pleine " de l'événement ; mais qu'est-ce que cette répétition pleine ? le contraire de la liturgie matérialiste démocratique, oú l'impasse chrétienne achève de se réaliser : un nouvel événement, le contraire d'un rituel, d'une messe.
    Reste qu'il faut le rituel, la messe, la règle, pour conserver la trace de l'évanouissement de l'événement, qui est présence pleine. les religions monothéistes le surent. mais l'islam fut seul à voir que la répétition était la nécessaire transition d'un événement à un autre : qu'elle n'était là " que " pour tenir le fil entre deux événements.

  • Ces Textes inédits de Medhi Belhaj Kacem, écrits en 2008, 2009 et 2011, retrouvent les grandes thématiques de sa philosophie. La question esthétique, son lien à la transgression par le Mal, la question de la transgression dans son rapport à l'origine, mais ils apparaissent aussi comme un des jalons dans un épisode constitutif de sa philosophie, à savoir ses rapports à celle d'Alain Badiou.
    Ces textes se situent avant la rupture (2011) entre les deux philosophes et contiennent les éléments du différent qui conduira à la rupture, pas si soudaine qu'elle le semblait. On y voit la progression de la pensée propre de Medhi Belhaj Kacem qui aboutit à l'évocation d'un « jeu philosophique ». On y trouvera aussi les premières esquisses de ce qui conduira à Etre et sexuation (2013). Medhi Belhaj Kacem y dévoile un des aspects de sa façon de travailler, par touches successives, par retours, mais aussi par coups de coeur, ils délimitent une approche originale qui bien souvent dessine, de son aveu même, le « cri pathétique du non-universitaire solitaire ».
    Louis Ucciani

  • L'antéforme

    Mehdi Belhaj Kacem

    " Il y a dans tous les livres de Mehdi Belhaj Kacem quelque chose de l'ascension du Ventoux par Pétrarque, de l'accident de cheval de Montaigne, ou de la nuit de novembre de Descartes : mettre au service d'un désir d'y voir clair la plus totale maîtrise des moyens linguistiques ; regarder du plus près comment s'agencent le corps, l'âme, la raison, le discours - et ce que signifient vraiment ces quatre mots. " Michel Jourde - Art Press

    Mehdi Belhaj Kacem est né à Paris en 1973. Il a publié, depuis 1994, dix livres aux Éditions Tristram.

  • Être et Sexuation avance l'une des thèses la plus audacieuse quant à la question sexuelle depuis Freud. Elle formule que la distinction du désir et de la jouissance n'aura jamais valu que pour la position homme. La position féminine est celle où cette distinction, originairement, n'existe pas. Où désir et jouissance, à même l'origine animale, sont rigoureusement la même chose. Clivée par le langage métaphysique, archi-« masculin », de cette identité originaire, la femme anthropologique est la mimèsis inconsciente de cette identité. On aura reconnu le théorème fondateur de la psychanalyse, ici revisitée à la lumière de cette thèse radicale, argumentée dans les moindres détails de la confrontation.
    Elle jette une lumière tout aussi crue sur ce que la pensée de tous âges, jusqu'à la psychanalyse comprise (de l'aveu de Freud comme de Lacan), a rejeté de la libido féminine comme « continent noir », irrationnel,abyssale, vampirique, mortifère, etc.
    On constate aussi bien que les ontologies qu'on aura prédiquées de « féminines », de Schelling à Malabou en passant par Deleuze, tendent à l'indistinction plus ou moins explicite de l'être et de l'événement, qui ne peut laisser de recouper l'identité désir = jouissance qu'on démontre à l'origine de la position « femme ». Ontologies toujours tournées du côté de la Nature et de la phusis, du Chaos et du devenir originaires, de l'immanence et de la métamorphose, de la continuité et du « flux ». Inversement, les ontologies « viriles », de Hegel à Badiou, sont celles de l'intelligible et du spirituel, de l'Ordre rationnel et de l'éternité, du transcendantal et du « fixisme » formel, de la discontinuité et de la coupure.
    Est-il dès lors possible d'ouvrir un lieu de pensée qui se situe, sans le moindre « hermaphrodisme métaphysique », à l'intersection des deux positions sexuées ? Qui en déduise une nouvelle pensée de l'Origine ? C'est-à-dire une genèse inédite de l'événement, des événements, en ce qu'ils ont à faire avec la capacité proprement humain à s'approprier l'être, de la mathématique à la musique, de la politique à, bien sûr, l'amour lui-même ? Ce sont les bases d'une telle « ouverture » que questionne ce livre.

  • Le numéro (double) estival de la revue Diaphanes, qui paraît pour la première fois en édition anglais / français, dissèque les fantômes et les revenants des avant-gardes historiques, questionne leur postérité et aussi leurs échecs. Avec un insert de 80 pages comprenant 155 photographies d'Antoine d'Agata et un essai de Mehdi Belhaj Kacem.
    L'échec des avant-gardes était-il inévitable ? Que reste-t-il de la tentative de dissoudre l'art dans la révolution des modes de vie ? De la confrontation entre le spectacle total et la résistance critique, entre la radicalité formelle et l'engagement politique, entre l'enthousiasme progressiste et le ressentiment ? Quels sont les futurs communs possibles de l'art et de la vie ? Où sont les partisans aujourd'hui face à un monde (artistique) profondément déterminé par l'économie et l'institutionnalisation ?
    Au sommaire : les artistes Hun Kyu Kim, Soham Gupta et Wang Qingsong ; Mehdi Belhaj Kacem sur Guy Debord, et en conversation avec Philipp Sollers ; Elena Vogman sur Hubert Fichte ; Barbara Basting sur Filippo Tommaso Marinetti ; Paul Edwards sur l'avant-garde anglaise et Wyndham Lewis ; Raphaëlle Milone sur Marc Dachy ; Discoteca Flaming Star sur Boris Lurie ; Malte Fabian Rauch sur Bernadette Corporation ; contributions de Jean-Luc Nancy, Clayton Eshelman, Theater Neumarkt, etc.

    Diaphanes n° 6 & 7 inclut un insert intitulé DIAGONALE DU VIDE, rassemblant une série de photographies d'Antoine d'Agata et un essai de Mehdi Belhaj Kacem. La « diagonale du vide » ou « diagonale des faibles densités » est une large bande traversant le territoire français du nord-est au sud-ouest, de la Meuse aux Landes, à la densité de population relativement faible. Le photographe de renommée internationale Antoine d'Agata et le philosophe franco-tunisien Mehdi Belhaj Kacem ont parcouru la trajectoire entre villes sur le déclin et zones industrielles. Le long des routes nationales, ils ont rencontré des avant-postes et des groupes dispersés de gilets jaunes, ainsi que des bataillons de police sécurisant la tournée du président de la République. Leur analyse sobre dépeint une France aussi réelle que fantomatique, portant les traits monotones d'un Occident vidé par le néo-libéralisme.

  • Ce livre-somme de Mehdi Belhaj Kacem, synthétisant quinze années de travail philosophique (et inaugurant la collection Anarchies qu'il dirige avec Jean-Luc Nancy aux éditions Diaphanes), pose le fondement métaphysique et éthique de sa pensée. Le pléonectique provient d'un néologisme qui signifie : avoir-plus. L'enjeu du livre est d'identifier le principe ontologique à partir duquel interroger les affres dans lequel se débat notre monde.
    Déchiffrant l'univers à partir de la notion, empruntée à Rainer Schürmann, d'appropriation-expropriation, le livre, sous forme d'abécédaire, déploie un système qui démontre comme l'événement vital consiste en une intensification du régime « appropriationniste » qui existe au niveau des plus fines particules élémentaires ; et que l'événement humain, à son tour, consiste en une intensification monstrueuse du régime « appropriationniste » qui définit tout ce qui est.
    Définissant l'essence de l'homme par ce qu'il appelle la « virtuosité techno-mimétique », l'auteur dresse une fresque phénoménologique, qui non seulement éclaire d'un jour entièrement neuf les faits de la science et de la technologie, de l'art et de l'imitation, de la politique et du droit, de l'amour et de la sexualité, mais fait voir l'étroite solidarité qui existe entre ces phénomènes.

  • Un cinéphile découvre, sur le tard, l'opéra, sous la seule forme de DVD.
    Il savait que le cinéma s'est toujours défini par opposition au théâtre ; il découvre que, syntaxe musicale oblige, le cinéma est une gigantesque répétition des procédés de l'opéra. Pendant trois ans, il n'interroge plus son rapport à la seconde vie de l'opéra, le cinéma, qu'à travers le visionnage de plusieurs versions des mêmes opéras, chroniqués pour des magazines réels ou imaginaires.
    Le présent livre est un florilège de ces chroniques.

  • Deux textes, deux conférences ; qui ont la rigueur des textes et la vitesse des conférences. L'un prend au mot le concept d'inesthétique, concept qui doit à Badiou ; l'autre celui d'héroïsme, que l'auteur applique à Lacoue-Labarthe.

    Tout sépare-t-il Alain Badiou et Philippe Lacoue-Labarthe ? Tout ne les sépare pas et eux-mêmes s'en sont expliqués : leur dialogue commence dès 1988 avec L'Être et l'évenement, auquel Lacoue répond à l'occasion d'une intervention au Collège international de philosophie, en décembre 1988. Réponse en forme de question, dans un premier temps : « En réalité, je souscris bien à la «fidélité à l'être tel que le vide le nomme». Je souscris également à la nécessaire interruption du poème. Il y va, dans l'un et l'autre cas, de la possibilité de l'événement. Mais pourquoi, et c'est au fond ma seule question, devrait-ce être au profit du mathème ? N'y a-t-il pas autre chose à inventer qui transit notre «monde» ? » L'un est un platonicien ; on peut même dire qu'il répète le geste philosophique platonicien pour notre temps . L'autre ne l'est pas ; on peut au contraire dire de lui qu'il n'est pas moins un poète qu'il n'est un philosophe. Ce qui le justifie de s'opposer eu premier en ces termes : « En réalité, je me suis trouvé sous le choc de la dure exclusion du poème par le mathème. De la répétition, revendiquée, du «geste platonicien». Ce n'est pas que je sois pour «l'inversion du platonisme» : de Schelling à Heidegger, en passant par Nietzsche, on a vu où cela conduit - ou peut conduire (il s'en faut toujours de très peu, malheureusement) ». À travers cette discussion, peut-être ce « litige », dit encore Lacoue, il y va donc, aujourd'hui, de rien de moins que de la possibilité du Poème, comme de la possibilité de la philosophie. C'est-à-dire de l'avenir.

    Lacoue continue en ces termes bien faits pour résumer les enjeux : 1. la répétition moderne du geste platonicien par Badiou ne peut laisser de reconduire son pharmakos le plus célèbre, l'exclusion du poète tragique, c'est-à-dire, suppose la Vulgate, du Mythe ; 2. l'arraisonnement archi-politique du Poème au Mythème n'a pas été une opération des poètes eux-mêmes, mais de la philosophie. Lacoue cite les trois noms qu'il faut faire comparaître à charge d'une pareille opération : Schelling, Nietzsche, Heidegger.

    Mehdi Belhaj Kacem reprend ces deux points dans le détail et analyse comment les poètes, c'est-à-dire, les artistes modernes en général, sont ceux qui, peut-être avant qui que ce soit d'autre, en tout cas avant les politiques ou les philosophes, auront essentiellement été les agents héroïques d'une interruption du mythe. Quelles conséquences cela peut-il avoir pour nous ? Des conséquences considérables, nous dit Mehdi Belhaj Kacem, qu'il mesure, dans ces deux conférences, à ce qu'il est advenu à l'art depuis trente ans.

  • Le secret n est le moteur interne de l'amour.
    Celui qu'on ne découvre jamais et qu'on s'évertue pourtant à chercher. " Jouissance éternisée sans répétition ", l'amour est une apparition bouleversante mais soumise à la disparition la souffrance est son pendant logique. Dans un essai-fiction sous forme de séminaire imaginaire, Mehdi Belhaj Kacem nous livre une analyse douloureuse et brillante de la relation amoureuse, qui tend à l'universel.

  • Novembre 2005. Une série d'émeutes embrase les banlieues françaises. Face à cette situation, la droite, hantée par le spectre du Front national, adopte un discours sans complexe de stigmatisation des étrangers et de culpabilisation des parents, tandis que la gauche, avec un Parti socialiste opportunément rallié aux thèses sécuritaires, garde le silence. Cette combinaison d'événements, symptôme de la psychose française, laisse émerger une figure politique majeure : celle du paria.

  • L'affect

    Mehdi Belhaj Kacem

    " Événement et répétition et L'Affect reformulent les motifs existentiels de la génération post-68, innervée par les moeurs porno, la mécanique hypermarchande et l'attitude hip-hop mais désertée par le politique. Il y est question de névrose amoureuse, d'ennui occidental et du 11 septembre 2001. Avec une hauteur de vue inouïe pour un jeune homme de 31 ans, Mehdi Belhaj Kacem crée des concepts en croisant Deleuze et Lacan, en réfutant Heidegger et Wittgenstein ou en reprenant Bergson et Marx. " Philippe Nassif - Technikart

    Mehdi Belhaj Kacem est né à Paris en 1973. Il a publié, depuis 1994, dix livres aux Éditions Tristram.

  • l'esprit du nihilisme: titre doublement paradoxal, puisque ce livre entreprend parallèlement, et souvent en même temps, de déconstruire le (pseudo-)concept nietzschéo-heideggerien de « nihilisme » et de décrire ce que, par provocation provisionnelle nous appellerons « nihilisme démocratique ».
    c'est graduellement, par la description phénoménologique de la spiritualité exprimée dans la voix moyenne de toute une époque, que se rouvre alors la voie qui a traversé toute la modernité pensante depuis deux siècles : la « redécouverte » de la tragédie par l'homme sans dieu(x). s'y établit le « secret » découvert à tâtons par cette modernité, sans avoir jamais été énoncé comme tel : renversant la tradition métaphysico-politique de l'occident, on démontre que ce n'est pas la loi qui est la condition de la transgression, mais le contraire. c'est la transgression qui est la condition de possibilité de toute législation : non seulement « morale », politique et civique, mais technique et culturelle.
    l'enjeu est considérable : si la philosophie, pour la toute première fois de sa tradition, parvenait à renverser le rapport qu'elle a toujours posé entre législation et transgression, démontrant que celle-ci est la condition de possibilité de celle-là et pas l'inverse ; bouleversant au passage le sens même qu'on a toujours accordé au concept de « transgression », alors la philosophie destituerait enfin la région de pensée qui, avec l'irrationalisme qui lui est propre, et qu'on a plus que jamais raison de qualifier d'« obscurantisme », a toujours « pensé » la précession de la transgression sur la législation : nommément la religion (le « péché originel »). cette destitution non seulement court-circuiterait le pouvoir du religieux, mais restituerait ce pouvoir, et la tâche d'en penser les conséquences, à cela dont le retrait, depuis trente ans, est le vrai nom du « nihilisme » et du « retour du religieux » : la politique.

  • Ironie et vérité

    Mehdi Belhaj Kacem

    • Nous
    • 5 Février 2009

    Là oú françoise sagan a pu dire que l'humour était la politesse du désespoir, on peut avancer que l'ironie est quant à elle l'élégance du nihilisme.
    Ii s'agit d'interroger le nouage étonnamment synchronisé du surgissement d'une démocratisation de la forme ironique avec l'instauration du nihilisme de masse de la marchandise de divertissement.
    Nous croyons montrer que nous ne sommes pas dupes, mais c'est sans doute là que réside le noyau même de la duperie : nous consommons, en montrant sans cesse n'être pas dupes, d'horribles émissions télévisées, des marchandises ineptes, des informations débiles, une presse régressive, etc.
    : nous passons notre temps à ça, en feignant n'en être pas dupes, ce qui est la plus sûre manière de l'être totalement.

  • La Conjuration des Tartuffes tire un bilan des violentes polémiques qui ont entouré la parution du précédent livre de Mehdi Belhaj Kacem, Après Badiou.
    Il démonte la manière qu'auront eue ses détracteurs de contourner le nerf de la polémique : moralisme, psychologisme, voire psychiatrisation de l'auteur, le tout dégraissé de la moindre calorie philosophique, alors même que ses propres attaques épousaient point par point la philosophie d'Alain Badiou. Mehdi Belhaj Kacem dresse le bréviaire des monstres qui restent à terrasser : agonistique "communiste" autiste, en l'absence du moindre début de philosophie du communisme ; "machisme transcendantal" doctement ignoré par les dévots ; archaïsmes ridicules de patriarche ; universalisme inconsistant, appuyé sur un positivisme épistémologique délirant ; éthique aussi abstraite dans sa formulation qu'ignominieuse dans ses intentions ; etc.

  • Que penser du monde contemporain et qu'en penser quand on est un philosophe de trente-cinq ans ? grâce aux suggestions de philippe nassif, mehdi belhaj kacem livre une interprétation décapante de ce premier xxie siècle.
    Il aborde la question du retour au réel dans l'après-11 septembre, de la place de l'événement dans nos sociétés à la fois surmédiatisées et léthargiques, du consensus politique et des pièges de la pensée dominante. mais pour se faire comprendre, il passe aussi bien par deleuze, badiou ou lacan que par les jeux vidéo ou l'interprétation du hiphop gangsta. cela ressemble à un ovni. erreur, c'est le manifeste d'une génération.

  • Cancer

    Mehdi Belhaj Kacem

    " Cancer est un roman noir, au sens où il vous laisse plutôt sombre, après de grandes violences. Cancer est un roman de chevalerie, qui obéit à l'organisation traditionnelle : naissance du héros, éducation du héros, combats du héros. Cancer est aussi un roman scientifique, parce qu'on y apprend beaucoup de choses qu'on ne savait pas sur le fonctionnement du corps. Cancer est un roman d'aventures, c'est-à-dire un roman dont vous ne savez pas vers quels périls sa lecture va vous mener. Un roman d'espionnage, parce qu'il vous fait douter de tout, et particulièrement de vous. Un roman fantastique, parce que c'est fantastique. Un roman pornographique. Et on rit tout haut en lisant Cancer. Et Cancer ne vaut pas 1993. " Michel Jourde - Les Inrockuptibles

    Mehdi Belhaj Kacem est né à Paris en 1973. Il a publié, depuis 1994, dix livres aux Éditions Tristram.

  • Qu'est-ce qu'un trickster ? Je livrerai en vrac quelques unes de ses ententes plus immédiates et intuitives : homme aux mille ruses, passe-muraille, criminel divin, scanner cronenbergien, joueur télépathe, et j'en passe.
    Sauf les péjoratives : le trickster serait un faux-cul purement et simplement. Donc faux-cul, jésuite, hystérique, petit malin. Autant marquer le pas d'office sur ce qui cloche dans le trickster, il prête son flanc à la facilité, à la lâcheté et à l'aporie.

  • Le visage de Le Pen est bien sûr celui de la pourriture franchouillarde de toujours, et c'est dans le cadre d'un système politique bien précis et situé historiquement qu'il s'est implanté, jusqu'à la récente victoire.
    Et cette victoire marque moins celle du fascisme à la française, que le paroxysme d'une logique politique qu'aucun des commentaires actuels ne veut voir en face. Le visage de Le Pen est aussi et surtout celui du type de " démocratie " qui est le notre : depuis dimanche, l'expression récurrente dans ma bouche est : démocratie médiatico-parlementaire. C'est elle qui a porté Le Pen où il est. C'est elle qui l'a voulu.
    Elle l'a voulu pour se conforter elle-même.

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