Sciences humaines & sociales

  • Le dieu objet

    Marc Auge

    Marc Augé poursuit ici l'exploration d'un univers païen, auquel il s'est intéressé à plusieurs reprises et dont l'Afrique lui paraît offrir quelques illustrations remarquables. «Comment peut-on adorer le bois et la pierre ?» se demandaient les missionnaires chrétiens et quelques ethnologues. Tout l'objet de ce livre vise à proposer une réponse à cette question un peu angoissée. L'auteur montre que l'univers animiste est une fascinante pensée de la relation. A l'interrogation ci-dessus, les prêtres des dieux du Bénin répondent qu'entre la matière et la vie, entre hommes et dieux, ou morts et vivants, il n'y a pas plus solution de continuité qu'entre le même et l'autre. Legba, par exemple, dieu personnel par excellence, est plus que tous les autres imprégné d'humanité. C'est dans le rapport aux autres, qui passe par les dieux, que s'éprouve la singularité de chaque destin et le rapport de soi à soi. Telle est la problématique de ce livre. Mais c'est de la manière la plus concrète que Marc Augé nous révèle que la religion africaine est également une philosophie aux profondes questions et aux subtiles réponses, que nous ne devrions pas trouver absolument étrangères à nos propres capacités symboliques.

  • Après La Traversée du Luxembourg, Un ethnologue dans le métro et Domaines et châteaux, Marc Augé poursuit son anthropologie du quotidien en explorant les non-lieux, ces espaces d'anonymat qui accueillent chaque jour des individus plus nombreux. Les non-lieux, ce sont aussi bien les installations nécessaires à la circulation accélérée des personnes et des biens (voies rapides, échangeurs, gares, aéroports) que les moyens de transport eux-mêmes (voitures, trains ou avions). Mais également les grandes chaînes hôtelières aux chambres interchangeables, ou encore, différemment, les camps de transit prolongé où sont parqués les réfugiés de la planète. Le non-lieu est donc tout le contraire d'une demeure, d'une résidence, d'un lieu au sens commun du terme. Dans ce livre, Marc Augé ouvre de nouvelles perspectives en proposant une anthropologie de la surmodernité qui nous introduit à ce qui pourrait être une ethnologie de la solitude.

  •  Quoi de plus familier que le métro ? Comment le regard ethnologique, accoutumé à nous rapporter les pratiques lointaines pourrait-il éclairer ce qui s'y joue ? Tel a pourtant été le pari de Marc Augé dans cet ouvrage qui révèle tout ce que le métro recèle de conventions, de rites et d'institutions.  Mais c'est aussi l'occasion d'une présentation buissonnière des principaux thèmes classiques de l'anthropologie, depuis le « fait social total » de Marcel Mauss, jusqu'à la question du symbolique, en passant par le problème de l'« individu moyen ». Le livre inaugural d'une « ethnologie du proche », devenu un classique.  Remise en vente avec nouvelle couverture. Ce livre a été publié dans la collection « bibliothèque du XXe siècle » chez Hachette Littératures en 1986 et en Pluriel en 2002.

  • A une époque où l'on parle à la fois de "mondialisation de la culture" et de " respect des différences ", l'anthropologie est plus que jamais nécessaire et possible.
    Elle est nécessaire pour analyser la crise du sens social généralisée à l'ensemble de la planète. Elle est possible dans la mesure où sa tradition, sa démarche et son objet (le rapport à autrui chez les autres) lui permettent de s'adapter aux changements d'échelle qui accompagnent l'accélération de l'histoire, le rétrécissement de la planète et l'individualisation des destins. Partant d'un réexamen des rapports de l'anthropologie avec l'histoire et d'une critique des théories qui privilégient les unes l'unité, les autres la pluralité des sociétés humaines, l'auteur examine quelques phénomènes caractéristiques de notre temps: les médias, la communication, le rituel politique, les cultes nouveaux ou renouvelés qui fleurissent sur tous les continents, l'espace chaque jour plus étendu des concentrations urbaines.

  • Ressuscité !

    Marc Augé

    2028 : on apprend qu'un homme décédé en 1978 à la suite d'un cancer vient d'être ressuscité par une équipe française qui, soutenue en secret par la présidence de la République, a pris une avance considérable dans le domaine de la cryogénisation, technique qui permet le refroidissement du cadavre jusqu'à - 196 °C, puis sa « réanimation ».

    Le héros de cette histoire, brillant universitaire né en 1940, est confronté au fait d'avoir à reprendre sa vie après une interruption d'un demi-siècle qui perturbe ou anéantit ses relations de parenté et d'amitié...

    Ressuscité ! est une farce politico-scientifique, dans le style de La Sacrée semaine, qui aborde frontalement les questions de la vie, de la mort et de l'avenir de l'humanité.

  • Qui donc est l'autre ?

    Marc Augé

    Anthropologue de grand renom, Marc Augé a toujours été préoccupé par la question de l'autre : l'autre individu, l'autre société, l'autre culturel, l'autre géographique. Dans ce livre, il entraîne son lecteur des stades des grandes villes aux lagunes de la Côte d'Ivoire ; il s'interroge sur le sens du cannibalisme, les rêves des Indiens du Venezuela ou la fonction des héros des séries américaines. Après plus d'un demi-siècle d'observations, il revient ici sur les relations entre le même et l'autre, telles qu'elles existent au sein de populations africaines ou amérindiennes, et telles qu'elles se dessinent de nos jours, dans le contexte de la mondialisation.
    L'art, la ville et son expansion galopante, mais aussi les nouvelles mobilités et l'essor des prosélytismes religieux, acquièrent, sous le regard de l'anthropologue, un sens inédit. Il faut savoir pratiquer "l'art du décalage" et se tenir au "carrefour des incertitudes" si l'on veut échapper à l'uniformité, à la fatalité qui voudrait que l'on soit tous les mêmes.

  • Nous vivons un changement sans précédent : les technologies bouleversent notre rapport à l'espace, au temps, à la vie. À l'époque de l'ubiquité et de l'instantanéité, l'homme risque d'être victime des puissants instruments qu'il a mis au point et qui menacent de subvertir la relation de chaque individu avec les autres.
    Devant ces bouleversements, le réel épuise l'imagination et l'humanité renonce aux utopies d'hier.
    Nous, humains, prenons conscience d'appartenir à la même planète, au moment où anciens colonisateurs et colonisés sont appelés à affronter ensemble de nouveaux défis écologiques, démographiques, économiques et politiques.
    Dans ce livre éclairant, Marc Augé résume sa conception d'une anthropologie engagée dans le monde contemporain.
    Contre certaines idées reçues, il montre que les mouvements de population, les violences et les crises politiques auxquels nous assistons avec effroi et fascination n'annoncent pas le retour au Moyen Âge, mais au contraire sa fin définitive : ces soubresauts accompagnent la naissance d'une nouvelle société planétaire.

  • Un nouveau régime de fiction s'instaure. Il affecte la vie sociale au point de nous faire douter de la réalité. Les reportages télévisés prennent des allures de fictions et celles-ci miment le réel. Des idylles se nouent sur Internet où l'on dialogue avec des interlocuteurs sans visage. Insensiblement, nous passons au « tout fictionnel ». Aux médiations, qui permettent le développement de l'identité, la prise de conscience de l'altérité et des liens sociaux, se substituent les médias de la solitude. La vision des désastres planétaires est désormais soumise au caprice de la télécommande.Ces nouveaux partages entre le réel et la fiction conditionnent aussi la circulation entre l'imaginaire individuel (le rêve), l'imaginaire collectif (les mythes, les rites, les symboles) et l'oeuvre de fiction. Dans ce livre, Marc Augé rappelle la menace que fait peser, sur toute vie sociale, la confusion de ces trois pôles distincts de l'imaginaire. Chaque culture institue des frontières spécifiques entre le rêve, la réalité et la fiction.Toute société suppose de ne pas identifier le modèle et la réalité.Dans son ethno-fiction, parcourant l'Europe et les Etats-Unis, l'Afrique et l'Amérique latine, l'ethnologue nous conduit aux sources de toute anthropologie sociale. Celle-ci a pour objet, à travers l'étude des institutions et des représentations, la compréhension des relations entre les uns et les autres.Pour Marc Augé, La Guerre des rêves a commencé. Nous n'en voyons pas toujours clairement les tenants et les aboutissants. Sans être fatale l'explosion « fictionnelle » est désormais possible. La catastrophe serait de comprendre trop tard que, si le réel est devenu fiction, il n'y a plus d'espace possible pour la fiction, ni pour l'imaginaire. Pour conclure, l'auteur nous invite à une « morale de la résistance ».

  • - Depuis quelques siècles, le temps était porteur d'espérance. On attendait ainsi de l'avenir apaisement, évolution, maturation, progrès, croissance - ou révolution. Ce n'est plus le cas. L'avenir a pratiquement disparu.Un présent immobile s'est abattu sur le monde, défaisant l'horizon de l'histoire comme les repères des générations.D'où provient cette éclipse ? Pourquoi l'avenir s'est-il évanoui, dans les consciences individuelles comme dans les représentations collectives ? Existe-t-il des remèdes, des issues de secours ?Pour répondre, Marc Augé scrute, avec précision et clarté, les dimensions multiples de la mondialisation, notamment ses aspects politiques, scientifiques, symboliques. Il indique les cause de notre crise de la temporalité, et propose une solution d'espoir.

    - Marc Augé, ethnologue et écrivain, a été président de l'École des hautes études en sciences sociales entre 1985 et 1995. Il a publié dans " La Librairie du XXIe siècle ", au Seuil, Domaines et châteaux (1989), Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992), La Guerre des rêves. Exercices d'ethno-fiction (1995), Casablanca (2007) Le Métro revisité (2008) et Quelqu'un cherche à vous retrouver (2009).

  • Le métro revisité

    Marc Augé

    • Seuil
    • 4 Septembre 2008

    Je n'ai jamais cessé de prendre le métro, jamais cessé d'être un Parisien. Je peste parfois contre les embarras de la capitale et rêve d'une ville sans embouteillages, sans heures de pointe, mais, d'un autre côté, je suis toujours un peu dérouté par la paix des champs, la douceur angevine ou la solitude des plages désertes en hiver lorsque, d'aventure, il m'arrive d'en faire l'expérience. Pus de vingt ans après Un ethnologue dans le métro, publié en 1986 dans « Textes du XXe siècle », l'ancêtre de la présente collection chez Hachette, ce n'est pas d'un retour à proprement parler qu'il peut s'agir ici, mais plutôt d'un arrêt, d'une pause, d'un coup d'oeil rétrospectif pour essayer de faire le point. Car l'étonnant, avec le changement, ce n'est pas qu'il ait eu lieu, c'est que nous ne nous en soyons pas rendu compte : il s'est imposé si « naturellement » que nous avons besoin aujourd'hui des traces du passé, évidences d'hier devenues plus ou moins obsolètes, pour en admettre la réalité et en prendre la mesure.En vingt ans, le métro s'est transformé au rythme de Paris et du monde. Qui sont au juste mes contemporains ou plutôt de qui puis-je me dire contemporain ? Pour répondre à cette question, j'invite mes lecteurs à me rejoindre dans le métro, à se perdre dans la foule anonyme de tous ceux que j'y côtoie quotidiennement. Peut-être nous y frôlerons nous sans le savoir. M. A .

  • À travers l'itinéraire singulier de son auteur, cette autobiographie intellectuelle, qui débute à la fin des années 50, à l'époque de la guerre d'Algérie et se poursuit jusqu'à nos jours, étudie le mouvement irrésistible qui fit passer toute une génération de l'ère de la colonisation à celle de la globalisation. C'est la réflexion d'un ethnologue qui, s'interrogeant sur lui-même et sur les autres, essaie de justifier et de prolonger l'affirmation de Lévi-Strauss selon laquelle l'ethnologie est, au même titre que la musique ou les mathématiques, l'une des rares activités humaines qui réponde à une vocation.C'est aussi une réflexion sur l'acte d'écriture, présenté comme indissociable de l'activité d'ethnologue mais ne s'y réduisant pas, de même qu'il ne se réduit à aucun des genres qui y recourent.Cet ouvrage fait le bilan d'un demi-siècle de recherche, réaffirmant la nécessité d'une anthropologie critique, l'importance de l'écriture pour créer de nouvelles formes de narrativité et tenter ainsi d'échapper au nouveau « cauchemar mythique » qui nous guette si nous nous laissons séduire par les sirènes du global et des médias, l'idéologie du présent et de la transparence.L'ethnologue, ici, raconte donc à grands traits certains épisodes de sa vie intellectuelle. À ses yeux, l'essentiel tient dans trois nécessités étroitement complémentaires : celles de ne pas renoncer à la pensée du temps, de ne pas ignorer la relation et d'écrire pour être lu.Marc Augé est l'auteur en collection Manuels/Payot de Pour une anthropologie de la mobilité et en collection Petite Bibliothèque Rivages, de L'Impossible voyage (PBR nº214), Les Formes de l'oubli (PBR nº333), La Communauté illusoire (PBR nº 669) et Éloge de la bicyclette (PBR nº685)


  • la tension entre sens (social) et liberté (individuelle) est l'objet focal du regard anthropologique, l'objet ultime et la raison d'être du métier d'anthropologue.
    marc augé tente ici de justifier cette affirmation en forme de définition en abordant tout à tout les questions complémentaires de l'histoire, de la culture et de l'écriture.

  • Dans son Carnet de route et de déroutes, tenu de septembre 2008 à juin 2009, le temps d'une année scolaire, Marc Augé, au gré des événements et de ses déplacements dans le monde, réagit à l'actualité et donne libre cours à ses émois, ses colères et ses interrogations. Quelques thèmes récurrents (les communautés, l'urbanisme, la laïcité, la religion, l'art, la crise...) y font écho aux fracas médiatiques de l'histoire au jour le jour. Ce carnet de route au mois le mois, personnel mais non intime, relève ainsi, à quelque distance des urgences apparentes du quotidien, d'un genre intermédiaire entre mémoires et histoire.

  • Dans un monde en crise, nos repères individuels et collectifs sont affectés, la place de l'homme est bouleversée. Par son regard lucide et critique, Marc Augé éclaire notre temps en revisitant les grands thèmes de l'anthropologie : notion de personne, d'espace, nouveaux rituels, genre, pouvoir, etc. à l'aune de la globalisation et de la planétarisation des échanges.

  • La communauté illusoire

    Marc Augé

    • Rivages
    • 10 Mars 2010

    La notion de communauté est aujourdhui mise à toutes les sauces. Cest pourtant sur le sort qui est fait aux individus que se mesure le degré de démocratie dune société. Aucun individu ne peut se définir par une seule appartenance « communautaire ». Identité et altérité sont intimement liées. Mais lindividu est la référence absolue à partir de laquelle peuvent se comprendre la réalité des frontières et la nécessité des relations. Une frontière nest pas un barrage, mais un seuil ; entre individus, entre collectivités, entre langues il existe des frontières subtiles dont lapprentissage permet de se reconnaître sans saliéner. Ce texte prône un existentialisme politique pour lequel lidée de communauté et de bien commun nexiste quà létat de projet. Il postule que toute éducation digne de ce nom devrait avoir pour idéal non lenfermement dans une seule tradition mais la traversée des frontières et des cultures


  • Synthèse de nombreuses années de travail sur le terrain.

    " Notre monde occidentalisé, boosté au cocktail des connaissances, des technologies et du marché, est-il aussi transparent et fluide qu'il paraît [...]. La mobilité allègre et pressée de ces voyageurs qui gomment les frontières ignore en réalité bien des assignations à résidence. Les vertiges d'une mondialisation accomplie recouvrent bien des inégalités et des fragmentations sauvages, tels ces murs de la honte entre quartiers riches et banlieues dites " difficiles ". Pis, en voulant imposer aux autres leurs lois expansionnistes, les prosélytes de la démocratie " humanitaire " inoculent bien plus de replis xénophobes qu'ils n'en guérissent. Les frontières entre les hommes et les cultures se déplacent sans cesse, mais elles ne s'effacent pas, c'est pourquoi la véritable mobilité consiste à aller à l'écoute de l'autre. " L. D. L'Humanité du 6 juin 2009

  • Les nouvelles peurs

    Marc Augé

    Les violences économiques et sociales, les violences politiques, les violences technologiques et les violences de la nature, celles-ci souvent déclenchées ou amplifiées par celles-là, engendrent stress, panique ou angoisse. Les peurs, comme les violences, s'ajoutent les unes aux autres, se combinent les unes avec les autres dans une époque de diffusion accélérée des images et des messages.

    C'est à un véritable écheveau de la peur que l'histoire du monde contemporain nous confronte, et c'est cet écheveau quil faut entreprendre de démêler pour tenter d'analyser les causes, les conséquences et les suites possibles du mal-être généralisé qui semble s'être emparé des sociétés humaines et menacer leur équilibre.

  • L'Écho d'Ambert, Le Nouvel Observateur, La Centrale des particuliers, Demeures et Châteaux et bien d'autres journaux publient des annonces immobilières souvent illustrées de photos. Manoirs, prieurés, châteaux, gentilhommières ou coquettes maisonnettes s'inscrivent, pour l'auteur, dans des paysages qui sont avant tout littéraires même si les souvenirs vécus et les souvenirs de lecture semblent parfois se confondre. Souvenirs d'enfance: les châteaux de la Bibliothèque rose et de la comtesse de Ségur. Souvenirs toujours récurrents: les demeures réelles ou fictives fréquentées à la suite de Rousseau, Nerval, Balzac, Stendhal ou Proust. Ces maisons de mots et d'images, où l'on sait bien que l'on ne vivra jamais, nous parlent aussi du temps qui passe, de la vie qui change, d'amour et d'amitié. Dans ce livre, Marc Augé poursuit en ethnologue l'exploration d'une mythologie moderne d'autant plus efficace qu'elle sait en chacun de nous éveiller les attentes les plus intimes.

  • Le «génie du paganisme» est à l'opposé de tous les présupposés du monothéisme, notamment chrétien ; ses élaborations conceptuelles et symboliques répondent cependant à des questions qui sont les nôtres. Car les questions sont universelles, non les réponses.
    De son expérience de terrain en Afrique, Marc Augé conclut qu'il n'y a jamais, pour l'ethnologue, d'altérité radicale : prendre au sérieux ce que disent les autres, c'est non pas y adhérer, mais s'en inspirer pour s'interroger en retour sur le lieu d'où l'on vient.
    Ainsi, pour l'ethnologue, le monde grec ancien et le monde africain traditionnel ont plus d'un point en commun et aujourd'hui encore notre vie quotidienne spontanée obéit largement à des logiques païennes qui imprègnent la littérature, la création artistique et philosophique occidentales. Alors qu'il est de bon ton de mettre au jour ses racines faute d'imaginer un avenir commun, le «génie du paganisme» rappelle une évidence : nos racines sont multiples et notre avenir ouvert.

  • Au-delà du constat d'un «déni» de la mort qui est loin d'être l'apanage de notre époque, ce livre apporte un éclairage neuf sur la place de la mort dans notre société. Les pistes qu'il dessine font apparaître avec force la nécessité de recréer de nouvelles solidarités pour permettre aux vivants de reprendre «leurs marques» avec la mort.

  • Nous ne vivons pas dans un monde achevé, dont nous n'aurions plus qu'à célébrer la perfection. L'idée même de démocratie est toujours inachevée, toujours à conquérir.

    Il y a dans l'idée de globalisation, et chez ceux qui s'en réclament, une idée de l'achèvement du monde et de l'arrêt du temps qui dénote une absence d'imagination et un engluement dans le présent qui sont profondément contraires à l'esprit scientifique et à la morale politique.

    Il nous faut ajourd'hui repenser la frontière, cette réalité sans cesse déniée et sans cesse réaffirmée. Il faut repenser la notion de frontière pour essayer de comprendre les contradictions qui affectent l'histoire contemporaine.

    Une frontière n'est pas un barrage, c'est un passage. Les frontières ne s'effacent jamais, elles se redessinent. La frontière a toujours une dimension temporelle : c'est la forme de l'avenir et, peut-être, de l'espoir. Voilà ce que ne devraient pas oublier les idéologues du monde contemporain qui souffrent tour à tour de trop d'optimisme ou de trop de pessimisme, de trop d'arrogance dans tous les cas.

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