Jules Renard

  • Avec des notes et un carnet de lecture

  • «Il me vient à l'idée de réunir mes notes en un volume, de les grouper en chapitres.» Tel était le projet évoqué par Jules Renard lui-même le 30 septembre 1889. Pour composer ce recueil d'extraits, Claude Barousse s'est promené dans les cinq volumes du Journal, a repéré les lignes de force, a rassemblé les morceaux choisis : d'Accent circonflexe à Zola, en passant par Luzerne qui marche, Nouvelle bonne, Paresse, Sarah Bernhardt, Tous pourris, Verlaine, Vierge ou Voilette, c'est à un parcours ludique plein de découvertes sur l'homme et sur l'oeuvre que le lecteur est ici convié.

  • " ne pas se tromper aux figures hautaines et silencieuses : ce sont des timides ", écrit jules renard parlant de lui.
    Comme tous les timides, il répugnait à se confier aux autres. son journal lui sert de confident, d'interlocuteur, de complice. c'est à la mémoire des feuillets qu'il remet ses pensées les plus secrètes et les lus contradictoires.
    Ardent dreyfusard, il écrit : " je suis écoeuré à plein coeur, à coeur débordant, par la condamnation d'emile zola... " mais il confesse ailleurs : " nous sommes tous antijuifs.
    Quelques-uns parmi nous ont le courage ou la coquetterie de ne pas le laisser voir. " il se répand en réflexions misogynes : " si jamais une femme me fait mourir, ce sera de rire " ; " dès qu'on dit à une femme qu'elle est jolie, elle se croit de l'esprit " ; " la femme est un roseau dépensant. " mais n'est-ce pas pour exorciser le chant des sirènes ? " je les aime toutes. je fais des folies pour elles.
    Je me ruine en rêves. " anticlérical, antireligieux convaincu =, auteur de la bigote, au journal il confie cependant : " j'ai l'esprit anticlérical et un coeur de moine. " il avait une conscience amère, injuste et orgueilleuse, de ses limites, mais aussi de ses qualités, celles des grands écrivains - l'humour, l'ironie, la poésie : " les ironistes, ces poètes scrupuleux, inquiets jusqu'à se déguiser.
    " portrait d'une époque et d'un milieu, peinture des naturels du morvan, et par-dessus tout portrait d'une âme poétique jusqu'à la souffrance, le journal de jules renard est un chef-d'oeuvre de la langue française et le témoignage d'un grand moraliste : " je me fais une haute idée morale et littéraire de l'humour. "

  • Histoires naturelles

    Jules Renard

    De ses promenades à travers les prés, les routes et les jardins de sa Nièvre natale.
    Jules Renard, chasseur d'images ", ramène dans sa gibecière des portraits croqués sur le vif: insectes et animaux des bois, volailles des basses-cours et bêtes domestiques, rien n'échappe à l'oeil de l'écrivain, qui sait faire surgir le trait saillant, drôle, inattendu mais juste, d'une précision "mathématique", comme il aimait à le dire lui-même. Les Histoires naturelles, collection de portraits cocasses et attendris, trésor d'humour et de délicatesse, sont le résultat d'un sens de l'observation qui tient à la fois du naturaliste et du poète.

  • L'ÉCORNIFLEUR

    Jules Renard

    Ce court roman est un petit chef-d'oeuvre d'humour qui nous raconte l'histoire d'Henri, sorte de parasite littéraire, cynique et roué. Se faisant passer pour un poète désargenté, il parvient à s'introduire dans le « nid douillet » d'une honorable famille bourgeoise. Celle-ci, pétrie de conformisme et de bigoterie, n'y verra que du feu ; Henri fieffé rusé troublera même le coeur de son hôtesse...

  • Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points :

    - VIE LITTÉRAIRE : Le renouveau du théâtre - L'ÉCRIVAIN À SA TABLE DE TRAVAIL : Du héros romanesque au héros théâtral - GROUPEMENT DE TEXTES THÉMATIQUE : Le père, face à l'enfant - GROUPEMENT DE TEXTES STYLISTIQUE : La transposition du roman au théâtre - CHRONOLOGIE : Jules Renard et son temps - FICHE : Des pistes pour rendre compte de sa lecture Recommandé pour les classes de collège.

  • «Que cherche donc Renard quand il écrit? La vérité et la perfection. Il n'était évidemment pas le seul, ni le premier. "La nature, donc, la nature et la vérité", s'écriait Hugo dans la Préface de Cromwell. Déjà bien avant lui, Boileau avait proclamé "Rien n'est beau que le vrai." Après les classiques et les romantiques, les réalistes et les naturalistes prétendaient à leur tour à cette "vérité", s'attachant à observer et à rendre la vie, sans aucun parti pris, le plus fidèlement, le plus exactement possible. Mais Renard se refuse à écrire comme eux des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre où, malgré tout, l'art vient "arranger" la vie. Il veut une littérature qui ne soit pas trop de la "littérature", un théâtre qui ne soit pas trop "théâtre". Cet écrivain s'assied devant la table nue, devant la page blanche. Avec quoi remplira-t-il, de son écriture soigneuse, ses grandes feuilles de papier quadrillé? Renard n'est pas un écrivain doué. Il n'a pas l'aisance et la facilité d'un Giraudoux, par exemple, qui, tout de suite, se met à écrire et se laisse aller, avec bonheur, à sa fantaisie. Et d'abord, il écarte les suggestions de l'imagination, qu'il dit avoir tuée par horreur du mensonge, et qui ne pourrait que l'égarer dans sa quête de vérité. Il est bien capable de concevoir un drame symbolise, Le Retour du poète, mais la peur de n'être pas vrai l'empêche de l'écrire. Il écarte aussi les livres des autres, et n'exploite pas le fait divers. Il n'écrira consciencieusement que des pages, quelques phrases, inspirées par ce que la vie la plus "quotidienne" pourra lui fournir, des "choses" vues, petites gens, petites choses : une rencontre, la pluie, la neige, des mots d'enfants, les animaux, les paysans, ses domestiques de Chaumot, sa cuisine, la promenade ou la chasse. On peut juger bien minces, insignifiants, les sujets des "proses" de Renard : un maçon au travail, un paysan qui fauche, un pinson qui chante, un oiseau qui plane. Renard s'en rendait parfaitement compte. Ce qu'il écrivait lui semblait parfois une littérature de furet. Et Bellessort le qualifiait de "termite de génie". À ses pages courtes, faites de phrases brèves, Renard donnait volontiers des titres diminutifs : Homuncules, Cocottes en papier, Minutes de la vie, Petites bruyères. Il travaille menu. "Pattes de mouche", disait Claudel. "Scalp de puces", disait je ne sais qui.» Léon Guichard.

  • Que Jules Renard se laisse guider dans la campagne, partage un café avec un voisin, décrive une vieille femme ou prenne des notes sur les vendanges, c'est toujours une plongée parmi les humbles, dont on sort transformé. Avec une poésie qui n'appartient qu'à lui, l'auteur redessine un monde rural habituellement austère et qui se révèle ici pétillant de malice et regorgeant de merveilles.

  • Mauvais livre

    Jules Renard

    Le mauvais livre est une profession de doi envers la littérature et les écrivains que Jules Renard raille avec son génie de l'allusion et l'art du contraste.

  • Un acte et sept scènes pour sourire des portraits peu flatteurs de "rats des villes et des champs". Des instantanés qui conservent aujourd'hui encore toute leur actualité et qui constituent une parfaite introduction au théâtre pour les élèves de collège.

    Les comédies courtes de Jules RENARD sont recommandées dans les nouveaux programmes de français pour la classe de 5e, "Théâtre : la comédie".

  • L'oeil clair

    Jules Renard

    " - ces jours-ci, je sens un roman.
    - délivrez-vous !
    - le travail du roman n'est-il pas agréable ? on reste chez soi. on s'enferme une dizaine de mois, pas plus, puisque les prix sont annuels, et il faut être prêt ! on écrit tranquillement le livre, et, quand le diable y serait, on finit bien par décrocher un de ces prix, avec n'importe quel roman. - de quelle espèce sera le vôtre - ça n'est pas les genres qui manquent ! j'ai le choix entre du balzac, du daudet, du zola, du goncourt, du mirbeau, et même du bourget.
    Le bourget a l'air plus compliqué, à cause des accessoires, mais je connais des receleurs qui vendent jusqu'à des idées générales pour un morceau de pain. ".

  • Jules Renard est, avec Sacha Guitry, l'un des maîtres incontestés et incontestables de l'humour, de l'ironie et de l'esprit français. Son sens de la réplique qui fait mouche, qu'elle soit meurtrière, poétique ou les deux à la fois, est aujourd'hui légendaire. S'il a vécu un peu moins de cinquante ans, ses pensées, elles, sont immortelles. Et retrouver ses mots d'esprit, dont nous vous proposons ici un nouveau florilège, est un plaisir toujours renouvelé.



    La peur de l'ennui est la seule excuse du travail.



    Pourquoi m'appelle-t-on mauvais coucheur ? Je couche avec si peu de gens !



    Je sais nager juste assez pour me retenir de sauver les autres.



    Ronfler, c'est dormir tout haut.



    La mort des autres nous aide à vivre.

  • « Il n'y a pas de synonymes. Il n'y a que des mots nécessaires, et le bon écrivain les connaît. » « Le style, c'est le mot qu'il faut. Le reste importe peu. » « Le mot juste ! Le mot juste ! Quelle économie de papier le jour où une loi obligera les écrivains à ne se servir que du mot juste ! » « Avoir un style exact, précis, en relief, essentiel, qui réveillerait un mort. » Tout au long de son Journal, qu'il tint de 1887 à 1910, Jules Renard n'a cessé de s'interroger sur les mots, le rythme, la phrase. Leçon d'écriture et de lecture rassemble toutes ses considérations et ses préoccupations sur le style - le sien, bien sûr, tout comme celui des écrivains de son époque, de Victor Hugo à Verlaine, en passant par Huysmans, Maupassant, Claudel. Jules Renard dresse ainsi son portrait d'écrivain mû par le doute, celui de ses contemporains, de son siècle, de la littérature de son époque.

  • " En récits denses et brefs, en raccourcis de vingt lignes, Jules Renard fait tenir une anecdote, un paysage, des personnages.
    Et les personnages vivent, comme sondés à l'âme, se révèlent d'un trait, où tant de romanciers useraient de pages et de chapitres. Cela va jusqu'au grossissement et demeure dans la vérité, et d'un français, d'un classique intense, du La Bruyère mêlé de Sterne ". (Jean Ajalbert).

  • L'Ane, les Lapins, la Souris, le Crapaud. Sur le motif, Jules Renard a guetté patiemment ses proies. De sa plume alerte, il a épinglé grandes et petites bêtes dans leur environnement en des raccourcis pleins d'humour. Ses Histoires naturelles sont déjà célèbres quand un florilège en est publié dans une édition de luxe en 1899, illustrée de vingt-deux lithographies par Henri de Toulouse-Lautrec. Tiré à l'époque à cent exemplaires, très recherché depuis, ce bestiaire réunit l'auteur de Poil de Carotte et le portraitiste de La Goulue, qui s'admiraient réciproquement. C'est le chef-d'oeuvre de deux chasseurs d'images tour à tour ironiques et tendres, toujours vrais, qui rivalisent d'acuité dans le trait. L'exemplaire reproduit en fac-similé est aussi unique que prestigieux. L'écrivain l'avait dédicacé à son ami Lucien Guitry, qui appréciait les Histoires naturelles au point de les déclamer en public. Au fil des pages, en hommage au grand comédien, Renard a ajouté de sa main de nouvelles scènes cocasses d'animaux et même de végétaux, la plupart dialoguées. Sacha Guitry conserva jalousement ce précieux cadeau offert à son père. Le voici aujourd'hui accessible, restitué dans sa fraîcheur originale. Dans Passages d'encre (Gallimard, 2008), Édouard Graham a notamment étudié, sur des éditions originales, la pratique de la dédicace d'exemplaire entre grands écrivains français.

  • Ponctué par la musique de Frédéric Chopin et empreint de la plus profonde humanité, auquel nous invitent Claude Aufaure et Philippe Lejour.

  • 1900 : l'humeur est à la fête.
    Le président Loubet inaugure l'Exposition universelle. Paris, en proie il y a peu aux attentats anarchistes, redevient le centre du monde. Jules Renard a trente-six ans lorsqu'il consigne les traits qui constitueront cette année 1900. Année charnière s'il en fut. Voilà treize ans déjà que, dans une lente et patiente orchestration du silence, il s'attelle à ce qu'il considère à juste raison comme son chef-d'oeuvre (" Je lis des pages de ce journal : c'est tout de même ce que j'aurai fait de mieux et de plus utile dans ma vie ", 14 novembre 1900).
    Il ne lui reste alors que dix ans à vivre. Il faut lire Le Journal de Renard, le lire et le relire, avoir toujours à portée de la main ce précieux bréviaire des âmes inquiètes. Cette année 1900 en est - quelque cent ans plus tard - une souveraine confirmation : plus encore qu'à l'hygiène intellectuelle indispensable à tout honnête homme, c'est à la pure et simple morale que ressortit sa fréquentation.

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