Jerome Wilgaux

  • Le document, qu'il s'agisse d'un texte, d'une image ou de données statistiques, constitue la source même du métier de l'historien. C'est en étudiant et en analysant les documents que les historiens parviennent à écrire l'Histoire, à combler les vides dans la grande Histoire et à connaître les histoires individuelles, les petites histoires. Si l'historien semble aguerri à cet exercice d'analyse et de commentaire, il constitue un obstacle parfois difficile à franchir pour les étudiants démarrant un cursus dans cette discipline, ainsi que pour les candidats aux concours, notamment celui pour devenir enseignant, le CAPES.
    Cet ouvrage vise à proposer une méthode rigoureuse et efficace pour aborder cet exercice qui demande des efforts sérieux et méthodiques. Sont alors énoncées des considérations plus générales sur la place du document selon différentes époques historiques et sur la transformation que subit la source avant de devenir un document exploitable pour que les étudiants en réalisent un commentaire. Enfin, un ensemble d'exemples, choisis dans les différentes périodes historiques ainsi que dans les différentes catégories de documents, est traité par des spécialistes afin de présenter concrètement l'application de la méthode de travail expliquée.

  • Les notions grecques et romaines, telles que oikos, oikia, domus, que nous traduisons par « famille » ou « maisonnée », sont assurément polysémiques et désignent un groupe de personnes réunies sous une même autorité, liées entre elles essentiellement par des relations de parenté ou des rapports de dépendance, et partageant au quotidien la même résidence et des activités communes ; dès lors, ces mêmes notions peuvent également désigner la composante matérielle de ce groupe, son patrimoine et son habitat. Considérée par les Anciens eux-mêmes comme l'unité primordiale de toute société, cette « famille » est ainsi perçue comme la cellule sociale et économique de base, susceptible de répondre aux besoins élémentaires de ses membres, et assurant ainsi, d'un point de vue économique, les fonctions de production, d'échange et de consommation, d'un point de vue social, les fonctions de reproduction, de socialisation, d'assistance et de transmission. Ce sont ces multiples dimensions que cet ouvrage se donne pour objet de présenter, dans une démarche que nous avons souhaité interdisciplinaire, comparative et didactique.

  • Issu d'un colloque international et pluridisciplinaire organisé à Nantes en juin 2004, cet ouvrage prend pour point de départ le postulat que la Méditerranée antique et médiévale doit être vue comme un espace privilégié d'échanges, de convergences et de ruptures entre les civilisations qui se sont développées le long.
    De ses rivages, Orient et Occident, Nord et Sud. En ce sens, trois espaces emblématiques, le port, la place et le lieu de culte, ont été choisis afin de vérifier s'ils ont bien joué ce rôle qu'on leur prête de contact et d'échange entre les cultures, favorisant l'acculturation ; ou s'ils ont servi de terrain de confrontation et de conflit ; ou encore, s'ils ont été, en quelque sorte, neutres, hors circuit.
    Les contributions publiées émanent de chercheurs provenant d'une demi-douzaine de.
    Pays (Espagne ; France, Grèce, Italie, Russie, Tunisie). Récits de voyages et autres sources littéraires, sources épigraphiques, fouilles archéologiques, documents iconographiques. :. sont ainsi sollicités, et apportent de nouvelles données, en particulier sur des cultures souvent négligées par les recherches historiques francophones (Étrurie, monde musulman médiéval notamment).
    Au final, il apparaît que si les " interfaces ".
    étudiées sont d'incontestables espaces de rencontre, de médiation et d'échanges entre cultures et États du pourtour méditerranéen, elles ne doivent pas cependant être appréhendées à l'aune de ces seules fonctions. Relevant en effet de la sphère publique, elles apparaissent, ainsi comme, des lieux privilégiés de construction et d'affirmation des identités collectives et des structures politiques. Si la sécurité des biens et des personnes, des commerçants comme des pèlerins, y est le plus souvent garantie, ces lieux ne sont que très rarement des espaces " neutres ".
    Au contraire, s'y manifestent et s'y imposent constamment des normes, des systèmes administratifs 'et politiques qui s'efforcent de contrôler autant que faire se peut déplacements et transactions de toutes sortes. Enjeux politiques, économiques et militaires, ces espaces deviennent ainsi des lieux d'investissement symbolique, de " théâtralisation " de la vie politique et des relations internationales, nous invitant ainsi à une approche plus globale des phénomènes d'interaction.

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