Jean-Luc Chappey

  • Chimie moderne, système de mesure, statistiques, médecine, cartographie... Dans tous ces domaines, la France a été précurseur. Dans le sillage de la Révolution des découvertes et des innovations majeures ont marqué l'histoire des sciences avant d'essaimer à travers le monde.

    Jean-Luc Chappey nous explique comment la période que l'on décrivait comme « n'ayant pas besoin de savants » a en réalité permis un redéploiement des sciences sans précédent.
    En nous emmenant sur les traces de Condorcet, Jussieu ou encore Lavoisier, il nous raconte l'invention du mètre, la création du cadastre, la spécialisation de la médecine de guerre, la mise en place du calendrier républicain, mais aussi l'ouverture à Paris du Muséum d'histoire naturelle et de la Ménagerie...

    Classer, informer, réglementer, combattre, soigner, voyager : les scientifiques, au lendemain de la Révolution, ont à la fois oeuvré à la construction politique et sociale de la France et légué au monde des inventions qui traverseront les siècles.

  • Revue d'histoire des sciences humaines n.38 ; usages de l'enfant sauvage Nouv.

    Présentation du numéro.
    Si l'histoire de l'enfant sauvage de l'Aveyron, auquel le film de Truffaut (1970) a donné un visage, et celles des autres enfants sauvages semblent aujourd'hui bien connues, il convient encore de questionner les raisons de leur présence, sinon leur retour régulier, depuis le XIXe siècle, dans l'écriture des sciences humaines. De l'anthropologie à la linguistique, en passant par la psychiatrie et la didactique, l'enfant sauvage s'est imposé, au sein de corpus différents, comme une sorte de passage obligé, servant pour les uns à construire un roman des origines, pour les autres à revendiquer des positions particulières au sein de leur discipline. En réunissant des spécialistes de différentes sciences humaines, il s'agit justement d'interroger les enjeux qui se cristallisent autour de ces réactualisations et de comprendre comment ces usages successifs peuvent participer à l'émergence de savoirs nouveaux ou, dans des contextes particuliers, contribuer à redessiner les contours des savoirs établis.

    Contributeurs et contributrices.
    Delphine Antoine-Mahut, Sabine Arnaud, Antoine de Baecque, Valentin Behr, Emanuel Bertrand, Claude Blanckaert, Jean-Luc Chappey, Yann Craus, Laetitia Guerlain, Samuel Lézé, Benjamin Pinhas, Antoine Roger, Guillaume Roux, Laurens Schlicht, Céline Trautmann-Waller, Mathias Winter.

  • Victor, l'enfant sauvage capturé dans les forêts d'Aveyron en 1799, a suscité l'intense curiosité de ses contemporains. François Truffaut en a tiré un film célèbre, faisant du face-à-face entre Victor et son précepteur, Itard, une scène fondatrice de toute situation pédagogique. Aujourd'hui encore, son histoire fascine.
    Mais la légende a trop souvent fait disparaître le contexte de sa découverte. Renouant les fils d'une histoire politique et sociale, Jean-Luc Chappey en livre un récit exemplaire. Il restitue ainsi le choc qu'elle produisit dans une société bouleversée par la Révolution française mais convaincue des progrès de la civilisation face à la sauvagerie. L'histoire de l'enfant sauvage, depuis son succès public jusqu'à sa fin misérable et obscure, révèle une page d'histoire, le passage de la République à l'Empire, et l'abandon des idéaux de progrès que les savants avaient su, un temps, incarner.
        Jean-Luc Chappey est maître de conférences à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, auteur de plusieurs ouvrages sur la Révolution et l'Empire, en particulier La Société des observateurs de l'homme (1799-1804). Des anthropologues au temps de Bonaparte (Paris, Société des Études robespierristes, 2002).

  • De la fin du XVIIe au début du XIXe siècle s'étend l'âge des dictionnaires marqué par le succès éditorial de genres particuliers et la formalisation d'une pensée classificatoire qui tend à prendre pour objets tous les éléments du réel. Les dictionnaires et les listes s'imposent dès lors comme de nouveaux supports de lecture du monde politique, social ou culturel, un phénomène auquel semble faire écho aujourd'hui le succès de Wikipédia. Or, sous des formes les plus diverses, la mise en liste des hommes, au même titre que celle des plantes ou des animaux, a constitué un événement majeur entre le XVIIIe et le XIXe siècle, soulevant des questions qui résonnent encore aujourd'hui. Des dictionnaires historiques aux nombreuses listes de noms qui envahissent l'espace public, il s'agit toujours d'opérations de qualification et de disqualification, de réputation ou de stigmatisation. La période révolutionnaire offre un laboratoire d'observation privilégié pour saisir les effets de ces listes qui servent autant à inclure les citoyens qu'à exclure les ennemis, en un monde où les repères traditionnels liés à la naissance et aux privilèges naturels ont volé en éclats. L'analyse des conditions de la prise de contrôle de ces listes, l'étude des modalités à partir desquelles se construit l'autorité sur l'écriture des notices biographiques, proposent ainsi des clés qui rendent possible l'étude des dynamiques politiques, sociales et intellectuelles qui se jouent dans et par le biais de véritables guerres de dictionnaires et batailles de noms.
    Du Grand dictionnaire de Moréri où s'établit la réputation nobiliaire à la fin du XVIIe siècle à l'entreprise de remise en ordre menée par les rédacteurs de la Biographie universelle ancienne et moderne au début du XIXe siècle où se fonde l'ordre bourgeois , cet ouvrage se propose d'interroger les effets de ces productions, trop souvent canonisées, en les replaçant dans leur contexte de production tout en mettant au jour les intérêts de leurs auteurs. Souvent méconnus, ces « faiseurs » de dictionnaires ou de listes constituent les objets centraux de cette analyse. Ces ouvrages tentent en effet d'imposer un ordre biographique à partir duquel se fixent les positions, les statuts et les réputations. On comprend dès lors que créer du désordre en falsifiant, travestissant ou en jouant sur son nom, peut constituer, avec l'avènement de l'individu-citoyen, à l'heure de la genèse et de l'extension de la sphère publique, un moyen de défendre l'intégrité, de plus en plus menacée par l'émergence d'une véritable biocratie, de son propre récit biographique. À l'heure de Wikipédia, cette archéologie du Who's Who de la société révolutionnée s'impose comme une réflexion politique et critique sur les systèmes de reconnaissance des individus en profondes mutations.

  • La Société des Observateurs de l'homme (1799-1804), en dépit de son existence éphémère, constitue un témoignage essentiel sur la fameuse " transition " des savoirs entre les XVIIIe et XIXe siècles.
    Autour d'un projet scientifique particulièrement ambitieux, la construction d'une science générale de l'homme, les membres de cette société mettent progressivement en place les fondements théoriques et institutionnels d'un nouveau domaine de savoir qu'ils définissent sous le nom d'anthropologie. Bénéficiant de la reconnaissance des plus hautes personnalités politiques et scientifiques de l'époque, ces premiers anthropologues prennent une part très active dans les débats, souvent polémiques, qui touchent à la définition de la nature humaine, et participent aux plus grands chantiers scientifiques du Consulat : l'observation du jeune enfant sauvage de l'Aveyron ; la rédaction des instructions de voyage destinées aux membres de l'expédition maritime du capitaine Baudin.
    Accueillant des anatomistes, des hygiénistes, des antiquaires, des linguistes, des pédagogues..., la Société des Observateurs de l'homme s'impose comme un véritable laboratoire d'idées où viennent se cristalliser les interrogations anthropologiques les plus diverses touchant aussi bien au statut du " sauvage " qu'à celui de l'infirme, de l'étranger ou de l'enfant. Mêlant étroitement l'étude prosopographique et l'analyse des logiques qui guident la construction de son projet anthropologique, cette approche renouvelle en profondeur l'histoire de la Société des Observateurs de l'homme tout en faisant largement écho aux luttes Intellectuelles, mais aussi politiques et religieuses, qui traversent la période consulaire.
    Cette relecture ouvre de nouvelles perspectives à une plus large connaissance de la vie scientifique des années 1800. Il faudra désormais placer les Observateurs et leurs activités aux côtés de l'Institut national et des Idéologues, au risque d'ignorer une étape essentielle dans l'histoire des productions et des pratiques intellectuelles de la Révolution française.

  • La Société d'histoire naturelle de Paris voit le jour le 27 août 1790. Comme beaucoup de sociétés savantes de la période révolutionnaire, elle est, sinon méconnue, quelque peu oubliée par les historiens des sciences qui privilégient trop souvent l'étude des institutions dominantes. Les procès-verbaux des séances rédigés entre le mois d'août 1790 et le printemps 1798 constituent des sources exceptionnelles pour l'analyse du fonctionnement d'une société savante pendant cette période riche en mutations institutionnelles et en transformations théoriques ou méthodologiques. Permettant de mettre à distance certains des stéréotypes et des interprétations canoniques véhiculés par l'histoire des sciences, ces sources précieuses permettent ainsi de saisir au plus près les respirations du travail des naturalistes soumis à diverses contraintes et confirment l'importance de l'histoire naturelle dans les dynamiques tant scientifiques que politiques de la Révolution française.

  • Atlas numérique optimisé pour une lecture sur tablette.
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    « De la volonté de civiliser à celle de domestiquer les peuples, le rêve impérial s'est transformé en entreprise de domination au bénéfice des intérêts français. » Plus de 100 cartes et infographies pour comprendre une période charnière de l'histoire de France et de l'Europe, depuis la construction de l'Empire, jusqu'à son effondrement.
    O Une analyse fine et contrastée du projet politique de Napoléon, officiellement inspiré des Lumières mais bâti sur la conquête et le contrôle autoritaire des populations.
    O Dynamiques démographiques, sociales, économiques et culturelles : un tour d'horizon des bouleversements de l'époque.
    O Un héritage pérenne : création du Code civil, développement des voies de communication, réformes de l'administration, modernisation des villes, essor de Paris en capitale impériale...
    Deux siècles après Waterloo et la chute de l'Empire, cette nouvelle édition dresse le juste portrait d'une époque, au plus près des populations.

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    © Éditions Autrement, 2014

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