Jean-Louis Gaillemin

  • De la tiare du Louvre aux chaises de Versailles, depuis plus d'un siècle le monde de l'art a été ébranlé par de nombreuses affaires de faux qui ont mis en cause l'autorité des experts et des marchands, et ont parfois atteint les plus honorables institutions comme le Metropolitan Museum de New York et le British Museum, le musée du Louvre et le château de Versailles. La presse s'en est emparée, le public s'en est délecté.
    Des Gauguin, Otto Dix, Léonard et autres princesses amarniennes de Shaun Greenhalgh au millier de toiles de l'avant-garde russe saisies en Allemagne, des faux Cranach, Vélasquez, Frans Hals, Corrège réalisés en Italie aux expressionnistes abstraits concoctés dans le Queens et écoulés à Manhattan par la galerie Knoedler, aucun domaine de l'art n'a été épargné.
    Les différentes histoires évoquées ici cherchent à expliquer comment les faussaires s'y prennent pour trouver le point faible des collectionneurs et des spécialistes et leur fabriquer l'objet ou le tableau « trop beau pour être vrai » dont ils rêvaient. Mais il suffit parfois d'une analyse scientifique ou d'une enquête parallèle sur d'étranges mouvements d'argent pour que le rêve devienne cauchemar.

  • Schiele « peintre maudit » ? Victime de la société de son temps, jeté en prison, auteur d'une oeuvre à forte dimension érotique, tout est là pour que naisse la légende... Mais Jean-Louis Gaillemin a préféré chercher ailleurs la vérité de l'artiste : pour Schiele, il s'agit de reconquérir la forme, de recomposer le monde contre les forces de la mort. Enfant terrible dans la Vienne des années 1910, très vite affranchi de la stylisation décorative des artistes de la Sécession tels que Klimt ou Moser, Egon Schiele trouve d'abord en lui le modèle le plus docile pour décomposer le corps à sa guise. Puis il entraîne ses autres modèles dans une exploration systématique du corps qui passe par celle du sexe. Masturbations, couples de jeunes femmes ou de très jeunes filles, les représentations se multiplient... D'abord schématique et violent, l'art de Schiele acquiert vers 1916 une qualité plastique et graphique qui permet aux corps et à la nature de se reconstruire. Alors qu'il affirme son « retour à l'ordre » avec de grands tableaux à ambition sociale, la mort l'emporte à 28 ans - touche ultime du destin d'un « éternel enfant », forcé de tout dire en l'espace de dix ans.

  • Celui qui, à seize ans, confiait à son carnet «Je serai un génie et le monde m'admirera», est salué par André Breton en 1929 comme le nouveau champion du Surréalisme avant d'être stigmatisé, dix ans plus tard, sous l'anagramme d'Avida Dollars. Entre ces deux dates, se situe l'excellence d'une oeuvre révolutionnaire et visionnaire. Du purisme des années vingt aux grandes toiles mystiques des années cinquante, Jean-Louis Gaillemin nous initie au parcours complexe de celui qui avait fait de la paranoïa un art de peindre et de la provocation un art de vivre. Ânes pourris et montres molles, téléphones homards et images multiples, habitacles organiques et êtres-objets, Dali aura cherché toute sa vie à «systématiser la confusion» entre les genres et les oeuvres. Vision anarchiste qui en fait le précurseur de nombreux courants de la deuxième moitié du XXe siècle, dans les domaines de la peinture mais aussi du cinéma, de l'objet, de l'architecture et de l'installation.

  • Dali, Désirs inassouvis, du purisme au surréalisme, 1925-1935 redonne à Dali sa place centrale dans l'histoire du mouvement surréaliste autour du second manifeste de 1929.
    Arrivé à Paris en avril 1929 pour tourner Un Chien andalou, il est encensé en novembre dans le catalogue de sa première exposition par André Breton. Celui-ci est prêt à tout pour arracher ce nouveau Rimbaud de 25 ans à l'influence de Georges Bataille. Avec Eluard il fait l'éloge des 1930 de La Femme visible, premier écrit où Dali oppose l'expérience paranoïaque à l'automatisme bretonnien. Du purisme des années vingt sous le signe de Le Corbusier au surréalisme sous l'égide de Gaudi se dessine l'itinéraire d'un artiste dont le rôle révolutionnaire a été par la suite occulté, aussi bien par lui-même que par les surréalistes orthodoxes qui ne lui ont jamais pardonné sa trahison de 1940.
    Prenant acte de la recherche biographique et critique internationale la plus récente, Désirs inassouvis retrouve en Dali un des acteurs les plus intransigeants de la révolution surréaliste.

  • Hubert Le Gall

    Jean-Louis Gaillemin

    • Norma
    • 13 Mars 2013

    Né en 1961, Hubert Le Gall est sculpteur, designer, scénographe. Une fois terminées ses études économiques et financières (pour faire plaisir à sa famille), Hubert Le Gall choisit de peindre, des portraits surtout, d'amis (Jacques Garcia, Yaguel Didier). Des panneaux où se mêlent dessin, peinture et photographie deviennent plateaux de table et permettent au plasticien de s'introduire furtivement dans le domaine de l'environnement intérieur.
    En 1997, la galerie Avant-Scène présente sa première exposition aux inspirations végétales avec des oeuvres devenues aujourd'hui des « intemporels » : les tables Marguerites ou les commodes Fleurs. Naissent alors les objets qui vont le rendre célèbre : la lampe Spectre et la Sculpture lampe, le fauteuil Pot de fleurs, le tapis Ombre chiné, le Vase vitrine.
    Son matériau de prédilection est le bronze, mais Hubert Le Gall aime toutes les matières : le plâtre, la résine, le bois, le verre et la céramique qu'il travaille, avec une même curiosité dans son atelier montmartrois, qui fut autrefois celui du peintre Bonnard.
    Manipulant sans cesse les symboles, nichant l'humour dans le détournement et l'allusion, Hubert Le Gall joue sans complexe des mots et des choses, des formes et des fonctions - fonction qui reste indispensable à cette dialectique ironique. Ses tables Fleurs sont plateaux et serre-livres, son bouquet de fleurs est aussi piètement de vase, ses commodes sont travaillées sur les quatre faces, son Pot de fleurs devient fauteuil, son Mouton une commode, le miroir Dorian un puzzle, son Taureau un cabinet...
    Croisant et assimilant les références (Jean-Michel Frank, Jean Royère, André Dubreuil, Giacometti, Dalí, Jean-Pierre Raynaud) avec un vaste bestiaire, les végétaux et la géométrie, Hubert Le Gall nous surprend, nous émeut et nous fait rire.
    Ce goût pour l'hybridation, sa compréhension des correspondances, font des merveilles dans la mise en valeur des oeuvres d'autres créateurs. Depuis 2000, Hubert Le Gall excelle dans la scénographie d'expositions, notamment pour Canaletto à Venise (musée Maillol, Paris, 2012), Canaletto-Guardi et Van Dyck (musée Jacquemart-André, Paris, 2012 et 2008), Design contre Design (Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 2007), René Lalique. Les Bijoux d'exception (musée du Luxembourg, Paris, 2007), Mélancolie. Génie et folie en Occident (Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 2005).
    Au fil du livre, différents intervenants, galeristes, conservateurs, collectionneurs et amis parlent de leur objet préféré d'Hubert Le Gall.
    Prix, expositions : En 2012, le Salon Maison et Objet a distingué Hubert Le Gall, créateur de l'année. Son oeuvre est entrée dans les collections permanentes de plusieurs institutions : musée des Beaux-Arts de Montréal, Canada ; La Piscine, Roubaix ; Mobilier national, Paris. Des ambassades de France, la mairie de Paris ont acquis de nombreuses créations. Parmi les galeries qui représentent Hubert Le Gall en France et à l'étranger, on peut citer Avant-Scène, Pierre-Alain Challier (Paris) ; Mazel (Bruxelles) ; ADP Décoration (Genève) ; Galleria Magenta 52 (Milan) ; Themes and Variations (Londres) ; Twenty First Gallery (New York) ;
    Dumonteil (Shanghai).

  • Elancée, légère, séduisante au premier coup d'oeil, la chaise Spine, qui orne la couverture de ce livre, est un des objets les plus connus, les plus répertoriés de la création contemporaine.
    On la trouve dans les musées et dans toutes les encyclopédies du design. Elle est chez elle dans les intérieurs fantaisistes et ajoute aux architectures plus sérieuses une note d'humour rafraîchissante. Son auteur, André Dubreuil, après une carrière d'antiquaire et de peintre décorateur, a été l'un des animateurs de la nouvelle création anglaise au milieu des années quatre-vingt avec Mark Brazier Jones et Tom Dixon.
    Revenu depuis en France, où il s'est installé dans le Périgord, il est exposé à la galerie Gladys Mougin à Paris. A la suite de ses premières improvisations où il maniait le fer à béton en prestidigitateur, Dubreuil s'est confronté aux formes de la tradition pour leur donner une nouvelle vie. Le retour à la citation, au style, à l'ornement, au " métier " s'est effectué sans état d'âme : pour lui c'est l'invention qui compte avant tout.
    S'il a commencé en ferrailleur, l'histoire des styles ne l'a jamais rattrapé, car il ne sait jamais vers quoi, demain, son métier le mènera. C'est de cela qu'il s'agit : un métier qui fait surgie des formes au hasard des découvertes et des expérimentations. Ce livre raconte la trajectoire d'André Dubreuil et révèle la totalité de son oeuvre, de 1985 à aujourd'hui : près de 400 meubles-objets énigmatiques, chaises, commodes, miroirs, cabinets, pendules, lanternes..., dans lesquels le rêve, l'invention, le mystère l'emportent, et de loin, sur la fonction.

  • Schiele « peintre maudit » ? Victime de la société de son temps, jeté en prison, auteur d'une oeuvre à forte dimension érotique, tout est là pour que naisse la légende... Mais Jean-Louis Gaillemin a préféré chercher ailleurs la vérité de l'artiste : pour Schiele, il s'agit de reconquérir la forme, de recomposer le monde contre les forces de la mort. Enfant terrible dans la Vienne des années 1910, très vite affranchi de la stylisation décorative des artistes de la Sécession tels que Klimt ou Moser, Egon Schiele trouve d'abord en lui le modèle le plus docile pour décomposer le corps à sa guise. Puis il entraîne ses autres modèles dans une exploration systématique du corps qui passe par celle du sexe. Masturbations, couples de jeunes femmes ou de très jeunes filles, les représentations se multiplient... D'abord schématique et violent, l'art de Schiele acquiert vers 1916 une qualité plastique et graphique qui permet aux corps et à la nature de se reconstruire. Alors qu'il affirme son « retour à l'ordre » avec de grands tableaux à ambition sociale, la mort l'emporte à 28 ans - touche ultime du destin d'un « éternel enfant », forcé de tout dire en l'espace de dix ans.

  • En créant en 1912 «Primavera», les grands magasins du Printemps décident de favoriser la création de meubles et d'objets pour la maison et de donner un statut artistique aux «arts décoratifs».

    Dans son texte de présentation, Jean-Louis Gaillemin, historien d'art, montre que Primavera s'inscrit dans l'histoire du design du XXe siècle. Commandées à des manufactures et des ateliers de toutes nos provinces, les céramiques de l'atelier d'art Primavera offrent un panorama complet des techniques traditionnelles et des tendances artistiques du XXe siècle.

    Sélectionnées et analysées par Augustin David, historien d'art spécialiste de la céramique, parmi les 650 pièces de la collection de céramiques Primavera du Printemps, les 120 pièces de l'exposition «Céramiques de l'atelier d'art Primavera» sont présentées par catégories thématiques. Chaque pièce est décrite en vue de préciser l'esthétique de Primavera et de la situer dans les courants stylistiques du temps. Cohérence où dialoguent quelques noms essentiels : Marcelle Thiénot, Claude Lévy, Paule Petitjean, Madeleine Sougez, ou encore Jean Besnard, René Buthaud et Colette Gueden.

  • Jean Royère (1902-1981) manifeste très jeune son goût pour la décoration. À l'âge de trente ans, après une brève carrière dans la finance, il fait de brillants débuts de décorateur. Se pliant pendant les premières années aux contraintes du fonctionnalisme, il se montre parfaitement apte à réaliser du mobilier de série.

    Le boudoir qu'il présente au Salon des artistes décorateurs de 1939 marque de manière provocante le retour de l'ornement. Des premiers motifs, comme la sinusoïde, aux formes biomorphiques, Royère développe avec virtuosité toutes les combinaisons d'un répertoire ornemental très personnel. Attentif à la création contemporaine, il découvre dès la fin des années 1930 chez les Scandinaves et les Italiens des formes nouvelles dont il saisit l'importance et qui seront déterminantes pour l'évolution de son travail.

    Ce livre analyse l'oeuvre considérable d'un homme qui, entre 1931 et 1972, a réalisé plus de mille projets à travers le monde - de l'aménagement de la cité ouvrière d'Aplemont, dans le nord de la France, à la décoration du palais du shah d'Iran, créant avec légèreté et humour un style en rupture totale avec le passé. Ce style, qui évoque si justement le désir de liberté et d'insouciance d'une époque, correspond à certaines aspirations très actuelles et garde aujourd'hui toute sa séduction.

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