Jean Daniel

  • Les miens

    Jean Daniel

    « Le besoin d'évoquer certains des êtres qui ont illuminé mon parcours me tenaille depuis que j'ai découvert qu'ils occupaient mes nuits. Je m'appuie volontiers sur eux pour conjurer la hantise devant le grand vide qui me rendra orphelin de toute protection. On connaît le merveilleux mot de Picasso à Matisse : "Le jour où l'un de nous disparaîtra, l'autre ne saura plus à qui parler de certaines choses." J'ai trouvé le moyen, en évoquant un certain nombre de ceux qui ont compté pour moi, de continuer à leur parler. Et c'est là que réside l'ambition de mon titre : qu'ils soient célèbres ou non, qu'ils soient des adversaires attentifs plutôt que des amis, ils ont tous contribué à faire de moi ce que je suis et je les ai tous adoptés comme miens. »

  • Le siècle de Lévi-Strauss

    Jean Daniel

    • Cnrs
    • 16 Octobre 2008

    Pourquoi Lévi-Strauss ? Respecté, idolâtré et déjà statufié dans toute les institutions culturelles de la République, que prête-t-on à ce penseur aujourd’hui centenaire ? De l’étude sur le terrain des moeurs des sociétés primitives à la définition du structuralisme, de Tristes tropiques à La pensée sauvage, cet ouvrage fait le point sur l’héritage de ce maître tout à la fois dépassé et irremplaçable. Les plus grands spécialistes de la question y montrent comment Lévi-Strauss, mieux que les autres, a conceptualisé l’altérité, la différence, la comparaison, l’accouchement du moi par l’autre.
    Dans une seconde partie, anthropologues et ethnologues lui rendent hommage avec 11 études sur le terrain pour comprendre les derniers peuples sans écritures.

  • L'ami anglais

    Jean Daniel

    J'ai écrit ce livre pour le seul plaisir de raconter des histoires.
    Pas n'importe lesquelles, il est vrai. J'ai eu, j'ai éprouvé le besoin de parler de la peur et de l'amour, de la guerre et de l'amour, de la mort et de l'amour. Ces histoires m'accompagnent depuis longtemps. En esprit, je fréquente leurs personnages depuis toujours. Une fois ces histoires écrites, je me suis aperçu qu'il y avait là un roman et deux nouvelles. Mais les trois textes m'on paru inséparables.
    Les personnages du roman s'expliquent en effet, et aussi, par les aventures qui sont la trame des deux nouvelles. Ces personnages sont de très jeunes gens, que les guerres du siècle font rentrer dans la vie. Ce sont surtout des jeunes gens, pour qui aimer - et être aimés - demeurait la grande affaire de la vie. Ils avaient 20 ans. Ils ne le savaient pas.

  • Comment expliquer la stupéfiante pérennité d'une oeuvre, celle d'Albert Camus, que personne, pendant longtemps, ne songeait à placer parmi les plus grandes.
    En journaliste qui n'a cessé de réfléchir sur la philosophie de son métier, Jean Daniel, grâce au souvenir de ses rapports avec l'auteur de L'homme révolté et après une relecture de l'oeuvre entière à la lumière des urgences contemporaines, propose de découvrir chez Camus une vérité éthique du journalisme devenue indispensable pour échapper au règne de l'air du temps.

  • Miroirs d'une vie

    Jean Daniel

    L'ouvrage L'actualité du monde arabe ne pouvait pas laisser insensible l'écrivain et journaliste français, Jean Daniel, qui raconte dans ces pages son enfance algérienne - soucieux de définir quelles sont ses racines, ses origines - et retrace pour nous les débuts de son itinéraire professionnel. Comment le fondateur du Nouvel Observateur voit-il le monde arabe ? Celui d'hier, de Bourguiba, Ben Bella, Hassan II, Nasser. Celui d'aujourd'hui, qui s'engage résolument sur les chemins de la liberté.
    À travers des interviews, des textes personnels, ou encore le regard de personnalités qui le connaissent bien (tel le poète Salah Stétié ou l'historien Mohammed Arkoun), le lecteur découvrira un autoportrait saisissant, où Jean Daniel défend ses engagements politiques, sa vision du monde arabe et ses goûts en matière d'art, car dans sa personnalité, toutes ces facettes sont indissociables : « Résister à tout ce qui est contraire à la Beauté, la seule valeur à mes yeux qui contient toutes les autres, c'est à dire, finalement, la Vie. » L'auteur Journaliste et écrivain, Jean Daniel est né en 1920 à Blida (Algérie). Il entame des études de philosophie à la faculté d'Alger, puis s'engage dans la Résistance avant de participer à la campagne de France. Il reprend ensuite ses études à la Sorbonne et rencontre Albert Camus en 1947, dont il partage les prises de position. Fondateur du Nouvel Observateur, il a marqué de son empreinte la seconde moitié du XXe siècle. De lui, les Éditions Gallimard ont, entre autres, récemment publié Avec Camus. Comment résister à l'air du temps (Hors série Connaissance, 2006), Cet étranger qui me ressemble. Entretiens avec Martine de Rabaudy (Folio n° 4359), Les miens (Folio n° 5100).

  • Rares sont les hommes publics qui, à rebours du temps passé, refont le rude chemin de leurs choix et de leurs partis. Rares ceux qui osent, comme Jean Daniel tamiser au van de la mémoire le sable très ancien où ils ne cessent, à leur insu, d'aller se ressourcer. L'enfance est le secret des chefs, enfouie à jamais dans le soliloque inaugural qui meublait leurs premières rêveries, mais ne revient ensuite, sur les oeuvres de l'âge m-r, que comme leur frange d'écume et presque leur part maudite... Jean Daniel, justement, rompt ce silence obstiné et se risque, pour sa part, aux vertiges du souvenir. Ce monologue enfantin, celui qui poursuit chaque homme jusqu'aux heures les plus noires, mais qui toujours semble en trop, en trop de la vie réelle, il tente d'en nouer les fils et d'y inscrire le dessein d'un récit. Reconstituant ses bribes, ses images fugaces et décousues, il en fait, en une véritable insurrection de l'âme, la méthode inattendue d'une généalogie politique.

    Livre de nostalgie ? Roman d'apprentissage ? Certes, il y a de cela dans le portrait du petit blidéen qui, perdu dans ses songes, ignore tout du destin qui, un jour, sera le sien. Certes, il arrive à l'adulte de revoir les couleurs de son ciel, les parfums de sa terre, la marque du lignage qui l'ancre à l'Algérie natale. Mais l'essentiel n'est pas là : car il s'agit, plus profondément de retrouver, aux sources vives, les raisons d'une vie, d'un engagement et d'un combat... Issu d'une famille qui savait le sens de la justice, de la dignité et de la grandeur, il y apprit la leçon, qu'il n'oubliera jamais, du socialisme authentique. La passion de la vérité, l'éthique de la lucidité, il en eut, très tôt encore, de vivants et nobles modèles qui ne le quitteront plus tout le temps qu'il se battra et témoignera contre le mensonge. Et on se demande même en le lisant si, d'être né là, en cette Algérie qui est comme la bordure de l'Europe, n'a pas contribué à faire de lui le veilleur attentif, la sentinelle hiératique qui, aux portes du désert d'Occident, ne se lasse pas, nous le savons, de contenir et dénoncer les désordres du monde. Déclinant la lettre de son nom, le chiffre de son âge, la place de sa naissance, c'est de ce lieu donc qu'aujourd'hui Jean Daniel a choisi de parler. Il y a fallu sans doute le plus extrême orgueil, celui d'un homme qui a accompli le douloureux travail par quoi il peut enfin se dire fils et héritier, et assumer, de ce fait, sa part d'humanité. Mais il y a fallu, tout autant, une suprême modestie, celle du témoin exemplaire qui, parce qu'il est parvenu à l'heure d'épeler sa propre identité, prend place dans le cortège d'ombres qui, un jour, après lui, oseront épeler la leur. Dire son nom c'est, en un sens, retourner à l'anonymat. Se raconter c'est appeler ceux qui écoutent à se raconter à leur tour. Et c'est pourquoi ce récit qui mêle et nuance constamment la volupté du tour et la rigueur du ton, est un modèle de morale politique.

    Faut-il l'ajouter ? On le savait depuis " Le temps qui reste " : Jean Daniel une fois de plus révèle avec éclat qu'il est aussi un écrivain véritable. Il appartient à cette tradition dont on est tenté de dire que le soleil s'est déposé sur leur langue et l'a minéralisée. La lumière blanche qui faisait que Camus, à vingt ans, pouvait passer pour un romancier du 18e, c'est elle qui baigne, d'un bord à l'autre, les pages du Refuge et la source. Comme si leur écriture tenait son étonnante sobriété d'un effacement de ses arrêtes, comme on dit des galets dont le soleil de midi efface les couleurs et les contours. Comme si cette érosion que confère aux plus grands une vie de livres et de labeur, elle lui était donnée d'emblée, en véritable don du ciel. Jean Daniel a beau incarner une des dernières figures de l'héroïsme romantique : il ne pouvait pas ne pas être un écrivain classique.

  • Si de nombreux universitaires et politologues ont souhaité la réunion en un seul volume des articles et des interventions de Jean Daniel sur le populisme xénophobe dans sa forme lepéniste, c'est parce que l'un des premiers il eut l'intuition anticipatrice de ce qui se déroule aujourd'hui en France et dans tous les pays européens.
    A savoir l'émergence d'un phénomène de rejet irréductible au racisme exterminateur des nazis, ou à l'hostilité traditionnelle de l'extrême droite française aux étrangers. Il s'agit d'une réaction instinctive à ce qui apparaît comme une menace pour l'identité nationale. En fidèle disciple de Lévi-Strauss, Jean Daniel estime que toute irruption massive et homogène d'une population dans une société provoque des allergies d'auto-défense et des crispations de protection.
    Le lepénisme est dangereux, non pas tant parce qu'il exprime une barbarie ancienne, que parce qu'il exploite et exaspère les craintes d'une population qui se croit agressée.
    Jean Daniel avec une obstination inlassable demande que l'on ne se trompe pas dans le choix des armes pour combattre cette forme d'extrémisme qu'il faut d'abord comprendre. Il démontre qu'il faut tenir compte du fleuve des allergies normales pour en détourner le courant.
    Si nos sociétés sont condamnées au multiculturalisme, elles doivent se préparer à le rendre conciliable avec l'attachement à une identité française qu'il convient de re-définir et ré-enraciner avec force.

  • Demain la nation

    Jean Daniel

    • Seuil
    • 3 Mai 2012

    Réquisitoire contre une mondialisation aveugle, cet essai s'attache à réconcilier le terme de nation, et par extension celui de nationalisme, avec des valeurs de gauche telle que l'humanisme et l'ouverture aux autres. Défendre cette nation comme identité culturelle, n'est-ce pas le seul moyen de faire face à la mondialisation qui, avec son libéralisme économique dérégulé et ses flux migratoires non contrôlés, érode ce qui fait la grandeur de l'homme (d'abord sa culture, autrement dit son âme), et favorise ses penchants matérialistes dont se nourrit le capitalisme? Défendre cette nation, c'est aussi se défaire du modèle américain, sanctuaire de la consommation la plus effrénée, qui rabaisse la dignité de l'homme et ses valeurs les plus essentielles, en généralisant l'exception culturelle. C'est enfin se protéger d'une immigration massive pour privilégier l'assimilation des étrangers à notre culture, renforcer nos liens avec les nations dont l'histoire est commune à la nôtre, ce qui comprend le monde méditerranéen dans son ensemble, mais une fois libéré de l'archaïsme islamique, des sociétés patriarcales dont les coutumes sont contraires à l'humanisme européen, aux droits de l'hommes, autant de notions qui, l'auteur en a la conviction, sont universelles.

  • Jacques Maritain (1882-1973) fut sans doute le plus grand philosophe chrétien du XXe siècle.
    Né à Paris dans le milieu de la gauche libérale, il découvrit la foi chrétienne avec sa jeune compagne Raïssa (1883-1960), juive issue de l'émigration russe. On peut dire qu'il arma intellectuellement le monde chrétien face aux défis de la modernité, promouvant un humanisme démocratique plus actuel que jamais. Homme et femme de prière, Jacques et Raïssa témoignèrent pour une Église servante et pauvre qui puisse trouver, dans la contemplation de Jésus sur tous les chemins du monde et de la vie, un chemin d'Évangile pour aujourd'hui.

  • Jean Daniel a, souvent, raconté sa vie, son expérience de journaliste, son aventure personnelle si étroitement mêlée à celle du dernier demi-siècle. S'il éprouve cependant le besoin de revenir, par le biais d'une " contre expertise " sur certaines figures ou certains épisodes de sa vie, c'est avec le souci de la retouche, de la précision, voire du repentir. Jamais, il n'osa être - privilège de l'âge - si libre, si serein, si cruel, dans ses jugements. D'où la saveur de cet ouvrage composé de treize chapitres dont nous reproduisons, ici, quelques extraits qui en résument l'esprit.

    A propos de Jean-Jacques Servan-Schreiber
    " J'ai aujourd'hui pour lui tendresse et gratitude. Je trouve bouleversant que son fulgurant destin ait été précocement pétrifié par la maladie et que celui qui n'acceptait pas que Françoise Giroud ait pu rater son suicide, ait été contraint de se survivre ".

    A propos de Françoise Giroud
    " Son sourire m'a frappé et je ne m'expliquais pas, chose rarissime, qu'il ne traduise ni joie, ni bienveillance. Je me suis dit que je pourrais tout faire avec elle, sauf d'aller me baigner, rêver, danser et parler de n'importe quoi. Sauf en fait, malgré sa beauté, faire l'amour.

    A propos de Clavel
    " Quand Clavel se levait au beau milieu d'une conférence en disant : " Excusez-moi, je vais à la messe ", personne n'aurait eu l'idée de se moquer ".

    A propos de Sartre et Camus
    " Si Camus n'était pas mort ? Pour le premier numéro de l'Observateur, j'aurais fait appel à lui et non à Sartre. Et je me serais employé à les réconcilier. En vain, à cause de leurs entourages. Deux chevaliers se traitent toujours avec respect mais les entourages déchaînés, le couteau entre les dents, s'opposent toujours à la paix. Là, je refais l'histoire, entreprise risquée et incertaine..."

    L'expérience du pouvoir:
    " A l'époque, sans en avoir conscience, j'affiche pourtant un tempérament monarchiste : je ne crois pas au bienfait des décisions collectives. "

    " Je m'accuse d'avoir caché des vérités qui perturbaient la cause que je servais. Dissimuler une vérité pour épargner la vie d'une personne est une preuve de responsabilité et de compassion, la dissimuler pour sauvegarder un événement, pour ne pas nuire à l'idéal que l'on défend est une duplicité. "

    " Pour nous tous la tentation du pouvoir politique a existé. Je l'ai éprouvée. Françoise Giroud l'a concrétisée et je l'ai comprise. "

    " J'aurais abandonné mon métier de journaliste pour le ministère des Affaires étrangères. Pour ce poste, j'aurais tout quitté. Mais il n'a jamais été question de me le proposer. "

    " Abandonner son rôle à un autre, même si vous choisissez votre successeur, même si vous l'estimez, marque la fin de votre empreinte et provoque en vous une sensation de dépossession. Un successeur paraît toujours ingrat et infidèle. "

    " Claude Perdriel aime tout partager, vraiment tout et il ne cesse de le prouver. Sauf le pouvoir. Pour le conserver, il pourrait se ruiner, détruire une amitié et pourtant il est d'un sentimentalisme débordant. Cette attitude a malmené souvent notre amitié. Nous avons eu de très violents conflits. "

    A propos de " l'édito "
    " A relire mes éditos, je me trouvent souvent gris et péremptoire. "
    " Le débat entre l'universalité des valeurs et le respect des différences m'obsède. Je l'exprime, conscient d'être jugé réactionnaire, digne d'un homme de droite, ce qui signifie indigne d'un homme de gauche. J'assume l'isolement, la fracture avec certains de mes amis politiques. Mon désenchantement est tout sauf un détachement. "
    " Le jeu vaut-il de perdre un ami pour une conviction politique, pour un engagement ? Cette question m'a toujours tourmenté. Je l'ai rarement tranchée sauf devant l'évidence absolue. "

    L'homme de gauche
    " Quand on regarde ce que les colonisés font aujourd'hui de leurs pays reconquis, l'état de victimisation dans lequel ils vont se complaire comme alibi à leur incompétence et à leur paresse. Quand on découvre que le totalitarisme a triomphé de leur gloire militaire, il y a de quoi désespérer d'une grande cause. "

    A propos de l'amour:
    " Je n'ai jamais attaché d'importance à la dimension morale de la fidélité en amour. Toute fidélité qui serait le résultat d'une contrainte me paraît hypocrite. En fait, l'exigence de fidélité est réservée aux liens d'amitié. "
    " De Michèle, mon épouse, j'ai envie de dire deux choses : elle est la seule femme avec laquelle j'ai eu envie de me marier, la seule femme avec laquelle j'ai voulu avoir un enfant. "
    " La question n'est pas de savoir entre deux être aussi différents que Michèle et moi, pourquoi sont-ils restés ensemble mais pourquoi ne se sont-ils jamais séparés ? "

    A propos du narcissisme:
    " Le narcissisme est un sujet qui m'intéresse puisque je traîne cette casserole depuis longtemps, j'ai cherché à savoir d'où cette réputation m'est venue. "
    " Un ensemble de présomptions conduisent mes détracteurs à confondre une certaine réussite dans mon métier avec le contentement de cette réussite qui est le narcissisme : " Qui est-il celui-là ? Pour qui se prend-il ? Il n'a ni les titres d'un Raymond Aron, ni la légende d'un Mauriac. "
    " On est toujours prêt à trouver que les autres se prennent pour le nombril du monde, jusqu'au jour où vous êtes le nombril blessé. "
    " J'ai été attiré par des êtres beaux comme Jean Bonneterre, Jules Roy, Norbert Bensaïd, Kateb Yacine. La beauté que je me serais souhaité s'approcherait de celle de Faulkner, de Beckett, d'Elio Vittorini. "

  • «Lorsqu'on voit défiler sa vie, on se dit, devant certaines scènes : comment ai-je pu ? Et devant d'autres : qui est cet homme ?...» Face à Martine de Rabaudy, Jean Daniel prend une distance nouvelle à l'égard de ce qu'il a vécu de plus intime. Un écrivain regarde vivre un journaliste. Il aperçoit sans indulgence, au coeur de cette histoire, un étranger sûr de lui dans l'action et sceptique dans les idées, péremptoire et désenchanté, esthète et engagé, laïc et mystique, gidien, camusien, mendésiste, fidèle à une certaine idée de la gauche et qui tente de survivre à la mort des utopies et aux échecs de la décolonisation.
    Cet étranger qui me ressemble revisite ainsi l'aventure d'un journaliste-écrivain et, à travers lui, celle de l'hebdomadaire qu'il a fondé en 1964, Le Nouvel Observateur, aux prises avec son siècle.

  • "Un quart de siècle après l'événement, à la demande de ses amis des Editions du Seuil, Jean Daniel nous tend ce miroir où s'inscrit le grand dialogue entre de Gaulle et l'Algérie. On permettra peut-être à un biographe du Général, qui vient d'étudier ce dossier avec le recul du temps et l'apport d'une riche historiographie, de saluer ici un exemple peu banal de lucidité immédiate. D'innombrables documents ont été publiés depuis lors. Beaucoup d'acteurs ont témoigné. Et plusieurs très bons livres ont paru sur la question. Nous en savons davantage. Mais, vingt-cinq ans plus tard, le tableau du journaliste garde sa fraîcheur et son éclat. Avec la force irrésistible de la perception immédiate, de ce qui a été vu, senti, souffert." Jean Lacouture Passionnément lié, comme Camus qui fut son ami, à l'Algérie, interlocuteur privilégié à Paris, Tunis et Alger des protagonistes du drame, Jean Daniel en fut l'un des témoins les plus exigeants et les mieux informés. C'était alors dans l' Express de Françoise Giroud, Pierre Viansson-Ponté, Jean-Jacques Servan-Schreiber, celui du "Bloc-notes" de François Mauriac, proche de Camus et de Pierre Mendès France, que l'on pouvait lire chaque semaine ses reportages. Précédé d'une réflexion personnelle qu'autorise aujourd'hui le recul du temps, le choix de textes qu'on trouvera ici reconstitue avec éclat ce que Jean Daniel appelle l'"impétueux corps à corps du Général avec l'Algérie".

  • L'erreur

    Jean Daniel

    Le héros de L'erreur est un jeune homme, né pauvre, dépendant d'un patron méprisable, et n'ayant encore accédé, malgré ses dons, qu'à un métier médiocre.
    Or il vit comme un être comblé. Dans des situations - il en est- qui isolent les hommes de leur classe sociale, il se découvre privilégié. Le soleil brille pour lui. La guerre, qui ne distingue pas entre puissants et misérables, le révèle. Et les femmes prolongent un triomphe que sa famille avait tissé avec tendresse et patience autour de lui. Il prend sans doute parti, et résolument, pour les offensés : à l'époque, les Arabes, les Républicains espagnols, les victimes du nazisme.
    Mais, au moins autant que l'injustice dans la répartition de la souffrance et de la fortune, ce qui l'inquiète, le trouble, le perturbe, c'est l'injustice de la laideur. Pourquoi certains êtres ont-ils grâce, au sens à la fois esthétique et religieux de ce mot ? Pourquoi les dieux on-ils fait des femmes laides ? Questions qui s'insèrent mal dans l'univers politique qui prétend trop souvent tout contenir - et tout résoudre.

  • La prison juive

    Jean Daniel

    Et si les Juifs croyaient à leurs mythes autant qu'à leur histoire ? Et s'ils découvraient qu'en Israël, comme en diaspora, le politique relevait du théologique ? Et s'ils s'avisaient que Dieu ne réclame d'eux que d'être des " prêtres et des témoins " et qu'ils s'en sentaient incapables ? Comment être à la fois fidèle à l'élection, c'est-à-dire mériter d'être élu, et fidèle à l'Alliance, c'est-à-dire faire d'Israël une nation phare pour un peuple exemplaire ? Voici une méditation sur les contradictions existentielles et spirituelles de l'homme juif, un essai sur la condition juive.

  • Mitterrand l'insaisissable

    Jean Daniel

    • Seuil
    • 15 Septembre 2016

    Lorsque Jean Daniel se rapproche de François Mitterrand, celui-ci, alors député de la troisième circonscription de la Nièvre, mais déjà plusieurs fois ministre de la IVe République, parvient à mettre l'intouchable général de Gaulle en ballottage à l'élection présidentielle de 1965.

    C'est le début d'un long compagnonnage, d'abord intellectuel et politique, mais aussi littéraire et philosophique. Ce livre en est le témoignage vibrant, parfois militant, parfois plus distant. Car dès leur rencontre se noue une relation complexe, faite d'amitié, de complicité forte, mais aussi de silences.

    Étalés sur plus de trente ans, les textes ici rassemblés dressent le portrait d'un homme riche en contrastes, séduisant et séducteur, au destin fascinant et romanesque. La lente conquête du pouvoir, les grandeurs et les servitudes de son exercice, les dates marquantes et les mouvements de fond de cet âge d'or mitterrandien, ses secrets et ses scandales, rien n'échappe à la plume acérée de Jean Daniel qui a su concilier son intransigeante objectivité de journaliste et son empathie d'homme.

  • En apparence, Nathan Reed est un milliardaire, génie en informatique aussi charismatique et séduisant que redoutable en affaires. En apparence, Beth Miller est une mère célibataire discrète et sans histoires. En apparence, ils ne font pas partie du même monde et n'ont aucune raison de se rencontrer. Seulement, ces apparences ne représentent qu'une infime part de la vérité: Beth et Nathan ont plus de points communs qu'il ne semble... Et un lien. Neal O'Hagan était le frère de coeur et le meilleur ami de Nathan depuis son enfance; il était aussi le mari de Beth. "Etait", car Neal est mort, assassiné par sa femme. Du moins, c'est ce que Nathan croit, contrairement à ce qu'affirme le rapport de police: un règlement de compte orchestré par la mafia qui employait son ami? Non, Nathan en est sûr: ce portrait ne correspond en rien à son ami défunt. La meurtrière , c'est elle, et il est bien décidé à venger son "frère". Après des années d'enquête, Beth est retrouvée à Toronto, la ville où il est venu s'établir dix ans plus tôt. Nathan va enfin pouvoir mettre son plan à exécution et la détruire. "Soyez proche de vos amis, et encore plus de vos ennemis". Cependant, sa rencontre avec Beth Miller n'a pas fini de le surprendre, et contrairement à ce qu'il pensait, la partie est loin d'être gagnée.

  • Contre toi t.2

    Jean Daniels

    En apparence, la vérité a éclaté. En apparence, les masques sont tombés. Vraiment? Qui a raison ? Qui a tort? Dans la confusion des sentiments, les menteurs dansent avec les innocents, alors que le danger se resserre autour de Nathan et Elisabeth.

  • Il a décidé de l'aimer. Elle n'a qu'une envie: le haïr.
    Mais la vie ne nous apporte pas toujours ce que l'on veut.
    Et plus que jamais, le danger rôde.

    Découvrez le volet final des aventures d'Elisabeth et Nathan.

  • Tombée t.1

    Jean Daniels

    En partant en vacances à New-York pour une dizaine de jours en compagnie de ses trois meilleures amies, Julie ne s'attendait pas à ce que ces dernières cherchent à la caser. Intimidée et manquant de confiance en elle, la jeune femme n'a jamais su approcher les hommes et n'a jamais eu de relation. Elle s'était même faite à l'idée de rester seule, son coeur intact... Du moins, jusqu'à ce qu'elle rencontre Jake. Selon elle, il est trop beau pour elle et il ne pourra rien se passer entre eux. Pourtant, chaque instant passé avec lui la berce d'espoirs, presque réduits à néant chaque fois qu'elle l'interroge sur sa vie privée. Alors, qu'importe les barrières: si cette histoire doit seulement durer le temps de ses vacances, pour la première fois, Julie se donnera cette chance d'aimer.

  • Tombée t.4

    Jean Daniels

    A la suite de son accident, Julie se réveille à l'hôpital... et ne se souvient plus de rien, ni personne, y compris Jackson. Commence alors la reconstruction de sa vie devenue un vrai puzzle.
    Heureusement pour elle, Jax reste à ses côtés. Mais malgré l'attirance indéniable qu'elle éprouve pour lui, la jeune femme s'interroge : est-il vraiment "le bon"?
    Et lorsque, par hasard, Jordan réapparaît dans sa vie, ses doutes l'assaillent de plus belle.
    Jackson et elle n'ont pas fini de voir les embûches s'accumuler, mettant encore leur amour à l'épreuve.

  • Pourquoi les droites ? Parce que la droite, ça n'existe pas. En France comme ailleurs, plus qu'ailleurs, elle a toujours été composite. Plurielle. Il y a une droite qui exècre l'argent et une droite qui le vénère, une droite cléricale et une droite laïque, une droite étatiste et une droite libérale, une droite souverainiste et une droite européiste.

    Il faut donc revenir à leur matrice commune : à l'histoire. De la Révolution de 1789, année zéro des temps politiques modernes, jusqu'à l'avènement du sarkozysme, en passant par l'Empire, la Commune, la proclamation de la République, l'Affaire Dreyfus, l'Occupation, la guerre d'Algérie, les meilleurs historiens renouent ici les fils de cette famille à la généalogie tourmentée. Un retour en arrière qui éclaire le présent.

    C. W.

  • Machiavel n'était pas machiavélique, tout est là. Au moins, pas au sens où on l'entend ordinairement. L'originalité de son message réside moins dans la justification des moyens par les fins (les tyrans n'ont que faire de telles absolutions) que dans son effort pour penser la politique comme art du bien gouverner. Capacité à tirer parti des circonstances. Aptitude à maîtriser le jeu des passions. Recherche du point où le mouvement naît du conflit, et l'ordre de l'équilibre des intérêts. Loin des simplifications réductrices, cet ouvrage. réalisé avec la participation des meilleurs spécialistes, se propose de revisiter l'oeuvre du plus audacieux et du plus moderne de nos penseurs politiques.

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