Isabelle Rosé

  • Rose-Marie François a commencé à voyager très tôt : dans les hordes de réfugiés fuyant l'invasion nazie (Lès Chènes. La Cendre. édit. micRomania, Charleroi 2013, Prix triennal LRE de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2016). Depuis lors, elle ne cesse de partir à l'aventure. Course lente avant l'aurore (édit. MaelstrÖm, Bruxelles 2015) nous emmenait en Chine, au Kurdistan, sur les pourtours de la Méditerranée, à travers une Europe insolite.
    Une Afrique en fragments évoque ici le monde subsaharien, ses paysages et son histoire, de merveilleuses rencontres. Les couleurs d'Isabelle Vaessen, autre lointaine voyageuse et peintre aux multiples facettes, chantent avec la poésie des textes.

  • La fondation de Cluny, le 11 septembre 910, par le duc Guillaume le Pieux et son épouse Engelberge, puis l'important rayonnement de ses abbés ouvrent un nouveau chapitre de l'histoire de l'Église et de la société en Occident. Les moines bénédictins étaient alors investis d'une véritable fonction sociale et toute étude du monachisme à l'époque féodale conduit à s'interroger de manière large sur l'organisation de la société et des pouvoirs, comme sur les productions matérielles et culturelles. En 2010, le XIe centenaire de la fondation de l'abbaye fut l'occasion d'explorer ces différentes dimensions, dans le cadre de plusieurs colloques, en redonnant toute sa place à l'institution ecclésiale dans la structuration de la société, au cours d'une ample séquence chronologique, depuis la fin de l'Empire carolingien jusqu'à la grande réforme de l'Église des XIe-XIIe siècles. L'ouvrage se déploie en trois volets. Une première partie est consacrée au monachisme comme facteur de transformations de l'Église sur son versant institutionnel, comme dans ses productions culturelles. La deuxième partie s'intéresse au rôle des moines dans l'émergence du monde féodal, aux dispositifs idéologiques et sociaux mis en forme par une institution monastique qui était à la fois une église et une seigneurie, à travers un tour d'horizon qui prend en considération les réalités régionales, de la Bourgogne jusqu'au Sud et à l'Ouest de l'ancienne Gaule. La troisième et dernière partie rend compte de la dimension monumentale que prit l'Église alors que se recomposaient les configurations spatiales et territoriales. Les contributions de ce volume permettent ainsi de rompre avec une histoire clunisienne longtemps aspirée par le seul « grand Cluny » des années 1000-1150 et de dépasser les apories des discussions sur le « tournant de l'an Mil » pour revenir à la chronologie longue du « premier âge féodal » de Marc Bloch.

  • Si l'histoire traditionnelle de l'hérésie au Moyen Âge s'est longtemps confondue avec celle des exclus de la société, l'approche récente se focalise davantage sur les diverses autorités qui, au coeur du pouvoir, élaborèrent la norme religieuse : l'hérésie n'existe que parce que l'orthodoxie en a d'abord décidé. Il reste que, loin de se présenter comme une essence immuable, elle s'impose tout au long du Moyen Âge comme un concept et une qualification d'une très grande plasticité. L'extension progressive du domaine de l'hérésie à de nombreuses formes de dissidence finit par lui assurer le statut d'un crime englobant.

    Cette enquête collective repose sur la conviction que c'est encore en se situant aux marges de l'hérésie, au contact d'activités répréhensibles voisines, telles que l'usure, la sorcellerie ou encore la rébellion politique, que l'on peut le mieux saisir les principes et les mécanismes de la fabrique de l'hérésie.

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