Georges Malbrunot

  • Un nouvel Irak est-il en train de voir le jour ? Ce qui est sûr, c'est que les Américains ont transformé ce pays pour l'histoire et qu'il est malheureusement devenu un pays sans État. De la confessionnalisation du pouvoir au spectre de la guerre civile, de l'« irakisation » de la guérilla afghane aux motivations financières des prises d'otage, de l'influence iranienne à Bagdad au rôle des tribus dans le maintien de la sécurité à travers le pays, en passant par les dérives de la privat isation de la sécurité, beaucoup d'articles ici présentés annonçaient ce qui se passe aujourd'hui dans l'ancienne Mésopotamie.
    Georges MALBRUNOT parcourt l'Irak depuis bientôt quinze ans. Après la chute de la dictature, il fit partie de la poignée de journalistes occidentaux à suivre au jour le jour depuis Bagdad l'évolution de la situation, jusqu'à sa capture en août 2004 par un groupe de la guérilla, l'Armée islamique en Irak, avec son confrère, Christian Chesnot.
    Auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, sa connaissance de l'Irak contemporain permet d'éclairer certains aspects d'une guerre d'usure, dont l'issue reste incertaine.

  • La seconde Intifada est désormais une guerre dont personne ne sait comment elle finira. Kamikazes islamistes contre chars de Tsahal, avec une Autorité palestinienne en miettes, les deux camps s'engouffrent dans l'escalade de la violence extrême. Ils échangent coups pour coups devant une opinion internationale divisée et dépassée.
    Dans le chaos qui s'installe, on finit par oublier les racines de l'affrontement, la guerre secrète, et déjà acharnée, qui l'a précédé. Observateur impartial, sur le terrain depuis 1994, Georges Malbrunot a rencontré certains des principaux acteurs du conflit. Il apporte ainsi, dans cette première enquête sur l'organisation de la révolte, des informations inédites.
    Un kamikaze rescapé lui explique comment on prépare un attentat. Il remonte les filières clandestines des trafiquants d'armes - certains sont israéliens, d'autres proches du Hezbollah - qui fournissent les Palestiniens. Il visite un entrepôt où ont été stockés des missiles Kassam 2 lancés par les intégristes ; il décrit les méthodes impitoyables du Shin Bet pour recruter des mouchards ; il fait le portrait d'un homme de l'ombre, un Kurde, le «banquier» d'Arafat.
    Derrière les images de villes détruites et de cadavres, il dévoile des complicités entre corrompus, des ententes et des occasions manquées. Il montre l'envers d'un gâchis qui, tandis que la paix agonise, n'a cessé de se nourrir de lui-même.

  • Les « Qatar papers » révèlent la cartographie du prosélytisme en France et en Europe mené par Qatar Charity, la plus puissante ONG de l'émirat. Ces documents confidentiels, divulgués pour la première fois, détaillent la plupart des 140 projets de financement de mosquées, écoles et centres islamiques, au profit d'associations liées à la mouvance des Frères musulmans. Ils dévoilent le salaire payé à Tariq Ramadan, figure de l'islam politique que Doha sponsorise hors de ses frontières.
    Au terme d'une enquête dans six pays européens et une douzaine de villes de l'Hexagone, les auteurs exposent la dissimulation, parfois le double langage, des associations islamiques sur leur financement étranger, ainsi que la politique de l'autruche suivie par de nombreux maires, par électoralisme ou ignorance. Ils pointent l'absurdité de la situation : avec le seul argent des fidèles comme subside, comment les mosquées en France pourraient-elles se priver des aides venues de l'étranger ?
    Un voyage dans les coulisses d'une ONG richissime et opaque liée au sommet de l'État qatarien, comme le révèle son financement par plusieurs membres de la famille régnante, les al-Thani.
    Une contribution essentielle au débat sur les ramifications étrangères de l'islam de France au moment où Emmanuel Macron cherche à le structurer.

  • Alors que le débat est lancé sur nos alliances avec ces monarchies, ce livre-enquête s'attache à répondre aux questions que se posent les Français.

    Ces pays financent-ils le terrorisme ? Le Qatar et le Koweït laissent encore des ONG ou des individus financer des groupes djihadistes comme Daech et le Front al-Nosra. Le Qatar abrite encore chez lui une demi-douzaine de ces financiers, réclamés par les États-Unis. Les auteurs en ont rencontré quelques-uns... L'Arabie officielle a considérablement renforcé sa surveillance sur ces financiers, mais il en reste, ainsi que des ONG qui utilisent notamment les pèlerinages à La Mecque pour faire passer des valises pleines d'argent aux djihadistes. Ce livre donne des exemples...
    Quels sont leurs liens avec l'islam de France ? Le Qatar est une fois de plus montré du doigt, ayant voulu prendre le contrôle de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), proche des Frères musulmans. L'Arabie laisse encore des imams venir en France distribuer de l'argent aux mosquées salafistes. Des exemples là aussi. L'affaire de la mosquée de Nice est révélatrice.
    Que penser des dirigeants français qui « se couchent » devant les responsables de ces monarchies pour obtenir des contrats ? Cette enquête révèle par exemple comment la France, sous la pression d'un de ces pays, a changé sa politique vis-à-vis de l'Égypte à l'été 2013. Elle montre également comment ces monarchies influent sur notre position en Syrie et au Yémen notamment, quitte à nous faire apparaître comme « alliés » de pays qui soutiennent des islamistes. Exemples concrets. Révélations aussi sur les relations du FN avec ces pays du Golfe.

    Le livre commence par une description de la vie à la cour des princes, l'argent qui coule à flots, les jeunes princesses qui vont faire leurs courses à Beverly Hills. Le témoignage de la nounou d'une de ces princesses de 14 ans est édifiant ! Mais les auteurs montrent également comment ces monarchies fonctionnent. Ils mettent l'accent en particulier sur le problème numéro un en Arabie, où jusqu'à la terminale on enseigne le wahhabisme, c'est-à-dire la version la plus rigoriste de l'islam, celle qui autorise les décapitations, les destructions de musées, etc. La France a d'ailleurs proposé sa coopération pour réformer le contenu des livres scolaires. Il faut savoir aussi que des centaines de jeunes Français sont égarés en Arabie dans les universités islamiques, au point que les autorités françaises envisagent d'ouvrir une école à La Mecque !

    Bref, ce livre se veut une contribution - aussi proche de la réalité que possible - au débat qui sera au centre de la campagne électorale présidentielle. Avec un peu de géopolitique pour comprendre ce que sont ces pays et leurs dirigeants, comment ils gèrent leur société, mais aussi beaucoup d'anecdotes tour à tour inquiétantes, sidérantes ou cocasses qui rendent cette enquête aussi pittoresque que passionnante sur le fond.
     

  • Le livre explore les méandres de quarante ans de relations entre la France et la Syrie. Des relations jonchées de cadavres, jalonnées de périodes de confrontation mais aussi de lunes de miel pendant lesquelles Paris et Damas font des affaires ou s'allient contre les djihadistes. Des relations fondées sur un malentendu entre l'ancienne puissance mandataire et Damas. Si la France a toujours été dans l'émotion, la dictature syrienne, elle, se comporte comme un monstre froid.
    Les Français prennent pourtant régulièrement le chemin de Damas. En 1984, trois ans après l'assassinat de notre ambassadeur au Liban par des agents pro-syriens, François Mitterrand se rend en Syrie. En 2008, Nicolas Sarkozy rompt avec la politique d'ostracisme de Jacques Chirac et replace Bachar el-Assad sur le devant de la scène internationale.
    La France a tracé les frontières de la Syrie moderne et a formé ses élites et pourtant ses dirigeants se sont souvent trompés. Quand Jacques Chirac adoube le jeune Bachar, pensant que ce dernier l'écoutera. Quand le même Jacques Chirac, meurtri par l'assassinat de son ami Rafic Hariri, s'acharne à prévoir la chute prochaine du régime. Quand, enfin, Alain Juppé d'abord puis Laurent Fabius ensuite annoncent que " les jours du régime " sont comptés, après le début de la révolution syrienne. Pourquoi autant d'erreurs alors que notre pays est probablement celui qui connaît le mieux la Syrie ?
    Le Chemin de Damas expose quelques-uns des dossiers noirs de cette relation quasi schizophrène. En 2006, alors que Chirac veut faire " rendre gorge à Bachar el-Assad ", la France lui livre dans le plus grand secret deux hélicoptères Dauphin convoyés en pièces détachées pour ses besoins personnels. Mais aussi un système de communications sécurisées pour la quinzaine de barons du régime. Et en pleine révolution, une entreprise française prolonge des tunnels entre le palais et la résidence de Bachar dans le centre de Damas. Bref, à l'ombre de la politique, les affaires continuent.
    Comme à Kadhafi, Nicolas Sarkozy a beaucoup promis à Bachar el-Assad, notamment la fourniture d'Airbus. Les auteurs racontent les dessous de cette affaire emblématique. Ou encore comment Alcatel a équipé en matériel de communication sensible la garde présidentielle, un contrat géré personnellement par Bachar el-Assad, alors qu'il n'était encore que l'héritier. Ils dénouent les fils de la coopération entre les services de renseignements syriens et français dans la lutte antiterroriste : la visite secrète du général Philippe Rondot à Damas le jour de l'assassinat de Rafic Hariri ; les " téléphones rouges " installés par Jacques Chirac dans le bureau d'Hafez el-Assad dès la fin des années 1990, mais aussi celui posé dans la chambre à coucher de son ami Hariri à Beyrouth à la même époque.
    Le livre nous plonge dans les coulisses de cette relation d'amour-haine. Des témoins clés parlent, mettant au jour le dysfonctionnement au sommet de l'État français entre des diplomates et services de renseignements qui depuis Damas estiment que Bachar ne va pas tomber et les annonces péremptoires de l'Élysée et du Quai d'Orsay. Comment a-t-on fait taire l'ambassadeur sur place ? Comment les services DGSE et DCRI, après s'être fait la guerre, ont-ils dû se plier aux oukases de l'Élysée ? Comment la France a-t-elle ensuite instrumentalisé l'opposition ? Bref, c'est l'histoire tourmentée de la " FranSyrie " qui défile dans ce livre écrit à partir des témoignages des plus hautes autorités françaises et syriennes (Assad, Hollande, etc.).

  • On ne présente plus Saddam Hussein, pourtant le connaît-on vraiment oe Aucun livre n'a été publié récemment sur le dictateur irakien, au pouvoir depuis 25 ans.
    Depuis 1980 le peuple irakien est directement victime de Saddam Hussein et de l'embargo imposé par l'ONU. Ce pays riche jadis est revenu à un niveau de grande pauvreté pour une population et une jeune génération totalement déstructurées par le pouvoir. La tyrannie du raïs la rend otage de ce régime sanguinaire.

    Pour les Américains et les autres états d'Occident, les sanctions devaient devenir insupportables pour le peuple sur lequel on misait pour renverser le dictateur. Il n'en a rien été tant le pouvoir exerce son contrôle sans faille sur tous les rouages du pays, sur toute la population.

    La famille, la tribu, le parti, les alliances communautaires... voici quelques éléments grâce auxquels Saddam Hussein se maintient en place usant d'une violence permanente, au milieu d'une piètre opposition locale non déclarée ouvertement, des chiites au sud, des Kurdes au nord, des rivalités, des velléités indépendantistes de cette mosaïque communautaire qui constitue l'Irak. Quelques soient les plans américains, la capacité de nuisance du pouvoir irakien est plus importante qu'on ne le présume, l'opposition inexistante.

    Jusqu'où le dictateur entêté de Bagdad est-il prêt à résister ? Jusqu'où son attitude suicidaire ira-t-elle ? Au moment où les Etats Unis s'apprêtent à donner l'assaut il est essentiel de faire connaître la véritable personnalité de Saddam Hussein par ce portrait total.

  • 20 août 2004 - 21 décembre 2004. Pendant 124 jours, la France, solidaire dans l'espérance, a vécu au rythme des annonces quotidiennes qui scandaient les noms de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Et pendant ces mêmes 124 jours, quelque part dans un Irak déchiré, deux hommes souffrent, connaissent peurs et espoirs, tentent de saisir dans les yeux et la voix de leurs gardiens le sort qui leur est réservé. Ballottés de cache en cache au coeur de la planète Ben Laden, oscillant entre les espoirs toujours déçus et les périodes de profond découragement, résistant aux pressions pour qu'ils se convertissent à l'Islam, témoins des violences de la guerre au quotidien, ils vivent ainsi pendant ces quatre mois une expérience unique qui leur fait parcourir toute la gamme des sentiments humains. Ce que le sort leur impose, ils le vivent en pleine lucidité, sans le moindre regret.
    Tout cela, ils le racontent dans ce livre, témoignage de ce qu'ils ont vécu : le dialogue singulier avec leurs ravisseurs, les coulisses de la mobilisation de l'appareil d'État, les révélations sur les démarches secrètes en France et en Irak, les bavures, les protagonistes, les confrontations, les dessous de l'affaire « Julia ». autant de zones restées jusqu'ici sans réponse.
    Au-delà, de leurs émotions, les deux auteurs nous confient leurs préoccupations profondes jusqu'à leur relation à Dieu, au cours de leur captivité. Soucieux de dire ce qui n'a que peu été exprimé jusqu'alors, ils puisent au coeur d'eux-mêmes pour livrer leurs réflexions les plus intimes. Car si tout otage possède plus que quiconque la conscience aiguë du retour à la vie, il ne peut vivre son sort que de façon singulière. Suffit-il en effet de recouvrer la liberté et de rejoindre les siens pour quitter le statut d'otage oe Surtout lorsque, comme Christian et Georges, on vit entre deux cultures, deux langues, deux religions, deux pays oe De quel prix un journaliste de terrain paie-t-il sa liberté oe Quelles sont les limites du fameux syndrome de Stockholm oe Comment s'opère le retour à cette vie qu'on appelle normale oe Revient-on indemne d'un tel choc psychologique oe Retrouve-t-on êtres, lieux et choses aussi aisément que l'on aimerait le croire oe  
    Ces questions, et beaucoup d'autres, les deux auteurs les abordent ici.
    Ils ne se contentent pas d'y raconter leur histoire, aussi forte soit-elle. Ils ont mené leur propre contre-enquête auprès des principaux acteurs de l'ombre, et livrent au quotidien le secret des négociations souterraines, l'action des services spéciaux comme celle des politiques et de l'ensemble du processus qui a abouti à leur libération.
    Au-delà du récit évènementiel, Christian CHESNOT et Georges MALBRUNOT nous invitent à réfléchir sur quelques questions fondamentales telles que la condition de journaliste en temps de guerre, sur les limites de la liberté d'informer ou encore sur la condition d'otage oe

  • Une enquête sur le Qatar et sa politique impérialiste, ses investissements dans le monde entier financés par les revenus du gaz et du pétrole, la chaîne Al Jazeera, son intervention dans les négociations secrètes des occidentaux avec les Etats islamistes, etc.

  • Nasser Al-Bahri préfère se faire appeler Abou Jandal. C'est son nom de guerre, celle qu'il a menée au sein d'Al-Qaïda pendant plus de trois ans. Sa particularité : il a été le seul homme à pouvoir tuer Ben Laden.
    « Voici une arme avec deux balles. Si un jour on se fait prendre, il y en aura une pour toi et une pour moi », lui a ordonné l'homme le plus recherché du monde. Arrivé en tant que soldat, il a en effet rapidement gravi les échelons de la hiérarchie terroriste pour officier comme garde du corps du chef de l'organisation, Ben Laden.

    Arrêté en 2000 par la sécurité yéménite à la suite d'un attentat dans lequel il aurait été impliqué, il a passé un an et demi derrière les barreaux et a été libéré contre la signature d'une renonciation à la violence. Il décide alors de rompre avec cette existence. Aujourd'hui, il revient sur ce passé qui lui a permis d'évoluer et de choisir un combat pacifiste : « J'enseigne aux jeunes qui viennent me voir le jihad tel qu'il est mentionné dans le Coran, c'est-à-dire la guerre sainte par les idées pour construire son pays. »

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