Sciences humaines & sociales

  • La tradition des études de village, que des amateurs d'histoire locale redécouvrent et réinventent aujourd'hui, s'est constituée au cours du XIXe siècle. C'est au début du règne de Louis-Philippe que furent réalisées les premières monographies de commune rurale. Cette formule rencontra un vif succès. Sous la Troisième République, des milliers d'érudits locaux consacraient leurs loisirs à étudier l'histoire, le folklore et les traditions des villages. Ils tentèrent de jeter les bases d'une nouvelle territorialité, fondée sur la connaissance du patrimoine et de l'histoire des petites patries villageoises. En développant chez les agriculteurs un patriotisme de clocher, ils s'efforcèrent de les enchaîner à leur terroir.

  • Janvier 1816. Depuis plusieurs semaines, un bruit circule dans les campagnes : Napoléon, échappé de Sainte-Hélène, serait sur le point de regagner la France. Malgré la multiplication des démentis officiels, la rumeur se répand, colportée par le bouche à oreille, jusque dans les hameaux les plus reculés du royaume. Les paysans sont partagés entre l'espoir d'être prochainement débarrassés des Bourbons et la crainte d'une nouvelle guerre. Certains, pris de panique, marient leurs fils en âge d'être enrôlés, cachent leurs effets précieux ou abandonnent précipitamment leur maison...
    Complots, attentats, régicides, nouveaux impôts, retour de la dîme, empoisonnement des fontaines ou spéculations sur le blé... Ces milliers de rumeurs qui ont circulé en France au cours du XIXe siècle ne peuvent être considérées comme des affabulations pures et simples, car elles expriment les angoisses, les aspirations et les ressentiments des paysans et des ouvriers des villes. Comment naissent-elles ?
    Qui les répand ? En quoi nous disent-elles quelque chose de l'imaginaire politique du XIXe siècle ? Ce livre s'interroge sur le rôle qu'a pu jouer cette forme originale de communication dans la politisation des Français entre le retour des Bourbons et la chute du Second Empire.

  • La pluriactivité a été de tout temps une composante indispensable à l'économie de subsistance des sociétés littorales.
    Du Moyen Age à nos jours, du littoral normand à la côte atlantique en passant par la Corse, la Sardaigne, la Guadeloupe et le Sud-Est asiatique, cet ouvrage aborde les rapports multiples que les populations littorales nouent avec l'estran et la mer. Pourtant, l'étude de la pluriactivité est longtemps restée marginale. Ce sont les spécialistes d'histoire et de sociologie rurales qui, au début des années 1980, ont mis en évidence la pertinence de cette réalité.
    La recherche sur les sociétés littorales a d'abord emprunté la voie féconde de l'analyse des représentations : elle a permis de faire émerger l'originalité de l'identité maritime. Mais, l'étude des pratiques et usages nous renvoie une réalité plus complexe. Les regards croisés des historiens, des géographes, des sociologues et des ethnologues ont confirmé la pertinence de la problématique ; ils ouvrent des perspectives de recherche sur l'appropriation du territoire et la maîtrise du temps par ces communautés sur la longue durée.

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