Federico García Lorca

  • Ses cuisses, qui m'échappaient Comme des poissons surpris, C'était le feu tout entier, Et aussi la fraîcheur même.

    Romancero gitan est le plus célèbre des recueils de García Lorca. Le poète y met en scène l'Andalousie et le monde gitan dans une tragédie musicale et poétique. Il y chante le drame de la condition humaine et les liens de l'amour fou avec la mort. Une superbe illustration des coplas andalouses (chants accompagnés à la guitare) et de l'âme espagnole du XXe siècle.

  • Qu'est-ce que le cante jondo ? García Lorca, infatigable passeur de l'Andalousie profonde, tâche d'y répondre dans une conférence mémorable. La siguiriya gitane constitue le modèle fondamental du cante jondo, qui désigne les plus ancestrales chansons du répertoire andalou.
    La force lumineuse du propos de García Lorca tient dans sa capacité à ne pas voir dans le cante jondo une curiosité folklorique mais bien une authentique manifestation de la plus pure poésie : une poésie anonyme et populaire, forgée au fil des siècles.
    L'Andalousie se révèle un véritable magma lyrique, où les vers des poètes espagnols bouillonnent dans le même creuset que les poètes persans et arabes.
    García Lorca réussit ainsi le tour de force de proposer une véritable leçon d'histoire, de musique, et de poésie.

  • Rosita, jeune orpheline de Grenade, a été recueillie par sa tante et son oncle. Ce dernier, passionné de jardinage, vient d'inventer la rosa mutabilis qui ne dure qu'un seul jour. Au Ier acte, Rosita attend son fiancé, qui lui annonce qu'il part aux Amériques s'occuper des terres de son père, mais lui promet de revenir bientôt. Au IIe acte, quinze ans ont passé ; la jeune femme est à présent belle comme une rose pourpre et encore séduisante ; les partis ne manqueraient pas, mais elle reste fidèle à son fiancé qui, se voyant dans l'impossibilité de rentrer, lui propose un mariage par procuration, ce que la famille refuse. Au dernier acte, dix ans ont encore passé ; l'oncle est mort, sa rose d'un jour a été coupée, et Rosita apprend que son fiancé en a épousé une autre. La voilà vieille et flétrie comme la fleur en son crépuscule. La famille ruinée quitte la villa de Grenade : c'est la fin d'un monde.

  • Une colombe cruelle au coeur d'éléphant... Un coq qui perd son âme à mesure qu'une brodeuse emprisonne son chant dans le métier à tisser... Un homme qui verdit au gré des paysages qu'il traverse....
    La mère de Charlie Chaplin dont on emporte le corps dans une chaussette fine... Des amants assassinés par une perdrix... Cinq dames amoureuses d'un jeune homme soudain changé en papillon... Des étoiles qui clignent des yeux au rythme du télégraphe... Les proses que rassemble cet ouvrage composé de nombreux inédits révèlent un Federico García Lorca que peu de lecteurs connaissent : surréaliste et grinçant, cruel et facétieux, subtilement iconoclaste. Poèmes en prose, contes, nouvelles -, peu importe les classifications. Le poète se joue des traditions et des codes avec la virtuosité d'un toréador des mots.

  • Ecrit pour une conférence, en 1930, Jeu et théorie du duende «donne une leçon simple sur l'esprit caché de la douloureuse Espagne.» Le «duende» est un mot espagnol sans équivalent français. Il dérive, au sens étymologique du terme, de l'expression : «dueño de la casa» (maître de la maison). Le duende serait un esprit qui, d'après la tradition populaire, viendrait déranger l'intimité des foyers. Le second sens du terme est enraciné dans la région andalouse. Le duende désignerait alors «un charme mystérieux et indicible», rencontré dans les moments de grâce du flamenco. Ses manifestations s'apparenteraient à des scènes d'envoûtement. Les deux significations se rejoignent dans l'évocation d'une présence magique ou surnaturelle. Si le duende est universel et concerne tous les arts, c'est dans la musique, la danse et la poésie clamée qu'il se déploie pleinement, puisque ces arts nécessitent un interprète. Or, le duende n'existe pas sans un corps à habiter. Il s'incarne dans un embrasement obscur du soliste et du public, laÌ ouÌ les notions d'inteìrieur et d'exteìrieur n'ont pas lieu d'être. Ce minuscule décalage du regard qui donne à voir l'intervalle entre les choses, bouleverse le mode de pensée cartésien. Le duende, personnifié en esprit malicieux, semble être celui qui se produit, lors des représentations flamenco, drapé dans les gestes des danseuses et les voix des chanteurs. Garcia Lorca nous invite à pénétrer cet état comme on pénètrerait l'Etat espagnol, sa profusion de culture, sa fraîcheur, son obscurité tout à la fois.

  • Dans la campagne espagnole, une jeune fille, contrainte d'épouser un homme qu'elle n'aime pas, s'enfuit avec son amant le jour de ses noces. Le jeune marié se lance à leur poursuite... Inspirée d'un tragique fait divers, la pièce Noces de sang, chef-d'oeuvre dramatique, allie toute la beauté de la poésie d'inspiration gitane au classicisme de la langue espagnole.

  • Ces complaintes gitanes composées entre 1924 et 1927, sont l'oeuvre la plus populaire de garcia lorca (1899-1936).
    Ce recueil de vieilles légendes, de récits fabuleux ou épiques, de chansons puisées dans la tradition orale, plonge au coeur de la tradition des coplas andalouses. chaque complainte figure un petit drame, tantôt gracieux, tantôt érotique, tantôt sanglant. mélange de veine populaire et d'écriture savante, ces brefs poèmes, véritables précipités de l'âme espagnole constituent un miracle d'équilibre et sont à juste titre tenus pour un des chefs-d'oeuvre de la poésie du vingtième siècle.

  • Dans ce texte de 1928, le poète fait entendre la mélancolie des berceuses espagnoles. Des chansons fredonnées par les mères à l'heure du coucher aux quatre coins de son pays, García Lorca tire une conclusion surprenante : les mélodies chantées aux chérubins sont, à l'inverse des berceuses européennes, douces et tendres, emplies de tristesse. Mais si les niños sont endormis par des mots rudes et tristes, c'est pour heurter leur sensibilité qui sera mise à rude épreuve au long de leur vie. Loin de leur faire croire à une existence parfaite, les mères préviennent les petits de sa dureté. Mais le sommeil finit toujours par calmer l'enfant tiraillé, à l'image des films de Disney où la victoire du "gentil" le réconforte. Une astuce imparable pour endormir les petits monstres récalcitrants !

  • Noces de sang
    Lorca s'inspire d'un fait divers relaté en juillet 1928. Mais c'est seulement en 1931 qu'il commencera à composer sa pièce. Il la termine au cours de l'été 1932. Créée le 8 mars 1933 à Madrid où elle remporte un grand succès, acclamée pendant des mois à Buenos Aires, elle a fait le tour du monde et malheureusement son triomphe a obscurci tout le reste de l'oeuvre de Lorca, en associant durablement pour la majorité son image à celle d'un auteur exclusivement andalou, folklorique. Non qu'elle manque de beauté : noble architecture, scènes admirables, mais elle trahit une excessive volonté de flatter le goût du public par sa frénésie déclamatoire et son lyrisme facile.

    La maison de Bernarda Alba
    Parti d'un souvenir d'enfance qui l'avait beaucoup impressionné, Lorca s'était proposé de composer un simple « documentaire photographique » sans « une goutte de poésie ». Mais son génie en a décidé autrement. Il a fait de La maison de Bernarda Alba, comme l'affirme son frère don Francisco, peut-être la plus poétique de toutes ses pièces. En déplaçant l'action du début du XXe siècle à la veille de la guerre civile dont les premiers crépitements se font entendre, il instaure un climat brûlant de revendications, de troubles sociaux qui s'étend aux domestiques exploités, à toutes les femmes dominées. La prose incandescente brûle toutes les fleurs du lyrisme. Et la poésie dès lors se nomme révolte.

  • Noces de sang (1933), par sa forme lyrique, est à la fois un poème dramatique et une tragédie rurale. Marquée par l'Andalousie et la mythologie gitane, cette pièce, avec toute l'aspiration de l'auteur au réalisme et à la vérité, puise son intrigue à un fait divers évoquant des noces sanglantes au cours desquelles la Fiancée - elle n'a pas d'autre nom : c'est un archétype -, au lieu de se rendre à l'église, s'enfuit avec son ancien amoureux, qui est aussi son cousin, pour être retrouvée dans les bois, les vêtements en lambeaux, non loin de son amant tué par le frère du fiancé. Mais ici, l'intrigue est constamment transcendée et magnifiée par la poésie, les chants et l'atmosphère mythique qui pose d'emblée le maléfice de la Lune.

  • Dans l'aride Andalousie, un paysan déserte la couche de sa jeune épouse pour surveiller l'irrigation de ses champs. Mais Yerma ne rêve que d'avoir un enfant. Les années passent sans que son corps porte de fruit. Aime-t-elle ce mari qu'on lui a donné? A-t-elle jamais frémi dans d'autres bras? Oui, naguère, ceux du berger avec qui elle dansa. Il y a eu maldonne. S'il est vrai que labours et brebis font richesse, seul l'amour est fécond. Stérile et vide, Yerma ira jusqu'au bout de l'espoir entre vaines promesses et hallucinantes processions où la vérité se fera jour. Lorca bâtit là, après Noces de sang et avant La Maison de Bernarda Alba, une tragédie de la frustration, composant, lyrique ou baroque, l'ardente mélopée d'une âme pure malmenée par la vie.
    Cette pièce magistrale, donnée deux ans avant la guerre civile, où une femme passionnée exalte sa soif de liberté et soulève tant de clameurs, allait devenir l'emblème du poète assassiné et assurer sa gloire.

  • Espagnol Bodas de Sangre

    Federico García Lorca

    • Harrap's
    • 13 Février 2019

    Un chef d'oeuvre de la littérature espagnole, à découvrir en VO avec des aides de traduction ! Découvrez cette histoire tragique qui tient place en Andalousie, sous la plume d'un des plus grands écrivains et poètes espagnols.

  • «Le glas résonne dans un plein soleil aveuglant. Le rideau se lève sur le cortège funèbre du second mari enterré par Bernarda Alba, le père de quatre de ses filles. Il n'y a que des femmes, ou des filles de tous âges, dans cette tragédie. Et le rideau final tombera sur la mort de la plus jeune.
    L'ultime pièce du poète est aussi son pur chef-d'oeuvre théâtral, le plus abouti et le plus harcelé, encerclé par la mort.» Jean-Claude Masson.

  • " Le livre est un retable de l'Andalousie avec des gitans, des chevaux, des archanges, des planètes, avec sa brise juive, avec sa brise romaine, avec des rivières, avec des crimes, avec la note commune du contrebandier et la note céleste des enfants nus de Cordoue qui narguent saint Raphaël. Un livre où est à peine exprimée l'Andalousie que l'on voit et où frémit celle que l'on ne voit pas." Sur fond de guitares andalouses, découvrez toute la sensualité et la force de l'âme gitane sous la plume du plus grand poète espagnol du XXe siècle.

  • Les premiers textes de ce recueil appartiennent aux écrits de jeunesse de Frederico Garcia Lorca. Ils sont autobiographiques et révèlent ce qu'était la sensibilité du poète à dix-huit ans, ils éclairent ses oeuvres postérieures et peignent sa vie de famille, celle des paysans de son village natal de Fuente Vaqueros, leurs moeurs, leur misère. Suit un conte au ton sarcastique et plein d'humour ; et enfin le texte d'une conférence sur les berceuses espagnoles.

  • Ce volume d'oeuvres de Garcia Lorca rassemble des proses d'époque diverses : Impressions et paysages, des textes d'inspiration surréaliste, et enfin des articles et des conférences. Publié à ses frais en 1918, oublié par la suite, Impressions et paysages est le premier livre de Lorca. Écrit à dix-neuf ans, quand le poète était étudiant à l'université de Grenade, il est la relation d'un voyage que fit le jeune homme avec quelques compagnons d'études à travers les terres de la vieille Castille et de León. oeuvre de jeunesse, Impressions et paysages révèle déjà, en sa forme encore hésitante, les prodigieuses ressources d'un tempérament exceptionnel. Le lecteur y découvrira, mêlées à des réflexions sur l'art, la religion, la musique, de riches variations sur deux grands thèmes chers à Lorca : l'obsession de la mort et l'amour de la ville natale.
    Les proses surréalistes, contemporaines des derniers poèmes du Romancero gitan (1927-1928), sont d'un artiste en pleine possession de ses moyens. Elles oscillent entre le burlesque et l'horreur, où s'exprime, en images proches du délire, une terrible et étrange fascination du sang.
    Cinq textes - conférences et articles - consacrés à Grenade terminent ce volume. Dédaignant le pittoresque et l'anecdote, le poète va droit à l'essentiel, à ce fond de quiétude jalousement défendue qui caractérise sa ville natale. Or il se confond tellement avec elle que c'est en lui-même qu'il en découvrira le secret.

  • Ce tome II et dernier est consacré au théâtre de Lorca. À côté des chefs-d'oeuvre - La Savetière prodigieuse, Le Public, La Maison de Bemarda Alba - donnés ici dans des traductions révisées ou refaites, il révèle des pièces encore inédites dans notre langue et propose pour la première fois les textes inachevés ou restés à l'état d'esquisse. La deuxième partie du volume est le complément naturel de ces textes, puisque les interviews accordées par l'écrivain et les déclarations faites par lui, dans la plupart des cas inconnues en français, ont pour principal objet le théâtre : le sien, analysé de manière extraordinairement vivante, et celui de l'Espagne, au service duquel il a consacré des années de sa vie.
    Étrange trajectoire, selon le mot d'André Belamich, que celle de l'oeuvre dramatique de Federico Garcia Lorca. À son premier théâtre (1920-1926), imprégné de poésie symboliste, succèdent en 1930 des pièces oniriques et secrètes qui, plus de vingt ans avant Beckett ou Ionesco, placent le poète à l'extrême avant-garde de l'art occidental. Théâtre et méditations sur le théâtre, négation du théâtre et théâtre des vérités dernières, Le Public et Lorsque cinq ans seront passés acquièrent une valeur universelle. Mais, en 1932, volte-face : Lorca rencontre le «grand» public. Visionnaire dans la société, il veut désormais offrir des pièces accessibles, pour élever les hommes à un plan supérieur de beauté. Nouvelles aspirations, inspiration nouvelle, nourrie par le miracle du réel. Le dernier théâtre est celui de l'ouverture au monde. Mais il ne trahit rien. Par d'autres voies, plus larges, il continue à exprimer la révolte de l'homme devant l'inanité de la vie et de l'amour. Il contribue à donner à Lorca sa place, l'une des toutes premières, parmi les grands auteurs dramatiques de notre temps.

  • Nouvelle traduction à une seule voix de l'oeuvre poétique complète de Federico García Lorca.

    On ne présente plus l'oeuvre poétique de Federico García Lorca, qui a été abondamment traduite et publiée en français, par divers auteurs et à des époques différentes. Pour la première fois l'intégralité de son oeuvre poétique se trouve ici traduite à une seule voix. Se dégage, de cette vision d'ensemble, la richesse thématique et stylistique de son écriture.

  • Grenade

    Federico García Lorca

    «À Grenade, les heures sont plus longues et plus savoureuses que dans n'importe quelle autre ville d'Espagne. Elle a des crépuscules complexes de lumières toujours neuves qui semblent ne jamais finir. Elle est immensité.
    Grenade est le miroir d'une Andalousie passionnée et silencieuse.
    Grenade, ville de rêveries, sera toujours plus esthétique que philosophique, plus lyrique que dramatique.»

  • Tous comprennent la douleur qui tient à la mort, mais la vraie douleur n'est pas présente à l'esprit.
    Elle n'est ni dans l'air ni dans notre vie, ni sur ces terrasses enfumées.
    Oppressé par une «bonne morale» qui l'étouffe, Lorca se rendra en 1929 aux États-Unis. Il y restera une année. Cet andalou ancré dans sa terre grenadine revient dans la péninsule avec plusieurs nouvelles pièces de théâtre et un recueil, le «Poète à New-York», qui ne paraîtra, partiellement, que quatre ans après sa mort en 1940. Tout Lorca brûle en filigrane : le musicien, le poète charmeur, l'amoureux blessé et contrarié, le révolutionnaire, dans ces vers qui ont d'abord la couleur éclatante d'un cri de liberté.
    Reproduction de grands dessins d'Alecos Fassianos réalisés pour ce livre.

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