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Actes Sud
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tous les funes est, au meilleur des sens, un roman littéraire, et il s'alimente de ses propres sources.
dans la tentative du professeur octogénaire de cataloguer tous les funes de la fiction en langue espagnole, il y a une reconnaissance de ce qui est commun, d'une vision du monde partagée grâce aux mots, mais aussi de la banalité de tels travaux par ceux qui croient qu'ajouter une histoire de plus aux bibliothèques du monde pourrait nous aider à le comprendre dans toute son immense absurdité. de tous les funes rassemblés par funès, le plus célèbre est sans doute celui de borges, l'héritier (ainsi que le fait remarquer le professeur funès) du memory de hitchcock dans les trente-neuf marches, un jeune homme qui, dans sa pauvre cabane de la campagne uruguayenne, vers la fin du xixe siècle, est condamné à se souvenir de tout, jour après jour et nuit après nuit, jusqu'à sa mort précoce à l'âge de vingt et un ans.
[. ] tous les funes est un palais des miroirs autoréférentiel, un recensement magique qui, dans sa tentative d'inclure tous les funes, doit à un certain moment s'inclure lui-même, filant en spirale vers l'infini, pour notre joie et notre ravissement.
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"tout autour des grands chefs-d'oeuvre de la littérature, on trouve des chefs-d'oeuvre modestes et merveilleux, longs d'une seule ligne parfois, poussant parfois jusqu'à une page ou deux, dans lesquels semble concentrée l'essence du récit ou de la poésie.
(. ) un recueil de textes tel que la vie impossible implique, de la part de son auteur, une bonne dose de générosité. les écrivains sont avares en ce qui concerne leurs histoires. quand la romancière canadienne marian engel racontait une anecdote rare ou décrivait un événement curieux, elle ajoutait souvent "c'est pris !" à l'instar des enfants qui revendiquent la possession d'un siège, d'un livre ou d'un morceau de gâteau, pour signifier que c'était son bien et qu'elle le développerait sans doute dans un roman ou un récit.
Berti n'a pas de ces prétentions. au contraire, il étale devant le lecteur un trésor de romans à l'état d'embryons, de semences de récits qui, comme si elles avaient été saisies dans l'ambre, n'ont nul besoin de se développer davantage pour nous réjouir et nous étonner. ".
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Rétrospective de bernabé lofeudo
Eduardo Berti, Jean-marie Saint-lu
- Actes Sud
- Un Endroit Où Aller
- 30 Janvier 2007
- 9782742764600
Voici les aventures cinématographiques et personnelles d'un cinéaste argentin imaginaire, Bernabé Lofeudo, sévissant dans les années 1920, l'âge d'or du cinéma muet. Relevant le défi que lui lance un ami boxeur, le cinéaste spécialisé jusque-là dans les bovins de la pampa argentine oriente en effet son oeuvre vers la sensualité et l'érotisme. La rencontre avec la pétillante Nelly Marchi est décisive. Jouant les biographes sérieux, l'auteur pointe avec malice et tendresse la destinée tragicomique d'un raté magnifique, incompris par les producteurs et délaissé par ses actrices favorites.
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Pendant dix ans, deux hommes passent six mois de l'année à casser des pierres dans une carrière isolée. Seul le courrier rompt la monotonie de cette rude existence, mais subitement l'un n'en reçoit plus. Il achète alors une lettre à son compagnon et devient propriétaire d'une missive qui ne lui était pas destinée et qui pourtant ne parle que de lui. Une lectrice de journaux, plus qu'assidue, tient le journal de ses lectures exhaustives de l'intégralité des quotidiens disponibles. La manie tourne à l'obsession et tout ce qui ne figure pas dans un journal échappe au champ du réel. Une vieille femme se presse de se mettre au lit tous les soirs car la voix qui provient du dentier flambant neuf posé sur sa table de nuit lui permet de revisiter sa bibliothèque, de retrouver le contenu de livres qu'elle a oubliés à mesure qu'elle perdait ses dents. Quelques exemples suffisent pour révéler la trame sous-jacente qui unit ces contes, superbes de concision et de subtilité : l'inquiétant amalgame du quotidien et du fantastique, l'irruption de l'élément perturbateur qui, en déplaçant les frontières du familier, pointe l'absurdité du réel. L'héritage des maîtres argentins est manifeste dans ce jeu constant entre fiction et réalité, mais là où ses illustres prédécesseurs (Borges, Cortázar, Bioy Casares) privilégiaient le subterfuge de l'érudition travestie, Eduardo Berti choisit d'ancrer ce jeu dans une culture plus populaire, créant ainsi pour le lecteur une proximité déroutante entre deux univers.
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Histoire d'amour filial et d'idolâtrie dans la Chine des années 1930. Une adolescente de treize ans, curieuse de la vie et résignée au monde, succombe au charme d'une fille à la peau couleur de lune.
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Pendant les années soixante-dix à buenos aires, un archiviste du congrès régale tous les soirs ses garçons de l'histoire de justino qui, loin des strass hollywoodiens, a tout d'un rocky argentin : le regard doux et franc, le sourire candide.
Son fait d'arme : l'unique victoire par ko sur un adversaire qui deviendra champion national et à qui, toujours, il a refusé la revanche en raison d'une promesse faite à son épouse. cette revanche a peut-être eu lieu, les variantes abondent, mais si le récit plaît tant c'est que l'énigme sportive se double d'une intrigue qui concerne les enfants au premier chef. l'ex-boxeur, reconverti en serrurier horloger, est au coeur d'un autre combat, amoureux celui-là, que se livrent les tantes des enfants, deux vieilles filles aigries jusqu'à la moelle qui cachent de frémissants secrets sous une irrésistible bigoterie.
Seule la vieille horloge de la famille, entretenue autrefois par justin, pourrait combler les lacunes de l'histoire. les garçons devenus adultes en retrouvent la clef, mais le temps grippe tous les mécanismes. la parole collective, qui circule savamment entre les fils, densifie les symboles pour mettre au jour les rapports fraternels, l'amour et ses promesses, le paradis perdu de l'enfance et la complaisance d'une génération face à la dictature.
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paisible fonctionnaire et terne époux, m.
wakefield décide un jour de s'absenter : il jette quelques affaires dans une valise, prétexte la nécessité d'un court voyage et disparaît. les jours passent, m. wakefield ne revient pas et mme wakefield découvre bientôt qu'il s'est installé... de l'autre côté de la rue ! pensant qu'il ne tardera pas à revenir à la raison, elle attend. et les années s'écoulent... cette brillante réécriture du conte de nathaniel hawthorne, wakefield, se place du côté de l'épouse avec un ton cocasse et cruel, brocardant le conformisme puritain de mme wakefield tout en s'amusant de son exemplaire fidélité à l'incompréhensible mari.
un volume manque dans la bibliothèque du fugueur, se peut-il que ce livre constitue le début d'une explication oe