E Benbassa

  • Ce dictionnaire des mondes juifs est beaucoup plus qu'un dictionnaire du judaïsme. Essai d'approche globale du fait juif, il n'en néglige aucune facette, religieuse ou profane, et répond à tous tes types de curiosité. Le lecteur y tracera à son gré son chemin, toujours plein de découvertes, entre les rythmes longs et profonds d'une trajectoire plurimillénaire et les débats cruciaux de l'actualité la plus brûlante. L'Orient et l'Occident, Ashkénazes et Séfarades, la Diaspora et Israël, les femmes et les hommes, les croyants et les autres, les rigueurs du croit et la liberté de l'art, les petits gestes du quotidien et les audaces de la pensée, c'est d'une pluralité de mondes que cet ouvrage entend porter témoignage. Un savoir sûr, clairement exposé, accessible à tous et porteur de réflexion.

  • Découvrez Encyclopédie des religions - édition revue et corrigée, le livre de Jean-Christophe Attias. Retour du religieux, nouveaux appétits de spiritualité, mais aussi instrumentalisations diverses du religieux sur le plan politique? Face à cette explosion de phénomènes et de discours, les Français, tantôt anticléricaux, tantôt peu ou mal formés à la culture religieuse, se sentent parfois désorientés. Ce livre leur fournira certaines des clés qui leur manquent. Judaïsme, christianisme et islam s'y taillent une part importante parce qu'ils ont marqué l'histoire de l'Europe. Mais traditions d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique et nouveaux mouvements religieux sont aussi abordés.L'étude dépassionnée des faits religieux est une fenêtre privilégiée sur la diversité des cultures. Elle est en même temps une invite au dialogue et à la compréhension réciproque. Simples curieux, parents, enseignants, étudiants, lycéens, jeunes et moins jeunes sauront faire de ce livre l'usage qui leur convient. Puisse-t-il devenir entre leurs mains un modeste mais efficace outil de liberté.

  • Cet ouvrage montre brillamment comment en monde juif, depuis les fondations bibliques elles-mêmes, la souffrance, ses représentations et sa ritualisation ont façonné au fil des siècles l'histoire d'un peuple et d'une religion, et plus encore l'idée que ce peuple et cette religion se faisaient de leur histoire, désormais " lacrymale ". Il suit ce parcours jusqu'à ses ultimes métamorphoses et analyse le lien indissoluble qui s'est finalement tissé entre le génocide et l'Etat d'Israël, sa politisation, sa banalisation et sa transformation récente en une religion civile accessible à tous, un judaïsme " de l'Holocauste et de la Rédemption " - la Rédemption étant la création de l'Etat hébreu. Au-delà du cas juif, il fournit des clés de compréhension des diverses trajectoires mémorielles et identitaires d'aujourd'hui, aussi nécessaires ou inévitables qu'envahissantes et dont la mémoire de la Shoah est devenue le modèle. Traitant pour la première fois dans la très longue durée et dans une perspective comparatiste l'immense dossier de la souffrance comme identité, Esther Benbassa engage aussi le débat, face à des devoirs de mémoire tyranniques, sur un droit à l'oubli qui ne serait pas amnésie, mais confierait à une histoire enfin plurielle et partagée le dépôt de nos passés de souffrances. Ce choix reste-t-il toutefois praticable dans une société qui fait du bien-être sa valeur suprême, où la souffrance distingue et garantit le plus souvent l'accès à une forme de reconnaissance, même si elle est essentiellement symbolique et n'ouvre pas toujours sur un avenir constructif oe

  • Si aucune identité n'est simple, celle des Sépharades l'est peut-être moins encore.
    Adeptes de la philosophie, de l'apprentissage des sciences, de l'éducation à la fois profane et religieuse, ils sont érigés en modèles par les penseurs des Lumières en Europe, qui voient en eux de possibles futurs citoyens. C'est toujours eux que les révolutionnaires émancipent en premier en France dès 1790. Issus de la péninsule Ibérique, après leur expulsion au XVe siècle, ils suivent des trajectoires et connaissent des vicissitudes multiples, créant des univers culturels imprégnés par leur environnement aussi bien musulman que chrétien.
    Ainsi gardent-ils les traces de ces passages avec une spécificité juive qui leur est particulière. Dans leurs lieux d'exil, allant de l'ouest de l'Europe jusqu'à l'est balkanique, en passant par l'Empire ottoman et le Maghreb, puis les colonies de l'Atlantique, ils assistent et participent aux changements qui s'y opèrent, prennent le mouvement de la modernité en marche. Juifs d'abord, puis, pour ceux qui sont forcés à la conversion en Espagne et au Portugal, juifs et chrétiens, juifs à la maison et chrétiens dehors, ou chrétiens tout court ; juifs et musulmans, ou musulmans seulement.
    Ces départs et ces retours deviennent constitutifs de ces identités sépharades fluctuantes, mais qui par là-même ont su conjuguer les différents apports de leur " statuts religieux ", portes d'ouverture ou d'accès à des sensibilités aux contours pluriels. L'Holocauste avait voué à l'oubli leur patrimoine aussi bien en Occident que dans les Balkans où ils s'étaient dispersés autrefois, cultivant leur particularité judéo-espagnole pendant des siècles.
    Ce sont les itinéraires de ces Sépharades sans patrie, mais toujours patriotes de leur mythologie ibérique, que cet ouvrage retrace à travers des destins individuels.

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