Dominique Iogna-Prat

  • " Dieu, cela n'est pas, tant que ce n'est pas en pierre. / Il faut une maison pour mettre la prière " : Victor Hugo a noté l'évolution paradoxale qui amène le christianisme occidental à exalter les monuments de la présence divine, alors que le Christ et ses premiers disciples entendaient rompre avec le monde matériel et avec toute sacralité ancienne incarnée dans la pierre pour mieux faire sa place à la Cité spirituelle de Dieu dans l'au-delà.
    Comment, pourquoi et quand Dieu est-il devenu de " pierre " ? Comment, pourquoi et quand l'église s'est-elle imposée dans le paysage social ? Telles sont les questions au centre de cette " histoire monumentale de l'Église au Moyen Âge ". À l'étude du discours que les clercs latins ont tenu sur l'église-bâtiment, il s'agit de montrer comment l'Église, en tant que force d'encadrement et de structuration de la société, a gagné en visibilité terrestre à travers la constitution de " lieux " considérés comme spécifiques.
    L'itinéraire proposé permet de parcourir, tout au long du Moyen Âge (avec un intérêt particulier pour les IXe-XIIIe siècles), les différentes étapes d'une histoire qui finit par faire de la " cathédrale " le monument emblématique d'une société largement utopique au sein de laquelle chaque homme, comme une petite pierre, a sa place et sa fonction dans la grande architecture du monde. C'est ainsi que la " Maison Dieu ", exaltée comme une sainte personne, fait de l'Église une véritable " Cène sociale " où se construit l'architecture communautaire et où s'édifient les fidèles.


  • L'Individu au Moyen Âge
    Sous la direction de Brigitte Miriam Bedos-REzak et Dominique Iogna-Prat
    Étienne Anheim, Charles Baladier, Nico den Bok, Alain Bourequ, Dominique Demartini, Benoît Grévin, Claude Jeay, Didier Lechat, Peter von Moos, Joseph Morsel, Daniel Russo.
    Peut-on parler d'individu au Moyen Âge quand les mots pour le dire n'existaient pas ? Par son titre L'Individu au Moyen Âge lance le défi de l'anachronisme pour susciter une réflexion large sur les fondements historiques de la notion d'individu qui, avec celle de sujet autonome, est censée marquer l'entrée dans la modernité. Cet ouvrage collectif - qui réunit une équipe internationale de médiévistes venus de l'histoire, de l'historique de l'art, de la philosophie, de la littérature et de la psychanalyse - montre la part qui revient au Moyen Âge dans l'élaboration des signes de l'identité personnelle (spécialement le nom, la signature et le portrait). Mais s'ils admettent le principe d'une longue genèse de l'individu moderne, les auteuts soutiennent que celle-ci est constituée d'ubn ensemble d'étapes dont la période médiévale incarne un moment bien particulier : l'individu sous ses différentes facettes (l'acteur social ; l'être moral, indépendant, autonome ; le « je » des poètes soucieux d'introspection) s'exprime à la première personne sans pour autant se singulariser ni se démarquer du groupe qui le définit (famille, lignage, paroisse, seigneurie).


  • Du IXe au XIIe siècle, la chrétienté latine se définit et se structure : elle désignait jusque-là la communauté spirituelle des disciples du Christ, elle devient une institution, l'Église, dont la fonction est d'inclure la société. Dominique Iogna-Prat étudie cette irrésistible expansion de l'Occident latin à travers le prisme de Cluny, établissement qui deviendra au XIIe siècle un puissant réseau qui s'étendra dans la péninsule Ibérique et en Terre sainte. À travers cette histoire, l'auteur dresse une sociologie du christianisme au XIIe siècle, et montre comment l'Église s'est aussi définie par son combat farouche engagé contre l'Antéchrist, tour à tour hérétique, juif ou sarrasin.

  • Cité de Dieu, cité des hommes propose de reprendre l'examen de l'émergence en Occident de la question de la « cité » en accordant toute sa place au « Moyen Âge » des années 1200-1500, le plus souvent absent des ouvrages de philosophie politique en quête des origines de la modernité. La société peut-elle être conçue comme une « architecture » après 1200, quand semble s'épuiser la force métonymique du rapport église/Église qui a longtemps permis de concevoir la communauté humaine comme une architecture d'Église ? Si oui, par quels canaux ?
    La notion aristotélicienne de « science de l'architecture » et l'étude du « laboratoire urbain », spécialement le « laboratoire italien » de l'époque communale et de l'humanisme, révèlent une véritable révolution des discours sur le social. Le passage d'une configuration métonymique à l'autre, de l'église/Église à la ville/cité, est ainsi porteur d'un renouvellement des conceptions de la société, d'une Église qui « fait » la communauté des hommes, à une ville qui « fait » la cité « moderne ».

  • " Dieu, cela n'est pas, tant que ce n'est pas en pierre. / Il faut une maison pour mettre la prière " : Victor Hugo a noté l'évolution paradoxale qui amène le christianisme occidental à exalter les monuments de la présence divine, alors que le Christ et ses premiers disciples entendaient rompre avec le monde matériel et avec toute sacralité ancienne incarnée dans la pierre pour mieux faire sa place à la Cité spirituelle de Dieu dans l'au-delà. Comment, pourquoi et quand Dieu est-il devenu de " pierre " ? Comment, pourquoi et quand l'église s'est-elle imposée dans le paysage social ? Telles sont les questions au centre de cette " histoire monumentale de l'Eglise au Moyen Age ". A l'étude du discours que les clercs latins ont tenu sur l'église-bâtiment, il s'agit de montrer comment l'Eglise, en tant que force d'encadrement et de structuration de la société, a gagné en visibilité terrestre à travers la constitution de " lieux " considérés comme spécifiques. L'Itinéraire proposé permet de parcourir, tout au long du Moyen Age avec un intérêt particulier pour les IXe-XIIIe siècles, les différentes étapes d'une histoire qui finit par faire de la " cathédrale " le monument emblématique d'une société largement utopique au sein de laquelle chaque homme, comme une petite pierre, a sa place et sa fonction dans la grande architecture du monde. C'est ainsi que la " Maison Dieu ", exaltée comme une sainte personne, fait de l'Eglise une véritable " Cène sociale " où se construit l'architecture communautaire et où s'édifient les fidèles.

  • QUI SONT LES HOMMES DE DIEU - prêtres, moines, pasteurs, ulémas, soufis ou derviches ? La relation à Dieu suppose-t-elle de passer par des intermédiaires, des hommes (ou des femmes) de religion ? Si le clergé semble nécessaire à l'encadrement des communautés chrétiennes, qu'en est-il dans cette autre religion du Livre qu'est l'islam ? Sous l'intitulé général d'Hommes de Dieu, ce livre propose une série de regards croisés sur les histoires de l'islam et des différentes chrétientés (avant et après la Réforme).
    Les auteurs des contributions rassemblées, soucieux d'échapper aux singularités historiques, ont la volonté commune de se placer sur le terrain de la sociologie des religions et de mettre à l'épreuve la pertinence d'emploi des notions (fonction, charisme, hiérarchie, médiation) et des qualificatifs (religieux, lettré, ascète, consacré) propres à caractériser la " part " que les hommes et les institutions ont, tout au long de l'Histoire, choisi d'affecter à Dieu.

  • Enseignants et chercheurs en histoire médiévale ont en France une activité considérable et reconnue au plan international.
    En dehors des livres et des manuels qu'ils produisent, ils donnent une part importante des fruits de leurs recherches à des ouvrages collectifs, des périodiques et des encyclopédies. Il est donc nécessaire de procéder à un regroupement de leurs articles dispersés pour permettre à un large public de prendre connaissance de leurs résultats, de leurs hypothèses, et de leurs projets. La collection consacrée aux médiévistes français répond à cette préoccupation.
    Ici la personnalité du médiéviste donne au livre toute sa cohérence. Ces Etudes clunisiennes regroupent sept articles relevant largement de ce que Georges Duby appelait l'histoire des systèmes de valeur. Par de multiples approches complémentaires, aussi diverses que le sont les sources clunisiennes elle mêmes présentées en introduction, il s'agit d'apprécier la place que des moines idéologues, qui sont en même temps de grands seigneurs, entendent occuper dans la société chrétienne, dont ils s'estiment les guides.
    En apparence éloignée des questions de la pratique, la démarche adoptée vise à faire toute sa place au sein de l'histoire de la société aux formations ecclésiastiques constitutives de l'aristocratie des temps féodaux. Le traitement historiographique des représentations que les Clunisiens des Xe-XIIe siècles ont voulu livrer d'eux-mêmes est prolongé jusqu'au tournant des années 1900 pour montrer quel enjeu de mémoire l'histoire de Cluny a pu constituer dans la reconstruction de la France catholique contemporaine.

  • Historiens, littraires et historiens de lart sinterrogent sur lidentit de ceux qui ont compos, jou les textes et de ceux pour qui ce thtre est jou. Il met en perspective la documentation existante avec ce que lon sait des pratiques de lcrit, de sa transmission, ou de sa mmorisation telles quelles taient connues au Moyen ge.

  • La fondation de Cluny, le 11 septembre 910, par le duc Guillaume le Pieux et son épouse Engelberge, puis l'important rayonnement de ses abbés ouvrent un nouveau chapitre de l'histoire de l'Église et de la société en Occident. Les moines bénédictins étaient alors investis d'une véritable fonction sociale et toute étude du monachisme à l'époque féodale conduit à s'interroger de manière large sur l'organisation de la société et des pouvoirs, comme sur les productions matérielles et culturelles. En 2010, le XIe centenaire de la fondation de l'abbaye fut l'occasion d'explorer ces différentes dimensions, dans le cadre de plusieurs colloques, en redonnant toute sa place à l'institution ecclésiale dans la structuration de la société, au cours d'une ample séquence chronologique, depuis la fin de l'Empire carolingien jusqu'à la grande réforme de l'Église des XIe-XIIe siècles. L'ouvrage se déploie en trois volets. Une première partie est consacrée au monachisme comme facteur de transformations de l'Église sur son versant institutionnel, comme dans ses productions culturelles. La deuxième partie s'intéresse au rôle des moines dans l'émergence du monde féodal, aux dispositifs idéologiques et sociaux mis en forme par une institution monastique qui était à la fois une église et une seigneurie, à travers un tour d'horizon qui prend en considération les réalités régionales, de la Bourgogne jusqu'au Sud et à l'Ouest de l'ancienne Gaule. La troisième et dernière partie rend compte de la dimension monumentale que prit l'Église alors que se recomposaient les configurations spatiales et territoriales. Les contributions de ce volume permettent ainsi de rompre avec une histoire clunisienne longtemps aspirée par le seul « grand Cluny » des années 1000-1150 et de dépasser les apories des discussions sur le « tournant de l'an Mil » pour revenir à la chronologie longue du « premier âge féodal » de Marc Bloch.

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