Dominique Avon

  • La liberté de conscience a été conçue comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par plusieurs États-membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées. L'enquête historique conduite dans cet ouvrage vise à saisir l'émergence d'une notion, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Elle met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située et qui n'a cessé d'être louée ou décriée.

  • En inscrivant le propos dans la longue durée, ce livre permet de poser des jalons de la construction des autorités religieuses, de leur remise en question puis des formes d'adaptation aux situations nouvelles. En offrant des possibilités de mise en regard avec, par exemple, le sunnisme et le confucianisme, il ouvre la voie d'un comparatisme fécond, qui existe en anthropologie mais qui reste encore trop rare en histoire.

    Avec le soutien de l'université du Maine.

  • Cet ouvrage explore différentes modalités de l'usage de la caricature. Outil public placé sous le signe du « droit à la liberté d'expression », elle a été en 2005-2006 à l'origine d'une crise internationale à laquelle ont pris part des religieux, des chefs d'État, des intellectuels et des industriels. La caricature, d'usage universel, flirte avec l'interdit, entre l'appel « moderne » de la critique possible de l'autorité et la réplique « traditionnelle » du respect de celle-ci.

  • Paul doncoeur s.j.

    Dominique Avon

    • Cerf
    • 28 Mars 2001

    Le jésuite Paul Doncoeur fut l'une des figures les plus audacieuses de la croisade pour une France chrétienne au XXème siècle.
    Il se trouva au rendez-vous de nombreux enjeux missionnaires de la période qui sépare les deux conciles du Vatican. Aumônier dans les tranchées, redoutable adversaire du Cartel des gauches, trait d'union entre Rome et les militants de l'Action Française, formateur des Cadets, une élite juvénile au service du redressement du pays, et inspirateur de la branche aînée des scouts, le Père Doncoeur mêla avec beaucoup de liberté ses intuitions et sa volonté aux défis apostoliques.
    De 1940 à 1943, le Père Doncoeur s'égara pourtant dans le rêve d'une France restaurée par la Révolution nationale. Conscient de s'être fourvoyé en politique, ce catholique intransigeant d'hier invita à la réconciliation du monde et de l'Église. Il s'engagea ainsi dans la pastorale des couples chrétiens et devint un des pionniers du renouveau liturgique. Le livre de Dominique Avon donne l'occasion de juger avec un juste recul les fruits de son apostolat passionné et controversé.

  • La recherche de l'objectivation du « sujet » à travers le temps et l'espace emprunte ici un chemin inédit. Tenant compte des travaux de philosophes comme Michel Foucault, Jürgen Habermas ou John Rawls, le travail collectif réalisé dans cet ouvrage vise à saisir la problématique de la dialectique du politique et du religieux, sans la focaliser sur la question du pouvoir ou de l'Etat. La particularité des expériences européennes au cours du millénaire écoulé y est soulignée : il y a eu une manière nouvelle de placer l'être humain au centre d'un corps social en le dotant de droits et de devoirs à titre personnel. Mais elle est doublement relativisée : d'une part parce que ses fondements ne peuvent être détachés de son environnement méditerranéen - les sujets-fidèles de la Chrétienté médiévale n'ont pas vécu dans l'ignorance de l'expérience des sujets-fidèles de l'Islam ou des communautés juives - ; d'autre part parce que la reconnaissance du « citoyen » et la possibilité de ne plus être « fidèle » d'une religion donnée n'a pas obéi à un mouvement linéaire conduisant le « sujet » d'un état d'hétéronomie à un état d'autonomie. C'est en tenant compte de cette complexité du passé qu'il devient possible de mieux négocier les défis du présent.

  • En 2010, deux équipes de chercheurs des Universités de Paderborn et du Maine ont confronté leurs perspectives sur ce qui est susceptible de produire l'« identité », la conviction d'une appartenance commune. Par « facteurs », les contributeurs entendent les promoteurs autant que les supports et les références. Loin de projeter dans le passé un modèle européen commun, arbitraire et idéalisé, ils présentent la complexité des processus de cristallisation d'un « nous » - donc d'un « eux » -, variable en fonction du temps et du lieu. Ils privilégient des études de cas dans le champ de la littérature, du droit, de la presse, de l'enseignement ou du culte, sans négliger l'analyse théorique des concepts. Im Oktober 2010 trafen zwei Forschergruppen der Universitäten Le Mans und Paderborn zusammen, um sich über die Frage nach Möglichkeiten der Identitätskonstruktion - der Frage also, was es Menschen ermöglicht, sich als Gemeinschaft zu begreifen - auszutauschen. Unter Faktoren' verstehen die Beiträger sowohl Stifter und materielle Träger als auch Bezugsrahmen von Identitätsentwürfen. Ohne der Vergangenheit Europas eine vermeintliche Einheit unterstellen zu wollen, die von vornherein dem Verdacht der Willkür und der Idealisierung ausgesetzt wäre, wollen sie Prozesse der Kristallisierung eines Wir' - und damit immer auch eines jeweils Anderen' - im konkreten räumlichen und zeitlichen Kontext und in ihrer Komplexität darstellen. Der Band bevorzugt daher die theoriegeleitete Analyse konkreter Paradigmen aus den Bereichen der Literatur und des Rechts, des Presse- und Unterrichtswesens oder der Religion.

  • Le cardinal Grente ; 1872-1959 ; homme de lettres et prince de l'Église Nouv.

    Georges Grente (1872-1959) fut un évêque du premier XXe siècle tourné vers l'idéal du classicisme de la Cour au Grand Siècle. Évêque du Mans de 1918 à 1959, soit l'épiscopat le plus long du XXe siècle de tous les diocèses français, proche de l'archevêque de Paris, Mgr Dubois, il fut élu à l'Académie française en 1936. À défaut d'être choisi pour un siège archiépiscopal, il reçut du pape Pie XII le titre d'archevêque à titre personnel en 1943 et fut créé cardinal dix ans plus tard.

    Le présent volume constitue une première approche scientifique de l'oeuvre et de l'influence d'une figure majeure du clergé catholique français du XXe siècle.

    Ces travaux se sont fondés sur le Fonds Grente, récemment classé par le professeur Brigitte Waché, désormais accessibles aux archives diocésaines du Maine. C'est là le double intérêt de cet ouvrage, qui présente ce fonds inédit et invite, à travers ces premiers travaux, des chercheurs à poursuivre l'étude ici commencée.

  • Né il y a une génération, au coeur de la guerre du Liban, le Hezbollah, ou « Parti de Dieu », occupe fréquemment la une de l'actualité. Ce mouvement qui a fait de la destruction de l'état d'Israà«l l'un de ses objectifs, et qui est qualifié de « terroriste » par l'administration américaine est aujourd'hui un acteur de la donne géopolitique au Proche- Orient.Le présent livre n'est en rien un document d'actualité : il s'agit d'un livre d'histoire, centré sur la doctrine du Hezbollah, qui resitue l'émergence de ce « parti » dans le contexte libanais. Le coeur du livre est constitué par la première traduction française de la charte de 1985, considérée comme le texte fondateur du Hezbollah. Un lexique, un glossaire et des cartes complètent cet ensemble sans équivalent. Dominique Avon est professeur d'histoire contemporaine à  l'université du Maine. Il est notamment l'auteur de : Les Frères prêcheurs en Orient. Les dominicains du Caire, 1910-1960, Cerf, 2005.Trissa Khatchadourian, spécialiste du chiisme, enseigne à  l'université de Montpellier III.

  • Lorsqu il entre en histoire, dans les années 1960, Daniel Rivet découvre un paysage des sciences humaines dominé par le structuralisme et marqué par le marxisme. Il y creuse un sillon original, affranchi des modes et des pressions, contribuant au renouveau d une histoire du Maghreb, sensible à restituer la complexité d un passé dont les héritages sont encore aujourd hui vivants. Ce livre donne un aperçu de son oeuvre et de son écho chez ses pairs et ses élèves. Il illustre des perspectives ouvertes entre histoire coloniale, histoire de l Islam comme civilisation et de l islam comme religion, et interrogations sur l écriture de l histoire. En hommage à l historien de Lyautey et de l institution du Protectorat français au Maroc, le Maghreb des XIXe et XXe siècles tient ici une place importante. Mais l environnement culturel arabe invite à porter aussi un regard sur le Proche-Orient. La civilisation et la religion musulmanes y sont envisagées selon une perspective anthropologique qui entend éviter les pièges de l essentialisation, qu il s agisse des espaces et lieux considérés comme sacrés, de la notion d expatriation ou des rapports entre justice et politique dans l Islam classique. Cet ouvrage entend développer une réflexion sur l écriture historienne, sa dimension scientifique et littéraire et son aptitude à la polyphonie, hier, au temps de la nahda, et aujourd hui, quand il s agit d aborder les rivages disputés de l Islam ou du passé colonial.

  • La question de la "faute" et celle du "salut", inscrites dans les thologies juive, chrétienne et musulmane, sont intimement liées. Depuis que l'homme s'interroge sur l'origine, le cours et la fin de sa vie, sur un sens à donner à celle-ci, il a cherché à lier ses paroles et ses gestes, ses joies et ses souffrances, avec un amont et un aval. Nous constatons qu'il les a associés au registre d'un "bien" et d'un "mal" d'une part, d'une "responsabilité" - donc d'une "liberté" - d'autre aprt. Dans le cadre des monothéismes, la formulation a pris une couleur particulière.

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