Delphine Letort

  • Cet ouvrage retrace la filiation esthétique et thématique entre le film noir et ses avatars (polar, néo-noir). Fiction urbaine et criminelle, oeuvre de propagande ou acte subversif, le film noir explore la face sombre de l'Amérique à travers le récit de personnages marginaux dont l'indépendance d'esprit est tantôt glorifiée (détective privé), tantôt condamnée (femme fatale). Il a créé sa propre mythologie autour de stéréotypes mettant l'accent sur l'artificialité de la construction des représentations sociales et filmiques. La fiction noire accompagne les crises du vingtième siècle.

  • Les sociétés contemporaines sont travaillées par deux tentations : l'excès de mémoire et la nécessité de l'oubli. Les résurgences conflictuelles du passé attestent ainsi des failles dans le récit dominant d'une Histoire qui ne satisfait pas l'individu ou le groupe. Cet ouvrage collectif aborde les conflits de mémoire en croisant les champs d'observation de nombreuses disciplines (histoire, histoire de l'art, littérature, études visuelles, théâtrales, sciences politiques, etc.) sur des aires géographiques et culturelles variées.
    Les travaux menés s'intéressent aux discours et pratiques mémoriels véhiculés par les arts et par les institutions (musées, célébrations publiques). La majorité des thèmes abordés concerne les conflits de mémoire autour de certains événements du second Vingtième siècle et explore les formes les plus contemporaines, encore peu étudiées, d'expression mémorielle. Ainsi est analysé le travail de mémoire, entre construction de l'oubli, tropisme résilient et élaboration symbolique des traumatismes qui agissent au coeur de la construction d'un espace politique et d'une diversité de pratiques artistiques.

  • Au-delà de la figure du cinéaste engagé qui interpelle le public par son oeuvre, cet ouvrage s'intéresse à la culture de l'engagement qui se déploie dans un espace extra-filmique. À travers des exemples tirés de contextes géographiques distincts (États-Unis, France, Espagne, Afrique du Sud, etc.), les auteurs démontrent que la politisation des films est souvent précédée par une prise de position des réalisateurs et des acteurs.

    Avec le soutien de l'université d'Angers.

  • Présenté sous forme d'un prologue, évoqué à travers le générique, intégré à la première séquence, développé dans un flash-back, occulté dans un fondu au noir, l'incipit qui ouvre un roman pose sans doute la première énigme narrative et le premier souci de mise en scène au réalisateur dont le projet filmique repose sur l'adaptation d'une écriture littéraire. L'incipit affiche les codes fictionnels qui permettent d'établir le contrat de lecture entre l'auteur et son lecteur ; il participe à la connivence dont le mode autobiographique se nourrit, annonce la transgression des codes dans des oeuvres dites "postmodernes". Si l'incipit précise la nature de l'écrit, permet un classement du genre, quelles stratégies sont déployées à l'écran pour faciliter ou non l'entrée dans le récit ? Quelles répercussions ces choix ont-il sur la structure narrative et dramatique de l'adaptation ?

    Cet ouvrage aborde l'adaptation cinématographique à travers la perspective des "premières pages - premiers plans" et pose la question du "contrat d'adaptation", illustrée dès l'incipit d'un film alors que génériques et premières séquences scellent le contrat de lecture de l'oeuvre.

    L'ouvrage est dirigé par Delphine Letort, maître de conférences à l'université du Maine, spécialiste des modes de représentation dans le cinéma américain, auteur de l'analyse Du film noir au néo-noir : mythes et stéréotypes de l'Amérique 1941-2008 (Paris, L'Harmattan, 2010) et a publié de nombreux articles sur l'adaptation filmique, les films de guerre et le cinéma afro-américain ; et Shannon Wells-Lassagne, maître de conférences à l'Université de Bretagne Sud et auteur de nombreux ouvrages et articles sur l'adaptation filmique, notamment Etudier l'adaptation filmique (Presses Universitaires de Rennes, avec Laurent Mellet).

  • Les auto/biographies de personnages historiques offrent une approche personnalisée des événements et soulignent les valeurs incarnées par des individus charismatiques à des moments clés du passé. Au cinéma ou sur la scène de théâtre, les biographies historiques s'affichent comme des reconstructions qui traduisent l'empreinte de la mémoire, des sentiments et des ressentiments, sur le récit de l'Histoire. Cet ouvrage contribue au débat sur l'autobiographie, récit qu'une personne réelle fait rétrospectivement de sa propre vie, et sur la biographie, récit fait par un auteur sur une personne réelle. Ainsi, à travers une approche comparative entre les arts (cinéma, théâtre, littérature, arts visuels) et les cultures (française, anglophone, germanique, hispanique), cet ouvrage interroge sous un angle original le mythe des Grands Hommes.
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