Langue française

  • Grâce à une analyse comparée France-Québec, David Niget retrace l'émergence du mouvement réformateur de la justice des mineurs et analyse des illégalismes juvéniles : les vols, les violences, la sexualité, les conflits familiaux. Il étudie dans les pratiques judiciaires les rôles de l'enfermement et de la liberté surveillée, sanction nouvelle. Ce livre permet de comprendre les enjeux de l'encadrement des jeunes dans les sociétés industrialisées du XXe siècle, à un moment-clé de l'histoire de la protection de l'enfance.

  • Si les «?mauvais garçons?» ont leurs héros, de Gavroche à Joey Starr en passant par James Dean, les «?mauvaises filles?» sont les invisibles de l'histoire.
    Dans cet ouvrage, Véronique Blanchard et David Niget dévoilent ces ombres fugaces qui surgissent au détour d'archives médicales ou judiciaires?: «?vagabonde?», «?hystérique?», «?fille-mère?», «?prostituée?», «?fugueuse?», «?cheffe de bande?», «?punk?», «?crapuleuse?»...
    Par le biais d'une vingtaine de portraits incarnés de «?mauvaises filles?» jugées immorales, de 1840 aux années 2000, ils rendent un visage et une histoire à ces destins orageux. Ils cartographient les lieux qu'elles traversent ou qui les enferment - lieux de perdition (fête foraine, guinguette, bal), de coercition (internat, couvent, prison, asile), de soumission (maison close, foyer familial).
    Étouffées et contraintes depuis des décennies par le poids des normes juridiques, religieuses, médicales, familiales, ces mineures «?incorrigibles et rebelles?» ont néanmoins fini, par leurs résistances, par devenir des actrices du changement social, culturel et politique.
    Alors, déviantes ou dissidentes??

  • Les régimes de citoyenneté sont traversés par une tension constitutive entre, d'une part, les promesses de liberté et d'égalité et, d'autre part, l'expérience des multiples formes de dépendances et d'inégalités sociales. Cette tension, à l'origine de la dynamique particulière des relations de pouvoir dans les démocraties libérales, engendre la production incessante de régulations sociales afin d'assurer la relative coordination de l'agir individuel et collectif.
    Les auteurs et autrices de Question sociale et citoyenneté se sont inspirés de cette problématique afin de proposer des analyses historiques sur la régulation d'une variété de problèmes sociaux au Québec et en France. Ils et elles invitent plus largement à découvrir un territoire fertile pour la recherche, soit celui d'une histoire politique des conflits ayant pour objet le gouvernement du monde social au sein des régimes de citoyenneté.
    Offrant de nouvelles perspectives de recherche, cet ouvrage intéressera tout autant la communauté universitaire que le grand public désirant mieux comprendre l'histoire des politiques sociales et des institutions de prise en charge des inégalités, des marginalités et des déviances.

  • L'histoire du risque que propose ce livre déborde largement les notions de statistique, de calcul probabilitaire et de traitement assurantiel des dangers. Si, en effet, le risque a une histoire, le risque est aussi histoire, car il concerne le rapport des sociétés au temps. Dans cet ouvrage, des historiens de tous horizons ont recours au concept de risque pour comprendre le passé, pour examiner leur objet de recherche sous un angle différent, qu'il s'agisse d'histoire des sciences et techniques ou du droit, ou d'histoire environnementale, sociale ou politique.

  • Le volume se penche sur les figures de l'étrangeté à travers l'histoire de la justice des enfants et de l'aide sociale à l'enfance. Il s'agit là de s'intéresser à la construction de ces étrangers que sont les délinquants et plus généralement les enfants dits en danger pour la Justice des enfants et l'aide sociale à l'enfance depuis le XIXe siècle. Est mise en ½uvre une réflexion sur les identités et les constructions de l'étrangeté du point de vue de l'institution et du point de vue du mineur.e.s placé.e.s, afin de « traverser le miroir », à la manière de Lewis Caroll. Nous proposons aux rédacteurs de la revue une expérience de décentrement afin de questionner ce sentiment d'étrangeté de manière complexe. Un dispositif d'écriture singulier permet de percevoir à la fois le proche et le lointain dans la figure de l'étranger, son « étrange familiarité », mais aussi de renverser le regard en décrivant l'étrangeté de l'intervention institutionnelle pour le.la mineur.e placé.e. Car si l'altérité de ce dernier justifie l'enquête judiciaire, sociale, médicale, psychologique réalisée pour en percer le mystère, ces démarches inquisitrices constituent tout autant une énigme pour celle ou celui qui en est l'objet.

  • Cet ouvrage étudie comment se sont articulés, dans l'espace transnational, mobilisations, savoirs, normes et dispositifs institutionnels au nom de l'édification des droits des enfants. Il interroge notamment la tension qui, au long du XXe siècle, a travaillé le champ des droits des enfants, entre l'essor des impératifs de gestion des risques visant à protéger l'enfant vulnérable et le développement des droits personnels du sujet juvénile, au nom d'une volonté politique d'émancipation.

    Avec le soutien de l'université d'Angers.

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