David Blanchon

  • La ressource en eau est souvent comparée au pétrole dont la pénurie conduirait à une « crise de l'eau » imminente, permanente, locale et globale. De ce constat alarmiste aux guerres de l'eau prédites par certains, il n'y a qu'un pas. Pourtant, la place de l'eau dans les conflits est débattue. Si elle les aggrave, elle en est rarement la cause première, et peut même être un bon terrain de coopération lorsque l'on veut faire la paix. Plus qu'une « crise de l'eau » liée à une pénurie naturelle, la géopolitique de l'eau est gouvernée par des politiques de l'eau déficientes, et par la difficulté à garantir la sécurité hydrique, le tout aggravé par le réchauffement climatique. Mais des solutions pour une « nouvelle culture de l'eau » existent, encore faut-il réussir à les mettre en place.
    Au travers de cette analyse précise, David Blanchon détaille les trois grands défis pour la gestion de l'eau au XXIe siècle : préserver l'écosystème, fournir à tous une eau potable et procurer suffisamment d'eau pour l'agriculture. Car sa place centrale dans la satisfaction de besoins humains fondamentaux fait de l'eau, au même titre que le climat, un enjeu global.

  • Le géographe présente une synthèse sur la question de l'eau en cent cartes et infographies : utilisation et gestion des ressources en eau, ainsi que défis sanitaires, sociaux, économiques et environnementaux. Choix politique également, les solutions quantitatives et qualitatives de l'accès à l'eau sont présentées.

  • La problématique de l'eau dans le monde se pose en des termes simples : plus d'un milliard d'hommes n'ont pas accès à l'eau potable; 40 % de la production agricole dépend de l'agriculture irriguée ; les écosystèmes aquatiques qui jouent un rôle indispensable dans les processus naturels sont parmi les plus fragiles.
    C'est donc un triple défi économique, social et environnemental qui devra être relevé dans les prochaines décennies. afin d'exposer tous les paramètres des enjeux de l'eau, en particulier la question de la ressource et de son utilisation et les défis auxquels sont confrontées nos sociétés, cet atlas met en avant trois idées-force. tout d'abord, les difficultés ne sont pas tant liées à la quantité globale de la ressource mais à son inégale répartition dans le monde et à la dégradation de sa qualité.
    Ensuite, même s'il existe aujourd'hui des techniques qui permettraient de pallier les pénuries locales, les obstacles proviennent davantage du manque de moyens financiers ou de choix de gestion inadaptés, l'eau apparaissant bien plus comme un révélateur de tensions sociales que comme la cause de ces dernières. enfin, si des "guerres de l'eau" entre états ne se sont pas manifestées, on assiste actuellement à une multiplication de conflits sociaux et politiques portant sur les modes de gestion de l'eau, dans les zones irriguées comme dans les villes.
    Cet atlas, illustré par une centaine de cartes et de graphiques, décrypte de façon approfondie le sujet de l'eau dans le monde.

  • Depuis les débuts de la conquête coloniale jusqu'à la fin de l'apartheid, la partition de l'espace sud-africain s'est doublée d'un partage inégal des eaux.
    Tout comme les terres les plus fertiles et les ressources minières, les ressources hydrauliques sud-africaines, indispensables au développement dans un pays marqué par l'aridité, ont été l'objet d'une conquête par les colons blancs. Ce livre retrace l'histoire de cette appropriation, à travers l'exemple des deux principaux cours d'eau, l'Orange et son affluent le Vaal. Il montre comment un vaste système de manipulation des cours d'eau a été construit autour de grands transferts d'eau, pour les faire passer de leur direction " naturelle ", vers l'océan, à leur direction " anthropique " actuelle, vers l'argent et le pouvoir.
    De cette conquête, les cours d'eau sud-africains, barrés par des centaines de barrages, parfois gigantesques, endigués, transférés et pollués, ne sont pas sortis indemnes. Il est devenu difficile de distinguer dans les cours d'eau sud-africains les dynamiques naturelles des modifications voulues par l'homme, souvent du fait des interactions complexes entre les grands barrages et les aménagements locaux.
    Avec l'arrivée au pouvoir de l'ANC de Nelson Mandela, la gestion de l'eau était promise à un changement radical, passant du " All, for Some, Now " de l'apartheid au " Some, for All, for Ever ". Mais comment évaluer des impacts environnementaux alors que s'entremêlent de façon inextricable le " naturel " et " l'artificiel ", les processus nés des aménagements locaux, des grands barrages et les fluctuations cycliques des précipitations ? Comment gérer des cours d'eau et mener des politiques environnementales, au sortir de 40 ans d'apartheid, alors que le cadre du bassin versant n'a plus de sens ? Les réponses apportées à ces questions depuis 15 ans sont non seulement un indicateur des changements qui affectent l'Afrique du Sud, mais aussi un exemple pour tous les pays du Sud confrontés aux mêmes défis.

  • Le présent volume sur la " justice environnementale " a pour origine le colloque " Justice et injustice spatiales " qui s'est tenu du 12 au 15 mars 2008 à l'université Paris Ouest Nanterre à un moment où les questionnements relatifs à la justice environnementale étaient dans l'air du temps, puisque au cours des années précédentes, un ensemble varié d'ouvrages et d'articles en français avait déjà été consacré à des thèmes proches.
    Cet intérêt des chercheurs francophones pour la justice environnementale survient près de trente ans après l'émergence de la notion d'environmental justice aux Etats-Unis. Cette introduction nous donne donc l'occasion de dresser un bilan provisoire, afin de permettre au lecteur de mieux situer l'apport spécifique des différentes contributions rassemblées ici, venant de chercheurs français et canadiens issus de disciplines variées (géographie, économie, sociologie, écologie).

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