Daniel Desmarquest

  • Avec les jeunes filles, Kafka ne joue pas seulement au chat et à la souris, il leur demande l'impossible. Pour s'emparer du pouvoir qu'il leur prête et conjurer la peur de les approcher, il utilise avec presque toutes une stratégie diabolique - stratégie qui est au coeur de sa littérature. De son adolescence pragoise jusqu'à sa mort dans un sanatorium des environs de Vienne, on retrouvera ici les figures féminines d'un théâtre tourmenté : Felice, l'improbable fiancée, Julie, la sacrifiée, Milena, la magnifique, Dora, la dernière compagne, et toutes celles qui, comme l'inconnue du lac de Garde ou Ottla, la soeur et l'ange gardien, ont un jour illuminé sa vie. Ce livre nous ouvre à la part la plus énigmatique d'un auteur qui puise sa « force » d'écrire dans de singulières amours.

  • C'est à partir de la vision d'une peinture qui l'a bouleversé - il s'agit du Saint Sébastien de Georges de La Tour - que le narrateur tente de cerner cela qui le hante et qui n'a pas de nom. L'inquiétude tenace qui le poursuit à travers l'oppression quotidienne de mille signes et, plus encore, à travers la présence d'une jeune fille nommée Laure, il essaie de l'exorciser par l'écriture et par la fuite : les falaises d'Etretat, les ardoises de Honfleur, les remparts d'Antibes dessinent la géographie de son aventure. Mais l'errance, provisoirement, métamorphosera ce chant funèbre, où guette le suicide, en une célébration de la vie dans ce qu'elle offre de plus simple : les éléments, l'amour d'une femme, la faim retrouvée. Une jeunesse désenchantée, qui sait à la fois la désespérance et la ferveur. Premier roman.

  • Damon, seize ans, passe l'été chez son grand-père, le ténébreux Anders, qui occupe ses insomnies à peindre des galets. Ils partagent leur villa avec Lou, une belle locataire. Ce serait presque le paradis si Lou n'hébergeait bientôt une jeune marginale échouée dans le port voisin et dont la présence va soudain aimanter la falaise et faire basculer l'été : tous vont se déchirer Lila, mi-sorcière, mi-sirène, qui ne sait que prêter son corps, chevaucher des motos et prendre des photos. Nous sommes au paradis vénéneux des adolescents où Eros, sous toutes ses formes, est roi. Jusqu'à ce que Lila la fugitive noue avec le vieil homme des liens singuliers...

  • Vincent est amoureux. Il aime l'amour et le dessin, les livres et les voyages. Il aime Mina, l'ardente exilée, qui se brûle les ailes en jouant la Mouette. Et il aime Muriel, qui a la grâce du bonheur. A la face nocturne de l'une répond la face claire de l'autre, comme deux visages qui se déchirent son coeur. Vincent croit en la fatalité de l'amour qui, comme les voyages, ouvre sur l'inconnu... Mais, en Irlande, qui est ce vieil homme fou qu'il va retrouver ? {La Scène des adieux} est le roman des chemins enchantés et meurtriers de la mémoire, le roman des retours interdits. C'est aussi un beau livre sur la solitude de l'artiste, écrit dans une langue capable de métamorphoser, comme la musique, la douleur en une douce chose.

  • Léna, dix-sept ans, fuit sa Pologne natale, riche de sa seule fraîcheur. Un soir d'hiver, à Bruxelles, elle a rendez-vous avec un jeune diplomate, passeur de beautés plus ou moins clandestines, qui l'escorte jusqu'à Paris. Elle partage son appartement et noue avec lui une complicité douce et ambiguë. Mais l'univers de la mode, friand de charme slave, referme sur Léna son piège doré... Livrée aux photographes, elle connaît une gloire éclatante et fugitive, avec sa rançon d'amertume et de larmes. Une chute de cheval fait basculer le destin et la conduit à la campagne, chez un peintre avide de son corps blessé... Léna, ou les illusions d'une jeune inconnue devenue la proie d'un monde cruel.

  • Sad

    Daniel Desmarquest

    À seize ans, Sad et Sixty sont inséparables et partagent tout, y compris un énorme secret : elles ont décidé d'en finir, ensemble. En vérité, c'est Sad, l'écorchée vive, qui entraîne Sixty dans sa détresse d'enfant meurtrie. C'est Sixty qui raconte : leur rencontre, l'étrange personnalité de Sad, sa solitude, ses refus, et la facilité avec laquelle elle se livre très tôt à des jeux sexuels avec Manuel. Progressivement, Sad aborde des eaux de plus en plus troubles. Cette idée de suicide comble Sad mais fait peur à Sixty. Pourtant les choses ne se passeront pas comme prévu. Du même auteur : Lila Paradis ; Kafka et les jeunes filles (prix Médicis de l'essai).

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