Christian Le Bart

  • La mobilisation des Gilets jaunes inscrit la défiance à l'égard des institutions au coeur de son discours. Le mouvement défie volontiers les médias institutionnels et surtout, il défie le politique en interpellant le chef d'État personnellement. Mais ce faisant, ne reproduit-il pas la grammaire individualisée dont Emmanuel Macron a usé tout au long de sa carrière politique ? Chacun à sa façon, le président et le mouvement des Gilets jaunes témoignent de la tendance contemporaine à récuser les grandeurs institutionnelles au profit d'une conception individualisée du social, dont les mots d'ordre sont désormais l'authenticité, la transparence, l'injonction à être soi-même.

  • Loin des représentations ordinaires qui font de l'individu une catégorie qui va de soi, les sciences sociales s'efforcent de mettre en évidence un processus relativement continu d'individualisation.
    L'individu est d'abord une construction façonnée par les institutions les plus diverses (etat, eglise, école. ). cette genèse de l'individu est explorée à travers l'histoire sociale et économique, l'histoire religieuse, l'histoire politique, l'histoire littéraire et artistique, et à travers les figures les plus diverses de l'individualisation : artiste, électeur, entrepreneur, croyant, élève. synthèse sur la sociologie de l'individualisation, cet ouvrage permet de réfléchir à la façon dont la question de l'individu se pose.
    Qu'est-ce qu'être soi aujourd'hui alors que nos sociétés ne cessent de formuler des injonctions à l'authenticité individuelle, et que les identités collectives s'effacent ? a chacun de produire désormais son identité singulière. mais cette individualisation, émancipatrice quand les individus échappent aux identités prescrites, peut générer de nouvelles formes d'inégalités dans l'accès aux ressources identitaires.
    Selon leur position sociale, les individus sont en effet inégalement en mesure de réussir le travail toujours inabouti de construction de soi.

  • La pacification relative de l'univers politique confère au discours une place centrale dans les régimes contemporains.
    Au carrefour de la sociologie politique et des sciences du langage, cet ouvrage s'efforce d'en démonter les conditions de production et de réception et fait le point sur les techniques d'analyse de contenu.

  • La mort de Johnny Hallyday, le 6 décembre 2017, a suscité en France une émotion considérable. Les médias ont consacré le chanteur disparu comme une icône nationale, tandis que le président de la République honorait de sa présence une cérémonie que certains n'ont pas hésité à comparer aux funérailles de Victor Hugo.
    La presse, pourtant, n'a pas toujours été tendre avec l'ancienne « idole des jeunes », moquant volontiers son incapacité à composer lui-même ses chansons, son absence d'audience à l'étranger, ses amitiés politiques...
    En s'appuyant sur l'analyse de nombreux articles, l'auteur montre comment l'image du chanteur s'est retournée au fil du temps. Du mépris distingué pour un pseudo-rebelle kitsch à l'adoubement intellectuel d'un artiste désigné comme « authentique », comment « Johnny » est-il finalement devenu un symbole hexagonal ? Comment est-il parvenu, par-delà son oeuvre - et peut-être malgré elle -, à fédérer au-delà d'une génération (la jeunesse des années 1960) et d'une classe sociale (les milieux populaires) ?

  • Les sommets de l'Etat fascinent plus que jamais, et les médias nous entraînent toujours plus dans les péripéties qui construisent ce que Françoise Giroud avait appelé la «comédie du pouvoir» : ses éblouissements, ses éclats, mais aussi ses coulisses, ses zones d'ombres, réelles ou fantasmées... L'objectif de cet abécédaire est de faire la part entre le jeu des structures pro-fondes qui pèsent sur la vie politique locale et les évolutions sur le long terme.
    Il s'agit de prendre de la hauteur par rapport au feuilleton des réformes pour rappeler la relative stabilité des mécanismes qui déterminent notre rapport à la vie locale. La question des élections est évidemment centrale, car les trois scru-tins locaux (municipales, cantonales, régionales) jouent un rôle essentiel dans l'activation des identités locales et de la culture démocratique. Mais la vie politique locale est aussi très marquée par le rapport des citoyens à l'action publique : ils désirent de plus en plus en être informés et même y être associés (démocratie participative), et obligent les élus à repenser les routines décisionnelles.
    C'est sur ce terrain que la décentralisation, dont on a fêté les 30 ans en 2012, a produit ses effets les plus forts. Elle n'opère pas seulement un déplacement du processus décisionnel : elle réalise également un déplacement des imaginaires. Il s'agit plus que jamais pour les élus locaux de chercher à faire exister le territoire comme acteur et sa population comme communauté. Ce sont ces mutations profondes que ce petit opus souhaite mettre en lumière.

  • Les larmes de Christine Boutin, les fous rires de Christiane Taubira, les colères de Philippe Seguin, les indignations de Jean-Luc Mélanchon... Si la figure de l'homme d'État s'est construite dans la distance aux émotions, la valorisation du sang-froid et de la retenue, l'expression des émotions lui est désormais permise.
    Le livre analyse le rapport aux émotions des personnalités politiques et l'illustre par des épisodes marquants en étudiant leur contexte et le commentaire médiatique qui les ont ponctués.
    Un ouvrage passionnant en forte résonance avec le quotidien médiatique et politique.

  • Dans un contexte de relatif désenchantement à l'égard du personnel politique, le maire fait exception : figure familière du paysage institutionnel, il continue à jouir d'une forte popularité auprès des citoyens.
    L'environnement socio-politique s'est pourtant considérablement transformé en quelques décennies : décentralisation, montée en puissance de l'intercommunalité, concurrence entre les territoires... Le rôle de maire s'est ajusté à ces bouleversements. L'univers municipal s'est professionnalisé, l'action publique s'est recomposée, de nouveaux acteurs ont pénétré la scène municipale... Ces transformations ne peuvent faire oublier la pérennité du travail symbolique accompli par ces élus : ils sont dans l'obligation, aujourd'hui comme hier, d'incarner le territoire, de faire exister la communauté des citoyens.
    Cette analyse du rôle de maire doit être complétée par une réflexion sur l'élection municipale. Au-delà de la législation en vigueur, il convient de prendre la mesure de la singularité de ce scrutin. Est-il politisé ? Quel rôle les partis politiques jouent-ils ? Comment les électeurs se déterminent-ils ? Quel est le profil des élus ? Cet ouvrage se veut d'abord une synthèse des travaux existant sur les maires français.
    Sans négliger la diversité de ce groupe (le maire rural n'est pas le maire urbain), il tente de concilier une approche en terme de vie politique et une approche en terme d'action publique. Ainsi pourra-t-on repérer les évolutions les plus manifestes qu'a connues le rôle de maire au fil des décennies, sans pour autant négliger la part d'inertie qui continue à le structurer.

  • Pour la première fois, un livre interroge le positionnement de l'homme politique à travers ses textes, en analysant un important corpus de livres politiques publiés depuis 1958. L'ouvrage propose une histoire des stratégies de publication des hommes politiques et présente les évolutions de la mise en scène de soi. L'homme politique actuel, à la différence de ses prédécesseurs, ne cesse de s'immiscer dans son texte et de se mettre en scène.

  • Cet ouvrage propose l'analyse inédite des supports de communication et un retour sur la campagne présidentielle de 2012 permettant de comprendre à quel point le politique est individualisé. Réseaux sociaux, blogs, story telling, sites internet des candidats/politiques, participation bienveillante des médias à la mise en récit, c'est tout le système de promotion de l'individu politique qui est analysé ici. En filigrane, Christian Le Bart propose une réflexion originale sur la question du leadership en politique et sur la transformation de nos démocraties aujourd'hui.

  • Cet ouvrage a pour objectif de présenter la citoyenneté sous ses différentes facettes et l'organisation de la démocratie en France.Les différents chapitres abordent :- la définition de la citoyenneté (citoyenneté/nationalité française, citoyenneté européenne...)- les principes de la citoyenneté démocratique (les droits et devoirs du citoyen, la séparation des pouvoirs, liberté-égalité-fraternité, laïcité....)- le vote et les élections (l'histoire du suffrage universel, les listes et les circonscriptions électorales, l'abstention, les différentes élections et le référendum...)- les gouvernants et la classe politique (le métier politique, le cumul des mandats, la féminisation de la vie politique...)

  • « Il faut une science politique nouvelle à un monde tout nouveau », écrivait Alexis de Tocqueville découvrant la démocratie américaine. De considérables changements ne travaillent-ils pas aujourd'hui de la même manière le système politique français ?
    Réformes néolibérales, érosion d'un État traditionnellement « fort », recompositions des savoirs experts, fin du cumul des mandats, féminisation du champ politique, transformation de l'espace public du fait des réseaux sociaux, avènement du macronisme, recours au dispositif des primaires, formes inédites de mobilisation populaire (Nuit Debout, Gilets jaunes)... Ces phénomènes nouveaux viennent interroger les acquis routinisés de la sociologie politique classique.
    Telle est l'ambition de cette Nouvelle sociologie politique de la France qui, en articulant les outils théoriques des différentes approches sociologiques à l'actualité la plus récente, permet de saisir la singularité française et d'interroger l'avenir de notre démocratie.

  • Les sociologies de l'individu, de l'individualisation et de l'individualisme constituent un des secteurs les plus dynamiques des sciences sociales contemporaines. Cet ouvrage rassemble la plupart des spécialistes qui font vivre de manière pluraliste et parfois contradictoire ce domaine de la connaissance. Les contributions d'une série de philosophes à ce débat permettent de l'enrichir, en déplaçant les regards. On a là un ensemble synthétique rare quant aux points de vue sociologiques et philosophiques disponibles sur une question marquante de notre époque.

  • Ces dix contributions examinent la construction de la figure du leader et du leadership dans des démocraties contemporaines d'Amérique Latine. Trois axes prédominent : l'importance accordée au leadership présidentiel , le rôle des médias de masse et enfin la question du genre dans l'exercice du leadership.

  • Trajectoires de ruralités intertropicales, en Afrique et ailleurs : hommage à Bernard Charlery de la Masselière Nouv.

    En hommage au professeur Bernard Charlery de La Masselière (université Toulouse - Jean Jaurès), quatre géographes, toulousains et bordelais, ont coordonné les contributions de 32 auteurs, dont 13 de pays du Sud. L'objet principal est de réfléchir à la diversité des trajectoires des systèmes ruraux dans les pays tropicaux ; il met en lumière des dynamiques de production, d'intégration et de diversifications dans des espaces de plus en plus connectés à d'autres échelles. L'essentiel du propos relève de géographies sociales faisant la part belle au terrain. La première partie porte sur les moyens de production agricole et montre, à partir de plusieurs entrées et études de cas, des processus croissants de différenciations socio-spatiales. La seconde est consacrée aux échanges et en particulier aux mobilités. Elle souligne des complémentarités rural-urbain à partir d'études de cas en Afrique anglophone et francophone. La troisième examine des dispositifs d'articulation de sociétés rurales à la mondialisation. Les modalités actuelles de production, d'intégration et de diversification créent-elles de nouvelles géographies de ruralités dans les Suds ?

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