Céline Lefève

  • Les humanités médicales constituent un champ de recherches et de pratiques en plein essor. Elles interrogent les savoirs et les pratiques en médecine en mobilisant l'histoire, la philosophie, les sciences sociales et les arts.

    Les humanités médicales ne viennent pas, tels des compléments ou des suppléments, "humaniser" les savoirs et les pratiques de la médecine, ni simplement en éclairer les aspects politiques, sociaux ou éthiques ; plus fondamentalement, elles analysent comment ces savoirs et ces pratiques sont des constructions politiques et sociales, intellectuelles et morales. Les humanités médicales contribuent ainsi à renouveler les objets et les pratiques de la médecine, en mettant en oeuvre avec elle des collaborations informées et critiques.

    Ce livre est le premier ouvrage de référence en langue française dans ce domaine. Il fait le point sur l'histoire et l'actualité des humanités médicales. Au fil des 29 chapitres qui le composent, l'ouvrage rend compte de recherches menées par des acteurs reconnus internationalement, mais aussi d'initiatives de médecins, de patients, de citoyens et d'enseignants en facultés de médecine visant à accroître la puissance d'agir des acteurs du soin.

    Par son approche multidisciplinaire, il investit des problématiques qui font appréhender autrement les questions de santé et de soin, notamment : la culture médicale, le management à l'hôpital, la place de l'industrie pharmaceutique dans les sciences et la formation médicales, les apports et limites de la "santé globale", les relations entre les milieux et les maladies, les enjeux de la narration en médecine, l'introduction des humanités dans la formation médicale, etc.

    Cet ouvrage intéressera non seulement les chercheurs, enseignants et étudiants en humanités médicales et en médecine, mais aussi l'ensemble des acteurs de santé, professionnels, patients et usagers.

  • Si la notion de soin est apparue récemment dans les débats d'éthique médicale, de philosophie politique et de sciences sociales, la question du soin, elle, irrigue depuis toujours la philosophie : soin de l'âme et de la cité. Cet ouvrage présente les grands textes philosophiques et littéraires permettant d'appréhender la polysémie du soin et les paradoxes qui le travaillent : souci éthique et réponse technique aux besoins de celui qui souffre ; raison d'être et parfois point aveugle de la médecine ; relation entremêlant compétences, imaginaire et affects ; mouvement d'inclusion et risque de normalisation ou d'exclusion sociale.
    Il met au jour la façon dont les questions qui animent les relations et les pratiques de soin ne cessent d'interroger et de nourrir la philosophie et la médecine. Proposant pour chaque texte un commentaire pédagogique rédigé par un médecin ou un philosophe, il sera utile aux étudiants de philosophie, aux étudiants de médecine et à tous les professionnels de santé désireux de mieux saisir les enjeux éthiques et relationnels du soin.

  • Depuis Claude Bernard jusqu'à la médecine fondée sur les preuves, quelle place la médecine scientifique fait-elle à la clinique et au soin du patient individuel ? De Freud à la prise en charge des vétérans souffrant de stress post-traumatique, en quoi le soin psychique permet-il de mieux comprendre la vie quotidienne avec la maladie et de questionner les critères du « bon soin » bien au-delà de la santé mentale ? De la compassion critiquée par Nietszche à la reconnaissance de la vulnérabilité et de l'interdépendance des sujets promue par les éthiques du care, quelles sont les valeurs fondatrices du soin ?
    En quoi les savoirs médicaux, les relations sociales et les choix économiques les mettent-ils à l'épreuve, au point de faire basculer le soin en son envers fait de domination et d'exclusion ? De Franz Fanon à Joan Tronto, les approches contemporaines du soin offertes ici ancrent le questionnement éthique dans les analyses anthropologiques et politiques dont il a résolument besoin.
    Cet ouvrage constitue le second volume des Classiques du soin (Puf, 2015).

  • La philosophie du soin que ces journées voudraient esquisser ne vise ni à
    dénoncer la technique médicale pour elle-même, ni à attendre qu'elle résolve
    par son évolution les problèmes éthiques. Elle cherche à penser les manières
    dont les techniques peuvent, y compris dans leur matérialité, s'intégrer à la
    visée du soin. Elle ne vise pas à ajouter de l'extérieur une dimension
    soignante à la médecine technique existante, mais à penser le soin au coeur même
    de la technique et de la médecine. Contribuer à une philosophie du soin demande
    de faire converger différentes approches réflexives dans les divers champs de
    la médecine qui mobilisent de manière intense la question du soin. Ce projet
    rencontre aussi les problèmes soulevés par l'éthique du care. Il s'agit aussi
    de s'interroger sur la manière dont cette réflexion peut initier le soignant à
    se décentrer du point de vue de la technique médicale pour (re)connaître
    l'existence et la légitimité de celui du malade. Comment faire que la
    philosophie ne soit pas tant une initiation à l'éthique et à des principes
    fondamentaux extérieurs à la question du soin, qu'une formation éthique visant
    la rénovation du soin par l'attention au malade ? Ouvrage publié sous la
    direction de Frédéric Worms, professeur d'histoire de la philosophie
    contemporaine à l'Université de Lille 3 (UMR 8163 Savoirs textes et langage) et
    directeur du Centre international d'étude de la philosophie française
    contemporaine à l'ENS (Paris).

  • Le cancer se soigne de mieux en mieux. On n'en sort toutefois jamais indemne. Comme pour toute maladie grave ou pour toute maladie chronique, la vie pendant et après apparaît comme une « épreuve de soi », qui transforme notre rapport à l'existence et oblige la personne à redéfinir pour elle-même un nouvel état « normal » de santé. En s'appuyant sur le témoignage de femmes ayant traversé l'épreuve du cancer du sein, les auteurs proposent une approche dynamique et compréhensive de la maladie et de ses conséquences pour faciliter et soutenir, après traitement, « un soin de soi » auprès des patients, de leur entourage et des professionnels de la santé.

  • Ce livre propose une réflexion collective sur le triage en médecine, du XIXe au XXIe siècle. Il se place au plus près de ses pratiques, dans les salles d´attente des généralistes, au sein des bureaucraties sanitaires, sur les théâtres des catastrophes humanitaires. Le triage y constitue à la fois une promesse et une épreuve, un fondement de l´identité de la profession médicale moderne et une intrusion menaçante de contraintes économiques et politiques dans la décision médicale, une pratique volontiers mise en scène et dont l´expérience reste cependant indicible, une routine des services d´urgence ou d´une médecine de ville pourtant marquée du sceau de l´exception. Enquêter sur le triage mène au coeur même de la médecine et des politiques de santé contemporaines, en mettant à jour les opérations de classement, de sélection, de priorisation et de négligence, qui, en traçant la ligne de partage entre ceux qu´il faut soigner d´abord et ceux qui peuvent attendre, constituent à la fois une condition nécessaire et un envers des relations de soin.

  • Cet ouvrage issu de séminaires de recherche du Centre Canguilhem (Université Paris VII), qui réunissaient des professionnels venus d'horizons divers (praticiens hospitaliers, sociologues, philosophes), s'efforce de faire le point sur les évolutions complexes et parfois contradictoires qui affectent aujourd'hui le domaine de la santé. D'un côté, le développement d'une médecine toujours plus technicisée et spécialisée, soumise à des contraintes économiques importantes, conduit à réduire la place accordée la clinique individualisée ; d'autre part, cependant, l'émergence de nouveaux acteurs dans le domaine de la santé, tels que les associations de patients, ainsi que le développement des maladies chroniques et de problèmes liés à la prise en charge de la vieillesse et du handicap, ont contribué à mettre au premier plan l'exigence d'une prise en compte de la subjectivité des patients et à accorder une place centrale non plus simplement à la dimension curative et technique de la médecine, mais à la dimension du soin. Ce sont les enjeux et les ambiguïtés de cette dimension du soin et de l'accent mis sur la subjectivité et la responsabilité du patient qui sont interrogés dans ce travail.

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