Anne Monjaret

  • Nous avons tous vu, à un moment ou à un autre, dans des ateliers de garagistes, des cabines de routiers ou autres lieux de travail masculins, ces posters donnant à voir des femmes dévêtues et dans des positions suggestives.
    Ces images de pin-up (littéralement « punaisées en haut ») font ici l'objet d'une approche anthropologique. L'ethnologue Anne Monjaret a longuement parcouru l'environnement de travail masculin : sa recherche a commencé dans les années 1990 dans les services techniques de trois grands hôpitaux parisiens et s'est poursuivie dans d'autres milieux de production ou d'entretien. Plusieurs années plus tard, elle revient sur les conditions de cette enquête et elle évoque la difficile posture d'une chercheuse s'introduisant dans un monde exclusivement masculin. Elle analyse la signification et la portée de telles représentations des femmes. Elle élargit sa réflexion à un questionnement sur la division sexuelle des lieux de travail, leur gestion et les relations entre les femmes et les hommes dans ces espaces.
    Mais au cours de son investigation, elle constate aussi que ces pratiques se modifient et qu'aujourd'hui les affichages de nus féminins tendent à disparaître des lieux de travail masculins. Si l'usage des calendriers perdure, ils ne sont plus seulement illustrés par des images de femmes dévêtues : ils peuvent aussi montrer des hommes musclés et en partie dénudés et ne sont plus seulement affichés dans l'univers clos des ateliers mais aussi dans des espaces plus ouverts.
    Cet essai original interroge aussi les manières de pratiquer la discipline. L'ethnologue, en questionnant le regard que les hommes portent sur les femmes, contribue à la réflexion sur le changement des relations entre les sexes, la reconstruction des représentations des rôles sociaux et les codes traditionnels qui régissent les rapports de genre. Par ailleurs, cette écriture, argumentée avec les outils de la discipline et quelques documents (une dizaine de photographies), ne manque pas de qualités littéraires.

  • Vous avez eu vingt-cinq ans cette année et vous n'êtes pas mariée ? alors, vous êtes une catherinette ! a partir du xixe siècle, la fête de sainte catherine, le 25 novembre, devient un événement festif majeur pour les jeunes filles célibataires ayant vingt-cinq ans.
    Le mot catherinette rappelle non seulement cette fête mais aussi le combat des femmes des deux derniers siècles pour leur indépendance et c'est dans le milieu professionnel que la sainte-catherine prend de l'extension. si les catherinettes sont ainsi les reines d'un jour, c'est bien parce qu'elles sont un symbole fort. les très nombreuses photographies présentées dans l'ouvrage évoquent le quotidien de toutes ces jeunes filles actives, modernes avant l'heure.
    Elles témoignent de l'ampleur que la fête a longtemps prise et qui revient aujourd'hui à la mode, par le biais d'internet. et du livre.

  • Cet ouvrage offre un état des lieux à la fois théorique, méthodologique et empirique, de la manière dont les anthropologues traitent de la question du travail et des professions aux 20e et 21e siècles.
    L'ouvrage se centre sur différents angles d'approche du travail :
    Relativité de la notion de travail ; construction des travailleurs ;
    Pratiques langagières au et sur le travail ; que travaille-t-on et comment ; lieux et espaces du travail ; et temporalités du travail ;
    Chaque chapitre, illustré d'encarts « théorie », « méthodologie », et/ou « exemple de terrain », débute par une série de questions, soulevant ainsi un certain nombre d'enjeux associés à la thématique du chapitre.

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